Ottawa International Animation Festival

Hi ! Je tente moi aussi l'exercice délicat du compte rendu avec beaucoup moins de précisions que Çuikisouri, mais ayant très grandement apprécié ce festival (plus convivial qu'Annecy car plus petit) et son atmosphère bon enfant, je vous en touche quelques mots. J'étais sélectionné dans la catégorie graduation short avec Quidam dégomme, mon film de fin de DMA, et ai atterri jeudi 18 à Ottawa. Juste à temps pour retirer mon badge à la boutique du festival au Arts Court et pour filer à l'Empire Theatre (l'un des deux cinémas du centre ville, situé au sommet d'un gros centre commercial) voir la demo-reel des studios Aardman. L'occasion de redécouvrir certaines perles des studios de Bristol, d'en découvrir d'autres (les spots de pub contre le changement climatique par exemple, magiques) et de découvrir également certaines choses beaucoup moins amusantes et en 3D. Puis j'allai au Bytowne, l'autre cinéma du centre d'Ottawa, une charmante et vieille salle où se jouaient la plupart des projections du festival.

L'entrée de La cour des Arts

L'entrée du Bytowne cinema

Dans le programme short competition 2, je retiens surtout Western Spaghetti, de PES, toujours très efficace et inventif, Berni's Doll de Yann Jouette, où le quotidien du répugnant et pathétique personnage est très bien servi par un montage fort bien rythmé jouant habillement sur toutes sortes de métaphores, et Chainsaw, de Dennis Tupicoff, dont les 210 centimètres ont parfaitement mérité le double prix qui lui ont été attribués. Les différents univers juxtaposés de la corrida, du star-système, et de la coupe des arbre (je crois pas qu'on dise bûcheronneritude) créent une atmosphère très particulière renforcée par l'utilisation de la roto et des aplats de couleur, le tout soulignée par une musique en apesanteur fort belle. Quant à mon film, je ne vois désormais plus qu'un amas de défauts, mais je crois que c'est bon signe...

Le lendemain, j'ai pu répondre aux (quelques) questions du public lors d'une conférence Meet the filmmakers (en anglais s'il vous plaît, modéré par deux demoiselles de l'ONF), avant d'aller rejoindre le Bytowne où deux bus rouges à étages nous attend..., nous firent attendre pour nous conduire au pic-nique Cartoon Network. Après le sacro-saint Hamburger servi par des texans venus pour l'occasion, plusieurs festivaliers se sont adonnés à la sculpture sur citrouille, qui a lieu chaque année. Voici quelques exemples :

Voici Chris Robinson, délégué artistique du festival (c'est lui qui choisit les films de la compétition), accompagnée de sa vraisemblable progéniture

le soir, Who Framed Roger Rabbit, en compagnie de Richard Williams. L'avantage de se rappeler de l'histoire et de ne presque rien comprendre à l'anglais américaniso-toonisé permet de se concentrer sur les images, et je constate que le résultat est toujours aussi épatant et jubilatoire. Ses vingt ans d'âge ne l'ont pas fait vieillir, ce sacré bon vieux film...

J'ai peu apprécié le short competition 3, si ce n'est Dialogos (Dialogos), d'Ülo Pikkov, trépidant court-métrage estonien où de très rapides sketches gravés sur la pellicule s'enchaînent sur une sorte de musique indescriptible. Assurément peu banal et ma foi très réussi. Le "I love you more than shit" restera chez bon nombre de spectateurs. Je retiens aussi Cattle Call, de Mike Maryniuk et Matt Rankin, où est tourné en dérision l'absurde et frénétique débit vocal des vendeurs de vaches des grandes plaines. L'argument est certes assez faible, mais le résultat est plaisant, sans être révolutionnaire. 1st date, de Nils Knoblich terminait cette séance assez peu hystérique de façon drôle et légère.

Le samedi, j'ai raté le début de Short competition 1 (ce toujours très efficace décalage horaire), mais j'ai pu tout de même ré-apprécier l'émouvant et très fort La maison en petits cubes, de Kunio Kato, et le splendide Skhizein, de Jérémy Clapin (hélas reparti bredouille de la cérémonie de clôture, et c'est assez incompréhensible) (mais on m'a dit d'arrêter d'essayer de comprendre les cérémonies de remise des prix). Je souligne aussi Muto, de Blu Blu, où l'animation en arrêt de mouvement (équivalent québécois de stop-motion animation) sur murs et plafonds est assez hypnotisante. Puis ce fut Short competition 4, où aucun film ne m'a véritablement transcendé. Je mets cependant en avant Woods, de Idan Vardi, graphiquement très travaillé, Kundan, de Taku Kimura, où l'animation 3D est utilisée de façon intéressante et plutôt novatrice dans cette histoire adaptée d'un mythe de la culture japonaise, et En agosto (in august), de Andrés Barrientos et Carlos Andres Reyes, où l'histoire peu évidente est en partie rattrapée par de belles images et une atmosphère générale de fin du monde très joliment mise en scène.

Puis en passant le pont, je pénétrai au Québec puis au museum of civilization pour assister à la conférence de Richard Williams, interviewé par son ami l'animateur et historien new-yorkais John Canemaker. Un grand moment où nous pûmes voir les premières animations publicitaires de Williams, des images inédites de The Thief and the Cobbler, et des extraits de son Animator's survival kit en DVD (pour un prix non modique). Voici Richard Williams nous expliquant la marche (Canemaker assis) :

La soirée suivant les projections se passait dans un ancien théâtre reconverti en boîte de nuit. Ce n'était pas un moment particulièrement inoubliable, mais j'ai pu la passer avec de très sympathiques étudiants en animation de l'University of Arts de Philadelphie.

Le dernier jour fut entamé avec la projection Canadian Showcase, où comme son nom le précise était projetée un sélection des meilleurs court-métrages canadiens récents. Je fus en admiration devant L'ondée, de David Coquard-Dassault, une splendide mise en image des petits riens se déroulant sous la pluie. Le côté minimaliste de certains plans évoque Father and Daughter de Michael Dudok Dewit, et l'atmosphère générale contemplative fait de ces sept minutes quarantes un petit bijou. Si l'on retrouve une certaine touche Folimage, c'est que David Coquard-Dassault l'a réalisé là bas, dans le cadre d'Artistes en résidence, en partenariat avec l'ONF. Je souligne aussi Labyrinth, de Patrick Jenkins, un film noir en peinture animée assez effrayant et joliment construit. Hungu est mon second coup de cœur de cette projection, avec une histoire africaine d'amour maternel au graphisme très fin, tout en ombres chinoises soupoudré de sable animé, magnifique ai-je trouvé. Triumphant Campaigns of Captain Cudney, de Kyle Marshall, n'était pas tout à fait du même niveau, mais dans la catégorie court-métrage humoristique, il se défend très bien avec un graphisme et une animation efficace, soutenus par un rythme fort bien orchestré.

Ayant ensuite jugé que de sitôt je ne reverrai pas Sita Sings the Blues au cinéma (en tout cas pas au pathé français le plus proche), je retournai le voir à L'Empire Theatre, l'autre cinéma du centre ville, situé au sommet d'un gros centre commercial. en sortant j'estime que Sita a parfaitement mérité son cristal à Annecy et je constate une nouvelle fois le talent de Nina Paley pour la narration et le rythme de celle-ci.

Puis je retraversai la rivière des Outaouais pour me rendre au museum of civilizations assister à la cérémonie de Cloture. Celle-ci tranchait véritablement avec le faste bollywoodien d'Annecy, et nous avons pu assister au talk show et acknowledgment show de Chris Robinson, délégué artistique du festival, très à l'aise derrière un micro devant une salle comble. Puis les enfants du jury junior défilèrent pour justifier leurs choix et remettre les prix avant que le jury adulte ne fasse de même (mais sans justifier de manière aussi exhaustive leurs préférences). Enfin furent projetés les films gagnant de cette édition. Je fus d'accord avec la majorité des choix des jurés, mais je reste perplexe devant l'attribution d'un prix à Último 'Spong Ice' (clip vidéo assez peu révolutionnaire) et Terra (long métrage que je n'ai pas vu mais dont les échos que j'ai eu furent bien peu positifs). Voici Chris Robinson remerciant les innombrables sponsors, tandis qu'attendent sur la table derrière lui les prix en forme d'espèces de scies circulaires (ou de phénakistoscope) que les malheureux gagnants vont avoir bien du mal à emmener avec eux en bagage à main sur les vols internationaux.

Pour Chainsaw, Dennis Tupicoff n'aurait pas pu avoir de prix plus adapté.

En définitive, je reviens on ne peut plus satisfait de ce festival, d'avoir pu voir ces films dans un pays aussi dépaysant et agréable (Je comprends que Çuikisouri s'y soit installé), qui plus est dans une ville où il fait bon respirer (si si, bien plus qu'à Paris), et où l'on manque à chaque pas de marcher sur la queue d'un écureuil, de botter un raton laveur où de trébucher sur une marmotte, comme ici en plein centre-ville :

Bon d'accord la photo a été légèrement recadrée. Anyway je conseille ce festival à tous les amateurs d'animation, de marmottes, de sculpture, de citrouilles et de sirop d'érable et de chateaux Disney.

Ottawa 2008 - Compte rendu complet (Jour 5 et dernier jour)

Dimanche 21 septembre, Il fait toujours très beau, et je profite de ma matinée pour aller visiter le parc de la Gatineau (il faut une voiture). Très grand parc naturel très sympathique. Ensuite je reviens pour assister à la séance de Sita sings the blues que je n'ai pas eu l'occasion de voir à Annecy. Je dirais que j'ai été agréablement surpris, car le film m'a plu mais même s'il est fait par une seule personne, la qualité de l'animation est présente. Vraiment une belle découverte et je tire mon chapeau. Ma préférence des scènes va à celles de dialogues entre les sortes de statues indiennes qui sont assez décalée et se prenne pas au sérieux. Par contre le coup des scènes où ça chante, je suis moins fan.

En tout cas après ce film j'avais vu les 4 films en compétition et j'étais pas capable de voir qui allait gagner mais j'étais convaincu que Terra n'allait pas gagné... ce qu'il a fait...

Ensuite dernière petite pause avant de rejoindre le musée des civilisations pour la cérémonie de clôture. Ca commence par un speech, des remerciements. Les premiers prix, puis le jury des enfants qui annoncent leur prix de façon très sympathique, et provoque des rires dans la salle. Les premiers prix commencent à tomber. Les "trophée" sont des sorte de sculptures métalliques reprenant le logo du festival. Assez volumineux et difficile à passer dans l'avion... Je me demande si ça passe en cabine... En tout cas en moyenne 2 réal sur 3 sont présents pour venir chercher leur prix. Ensuite sont diffusés les courts des gagnants (pas les mentions spéciales j'imagine, mais je suis pas resté, donc je sais pas).

