DMA Cinéma d'Animation
Les GOBELINS
ENSAD
SUPINFOCOM
EMCA

La Poudrière
Ecole Georges Méliès
Ecole Emile Cohl
LISAA
L'Atelier
Divers
Au vu du peu d'information complète sur l'état de la formation initiale en cinéma d'animation en France, nous avons eu envie de monter ce petit dossier, histoire de compléter les fiches des CIO ou les informations des journalistes peu documentés
Le but est de recenser les différentes formations préparant aux métiers du cinéma d'animation sur le territoire français. Ce n'est pas le lieu ici pour juger de la qualité des enseignements proposés, tout au plus peut-on relever leurs spécificités.
 


Vous rêvez de faire du dessin animé ? Les petits mickeys vous font fantasmer ? Encore faut-il avoir les compétences pour intégrer ce métier, assez dur et à la stabilité précaire. Il faut rappeler que les professionnels du secteur ont en France le statut d'intermittents du spectacle et qu'ils naviguent souvent de productions en productions, au fil des montages financiers. Peu sont dans la situation confortable d'un contrat à durée indéterminé dans une boite de production stable. Rare sont les animateurs qui vivent de leur travail d'auteur ou de réalisateur, les financements sont plutôt dans les séries télévisées, les quelques rares longs métrages en production en France ou dans les prestations publicitaires. Malgré tout le secteur offre un vivier d'emploi important car la France reste le plus grand producteur européen en la matière, le troisième au rang mondial.


Parmi les prérequis toujours demandés pour intégrer une formation d'animation on trouve la maîtrise du dessin. Bien sur on peut faire son chemin dans ce métier en dessinant de manière imparfaite, en faisant des perspectives un peu tordues ou des personnages pas super bien proportionnés, mais il ne suffit pas d'être virtuose en infographie, de savoir démonter un pécé les yeux bandés ou de connaître tous les rouages de Maya ou de Flash... Avant d'envisager le cinéma d'animation comme une voie professionnelle, on vous invite à aller lire les conseils que Bill Plympton fait aux débutants sur son site (en anglais... héééé oui... ça fait aussi partie des compétences indispensables). Ensuite vous pourrez éplucher ce dossier ;)


Nous vous souhaitons une bonne lecture.









A tout seigneur tout honneur, commençons par la formation de Diplôme des Métiers d'Arts Cinéma d'Animation. Créée en 1998 à l'Ecole Supérieure des Arts Appliqués et du Textile de Roubaix par l'équipe pédagogique en place, le DMA est un diplôme de Niveau III (équivalent d'un BTS) qui a une approche globale de la chaîne de fabrication d'une production d'animation, sans spécialisation particulière. La scolarité est validée par 9 Unités d'enseignement (UE).
En seconde année, les étudiants conçoivent un Projet Professionnel qu'ils développent durant une partie de l'année. Il s'agit d'une ébauche de production de cinéma d'animation pour laquelle ils doivent présenter la quasi totalité des étapes de conception et dont 30 secondes doivent être animées. Il faut préciser que ces projets, individuels, ne sont jamais aboutis ce qui explique que la formation ne soit pas "visible" dans les festivals.
Si ce diplôme est défini nationalement par un référentiel consultable dans tous les CRDP de France, il est interprété différemment en fonction des trois établissements où il est préparé. Tous n'en préparent pas moins des techniciens aux compétences semblables.

A la rentrée 2004, l'ecole ESTIENNE a transformé sa formation de FCIL (Formation Complémentaire d'Initiative Locale en un an) spécialisée en 3D en DMA Cinéma d'Animation. La formation s'appuie donc sur les mêmes programmes qu'à Roubaix mais avec une orientation résolument tournée vers les outils d'animation 3D.


Au même moment qu'ESTIENNE et contre toute attente, l'école privée sous contrat Sainte Geneviève à Paris a également ouvert "son" DMA Cinéma d'Animation. Elle recrute donc également 14 étudiants par année et essaye de jouer la spécificité de l'exploration artisanale pour se distinguer des deux autres DMA : "Une posture d'expérimentation fondée sur des liens avec les différentes expressions artistiques contemporaines et traditionnelles y est encouragée. Deux domaines sont traités en parallèle : le dessin animé traditionnel et infographique et l'animation des volumes et pixilation." Comme les autres DMA, Ste Geneviève compte les interventions de professionels du cinéma d'animation, elle se vante de faire intervenir Michel Ocelot lui même et compte également Florence Miailhe ou Jérôme Boulbès parmi les intervenants.


