Anima 2013

lettre à Momo


Si vous avez la grippe, si vous êtes un peu déprimé, un bon remède; "Une lettre à Momo". Rien de bien révolutionnaire dans le film de Hiroyuki Okiura, l’esthétique est classique, le thème, ma foi, pas bien original puisqu'il parle de l’acceptation du deuil, pourtant on ne s'ennuie pas une seconde pendant ce loooonnng métrage de 2 heures. Il y a de l'humour, des personnages un peu décalés, des divinités loufoques et tous les petits êtres un peu bizarres (merci Miyazaki). Et puis, malgré tout, on est loin de fadasseries occidentales où l'on sort les violons dès qu'il s'agit de sujets douloureux avec des petits enfants tout tristes; d'abord parce que la jeune fille a du caractère, qu'elle n'est pas forcément sympathique et que là où ,chez nous on sort les mouchoirs, on traite les choses avec humour et décalage au pays du soleil levant. Et puis tout ça enrobé dans une animation impeccable et un rythme toujours pile-poile. En tous cas, moi, depuis hier je tousse moins et ma fièvre est tombée.

Anima 2013

film d'ouverture d'Anima


Hier soir, pour la 32e édition, le festival Anima ouvrait les festivités avec le film Pinocchio du réalisateur Enzo d'Alo.

Manque de bol pour lui, un autre Pinocchio réalisé par Tim Burton sera lui aussi à l'affiche dans les mois qui viennent (en live).
Pour ma part, pas que je sois fan absolue de l'histoire, mais j'étais curieuse de voir ce qu'apporterait cette nouvelle version que l'on dit plus proche du livre.
Bon, autant le dire tout de suite, j'ai pas aimé du tout! Malgrès les beaux décors de Lorenzo Mattoti, l'ensemble ne m'a pas séduit pour un sous.

J'ai trouvé les personnages hystériques et fatiguants, mais l'apparition de la fée bleue, une sorte de Dora perruquée d'une chevelure bleue paillette, m'a fait définitivement décrocher du film. Du coup, je suis partie (oui, je sais c'est pas bien !).
Du coup, mon avis reste très subjectif, puisque je n'ai tenue qu'une demi-heure. J'aimerais bien trouver quelque chose pour rattraper la sauce, mais j'ai beau chercher...
Festivals divers

Une chti au SICAF (Seoul International Cartoon & Animation Festival)


Un aperçu de l'ani-center, le pôle animation de Séoul et de la Corée du Sud.

Cette année je n’ai pas pu aller à Annecy. Je m’apprêtais à arborer l’été avec le sempiternel « c’est PO juste ! » vêtue d’une seyante coquille d’œuf comme pare soleil !

Mais voilà Bi bam boum, je suis invitée au SICAF (Seoul International Cartoon & Animation Festival) Ni une ni deux, crème solaire et guide de conversation de coréen en poche je prends l’avion pour Séoul en ce 16 juillet 2012, et me voilà complètement perdue dans la cité (immense) et prête à me jeter dans les salles de projo histoire de faire le plein d’animation pour l’été :).

Séoul, une ville de contrastes :)

Tiens parlons en des projections : durant les 5 jours que durait le festival, j’ai été surprise de constater que la plupart des séances ne comptaient qu’une dizaine de spectateurs en moyenne. Pas de délégation étudiante, quelques petits studieux de ci de là, le jury, un curieux et quelques professionnels, invités pour la plupart. Habituée des salles bondées de Bonlieu, vous imaginez le choc ! La progammation est celle de la plupart des gros festivals, on retrouve toujours les même films. J’ajouterais même que je la trouvais plutôt consensuelle et l’intérêt du festival se trouve ailleurs. Je retrouvais donc Kali de Regina Pessoa, Wild Life de Wendy Tilby (qui est passé assez inaperçu, dommage car il sortait vraiment du lot), le dernier Schwizgebel, le dernier Driessen, La Détente de Pierre Ducos et Bertrand Bey (ce film me suit mon Dieu à chaque fois je tombe dessus il a d’ailleurs été primé), The people who never stop de Florian Piento et plein d'autres...

La Détente (en haut), un des films coup de coeur du jury. Personnellement un film prisonnier d'une dénonciation naïve et illustrative de la guerre.

Revenons à nos moutons, mais où se trouvait donc le public ? Et bien à un des plus gros centres commerciaux d’Asie le COEX. Cette ville dans la ville abrite la plus grosse convention d’animation de Corée. Une sorte de fusion entre le Mifa et la Japan expo. Une foule immense, un stand Gundam qui devait bien prendre ¼ du salon, des petits coréens allant de stand en stand sans jamais lever la tête de leur smartphone. La cérémonie d’ouverture s’est déroulée justement au COEX mais autrement j’ai regretté de constaté le manque de porosité entre l’exhibition et le festival de court métrage lui-même. (Pour l’anecdote on nous a gentiment guidés à la cérémonie alors que c’était en fait la répétition ! Ici tout est calé au millimètre mais paradoxalement les couacs d’organisation furent nombreux : en tant que « guest » au vu du programme je devais me rendre dans deux évènements différents aux même moments ce qui a valu quelques rebondissements assez comiques).