Ensuite retour à la boite de nuit du premier jour pour fêter ça. Un karaoké est organisé, prouvant qu'on peut animer et ne pas savoir du tout chanter :). Des petits trucs à manger très sympa, de l'alcool. Et puis dodo

Le lendemain, pour info, l'ONF organisait une porte ouverte dans ses locaux de Montréal. J'ai pas pu y aller mais peut être que Muiye peut nous faire un petit rapport là dessus, je pense qu'il y est allé.

Voici le palmarès

NELVANA GRAND PRIZE FOR BEST INDEPENDENT SHORT ANIMATION
Chainsaw, directed by Dennis Tupicoff, Australia

GRAND PRIZE FOR BEST ANIMATED FEATURE
Terra, directed by Aristomenis Tsirbas
Honourable Mention:
Sita Sings the Blues, directed by Nina Paley

MyToons GRAND PRIZE FOR BEST STUDENT ANIMATION
I Slept With Cookie Monster, directed by Kara Nasdor-Jones, USA

GRAND PRIZE FOR BEST-COMMISSIONED ANIMATION
Sony Bravia 'Play-Doh', directed by Frank Budgen & Darren Walsh, UK

CANADIAN FILM INSTITUTE AWARD FOR BEST CANADIAN ANIMATION
Drux Flux, directed by Theodore Ushev, Canada

NATIONAL FILM BOARD OF CANADA PUBLIC PRIZE
This Way Up, directed by Smith & Foulkes (UK)

BEST ANIMATION SCHOOL SHOWREEL
Rhode Island School of Design (USA)
Honourable Mention:
Supinfocom (France)

INDEPENDENT SHORT ANIMATION COMPETITION
Best Narrative Short Animation: Chainsaw, directed by Dennis Tupicoff, Australia
Best Experimental / Abstract Animation: Muto, directed by Blu, Italy
Honourable Mentions: Dialogos, directed by Ülo Pikkov
Drux Flux, directed by Theodore Ushev, Canada
STUDENT ANIMATION COMPETITION
Adobe Prize for Best High School Animation: The Depose of Bolskivoi Hovhannes, directed by Will Inrig, Canada
Best Undergraduate Animation: I Slept With Cookie Monster, directed by Kara Nasdor-Jones, USA
Graduation Animation: Camera Obscura, directed by Matthieu Buchalski, Jean-Michel Drechsler & Thierry Onillon, France
COMMISSIONED ANIMATION COMPETITION
Promotional Animation: Sony Bravia 'Play-Doh', directed by Frank Budgen & Darren Walsh, UK
Music Video: Último 'Spong Ice', directed by Bolos Quentes Design, Duarte Amorim, Albino Tavares, Miguel Marinheiro & Sérgio Couto, Portugal
Television Animation for Adults: People from The Dark Years 'Bates', directed by John Halfpenny, Canada
ANIMATION MADE FOR CHILDREN
Best Short Animation: The Swimming Lesson, directed by Danny De Vent, Belgium, The Netherlands and France
Honourable Mention: Leon in Wintertime, directed by Pierre-Luc Granjon & Pascal le Nôtre, France and Canada
Television Animation for Children: The Upstate Four, directed by Fran Krouse, USA
Honourable Mention: The Bunjies, directed by Andreas Hykade & Ged Haney, Germany


Ceci termine mon compte rendu du festival d'ottawa 2008 que j'ai apprécié et j'espère être en sélection dans la version 2009 !!!!
Cuikisouri

Ottawa 2008 - Compte rendu complet (Jour 4)

Samedi 20 septembre, j'ai surtout visité le musée d'histoire naturelle et suis allée voir la séance 4 des court métrage. Puis je suis allé retrouver un ami à Gatineau. Il parait que la soirée du samedi était pas terrible terrible... Pour ce qui est de la projection bloc 4, voici les courts projetés:

HolicDay de 4 lycéens (Corée du sud), 7 minutes, Ordi 2D, court lycéen
ouais, ca va. Mais un peu bof quand même. Disons que le fait d'avoir été 4 à du aider à faire de l'animation très correcte sur cette durée.

The ascent of man, de Luke Gustafon et Denny Silverthome (Canada), 3 minute, flash, court narratif. Ouais, pas vraiment bien, pas vraiment nul... normal...

Woods, de Idan Vardi (Israel), 6 minute, dessin sur papier, animatino de graduation
Bien, joli et poétique mais il manque qqchose.

Returning round de Malcolm Sutherland (Canada), 2 min, 3D, court abstrait. Ouais... principe qui reseemble a En attendant, mais moins bien...

Kudan, de Taku Kimura (Japon) 9 min, 3D, court narratif.
J'ai trouvé qu'il y avait qqchose. Ca m'a plu masi je sais pas trop pourquoi. Des idées un peu bizarre pour un scénario qui semble très conventionnel sur certains points.

Min Bestemor Beijing, de Mats Grorud (Norvege), 9 min, pâte à modeler,court étudiant.

Il y avait de l'idée, c'est pas mal , mais il manque quelquechose. Ca parle d'une grand mère ridée qui a du charme et qu'on refait avec de la chirurgie esthétique. Métaphore de la ville de Pékin.

LightSpeed champion 'Dry lips' de Stephen Irwin (UK), 4 minutes, divers techniques, clip musical
Ouais, banal.

Peaple from the dark years 'Bates', de John Halfpenny (Canada), 6min, ordi 2D, animation pour adulte.
Je comprends pas trop le pour adulte mais bon. C'était une histoire assez tragique, triste, expéditive... Ca marche bien.

Pecatum Parvum, de Asya Lukin (UK), 9 minutes, pâte à modeler, court étudiant.
Je crois que j'ai préféré l'oublier celui là... Doit pas être terrible.

The yellow bird, de Tom Schroeder(USa), 11 min, ordi 2D, court narratif.
J'ai bien aimé, même s'il se passe pas grand chose. Un homme se tire accidentellement dans la main et on l'amène à l'hôpital. Il souffre, délire. La fin indique j'ai l'impression que l'homme qui souffre ne s'empêchent pas de faire souffrir les autres inutilement par plaisir, pour se soulager. J'ai beaucoup apprécié.

En agosto, de Andrés Barrientos et Carlos Andres Reyes (colombie) 14 minute, technique diverse, court narratif.
Une très bonne surprise. C'est très Bédé, mais c'est surtout la musique que j'ai trouvé très très bien pour accompagné l'histoire. De belles séquences, de belles images, un bon son. Dommage que l'histoire soit un peu trop courte pour tout dire et trop longue pour ne finalement rien dire. Mais c'est un court qui m'a agréablement surpris. On aurait dit le pilote d'un film...
Voilà les blocs s'est fini !!! Et moi je vais dodo :)

Ottawa 2008 - Compte rendu complet (Jour 3)

Vendredi 16 septembre.

Le fameux jour du picnic cartoon network. Je me suis levé assez tôt pour assister à l'interview donnée par l'ONF avec les réalisateurs de la veille. Contrairement à annecy où chaque réalisateur est pris un par un, ici c'est une table complète avec tous les réalisateurs et une question posée à chacun, tout à tour. Les questions sont simples, pertinentes et ne se perdent pas trop. Chacun répond pusi ensuite le public peut poser ses propres questions. Les questions ont tourné beaucoup sur le court abstrait optical percussion, Chainsaw et Berni's doll. Le public se compose d'une cinquantaine de personne.

Une fois l'interview terminée, il s'agit de prendre le bus du cinéma Bytowne jusqu'à l'air de picnic, à 10/15 minutes de là. Voici une photo dans le bus :)


Arrivé sur place, on peut se prendre une et aller se chercher une citrouille tant qu'il en reste. J'hésite à en faire une et finalement je cède à la tentation. Muiye lui met encore moins de temps à faire son choix et s'embarque dans le "plan" de découpage. Mais c'est aussi le moment d'aller se servir un hamburger type barbecue ou un gros hotdog, avec de la salade, des boissons... Merci cartoon Network. Une fois que les gens ont terminé leur repas, c'est parti pour la sculpture. Voici certaines personnes en pleine action (après que j'ai fini la mienne).



De mon coté je cherche a faire quelquechose de classique. Je n'ai aucune idée de ceux que compte faire les autres mais vu que c'est la première de ma vie... J'y vais molo. Et surtout je l'ai fait seul alors qu'en fait la plupart semble avoir été fait en équipe. C'est drôle à faire mais attention à pas se couper (n'est pas Jeremy) et on en met un peu partout (de la citrouille). Une fois la mienne finie, je me met à regarder celles des autres et là je commence à comprendre le niveau :). Merde y'en a qui passe leur journée à ça non ? En tout cas d'autre personne comme Dennis Tupicoff, le réal de Chainsaw, n'est pas très motivé pour faire une citrouile.

Une fois la citrouille finie, tout le monde va la déposer derrière les autres afin que les juges (et les gens) puissent les observer. Muiye n'attendra pas longtemps avant de prendre une bière bien méritée :)


Donc voici la rangée finale (en partie)

Je ne vais pas vous dire lesquelle c'est celle de Jeremy (Muiye) et la mienne mais voici un ensemble des sculptures présentes










Une fois 16H venu, il est temps de retourner sur ottawa. Je veux essayer de voir le panorama international.
Le picnic ca fatigue un peu mais certains court métrage sympathique maintienne mon attention. El empleo de santiago 'Bou' Grasso, très bon, Refreny de Wiola Sowa que je trouve très poétique, Streetcar named Perspire (sur lequel a bosser le fous d'anim Pascal Campion), La Vita Nuova de Arnaud Demuyck et Christophe Gautry m'a un peu déçu, Ergo de Géza M toth est long mais un design super mignon, Syotti de Tomi Malkki est un peu gore, et ça finit par presto de Pixar, très bon, et glago's Guest de Disney, moins bon.

Ensuite de mon coté je veux voir Who framed Roger rabbit en présence de Richard Williams. J'adore ce film. En anglais c'est un peu chaud tout de même vu la rapidité des dialogues et les accents toons...

Déjà 21h et la séance court métrage 3, de mémoire la pire et la moins supportable. Race across the rainbow, de Jackson He (Canada), 3 minutes, Flash, 2D computer, film lycéen
Très bof.

blind Spot, des étudiants des gobelins (France), 3 min, 3D, Court étudiant
Sympathique. Drôle. Se laisse regarder.

Cattle Call, de Mike Maryniuk et Matt Rankin (Canada) 3 min, technique diverses (court abstrait) Faut s'accrocher... une sorte de remix techno sur l'annonce de vente de vache par une sorte de cowboy/ présentateur. Nul.

Ultimo Spong Ice, de 4 réal (Portugal), 3 min, Encre sur 16mm (music clip)
Le gagnant... euh...pour l'originalité de la technique ? Sinon je vois pas, car ca ressemble à rien...