Troisième avatar des DMA Cinéma d'Animation, l'école d'Arts Appliqués Marie Curie de Marseille a ouvert une formation à la rentrée 2008. L'offre de formations publiques couvre donc la majeur partie du territoire avec des représentations à l'extrème sud et à l'extrème nord :). Marseille doit donc se construire une réputation vu qu'on est clairement dans ces formations dans des identités d'école. Nul doute qu'elle saura construire avec la proximité de grands studios angoumoinsins ou de la Cartoucherie (Folimage) de Valence des partenariats fructueux.


Nouveau DMA Cinéma d'Animation, l'école publique d'Arts Appliqués René Descartes de Cournon d'Auvergne (proche de Clermont Ferrand) ouvre une formation à la rentrée 2010. Riche de la proximité du Festival international du court métrage, avec un projet porté par Marie Paccou, réalisatrice reconnue, des enseignants dynamiques et des intervenants de qualité, la formation recrute 15 étudiants pour septembre 2010. Il est encore un peu tôt pour parler des spécificités de la formation, mais un dossier d'intention est disponible sur le site experimentanimation.fr



 

Poursuivons par l'école reine : LA formation de cinéma d'animation en France, les fameux Gobelins. De renommée internationale l'école forme de manière extrêmement professionnelle les animateurs français depuis les années 80. Carte de visite imparable dans le milieu, la sélection pour y entrer est légendaire (3% environ) et il n'est pas rare de voir des étudiants tenter plusieurs fois le concours avant de le réussir.
Au niveau du contenu, il est évidemment techniquement très pointu et très en phase avec la profession. C'est d'ailleurs ce qui est reproché à la formation ; une approche un peu technicienne et pas très ouverte. Mais les profils sélectionnés sont souvent tellement brillants qu'il faudrait beaucoup de mauvaise volonté pour gâcher le matériau.
Traditionnellement, les étudiants de la formation réalisent les génériques du Festival d'Annecy.
Une nouvelle formation ouvre d'ailleurs à Annecy en septembre 2010, il s'agira d'un perfectionnement à l'animation de personnages pour un public connaissant déjà un logiciels 3D.


 

 

Ecole Nationale Supérieure des Arts décoratifs de Paris. Institution séculière sous la tutelle du ministère de la Culture. Le département cinéma d'animation a gagné en activité ces dernières années et produit des profils très diversifiés et de grande qualité. Les étudiants produisent également un petit film d'animation dans des techniques qui ne sont jamais figées, l'école étant ouverte aux films d'auteur. La spécialisation se décide en seconde année, pour un diplôme en cinq ans, donc quatre années de spécialisation. L'admission est possible par équivalence Bac+2.



 

Autre formation a très forte notoriété internationale créée en 1988, SUPINFOCOM à Valenciennes propose un cursus en infographie, multimédia et jeux vidéo (SUPINFOGAME). Formation exclusivement 3D (logiciels Maya et 3DStudioMax) et compositing numérique, elle mise sur l'expérience du court métrage pour former ses étudiants. Ils doivent en effet produire un véritable petit film en groupe durant leur formation. Le résultat est souvent digne de grandes productions internationales, avec un petit je-ne-sais-quoi propre à l'école. Il peut être nécessaire pour intégrer la formation, de réaliser le cycle préparatoire de l'école (2 ans). L'école est très impliquée dans l'organisation des Rencontres de la Jeune Création Numérique (les e-Magiciens) de Valenciennes qui se tiennent tous les ans vers le mois de novembre.
Au vu du succès de la formation valenciennoise, une seconde section s'est ouverte à Arles en 2000



 

Ecole des Metiers du Cinéma d'Animation d'Angoulème. A la rentrée 2008, la formation de l'école passe en 3 ans, montrant sa capacité d'adaptation aux demandes professionnelles et des étudiants. Fusionnant ses antennes 2D et 3D, l'EMCA sépare maintenant son cursus en une année commune et deux années de spécialisation (2D ou 3D), fusionnant avec l'ancienne EMCI. L'école fonctionne sur une dynamique de projets, avec une formation par modules de plus ou moins courte durée.