Donc, ce que je retiendrai du SICAF c’est la ribambelle de volontaires pour l’organisation, tous à vouloir t’aider, une ambiance bonne enfant et quelques moments privilégiés : Le Séoul ani-center un grand pôle d’animation où se trouve une salle de cinéma dédiée à l’animation, une bibliothèque/médiathèque et de nombreux ateliers d’animation dont une mémorable salle dédiée à la stop-motion pour les enfants. Une exposition sympathique dont une partie relatait l’aventure du film Winter days basé sur une série d’Haiku . Winter Days est un travail regroupant plusieurs animateurs/animatrices japonais et quelques invités prestigieux tels que Raoul Servais, Yuri Norstein etc…. Film multiple qui où chaque réalisateur interprète un Haiku, une tentative de traduire la poésie pas l’image.

Nous avons eu la chance d’être invités au studio Meditation with a pencil, où se tenait une petite soirée: ce fut un réel plaisir de discuter avec de nombreux animateurs, réalisateurs. Comme tout le monde était paumé (beaucoup de réalisateurs de premiers films venant d’un peu partout) cela favorisait l’échange. Alors que tout le monde partait on a eu la chance d’avoir une petite interview improvisée avec le réalisateur de Green Days (trailer), Ahn Jae-hoon. Il nous a fait découvrir le studio, flatté notre petit égo de francais en parlant de l’accueil de son travail en France (Annecy, etc …), mais surtout nous a parlé de la difficulté de faire un film d’animation en Corée (10 de travail dont 7 de productions !). Je lui ai demandé si le studio accueillait d’autres réalisateurs pour des courts métrages, ou s’ il y avait des échange avec d’autres studios etc…. Réponse brève et claire ! « Il n’y a qu’un seul réalisateur ici c’est moi, s’il advenait que quelqu’un d'autre prenne les rênes c’est que je serais mort ». Réponse donné avec humour....Mais quand même :). Bizarrement je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Ghibli et le sacro saint gourou Miyazaki. Cependant ce fut un échange chaleureux et je ne le remercierai jamais assez d’avoir pris le temps de nous parler de son travail (à minuit passé), avec un petit cadeau en prime: un feuillet d’anime original de Green Days !

Des films vu au Sicaf je retiendrai The dog house trip de Hiroyuki Mizumoto. Un petit ovni Dans la sélection films de télévision. Un film en stop motion qui raconte la rencontre entre un chien et un enfant pris dans un déluge et leur dérive au gré de l’eau : une sorte d’odyssée poétique accompagnée de la musique de Brahms. J’ai été touchée par la naiveté de l’animation très minimale mais avec de grands moments dont une rencontre avec un Homard géant rappelant les mythes grecs (tel Ulysse et le cyclope). Un film qui prend son temps, lent, qui prend des risques en cassant les codes de la mise en scène (personnages à la limite du hors champ, sans cesse coupés dans le cadre par ex): ainsi ce court est plutôt une expérience, une évasion qu’un film narratif.

Le film coréen Noodle fish de KIM Jin-man a fait forte impression au festival. Animé avec seulement des nouilles coréennes ce film conte l’histoire d’un poisson qui rêve d’aller à la surface. Bien rythmé et techniquement superbe et séduisant, je reste cependant mitigée car sans raconter la fin, le réalisateur sabote son histoire pour finir dans l’anecdotique. Mais petit film agréable tout de même.

Pour finir, j’ai eu le plaisir d’assister à un documentaire sur Ray Harryhausen le roi de la stop Motion notamment connu pour Sinbad, Jason et les Argonautes etc … Ce film est une véritable bible sur le personnage mais va plus loin en mettant en lumière le statut des effets spéciaux aujourd’hui, la perte du matériau pour le tout digital. Avec des témoignages intéressants dont Spielberg et Cameron qui parlent de la dépersonnalisation de leur propre films: James Cameron pointe le fait qu’il est difficile pour un réalisateur de maîtriser tout le processus de ses films, le nombre de techniciens s’étant multiplié, particulièrement dans le département des effets spéciaux. L’une des nombreuses réflexions du documentaire et énormément de témoignages !

Bref reste que j’ai été impressionnée par Séoul (le dépaysement ça aide !), le dévouement des bénévoles et de l’organisation, l’extrême chaleur de l’accueil, et le plaisir d’avoir fait de belles rencontres, avoir eu une fenêtre sur l’animation en orient, les écoles turques, les graphistes et une artiste contemporaine taiwannaises, boire du Soju avec une belle brochette d’animateurs, producteurs, réalisateurs !