Super Jail! combaticus, de Christy Karacas (USA), 11min, flash , série pour adulte
On se demande comment les gens trouve du financement pour ça... Et où c'est diffusé ? Moi j'ai trouvé qu'il y avait un petit air de metal hurlant. En gros c violent, c'est n'importe quoi et on voit pas trop où ça mène... 2 personnes ayant bossé dessus étaient des fans du court de Muiye...

Seemannstrue, de Anna kalus(Allemagne), 10 min, ordi 2D, court narratif
Illustration d'un poeme macabre de Joachim Ringelnatz. De belles illustration mais difficile de cerner l'histoire et pas assez dynamique, trop long.

Like Me, only Better, de Martin Pickles (UK) 5 minutes, crayon sur papier, Animation étudiante
Un dialogue autour d'une tasse de thé entre une sorte de parano ventant les mérite du prozac pour sauver le monde et une amie... Sympa.

Dialogos, de Ulo Pikkov (Estonie) 5 minutes, gravure sur film, court abstrait
J'ai pas de souvenir de ça... Surement l'esprit ailleurs...

The ambiguously Gay duo, de JJ SedelMaier (USA), 5 minute, Ordi 2D, animation pour adulte

Mais non !! pitié!!!! Le titre résume l'unique blague... un duo de super heros que l'on croit gay... et il faut essayer de les piéger pour prouver qu'il le sont...

Dino Orange de Lansing Bruce Robertson (Canada), 7 minute 30, objets animés, court narratif
Non arrêter la séance... Peut être le court qui avait le moins sa place à Ottawa... un ami du comité de sélection ? A éviter à tout prix, c'était la goutte de trop dans la séance... ce qui suivra aura beaucoup de mal à rattraper le maque de motivation que ce dernier aura créer.

The comic Strip that frenches your mind, de Bruce Bickford (UK), 5 minute, dessin sur papier, court abstrait.
C'est pas celui là qui va nous faire oublier le précédent... animation intéressante, pour 1 minutes, pas 5, en tout cas pas avec ce qu'il y avait avant...

Big Baby "Rookie", de Robert Marianetti et David Wachtenheim (USA), 2min, flash, court narratif
On s'enfonce on s'enfonce.... m'aidez m'aidez.... Là ça devient vraiment penible. Un bébé géant devient le partenaire d'un flic solitaire...

The mixy tape, de David Seitz & Mike Wray(Canada), 6 min, technique diverse, court narratif
A ce stade là, ca devient dur de se remettre dedans. En plus si c'est pas du grand public... donc je sais pas trop quoi penser de celui là, mieux que les précédent mais était il bien...

Drux flux, de Theodore Ushev(canada), 5 minute, Techniques diverses, court abstrait
Le gagnant de la catégorie abstrait, peut être qu'à ce niveau il a réussi à élever le niveau de la projection légèrement. Perso j'aurais pas choisi celui là. Des images d'usine si je me souviens bien qui s'enchaine très vite.

1st Date, de Nils Knoblich (Allemagne), 2 minutes, dessin sur papier, court narratif
Court, rapide, léger, permet de souffler un grand coup à la fin de la séance.

Bon c'était vraiment une séance difficile... pfiou... Et après il y avait une soirée des refusés (ceux pas sélectionné). Une discussion avec la charmante productrice de Bill Plympton, découverte des citrouilles la nuit avec les bougies (Et là tu comprends que celle qui fonctionne bien le jour, sont parfois bien inutile la nuit... la mienne fonctionnait très bien je trouvais...). Je suis pas resté trop longtemps et suis parti dans un vrai club à Ottawa. Mais pas assez de monde donc rentré assez tôt.

Ottawa 2008 - Compte rendu complet (Jour 2)

Jeudi 18 septembre 2008 Nous voici arrivé au deuxième jour. Le beau temps est toujours là. Fatigué, je ne trouve pas le courage de me rendre à l'interview des réalisateurs dont le court à été diffusé la veille. Jeremy qui après avoir souffert du décalage horaire, d'une journée couché à 6 heures du mat avec une nuit de 4 heures de sommeil environ, parvient à s'y rendre :) le courageux. Il parait même que son intervention était intéressante :).

Moi c'était levé à midi, à 13 heure compétition 5 que je ne pouvais allé voir samedi soir (en fait le soir c'est des séances "GALA" qui requiert une réservation en priorité) puis petite balade sympathique dans Ottawa en attendant le programme de 19H. Mais revenons sur le bloc 5 de la compétition. Un bloc qui, de mémoire, était agréable et doté de touches humoristiques.

The depose of Bolskivoi Hovhannes, de Will Inrig (Canada), 5 minutes, Objets animés, court métrage lycéen.
C'est le gagnant du meilleur high school animation. Perso je comprends pas pourquoi, faudrait que je check la liste des autres dans cette catégorie mais j'avais pas du tout trouvé ce film intéressant car beaucoup de texte écrit (à la muet) et l'animation était limite. Le rendu noir et blanc était sympa par contre et la musique d'ambiance adapté. Bon je viens de vérifier la liste des films dans cette catégorie, j'aurais voté pour jugglers du bloc 1 perso mais bon, c'est vrai que le reste n'était pas terrible. Mais c'est aussi la compétition la plus "jeune".

The control master, de Run Wrake (UK), 7 minutes, papier découpé et ordi 2D. court narratif
Un court plaisant au style comic américain année 60, un peu disjoncté mais pas trop. Scénario un peu maigre et sans grand intérêt. C'est juste légèrement drôle.

En attendant, de Richard Negre (France), 3 minutes, Encre sur papier, court abstrait
Un court que j'aurais aimé faire dans le sens ou j'aime bien l'idée originale du concept. Vous prenez N points et vous les rejoignez de façons différentes puis vous animez, ajouter un point, déplacer un point.... Intéressant de voir que ça marche très bien visuellement.

Keith Reynolds can't make it tonight, de Felix Massie (UK), 6 min, flash, court étudiant
Vu dans plusieurs festivals, simple, drôle et narrativement très bien construit. Une animation en stickman qui trouve facilement son public et marche parfaitement.

A child metaphysic's, de Koji Yamamura ( Japon) , 5 min, crayon sur papier, court abstrait
Un très bon court, peut être pas assez abstrait pour gagner dans cette catégorie :). C'est très mignon, très joli, très bien animé et plein de bonne idée. De l'abstrait qui fait rire, c'est rare.

Sapmi, de Jan Lachauer et Max Lang (Allemagne), 5 min, flash, court d'étudiant
Une histoire de dieu, 2 enfants, fils de la lumière, ensemble jusqu'à ce que l'un deux obtienne une ombre et se place dans le coté obscur de la force. C'est mignon, une fable un peu facile par contre.

The idiot stinks, de Helder K Sun (USA), 1 min 33, Gravure sur film, court abstrait
Aucun souvenir de ce court... mais alors rien de rien...surement trop court pour m'avoir marqué.

Camera Obscura, d'étudiant de Supinfocom (France), 7 minute, 3D, court étudiant
Prix du meilleur film étudiant. Moi j'adore car ils ont réussi à intégré magnifiquement image réelle et 3D. Un film sensible, hors du temps, plein de bonne idée et très bien filmé. Une tuerie et leurs multiples sélections en festival est justifiées. Ca va etre chaud de faire mieux la prochaine fois les petits jeunes !!!

Mika, lollipop de Bonzom Bonzom (France), 3min, Ordi 2D, clip music
Dans l'univers de Mika, ça fonctionne bien mais c'est pas trop trop original. très enfantin. Ceci dit je trouvais que c'était l'un des meilleurs.

This Way Up, de Smith & Foulkes (UK), 8 minutes, 3D, court narratif
Le prix du public, et il correspond exactement à ça. une animation grand public, de la 3D avec de l'humour, très nettoyé, bon enfant, politiquement correct. De gros moyens. Dans la veine de "Même les pigeons vont au paradis". Le genre de court pour des chaines hertziennes classiques.

Maraka, de David Wachtenheim et glen Steinmacher (USA), 5 minutes, dessin sur papier, animation pour adulte
Surement celui qui a fait le plus rire la salle. Une grosse parodie de Dora l'exploratrice très drôle même si mal dessiné mais c'est un peu fait exprès j'imagine.

I'm so proud of you, de Don Hertzfeld (USA), 20 minutes, pinceau sur papier, Objet animé. Court narratif.
Trop long. Intéressant tout de même malgrès une histoire fouillie et difficilement compréhensible.

Fin du bloc 5. Il y a une chose aussi à dire à propos du festival, c'est le grand nombre de difficultés techniques rencontrés. Mauvais son, son sans images, images dégradées...

Ensuite petite balade jusqu'à 19H dans ottawa. Retour au cinéma Bytowne pour la projection du film "Terra", en compétition. en regardant l'image ça ressemble à de la 3D bidon, un peu comme Delgo qui était à annecy. Je regarde. Histoire banale, design mignon mais pas original, jeu d'acteur moyen... Franchement je me dis que ce truc pourra jamais gagner le prix, par contre sur les autres je savais pas. La réalité est que ce film a gagné le prix... allez comprendre... politique a priori à cause de la non réussite de ce film canadien à trouver un ditributeur à ce que j'ai compris. Il aurait remplacé "peur du noir" au dernier moment... rumeurs, réalité... c'est sur que c'est incompréhensible.

21h, Court métrage en compétition bloc 2.

Après des excuses qui ne sont pas des excuses de Chris Robinson, on commence le bloc 2 où se trouvais les courts de pas mal de personnes que l'on avait déjà rencontré la veille.

Stomach Boy de Leo Lillrank (Suède), 8 min, peinture, encre sur papier, ordi 2D, court métrage lycéen
Vision d'un estomac et des effets de la bonne bouffe ou de la junk food. Assez tranché comme point de vue, animation bof, graphisme bof... assez long... Le réal disait vouloir montrer une chose "dégoutante" de façon "sympa et non dégoutante". Pas terrible.Mais encore jeune.

Western Spaghetti, de PES (USA), 2 minutes, objet animé, Court narratif
Marche très bien. sorte de recette grâce à des objets type tissu, pelote de laine... Une bonne idée, rapide et bien réalisé.

Baerenbraut, de Derek Roczen (allemagne), 8 min, ordi 2D, animation étudiante
Une narration simple, poétique, un style simplifié et très fluide. Agréable à regarder sans plus.

Lost Utopia, De Mirai Mizue (Japon), 5 min, dessin sur papier, animation abstraite
animation racontant l'histoire de adam, eve, la pomme... avec des formes "cellulaire". Un peu original. Se laisse regarder mais peu ne pas plaire, surtout à cause de certaines utilisation abusive de calque 2D sur PC à priori.

Berni's doll de Yann jouette (France), 11 minutes, 3D court narratif
Un court métrage qui fait beaucoup parlé. Yann parle avec humour d'un hommage à Deep Throat. Il provoque et montre une vision de la condition féminine intéressante :). Un bon court.

Retouches, de Georges Schwizgebel (Suisse et Canada), 6 minutes, peinture, Animation abstraite.
Peut être l'animation abstraite que je préfère mais certainement pas la meilleur de l'artiste suisse. Tout à fait dans son style, des scènes qui s'enchaîne. Moins ambitieux que Jeu.

A letter to colleen, de Andy et Carolyn London (USA), 8min36, rotoscopie, court narratif
Une court métrage en rotoscopie qui marche très bien. Très rock n roll, une bonne bande son, et une réalisation dynamique.

Quidam Dégomme, de Rémy Schaepman (france), 6 min 45, Flash, ordi 2D, papier découpé, animation étudiant
Un petit de sainte Geneviève. Court sympathique, avec quelques faiblesses que l'auteur concède. J'ai trouvé ça mignon, le face à face entre la routine sombre parisienne et le monde imaginaire et loufoque qu'on peut créer dans sa tête pour s'en échapper. Un réal sympa :)

Optical Percussion, de Gerd Cockwell (Allemagne et Suisse), 4 minutes, dessin papier, animation abstraite
Un exercice pour tenter de refaire un travail qui n'avait jamais été fait dans le passé à cause d'un incendie(1937, à l'origine entre Oskar Fishinger et John Cage). Des formes rectangulaires s'affiche pour fitter avec la musique. Mal de tête pour certain spectateur qui ne supporte pas ce genre là.

Chainsaw de Dennis Tupicoff (australie), 25 minutes, ordi 2D/3D rotoscopie, court narratif

Le double prix court métrage du festival. Il faut bien se rendre compte que ce court est sélectionné dans de nombreux festivals malgré sa durée de 25 minutes. Ce qui vous invite à imaginer sa qualité. C'est original, très bien écrit, très bien pensé. Je crois que je ne l'avais jamais vu recevoir un prix ce qui m'étonnait. alors que le film est vraiment bien. Erreur réparé avec cette double récompense (même si je trouve du de même 2 prix au même film vu le faible nombre de prix pour des courts métrages... même pas de mention spéciale). En tout cas le réal est fort sympa, grand :) genre plus de 2m10 je pense, et le prix est mérité.

Voilà, fin du bloc 2 et direction vers la 2ème soirée, dans la cour d'une ancienne prison devenu auberge de jeunesse. Un groupe de musique sympa avec des break dancer. De la bière. Un peu froid et je ne m'éternise guère car je veut être en forme pour le lendemain et assister à l'interview des réal qui est assez tôt.

Ottawa 2008 - Compte rendu complet (Jour 1)

Tout a commencé le mercredi 17, sous un beau soleil et un grand ciel bleu. J'avais récupéré la veille mon petit sac de festivalier qui comportait le programme, une revue Animation magazine, des aimants illustrées par des personnages cartoon network pour le frigo, une feuille d'érable qui pu pour mettre dans la voiture (ou dans les WC), un mini flipbook très pratique résumant les lieux du festival et le programme (le petit truc qu'il faut toujours avoir sur soi)


Mercredi 17 La j'étais paré. Le mercredi c'est un peu comme le lundi a Annecy mais en pire. Le programme est super vide car on attend surtout la cérémonie d'ouverture. En fait le lundi et jeudi, il y a des conférences télé en parallèle du festival, sorte de mini marché surtout important pour les producteurs/diffuseurs de séries. Comme le MIFA, ca oblige d'avoir un badge plus cher (environ 150 euros de plus) et seul les professionnels s'y rendent (Ca permet également le petit déjeuner gratuit et une croisière en bateau je crois). Enfin je sais pas trop a quoi ça ressemble mais ça se passe au château Laurier, l'hotel classe d'Ottawa.

Donc le début du programme commence à 19H00 avec la projection de Valse avec Bashir, au cinéma Bytowne, le cinéma "officiel" du festival je dirais, au même titre que Bonlieu à Annecy. Je n'avais pas encore eu l'occasion de voir ce film donc j'y suis allé. Déjà il faut savoir que, même si le français et l'anglais sont les langues officielles du Canada, les projections en Anglais ne sont pas sous titré français. Donc vaut mieux bien comprendre l'anglais. Donc le film commence, et je peux apprécier ce film qui a reçu de très bonnes critiques je pense. C'était un film tout à fait correct, mais je suis pas fan du choix narratif qui a été fait. Je le trouve mou et je trouve qu'il empêche un peu le spectateurs de se sentir proche de l'histoire. On se perd un peu a essayer de comprendre où le réal veut en venir. En fait j'ai surtout trouve les personnage pas du tout expressif. De belles images, de belles séquences, mais des personnages auxquels on ne s'attache pas. Et la fin très forte aurait été forte quelques soit les choix narratif du début je pense. D'ailleurs la fin ressemble beaucoup plus à une histoire qu'à un documentaire. Donc je sors de là en ayant l'impression d'avoir vu un film agréable mais pas si bon que ça.

A 21h00 débute la cérémonie d'ouverture qui correspond en fait à la projection du premier bloc compétition. Par bloc compétition il faut bien voir la différence avec Annecy. Annecy les types d'oeuvres sont regroupés dans des blocs (Série TV, court métrage, commercial, clip), à Ottawa les blocs comprennent tous les type. Par contre les catégories distinguent "court métrage narratif" et "court métrage abstrait ou expérimental". Seul les programmes "enfants" disposent de 2 blocs séparés, Série et court métrage.
Donc la cérémonie d'ouverture commence et Chris Robinson, le directeur artistique du festival (équivalent de notre ami Serge d'Annecy) prends la parole assez vite pour l'abandonner assez tard. Chris est une personne assez particulière dans sa façon de parler. On a pas l'impression qu'il fasse ça sérieusement, il met de grand silence dans son discours, ajoute des petites phrases qui n'ont rien à voir... C'est drôle parfois mais ça n'est pas très dynamique. Des phrases sur des singes et des bananes, des excuses qui n'en sont pas... L'arrivée de power rangers au milieu du discours. On va dire que c'est très particulier, très décalé... ahhh l'humour étranger... Bon au bout d'un moment, la séance peut commencer.

Chaque séance, comme à Annecy, est précédée par un générique présentant les sponsors puis un générique pour le festival (type gobelin sauf qu'il y en a une seul pour la semaine). Le générique présentant les sponsors est long et totalement inintéressant, sorte de cadre avec des mains qui marche au milieu d'une fanfare dans une sorte de cirque. Aucun intérêt mais quand on voit le nombre de sponsor (une quarantaine) on se dit que ca doit être chaud d'avoir une ambition type Annecy sans faire une animation de 10 minutes... On peut remercier l'état Français qui donne finalement beaucoup d'argent pour éviter la multiplication des sponsors à Annecy. Le générique du festival était à mon gout très moche, un style que je n'aime pas du tout, très américain (mais pas disney), une animation pauvre, un accouchement, un humour bof... Vraiment aucun intérêt.

Ensuite commence la séance (enfin) court métrage.
Jugglers, de Niven Wilson (USA) 7 min, encre sur papier (court étudiant)
Le concept de jonglerie d'une façon originale. Au lieu de balle on jongle avec des gens, ses propres mains, ses yeux... Au début le style m'a pas du tout plu mais finalement j'ai trouvé que ça marchait assez bien. Peut être légèrement trop long.

C'est toujours la même histoire, de Joris Clerté & Anne Morin(France), 5 minute, Ordinateur 2D (court narratif)
Déja vu et on en a déjà parlé sur le Forum. Un style très simple. Moi j'accroche pas plus que ça.

I slept with cookie monster, de Kara Nasdor-jones (USA), 3min, technique mixte (roto, dessin..) court étudiant
Un film sensible qui narre l'histoire du fille qui se marrie un peu à la va vite avec un homme mauvais et qui finalement réussi à refaire sa vie avec sa fille.

Casa de Maquinas, de Maria Lette et Daniel Herthel (Brésil), 5 minutes, Objet animés (court narratif)
Une sorte de machinerie permet de faire vivre une marionnette. Rien d'extraordinaire dans ce court si ce n'est le coté marrant de bricolage.

Thé Noir, de Serge Elissalsde (France), 5 minutes, encre sur papier (court narratif)
Un très bon court qui montre un homme qui aime le thé mais refuse d'en boire pour plein de raison abusives (importé de chine où des chinois aux mains sales l'ont cueillit du coup risque de maladie, ou se bruler la langue et perdre la notion du goût...). L'animation est très sympa, le style aussi. J'ai beaucoup aimé.

The Replicants 'user' de Edouard Sallier (France), 6 minutes, pixi, motion capture, ordi 2D (clip musical)
Un clip basé sur le principe du flipbook. Je suis pas fan (surtout des scènes érotique/porno dont je vois pas l'intérêt), ni de la musique.

Ah oui je zapp les pub dans les commentaires.

The heart of amos Klein, de Uri Kranot et Michal Kranot (Israel, France...), 15 minutes, techniques variées (court narratif)
J'ai beaucoup aimé ce court qui raconte un peu l'histoire d'un homme qui aurait été le précurseur du mur séparant Israël de la Palestine. C'est engagé, c'est sensible. Et en plus j'ai eu l'occasion de passer pas mal de temps avec le réal au cours du festival. J'ai apprécié.

La maison en petits cubes de Kunio Kato (japon), 12 minutes, pinceau, encre sur papier (court metrage narratif)
Le gagnant à Annecy cette année. Très poétique, un style chaleureux, tendre. Un peu trop gentil certains diront mais ça reste un très beau court.

Muto de Blu Blu (Italy), 6min 45, Peinture sur mur (court metrage abstrait) Quel travail, franchement à chaque fois que je le fois je me dis que le type qui a fait ça est un fou passionné... On en a déjà parlé dans les news... mais franchement ça veut le coup d'oeil et même plus. D'ailleurs il s'agit du gagnant du prix expérimental cette année.

Skhizein, de Jeremy Clapin (France), 13minutes, ordi 3D et 2D (court metrage narratif)
Un film vu et revu :). Faudrait qu'il arrête d'être dans chaque festival où je vais. Un très bon film évidemment, très apprécié du public si on prend en compte les fans qui se sont agglutinés autour de Jeremy durant le festival. Très bon accueil.

Oktapodi, de trop de gens des gobelins (France), 2 minutes, 3D (court étudiant)
Dynamique, assez beau, drôle, court. De quoi satisfaire beaucoup de festivaliers. Ca marche bien même si artistiquement il manque la touche "originale" je trouve.