Revenir de Corée sans montrer de la bouffe ça serait un sacrilège ;-). Je vous raconte pas les festins!

Festivals divers

DOCartoon


2e édition du festival du "dessin de la réalité" à Pietrasanta, Italie

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Annecy 2012

Parenthèse annecyenne


Cette année je n'ai pu venir que 2 jours à Annecy, ne pouvant me libérer d'obligations professionnelles. Jusqu'au dernier moment je parlais même de ne pas m'y rendre du tout, mais l'envie fut plus forte. Je pris donc mes billets de train à la dernière minute et trouva des solutions d'hébergement à la volée : une nuit par ci, une nuit par là, avec en prime un transfert d’accréditation et les séances réservées qui vont avec. Avec l’habituelle système d'échange, j'étais assurée de voir les séances que je souhaitais. Cet aller-retour peut paraître ridicule, car il est évident qu'en 2 jours on ne peut pas profiter d'un évènement de cet ampleur (on a déjà du mal à tout faire quand on est là pour la semaine!). Pourtant je ne regrette pas cette escapade : j'ai passé 2 jours exquis. Et puis, rien que pour la ballade à vélo le long du lac entre Bonlieu et l'impérial, ce petit instant de plénitude où on peut admirer le Pâquier sous le soleil et la couleur magnifique de l'eau, où la brise est agréable et le temps comme suspendu... Rien que pour ce petit plaisir le voyage vaut le coup :)

Oui je viens parler de soleil, car arrivée Vendredi matin, le temps pluvieux se changea bientôt en temps estival, ce qui me permit de profiter des terrasses et même de la plage. Ma première baignade de la saison eut lieu dans le lac, Samedi matin, juste avant le Pic-nic des Fous. Revoir les montagnes et me croire déjà en vacances me plaisait (et Annecy ne serait pas Annecy sans la carte postale), mais je venais principalement pour voir des festivaliers que j'ai peu l'occasion de croiser dans l'année, et ce fut avec plaisir que je retrouva amis et connaissances, à la lumière du jour ou dans la pénombre du café des arts.

Le soleil, les rencontres... et les films alors? J'ai tout de même trouvé le temps de faire 5 séances : des court-métrages en compétition et en panorama ainsi qu'une séance de film de fin d'études à 23h dans la grande salle, pour profiter une dernière fois de l'ambiance de Bonlieu avant sa fermeture. Je n'ai pas pu juger de la sélection dans son ensemble, j'ai vu du bon et du moins bon, comme tous les ans. Certains films m'ont touché, intéressé ou émue : Edmond était un âne (Franck Dion), Junkyard (Hisko HULSING), Ursus (Reinis PETERSONS) ou encore Bao (Sandra DESMAZIERES). J'ai également apprécié découvrir les dernières productions de grand noms comme Ivan Maximov, Piotr Kamler ou Georges Schwizgebbel. Par contre je n'ai pas été sous le charme d'Oh Willy... comme la grande majorité des spectateurs, le film me perdant en route et me laissant perplexe, malgré sa beauté. Je n'avais alors pas vu le futur grand prix, Tram de Michaela Pavlatova, que j'ai découvert la semaine dernière au Forum des images lors des séances spéciales festivals, avec The Pub de Joseph Pierce et The Centrifuge Brain Project de Till Nowak. L'ambiance parisienne quasi religieuse contrastait avec l'atmosphère des salles festivalières. Cette année encore les avions et les cris animaliers étaient au rendez-vous, avec parfois des débordements malheureux sur le début des films.

Samedi soir avait lieu l'habituelle cérémonie de clôture, show assez ridicule avec des mise en scènes kitsch, qui a peu d’intérêt quand on connait déjà le palmarès (grâce aux indiscrétions des journalistes). Sauf quand on connaît les primés! Et nous voulions tous assister à la montée sur scène de Franck Dion, mention spéciale du jury. Cette soirée marquait également le départ de Serge Bromberg en tant que directeur artistique et il se vit remettre un cristal d'honneur pour ses 14 ans de service devant une salle debout. Cette séparation n'en est pas vraiment une puisqu'il restera l’un des visages de la manifestation et qu'on devrait le revoir dès l'année prochaine. Le Samedi soir fut une soirée de fête, la meilleure que je connus à Annecy. Nous avons pu tous entrer à la réception donnée au pied de l'Impérial grâce à des invitations chapardées par ci par là (cela contraste avec l'année où nous avions fini dans un bus!). Et une fois dedans, nous avions une table privée où affluait les amuse-bouches et les bouteilles... La joie était sur tout les visages, l'équipe d'Edmond savourait le prix comme il se doit et la nuit fut courte ;)