Operator, de Matthew Walker (UK), 2 minutes, ordi 2D (court marratif)
Egalement vu et revu. Simple, humoristique et court. Je crois que si vous voulez être sélectionné à un festival, remplir ces critères permet d'en faire pas mal, et même parfois de les gagner.

Voila, le bloc 1 est fini, il est tard et il est surtout temps d'aller faire la fête dans un bar Lounge avec un très bon buffet pour se sustenter. Boisson offerte, musique un peu trop forte et plein de gens sympathique. Ca permet de faire les premières connaissances pour ensuite se revoir au cours du festival. Il faut savoir qu'il y a une "party" chaque soir du festival et que c'est vraiment sympathique même si on voit toujours un peu les même têtes. Je reprends la suite demain. Mais des photos du cinéma Bytowne pour la route
L'entrée

L'intérieur




Se reposer entre deux séance sur la pelouse du parlement


Ottawa 2008 . Premier résumé avant compte rendu complet

Voici un premier rapport sur la situation a Ottawa en attendant de récuperer mon PC et de vous écrire quelque chose de complet.

Tout d'abord nous pouvons remercier le beau temps qui est au rendez vous et nous permet de profiter de la ville d'Ottawa dans des conditions trés agréable.
Notre ami Muiye vous dirait qu'il fait quand même assez froid, surtout le soir et le matin. Hé oui l'hiver est presque là.
Ottawa est la capitale du Canada, il y a de beaux batiments, surtout le parlement, des musées intéressants mais c'est une ville administrative et pas trop trop vivante. Assez austère. Il suffit de traverser un pont pour se retrouver au Québec, a Gatineau, et profiter du très intéressant musée des civilisations où a lieu certaines projections, la ceremonie de clotûre (ce soir) et la conférence de Richard Williams par exemple.

Les projections du festival se répartissent principalement sur 3/4 lieux. Le prinipal étant le cinéma Bytowne, un vieux cinema pas vraiment confortable. Le matin il y a des conférences meet the film makers qui permet d'assister à une interview des réalisateurs donc le court a été diffusé la veille. On peut poser des questions, c'est intéressant.

Faut que je file! je reprends tout ça demain.

Hiroshima 2008 - troisième partie

Donc, les programmes... le détail ici.

Pas d'animé

Tout d'abord, il faut bien rappeler que Hiroshima est un festival ASIFA d'animation international. On y retrouve le même genre de films qu'à Annecy, Zagreb ou autre festival. Ça veux dire qu'il n'y pas ou peu d'"Animé" comme les fans aiment bien appeler l'animation japonaise que le grand public appellera plutôt "Manga". Les programmes spéciaux sont plutôt Paul Driessen, ou Piotr Dumala que Evangelion ou Gundam. Il y avait quand même une rétrospective Tezuka.

Dans la compétition, assez peu de films japonais : 3, à comparer aux 10 français, 13 anglais et 14 russes (les plus gros contingents, sauf erreur de ma part), sur un total de 76 films sélectionnés seulement.

Le programme " japan anim today"

Il y a eu un programme panorama de l'animation contemporaine au Japon. On a pu y voir des films très variés, depuis les abstractions sensibles et poétiques de Maya Yonesho (Vienna Mix) au "Child metaphysic" de Yamamura Koji (en panorama à Annecy), en passant par un clip déjanté du studio 4°C, des BA de jeux vidéos, un peu de Motion graphics, ou un "manga" classique façon Taniguchi. Mais j'ai pas gardé la feuille de programme, et le site du festival ne donne pas les détails.... alors désolé.

En tous cas ce programme montrait qu'il existe une scène variée au Japon.

La compétition

Il faut rappeler que le festival est bi-annuel, et qu'il n'a pas de catégorie. Court métrages, films étudiants, pubs, séries télés, films de commande, spéciaux TV sont réunis en une seule compétition, réunissant donc 2 ans de production mondiale. 76 films, c'est pas beaucoup ! Evidemment dans ces conditions, on comprend bien que les programmes sont plutôt bon et agréables à regarder. Le comité de sélection aurait été bien maladroit de pas trouver 76 films sympa sur les 1700 qui lui ont été proposés.

Tous les films présentés étaient de bonne facture : bonne anim, narration impeccable (chacun dans son style), belle image... rien à dire.

Un tiers des films (j'en ai compté 26 sur 76) étaient des comédies. En ajoutant une dizaine de contes pour enfants très mignons, ça faisiat bien la moitié du programme qui était composé de films légers et simples à regarder. (ne pas lire cette phrases de façon négative : il faut beaucoup de talents pour faire ces films, et ce sont de très bons films, chacun dans leur genre). Je citerais en exemple assez typiques de cette partie de la programmation "Oktapodi" (Gobelins, cartoon 3D avec des poulpes qui fuient le poissonnier), "Minuscules" (Thomas Szabo, les insectes 3D dans un décors réel) ou "Zhiharka" (Oleg Uzhinov), ce petit conte russe adorable.

Beaucoup de nostalgie aussi, entre autres avec les très beaux "Le Coeur est un Métronome" (Jean-Charles Mbotti Malolo, film que nous avons 'raté' à la sélection d'Annecy) ou "La Maison en Petits Cubes" (Kunio Kato, grand prix d'Annecy et prix de la Ville d'Hiroshima).

Mais les films en compétition sont très loin à mon avis de refléter la production mondiale. Pas de films évoquant les tendances actuelles du graphisme, pas ou presque pas de films mélangeant les genres. Rien ou presque de dérangeant ou d'un peu osé. Il n'y avait pas de films tels que "meet the walrus" ou "chainsaw".

C'est un vrai regret, pour ma part. J'ai eu l'impression de déguster de merveilleux gâteaux traditionnels, pas de découvrir une gastronomie nouvelle. Mais bien sûr ce n'est qu'une opinion personnelle.

Quelques films ont quand même survolé la compétition : "Madame Tutli-Putli" (Chris Lavis et Maciek Szczerbowski) a impressionné par sa technique et son univers. Et bien sûr "Un médecin de campagne" (Koji Yamamura) repars avec le grand prix.

Le fonctionnement de la sélection

Un des truc bien à Hiroshima, c'est qu'on peux facilement rencontrer les gens. J'ai donc pu cuisiner un membre du comité de sélection, et recouper ses informations avec celles obtenues auprès d'un autre membre par une amie.

Donc, le comité est resté 19 jours (!) à Hiroshima et a vu 1700 films environ. Si on compte une journée ou deux de repos, plus un temps de discussion finale, ça doit faire dans les 100 films par jours. Difficile de connaitre la durée moyenne des films, mais la durée de projection supportable par jour doit être dans les 10 heures, en comptant les temps de pause indispensables. 100 films par jour, ça veux dire aussi, en théorie 100 discussions. A supposer qu'on ne discute que 1 mn ou 2 par films, ça fait déjà 2 à trois heures de discussion, à ajouter aux heures de diffusion.

Inutile de dire que c'est ingérable.

Dans la plupart des festivals, pour résoudre ce problème, il existe une sorte de guillotine : les jurés peuvent demander à interrompre la projection d'un film. Quand tous les jurés ont demandé cela, la projection est interrompue et le film éliminé. Puis la sélection se fait parmi les films qui ont échappé à ce traitement.

A Hiroshima, étant donné le nombre de films (rappelons : toutes catégories confondues, sur 2 ans), la méthode est encore plus radicale. Chaque membre du comité doit interrompre chacun des films dès qu'il juge en avoir vu assez pour le juger et le noter. Pour noter, les jurys disposent de points à distribuer entre les films (par jour ? par heure ? je ne sais pas ) Ensuite, une moyenne est faite, et les films sélectionnés ou non en fonction de cette moyenne (et il semble, sans discussion approfondie).

Cette interruption peux se faire parce que le juré a déjà vu le film. Mais il doit être rare que les jurés aient tous vu un film. Donc finalement, ça veux dire que beaucoup des films sélectionnés (parmi les plus longs) n'ont pas étés vu en entier par tous les jurés. Celui qui m'a raconté ça ne cachait pas qu'il avait des regrets en voyant certains films jusqu'au bout...

A noter qu'à ma connaissance, le seul festival à 'assumer' ce problème est le Siggraph, qui demande au moment de soumettre un film de préciser "quelle minute du film doit être visionnée en priorité en cas de manque de temps".

Le palmarès est

"Kafka : a country doctor" de Yamamura remporte le grand prix (1 million de Yens, 6000€)

"La maison en petits cubes" de Kunio Kato remporte le tout aussi prestigieux prix de la Ville d'Hiroshima (1 million, idem) et le prix du public

Le Coeur est un Métronome" (Jean-Charles Mbotti Malolo) remporte le prix "débutants"

Le reste, je vous laisse voir sur le site.

Yamamura recevant son prix. A droite, les autres vainqueurs. Derrière, la mascotte la plus laide du monde.


Voilà, j'arrête là ce compte rendu. N'hésitez pas à me poser des questions sur le forum ou à me donner votre avis sur le mode de sélection. Les habitués du forum savent que c'est mon dada....

Hiroshima 2008 - deuxième partie

Bon, un festival, c'est pour voir des films, se cultiver. Et puis c'est aussi pour encontrer des gens et se bourrer la gueule consciencieusement.

A Hiroshima, ils ont bien compris ça et c'est très bien organisé.

D'abord, un petit listing avec la liste de tous les gens officiellement présents est distribué. Très pratique : chouette, il y aura plein de copains belges !

Ensuite, il y a les soirées officielles : ouverture et clôture, dans la grande salle d'un hôtel voisin. Tout le monde se mêle, boissons et nourriture à volonté, et de qualité. Ensuite il y a les soirées semi-officielles : une soirée sur une plage (bétonnée), une autre (la soirée "Asifa", payante) sur un toit d'un building d'Hiroshima. Pareil : boisson et bouffe à volonté.

La soirée sur la plage

La directrice du festival, Mme Sayoko Kinoshita

Celle sur le toit

Le samedi après midi (le samedi les projections sont surtout des programmes enfants) deux tours avec pique nique sont organisés, l'un vers l'île de Miyajima, l'un des coins les plus réputés du japon, leur mont Saint-Michel en quelque sorte, l'autre vers une distillerie de saké. Pour ma part, je sèche les visites organisées et je vais visiter le musée de la Paix, à la mémoire des victimes de la bombe. A ce propos, lire absolument Gen d'Hiroshima. Et puis un petit rappel pour nous autres français.

Enfin, le samedi soir, une soirée (payante aussi) de projections organisée par Yamamura et un groupe d'artiste et de critiques qu'il a fondé. Je n'ai pas pu y aller : j'étais invité au restaurant par le Alexis Hunot Japonais : Takashi Namiki (1). Et puis il semble qu'il y ait eu d'autres soirées organisées, mais pas forcément avec beaucoup de publicité en anglais.

A gauche, Yoichi Kotabe (Heidi, entre autres...), au milieu Namiki Takashi, à droite, un medecin psychiatre qui fait des recherches sur l'animation d'un point de vue psy, et avec qui on discute longuement de la nostalgie dans l'animation.

Enfin, les soirées se termine fréquemment dans un pub tout proche du festival, un bar un peu "newagebabareggae" mais très sympa. Pour cause de "spécial Finlande", une énorme délégation finlandaise (près de 40 personnes) assure l'ambiance.

Résultat de tout ça : on se croise, on se recroise, et tout le monde est abordable, les membres du comité de sélection, du jury, comme les réalisateurs. Certains bien sûr préfèrent échapper au groupe de festivaliers et partent découvrir la ville. Le festival étant un peu à l'écart, il faut être un peu volontaire pour le faire, mais ceux qui se sont ainsi échappés ont probablement eu raison.

Bon, alors, il est 100% super ce festival ? Quand même il y a un point noir. Toutes ces soirées (sauf ouverture et clôture) et leurs prolongement sont à 90% constituées d'étrangers. Japonais et non japonais se mélangent peu, voir pas du tout.

A cela plusieurs raisons :

- comme à Annecy, les locaux profitent de ce temps 'hors travail' pour se retrouver entre ancien collègues et vieux copains. Ils iront alors facilement 'entre eux' au resto ou dans des bars différents

- le monde de l'anim japonais est très peu anglophone.

- certaines soirées sont payantes (ou annoncées comme telle), et bien plus chères pour les japonais que pour les occidentaux (respectivement 18 et 6 euros). Vous feriez quoi, vous, si Annecy faisait des soirées payantes chères pour les français, et pas chères pour les autres ? Bin moi, je n'irai pas... La raison officielle, c'est que nous sommes les "guests". En discutant avec quelques japonais présents, il semble que la vraie raison -en tout cas telle qu'elle est perçue - soit plutôt de réduire le nombre de gens présents.

Demain, on parle des films.


(1) : en fait, le président d'une association, Anido, très ancienne et très active au Japon. Namiki est aussi un collectionneur et passionné incontournable.

Hiroshima 2008 - première partie

Bon bin voilà, de retour de mon premier festival d'Hiroshima. J'y étais comme simple spectateur, étant dans la région cet été.

Un très bon festival qui ne dément pas sa réputation. Un festival de taille parfaite : ni trop petit (beaucoup de séances, de programmes, de réalisateurs), ni trop grand (on se croise facilement, les 'vedettes' sont abordables...)

Bon, alors d'abord un petit compte rendu des lieux et de l'organisation :

Les festival se tient donc à Hiroshima, ville qu'il n'est pas besoin de présenter. Il se tient à l'Aster Plaza", une sorte de grand palais des congrès, à deux pas du Parc de la Paix où se trouvent le mémorial aux victimes de la bombe, le 'dome de la bombe' et le musée correspondant. Le tout à 20mn à pied du centre ville.

L'Aster Plaza, c'est 3 salles de projection, une immense (la "grande"), une grande (la "moyenne") et une que j'ai pas vu et qui devait être genre la salle 300 d'Annecy. Le Hall principal contient plusieurs stands genre boutique d'Annecy, mais qui toutes réunies sont moins bien achalandées que la dite boutique. Un petit espace sur le coté réunit des stands d'écoles japonaises. Et dans les étages, des expositions (membres du jury et comité de sélections) et quelques petites salles de projo avec une vingtaine de chaises chacune : une salle de projo en relief (1) (avec entre autres le merveilleux "Moving Still" de Santiago CAICEDO DE ROUX des Arts décos, qui damnait le pion au Disney en matière de maitrise de la stéréoscopie), et surtout, deux petites salles à disposition de tout un chacun, pour 1/2 heure, pour montrer son travail. Vachement bien !

La grande salle :

Le festival est placé sous le signe de la paix, du désarmement et de la mémoire des victimes des guerres passées, en cours et à venir. Du coup, les pitreries de Bromberg ne sont pas de mise : on préfère l'opéra pour l'ouverture. Ça fait plus sérieux.

Organisation des séances : Les trois salles diffusent du matin au soir - avec cette notable exception que le soir, seule la grande salle fonctionne, en diffusant la compétition. Sinon, en journée, c'est des rétrospectives, des spéciaux étudiants, des panoramas, des programmes pour la paix (j'y ai enfin vu "Monsieur COK", annoncé "monsieur 'C' 'O' 'K'" !), une grande rétrospective Finlandaise (j'ai rien vu...) et des programmes spéciaux suivis de conférence/ présentations (principalement les membres du jury et/ou comités de sélection (J'ai assisté à Driessen, Piotr Dumala et - ma découverte - le serbe Rastko Ćirić)

Il y a eu aussi une grande rétrospective Tezuka (conférence décevante : ils avaient invités trop de gens (des pointures !) qui avaient donc peu de temps pour developper et en sont restés au niveau de l'hommage poli.). Et enfin un programme "Japan animation today" sur lequel je reviendrais.

En générales les séances sont très longues : entre 2 et 3 heures. Mais un entre-acte en milieu de séance permet de maintenir l'attention, et finalement, j'ai réussis à voir beaucoup plus de choses que dans un Annecy normal (où en général la fatigue me fait craquer très vite)

demain : les rencontres et les fêtes (et aussi LE point noir du festival)

après demain : la sélection (avec des infos sur les coulisses) et le palmarès

Jérôme

(1) relief, ou stéréoscopie, en Français. Stereoscopy or 3D Stereoscopy en Anglais. 3D dans quelques dialectes anglo-saxons technophiles. Bisous à Alexis.

Annecy c'est fini

Voila, Annecy 2008 c'est fini, merci infiniment aux rédacteurs qui ont joué le jeu de la réactivité en temps réel, j'ai le sentiment que ça a été assez efficace...
N'oubliez pas que cette partie du site est dédiée aux festivals d'animation en général, il est donc à la disposition de qui veut bien rendre compte, même à postériori, de l'infini variété des festivals internationaux ; ambiance, contexte, sélections, rencontres, tourisme...

Le prochain qui devrait faire l'objet d'un suivi est Hiroshima, festival bi-annuel qui se tiendra du 7 au 11 août au Japon. Comme toujours on est ouvert aux volontaires, prenez donc un contact avec les fousdanim si vous voulez participer.

Club Dead au mifa

Mercredi à 11h les acheteurs du mifa ont eu droit à la présentation d'un centre balnéaire au concept unique : Club Dead.
Les représentants de ce projet à l'humour macabre ont interprété par deux fois une chorégraphie endiablée sous les applaudissements de la foule en délire ...


J'ai hésité à poster la première version du spectacle car on y entendait distinctement le magnifique rire de Cobayanim, mais la deuxième est quand-même plus réussie ; on sent le métier qui rentre ;) Pour ceux que ça intéresse j'ai aussi filmé l'intégralité du pitch, avec interaction entre les réals et les protagonistes de la série dans leur écran, présentation des décors, des idées de scripts, le tout ponctué par des calembours très cocasses. Il parait d'ailleurs que des producteurs ont bien accroché, je me trompe ?

La cérémonie de cloture et le bilan de ce festival

On a couru en sortant du décavision parce que la séance de clôture était à 20h et qu'il fallait se poster à l'affût devant le guichet où l'on distribuerait les billets de dernière minute. Pas le temps de manger évidemment. Au prix d'un considérable effort, je me suis maintenu tant bien que mal au milieu de la foule qui s'amassait vers le guichet, supportant le poids d'un bras qui s'appuyait sur mon épaule pour essayer d'attraper un billet, et celui de ceux qui me poussaient en avant, en arrière, à droite ou à gauche, m'écrasaient, me compressaient de part et d'autre. Tout ça avec mon manteau et ma polaire, ainsi que mon ordinateur dans le sac en bandoulière. Lorsque soudain j'ai senti un billet se glisser entre mes doigts, j'ai effectué une rotation et me suis glissé à l'extérieur de la masse, comme un nouveau né du ventre de sa mère. C'est d'un pas étourdi que je me suis avancé vers la porte 1, avant qu'on me dise que je devais rentrer par la porte 3. Mon pas est alors devenu plus pressé, j'ai cherché les autres à l'intérieur, je les ai appelé, je les ai finalement trouvés. Il fallait que je m'assois avec eux sur les sièges pliables à l'extrémité des rangées, j'en prend un sur le coté droit, on me dit de ne pas le faire parce qu'il fallait laisser la place pour le passage, mais le temps d'en changer quelqu'un a prit le dernier qui était à gauche. Je décidai alors de m'exiler, seul, isolé à la gauche de la gauche du parti socia... de la salle. Et finalement, j'étais mieux assis que mes camarades. La séance a commencé par la découverte du décor, sensé rappeler l'Inde avec des statues et des choses comme ça.



Serge Bromberg s'est ramené sur un éléphant à roulette...


On a vu le petit film de Richard Williams, on a présenté les jury, on a distribué les prix...



Serge Bromberg s'est prit pour Winsor McCay...


Cé m'a à peine laissé le temps de prendre deux photos...



Jérémy Clapin un peu plus...




Kunio Kato a reçu le grand prix en disant arigato les gens, watashi wa very content desu


Et puis tout le monde il était content...




On est sorti et on a fait la fête...





Mademoiselle Cobayanim voulait absolument tenter de s'incruster au mifa, j'étais plutôt d'avis d'aller au restaurant mais j'avais envie qu'on reste tous ensemble alors j'ai suivi Cobayanim. On a prit la navette sauf que c'était celle qui faisait le tour du lac, et qu'on s'y prenait une tempête d'air conditionné sur la tête. Evidemment quand on est arrivé au mifa on s'est fait refoulé, et c'est tant mieux. J'ai détesté Cobayanim et le reste de l'humanité pendant toute la soirée, et je lui ai pardonné une fois qu'on a trouvé un grec ouvert. Comme j'étais bourré après avoir bu 2 millilitres de champagne, j'ai passé la première partie de la soirée à parler de la symbolique révolutionnaire des trois brigands, et la deuxième sur la dérive démocrate du parti socialiste et l'importance du clivage gauche/droite

Bon maintenant que j'ai dit tout ça, je peux passer aux choses sérieuses, d'abord mon avis perso qui n'engage que moi et je présente mes excuses d'avance sur le palmarès :

Je suis très content pour Le voyageur, qui a reçu le prix spécial du jury, j'avais oublié d'en parler dans mes comptes-rendus mais j'ai bien aimé ce film rythmé, plasticien, rêveur et qui emmène le spectateur. Camera Obscura, je ne sais pas si c'est celui que j'aurais choisi pour le prix du meilleur film de fin d'étude mais c'est un très bon film, émouvant, singulier, j'aime bien le texte aussi. Je pense que Cobayanim devait être satisfaite de voir Play-Doh remporter le prix du meilleur film publicitaire puisqu'on en avait dit beaucoup de bien sur notre forum. Je l'ai dit je pensais que Skhizein aurait le grand prix, mais j'aime bien la maison en petits cubes. Je ne comprends pas trop ce qu'on trouve à la dama en el umbrella, c'est un film qui reprend un style, un genre, une ambiance et ça n'a pas beaucoup d'intérêt à mes yeux. Rien à dire pour les longs métrages, je suis tout à fait d'accord. Le jury junior a récompensé la maison en petits cubes pour les courts métrages, et c'est très bien, par contre je ne partage pas son opinion pour Margot (film de fin d'étude). Ce film a des côtés séduisants, un peu adolescent d'ailleurs avec la fascination pour le morbide etc. Mais je n'aime pas le texte, plus esthétique que poétique, plus décoratif qu'esthétique, et plus stylisé que romantique (ik ik comme dit l'autre). Pour le prix unicef, Hugh, j'ai pensé que l'idée était bonne mais pour le reste, j'étais assez mitigé... flemme de développer, je veux juste dire que j'abhorre, j'exècre le film auquel on a osé attribuer le prix canal +, l'immonde et lamentable Oktapodi qui met en scène des pieuvres essayant d'échapper au poissonnier, absolument abject. Encore une course poursuite avec de l'humour cynique à deux balles qui m'ennuie terriblement.

En conclusion, je dirais que la sélection cette année était parfois décevante, il y avait de bons et de très bons films, mais hormis ceux que j'avais déjà vus, il n'y en a pas qui m'ait vraiment enthousiasmé. L'année dernière, certains films m'avait beaucoup impressionné, peut être aussi parce qu'entre temps j'ai vu plein de choses... mais j'ai remarqué que certains films hors compétition m'avait plu d'avantage que la majorité des films en compétition, que les séances hors compétition étaient souvent plus agréables à regarder que celles en compétition. J'ai quand même apprécié les dernières séances, mais peut être étais-je devenu plus tolérant. Quoi qu'il en soit, j'aime toujours le festival d'Annecy, c'est pour moi une semaine de rêve éveillé, forcément on dort très peu. J'ai essayé d'en voir le maximum, 6 séances par jour les deux premiers jours puis 5 séances par jour jusqu'au bout. J'ai dans la tête la musique des trois brigands ou la chanson débile de début de séance, c'est pas pire que dji vou veu volti. Le temps était changeant, mais en fait j'aime bien la pluie, et pas rester au soleil, j'aurais voulu qu'il pleuve d'avantage, qu'il y ait plus de nuages le midi. En long métrage par contre, j'ai appris que c'était vrai ce qu'on disait et dont je me moquais, qu'il fallait voir les films avant de juger, parce que les trois brigands m'ont vraiment épaté. Cela dit je ne suis pas allé voir Nocturna et d'après ce qu'on m'a dit j'ai eu raison, mais il parait que j'ai eu tort pour chasseur de dragon, ça j'en reviens toujours pas. Les séances spéciales étaient souvent très intéressantes et instructives, surtout celles de Zbig et de McCay, et je vais vous laisser parce qu'il est tard. a+

Compte rendu estudiantin

N'ayant pas pu poster de billet depuis une semaine pour cause de valse entre sièges rouges, gazon mouillé, barnabé, copains et marche à pieds, je peux désormais, rentré dispo et frais, résumer ma semaine.

C'est toujours un sacré électrochoc motivatoire (le petit Robert ne dit rien sur cette expression) que de voir tous ces films et d'être pris dans ce tourbillon pendant ces six jours. Mes coups de cœur comptent Sita sings the Blues pour son originalité et l'innovation narrative adoptée par Nina Paley, nullement desservie par les 82 minutes que durent le film (qui a amplement mérité son cristal). J'ai également fort apprécié Idiots and angels, malgré quelques longueurs. Bill Plympton a su renouveler le graphisme (plus travaillé et somptueux) et l'histoire (la mélancolie prends le pas sur l'acerbe dérision), le tout étant remarquablement mis en valeur par la bande son et ses exquises musiques). Enfin Valse avec Bashir n'a pas volé l'excellent bouche à oreille circulant autour de lui depuis les marches rouges. L'animation (sans rotoscopie paraît-il !) est tout à fait au niveau de réalisme induit par le documentaire, et la beauté de certaines images et de la bande son participe à la montée de l'émotion jusqu'au climax final en prises de vues réelles, émouvante percée de la dure réalité dans un univers esthétique en apesanteur.
Fly Me to the moon avait selon moi pour unique qualité quelques rares décors et sa nationalité (si je ne m'abuse, fabriqué et financé intégralement en Belgique). Autrement, le scénario, le montage et l'animation étaient molles et les personnages assez hideux. Mais évitons de comparer ce film à ceux de Pixar et réjouissons nous de voir que ce type de projet autofinancé puisse aboutir.
Je suis ressorti partagé de Mia et le Migou, louant la beauté graphique du film et son originalité, tout en déplorant un scénario aux ficelles classiques et souvent vues (malgré une adroite gestion des nombreux lieux et personnages). La morale trop appuyée et la fin farcie de guimauve ne m'ont pas enchanté, mais j'ai trouvé les voix très bien choisies (quoique parfois peu compréhensibles) et les dialogues croustillants. Dommage que le succès actuel du film de Dany Boon et de son accent empêchent de voir le migou autrement qu'une créature extraite des profondes forêts pas-de-calaisiennes. Mais la conférence des auteurs du films était un modèle de précision et d'efficacité, il est dommage que Loic Burkhardt et Benoît Chieux n'aient pas eu plus le temps d'expliquer leur travail. Dans le même genre, la conférence sur le Livre de Kells donne très envie de voir le film, et surtout l'univers graphique de celui-ci.

Dans les courts me restent à l'esprit Berni's doll (lugubre et adroitement mis en scène), KJFG n°5 (l'absurdité poussée à son paroxysme), La maison en petits cubes (très beau visuellement et le plus émouvant de la compétition selon moi), Arrosez les bien ! (rire tout en s'informant sur ce problème crucial, quelle joie), The hidden life of the burrowing Owl (visuellement peu révolutionnaire mais le rythme, le personnage, le montage... j'ai plus qu'apprécié), Portraits ratés à Sainte Hélène (un cours d'histoire aussi vivant et original que Napoléon y est inerte et pathétique) (j'ai malheureusement raté le film sur la grande toile, tant pis je me contenterais de l'avoir vu sur l'oueb), John and Karen (une leçon d'acting et de rythme), Rybka (tout sauf avant-gardiste tant dans l'histoire que dans la forme, mais visuellement... mais ce fut tellement beau, ah oui ce fut beau...), Skhizein (le scénario, l'image, le son, le montage... La perfection n'existe pas mais quand même, ça donne une idée).

Chez les films étudiants, j'ai apprécié de (re)découvrir Camera Obscura (l'avoir vu plusieurs fois enlève du panache, mais tout de même, c'est une remarquable utilisation de la 3D et un parfait agencement de celle-ci avec la prise de vue réelle, c'est de la poésie visuelle ça mon petit tu peux y aller. Le prix, ils ne l'ont pas volé).
Office Noise repousse un peu au début avec ses graphisme à la va-comme-je-te-pousse-à-me-mordre-le-noeud... Mais encore une fois, le rythme du montage, l'utilisation du son et la bobine des protagonistes m'ont fait passé 3 minutes et 45 secondes très plaisantes.
Je sais pas pourquoi mais Marine (petites choses) et son côté prise de vues réelles, contemplatif et minimaliste furent un bon moment pour moi.
(Straying Little Red Riding Hood avait le mérite de nous présenter le conte d'une manière singulière, mais ai-je aimé, je me le demande encore).
My happy end fut un très joyeux moment, of course. Simple, efficace, je trouve que le film fait preuve d'une très bonne adéquation forme et fond.
L'absurde me plaît donc The bellringer et ses frénétiques protagonistes m'ont plu.
La queue de la souris, mais est-ce la peine de le souligner, aurait selon moi dû repartir au moins avec un fragement de cristal, tant l'animation, le rythme (encore lui), la bande son et le graphisme fonctionnent bien ensemble, simple et splendide.
Enfin Doxology est absurde et j'ai donc aimé (il va falloir que j'apprenne à argumenter).

J'en oublie, mais d'autres valaient assurément le détour.

Il fut très prenant pour moi de voir mon film sur le grand écran de Bonlieu, tellement captivant que j'ai oublié d'enregistrer sur le moment le type d'émotion que ça faisait. Néanmoins, je remercie les copains des gobelins et ceux de pas les gobelins comme Florentine et Tony pour leur soutien vocal !!

En temps qu'étudiant sélectionné, j'ai pu profiter des longues avenues sombres d'Annecy-le-vieux menant à l'institut rural, siège des réalisateurs (ex)étudiants, à une heure et demie du matin après la séance de 23 heure et après le dernier bus. J'ai pu également assister à la cérémonie d'ouverture et à la remise des prix (Quel faste ! quel décor ! Je m'y attendais mais tout de même une légère déception bien sûr de ne pas retrouver Quidam dégomme dans le palmarès... Mais voir tous ces films m'a fait prendre encore plus conscience des multiples défauts du mien. Tâchons de faire mieux la fois prochaine). Puis juste après allais-je à la fête de la plage, durant laquelle Michel Beaudet m'expliqua vouloir quoi qu'il arrive conserver l'aspect minimaliste des têtes à claques (et j'aurais pu me souvenir de la suite si je m'étais contenté de jus d'orange). J'ai pu également demander à Serge Bromberg d'où lui venait cette énergie et cette passion communicative qu'il démontrait sur scène, il a dit qu'il était simplement lui même. Alors soit il prend beaucoup de café, soit il était pressé. Enfin j'ai pu dire bonjour à Tiziana Loschi, qui m'a reconnu. J'aurais surement pu comprendre ce qu'elle m'avait dit si un haut parleur grand comme un frigo n'était pas en train de déverser ses décibels sur nous avec tant d'insolence.
J'ai également pu, après trois heures d'attente, parler quelques minutes avec Doug Sweetland (réalisateur du formidable et fort efficace mais pas très révolutionnaire Presto, de Pixar) et lui montrer mon portfolio, et lui parler de mon film qu'il a vu, et lui donner ma carte de visite, et le féliciter pour son film, et hop. Deux temps trois mouvements.
Bon.
Bien.
Comme on dit, ça c'est fait.

Je regrette de déverser ce gros pâté de texte sans aucune photo mais mon appareil fut au repos. Mais si vous n'étiez pas là :
- Imaginez vous un temps hésitant entre grand beau temps soleil de plomb et tempête de grêle avec toute les nuances entre les deux.
- Visualisez un immense cheptel de jeunes et moins jeunes, déambulant dans les vieilles ruelles et sur l'imbibé gazon, aux badges multicolores et aux sacs identiques et hideux oscillants entre rose, orange et violet.
- Figurez-vous un hall de bonlieu orné de violet et rose (ah mais c'est pour ça, les sacs !) dans un joli, stylisé et modeste décor indien, au milieu duquel ces mêmes jeunes et moins jeunes errent le nez plongé dans l'essentiel et ses séances.
- Envisagez une atmosphère frénétique et passionnée, un avion en papier heurtant votre lobe gauche, une vache à la guitare, CNC, banque populaire des alpes, Procirep, le lapin le voilà point d'exclamation, oh le vilain monsieur radin à la fin, quel plaisir de le huer ! Des films chiants et pas chiants, trop longs, trop court ou pas assez, insupportables mais presque, splendides mais encore...

Vivement l'année prochaine.

Je termine les comptes rendus...

Donc j'en étais où... euh jeudi je suis allé voir la séance spéciale cinéCo(h)le... En fait j'ai pas envie d'en parler, mais je peux mettre des photos maintenant :






Ensuite il y a eu la séance Winsor McCay avec John Canemaker et c'était génial, d'abord parce que c'est agréable de voir les films de McCay sur grand écran, ensuite parce que la présentation était très bien faite et j'ai même pas eu besoin de traduction, John Canemaker articulait de sorte que même ceux qui avaient un niveau médiocre en anglais comme moi puissent comprendre. A la fin il a essayé de faire le show avec Gertie, mais ça ne marchait pas toujours bien bien à cause du texte qui s'affichait à l'écran.





Piano no mori : Je m'attendais à un film très classique et bourré de clichés, dans la lignée des autres films du genre, que je ne déteste pas d'ailleurs, c'est à dire une histoire d'amitié et de rivalité entre deux jeunes garçons... l'année dernière c'était Brave story. Je ne m'étais pas trompé, mais ça m'a plu, parce que c'était parfois très drôle et certains passages musicaux étaient vraiment enthousiasmants. Le plus fort surtout c'est quand les personnages sont dans une salle de spectacle avec un public assis sur des fauteuils roses... parce que j'étais dans la grande salle, et lorsque le public du film applaudissait, le public de la grande salle applaudissait aussi, et c'était comme si on était rentrés dans le film, c'était génial.

Courts métrages en compétition 2 : Tiens c'est bizarre j'aurais du faire ce compte rendu plus tôt alors que j'en ai déjà fait un pour le programme 3... C'est pas grave, j'ai bien aimé the old, old, very old man, un petit conte anecdotique et joli. Pollenating, qui montrait des plans avec des fleurs, était, d'après les notes que j'ai prises, sexuel mais pas érotique, et visuellement intéressant, avec un côté très pictural. Keith Reynolds can't make it tonight est un récit mis en scène et narré d'une façon que je qualifierais d'anthropologique, mais à part ça l'histoire n'était pas très intéressante. Chepogi, un film russe en papier découpé si je me rappelle bien, s'inspirait d'un conte coréen je crois, à moins que c'était une histoire inventée mais qui avait lieu en Corée ; c'était joli et sympa en tout cas. Glow je ne m'en souviens pas mais j'ai marqué sur ma feuille "super technique, poétique". Et en dessous pour la dama en el umbral, j'ai marqué *voix d'Obiwan Kenobi* "so uncivilized".

Films d'étudiants 4 : Qu'est-ce que je pourrais en dire ? Je n'ai même pas prit de notes... Soupe de Zlin était intéressant, mais j'ai trouvé que malgré tout le talent et l'inventivité de son réalisateur, ça tenait plus de la blague qu'autre chose, ça aurait pu être un film sarcastique, grotesque, absurde, décalé, drôle et moqueur mais par moment j'avais l'impression que c'était juste un délire d'étudiant sans réflexion et sans partage, peut être parce que j'étais fatigué. La queue de la souris, que je connaissais déjà, c'était pas mal, enfin c'était drôle, je crois, et puis les couleurs, très peu, trois ou quatre, dont 90% de noir, ça créait une esthétique... Le film coréen, Rub Out, avec un accident de train, c'était triste.

D'ailleurs ça m'a démoralisé pour la soirée, on est allé au café des arts :



Et j'ai écrit ça sur mon carnet : café des rats dans le brouillard qui vole au dessus de la pluie, les poux apprennent à nager.



Courts métrages hors compétition 3 : Casa de maquinas c'était impressionnant avec toute une machinerie en bois animée en stop motion... Rose Thieves était encore plus impressionnant, avec des peintures et la lumière du soleil qui s'animent sur les murs d'un appartement et qui transforment complètement l'espace. Fêlures était très bien réalisé avec une idée intéressante, il aurait eu sa place en compétition (comme tant d'autres films hors compétition d'ailleurs)...

Séance spéciale "Simpson extravaganza" : on est rentré avec une demi-heure de retard, on nous avait fait attendre dans la queue devant la porte, et une fois assis j'ai dû me contorsionner dans tous les sens pour échapper à l'odeur méphitique qui venait de derrière ou d'à côté de moi (je n'ai jamais vraiment su), sans doute le mélange de la transpiration et d'un parfum dégueu. Evidemment on est sorti également en retard à cause des questions que tout le monde posait à Matt Groening, ce qui m'a fait manqué le début d'une super séance de courts métrages hors compétition. J'aime bien les simpsons, et c'était amusant de regarder les extraits, et puis les doubleurs français faire une intervention au début, mais ça n'en valait pas la peine.





Courts métrages hors compétition 2 : J'ai manqué le début de la séance à cause de Matt Groening, et c'est bien dommage car c'était une excellente séance, donc je n'ai pas vu Fishing et je n'ai vu que la fin de Refreny qui avait l'air vraiment très beau. Par contre, j'ai vu Kodomo no keijijogaku, de Koji Yamamura (que j'aime beaucoup), et qui était euuuh génial, somptueux, magnifique, une suite d'idées graphiques animées sur le thème de la métaphysique de l'enfance. Les autres films étaient aussi très beaux ou intéressants, sauf les deux derniers que j'ai pas trop aimés. Je dirais que s'il y a deux séances à retenir en courts métrages toutes catégories c'était courts métrages hors compétition 1 et 2.

Courts métrages en compétition 4 : J'ai retenu en particulier Landing ligths, avec des avions qui traversent un immeuble la nuit comme des fantômes, ça faisait un peu vidéo d'art, et ça produisait un effet étrange de les voir passer à travers l'immeuble comme ça, on a tellement l'habitude de les voir s'écraser dans les films. S'ils s'étaient écrasés en fait j'aurais détesté, c'est sans doute pour ça que ce film m'a interpellé, mais j'en ai aussi apprécié la sensibilité, il y a quelque chose de très tactile, cela vient du graphisme et des couleurs (grises) je suppose, de la lenteur des avions aussi... et puis c'était assez beau les lumières, les vitres, la perspective... Operator était sympa, un type appelle les renseignements et demande à avoir Dieu et il lui demande des trucs idiots... C'est le même réalisateur que pour le film avec l'ours blanc qui vient s'excuser chez la femelle pingouin je crois, j'aime bien cet humour un peu absurde et détaché. Skhizein enfin était vraiment très bon, je suis assez surpris qu'il ait eu le prix du public, je pensais qu'il aurait le grand prix (même si mon préféré c'était Rybka) et que la maison en petits cubes aurait le prix du public... J'aime bien cette espèce de jeu de mot sur l'idée d'être à côté de soi

Films de fin d'étude 5 : j'aimais bien haaf and me, me demandez pas pourquoi, et puis dog qui était "mélancolique mais humoristique" comme ils disent. Plenilune, bon il en fait trop dans le pathos, c'est complètement mièvre, mais quand même, j'aime bien quand on réinvente le monde. Et c'est pour ça que j'aime aussi Tôt ou tard, dans lequel un écureuil et une chauve-souris actionnent les mécanisme qui font se déplacer le jour et la nuit autour de leur arbre. Un message impérial, très spécial graphiquement et au niveau du récit complètement absurde mais romantique, sur le sentiment d'insignifiance face à l'univers, à l'infini et l'absolu. Doxology, une "comédie expérimentale" en pixillation, valait également le coup d'oeil, et je me suis amusé avec the dream in the dream. Je dis amusé au sens où c'est moi qui me suis amusé avec le film et pas le film qui m'a amusé, mais je n'aurais pas pu le faire avec n'importe quel film alors voilà.

Quirino Christiani, le mystère du premier long métrage d'animation : un documentaire sur un réalisateur de la première moitié du vingtième siècle et j'ai pas tout compris parce que c'était en anglais et que c'était pas Canemaker qui parlait. Mais on le voyait travailler sur son banc titre avec des personnages en papier découpé, on voyait pleins de vieux trucs marrants, et puis euh c'était intéressant, je regarde des documentaires sur tout et n'importe quoi à longueur de journée en fait.

Hokuto no Ken : je n'ai jamais été fan de Hokuto no Ken, mais l'histoire que raconte le film, je l'avais déjà vue avant à la télé, je ne sais pas si c'était la série ou bien un autre film, enfin c'est pas grave, je ne m'en souvenais que vaguement et j'étais pas venu pour m'intéresser au scénario. En fait c'était très marrant parce que c'est super caricatural, même quand c'est sensé être triste on peut pas s'empêcher de rire.

Evangelion : 1.0 You are (not) alone : bon là par contre je peux dire que j'étais fan d'Evangelion quand j'étais gamin, et que le film reprend la série très fidèlement, c'est les mêmes plans, presque le même dessin, il y a quelques effets spéciaux en plus, quelques raccourcis dans l'histoire et des scènes en plus qui permettent de mieux comprendre, dont une qui est assez surprenante. En fait c'est exactement comme si j'avais ressorti les dvd pour regarder la série, ce qui a sur moi un effet euphorisant, rien qu'en écoutant les musiques de la série, c'est amusant de se rappeler et de retrouver les sensations qu'on a eues. Le film développe un peu plus la psychologie de Shinji, met en évidence sa lâcheté et la façon dont il va se résigner puis s'investir. L'idée d'Hidéaki Anno était de partir d'une situation très pessimiste avec des personnages qui ne maîtrisent pas la situation, qui ne sont pas à la hauteur. Moi j'ai trouvé ça sympa parce que ça me rappelle des souvenirs, mais je ne sais pas ce que j'en penserais sinon, on peut aussi se demander à quoi ça sert de faire des films alors qu'on peut regarder la série qui se suffit à elle même. Normalement il devrait y avoir plus de films originaux que de remakes et de dérivés de séries, je me demande si c'est le cas au Japon. En Europe, on fait aussi beaucoup d'adaptations de bande dessinée.

Je ferai un commentaire critique du palmarès plus tard si je n'ai pas la flemme.