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La petite semaine du festival

N'ayant pas eu le temps de faire un compte rendu en direct, principalement par manque de wifi dans les salles, je le fais maintenant.
Préparation de la semaine

Tout commence le dimanche, pas à Bonlieu mais sur un PC à tenter de réserver ses séances via le net avant d'aller chercher les billets. Une grande aventure tellement le système est saturé de requête. Ce n'est qu'après 2 heures de tentatives qu'enfin, le système est plus libre (et les séance plus complète :( ). De mon coté pas de soucis, étant en sélection j'avais déjà pu prendre mes 4 séances. Par contre les amis qui m'accompagnait ont du faire des choix un peu de dernières minutes.

Une fois les billets pris, direction Bonlieu pour récupérer Badge et Ticket. J'étais déjà passé dans le hall et j'avoue que la décoration pour un 50ème anniversaire laissé à désiré. Je me souviens de hall beaucoup plus joyeux et décoré. D'ailleurs l'argentine n'a pas l'air d'avoir inspiré les créateurs. Je me souviens qu'il y avait une scène de concert parfois dans le hall. Hé bien pas cette année. On fait dans le sobre, les sous sont parti ailleurs( la note d'hôtel pour les VIP ou bien les quantitées astronomique d'alcool distribuée en soirée ?)

Au vu des décorations lors de la soirée Mifa, on se demande pourquoi une partie ne sert pas à rendre le hall Bonlieu plus agréable. Enfin bon... Badge récupéré, il s'agit pour mes amis de faire la queue afin de récupérer les billets réservés plus tôt dans la journée

Le repas du dimanche
Comme chaque année, on avait organisé une rencontre le dimanche soir dans un restaurant avec les fous déjà présents sur place. On devaient être une petite vingtaine au final. Le restaurant été sympa et le serveur ressemblait à Sucre de Prison Break... Hallucinant. Au menu, Pizza, ravioles ou grosses salades. Mon régime commençait difficilement. Les 2 prochaines soirées y mettront un terme définitivement.

Le début du festival
Je commence la journée avec Redline. Un film très dynamique, avec beaucoup d'animation mais qui reste trop naïf dans le scénario à mon sens. Enfin il se caricaturise lui même avec une scène finale voulue kitchissime. J'étais prévenu. C'était un film pour voir de l'animation qui bouge dans tous les sens. J'ai trouvé la musique bien calés (même si trop forte, surtout pour certains). Clairement pas une séance pour mettre dans le bain du festival. Ca aurait été parfait en milieu de semaine. On passe ensuite sur Mai Mai Miracle, un film mignon, et les court métrage en compétition 1. Un bon bloc selon moi qui commence très bien avec Jean François (prix de la première oeuvre). Un vrai plaisir de découvrir ce bloc et entrer ainsi dans l'esprit du festival

La cérémonie d'ouverture

Accueillit comme chaque année par Serge Bromberg, la cérémonie d'ouverture commence par la diffusion d'un épisode d'une série anglaise Bob and Margaret qui reprends la blague archi connu de l'anniversaire surprise où le couple s'engueule et critique les amis alors qu'ils se trouvent caché dans la pièce pour faire une surprise. Peut être pas nécessaire.
Arrive ensuite l'avant première tant attendue de l'illusionniste. Le film se termine sous des applaudissements polis et mitigé. Il est de coutume d'applaudir à tous les films et particulièrement si le réalisation est dans la salle. Mais de mon expérience, on sent facilement l'enthousiasme du public si les applaudissement se prolonge au delà de la simple politesse. Ce qui ne semble pas avoir été le cas. Mon avis sur le film est assez simple. On est loin de la qualité d'un Jacques Tati dans l'humour et l'histoire. Par contre les décors sont vraiment beau et l'animation est très bonne. Gros bémol sur certaines utilisations de la 3D qui n'ont vraiment mais alors vraiment pas leur place dans le film (un plan sur Edinbourg par exemple, avec une caméra dynamique, complètement à l'opposé de l'utilisation de caméra fixe tout au long du film. C'est une horreur et une faute de goût selon moi.

La cérémonie d'ouverture se poursuit ensuite avec un coktail d'ouverture à la Plage, près de l'Impérial. Cette année, étant en sélection, ce qui n'était plus arrivé depuis 2005, j'ai décidé de faire toutes les soirées et coktail où j'étais invité, alors qu'avant je n'en avait jamais fait à part les 10 ans de supinfocom et un coktail du mifa. J'y ai bu beaucoup de champagne, manger beaucoup de petit four et fait la connaissance de Théodore, le réalisateur des Journaux de Lipset, avant de l'avoir vu (un beau film je trouve). Une première journée qui se finit à 2H pour moi et qui annonce une semaine bien chargée.

Les salles du festival

Le festival est diffusé principalement dans 3 endroits, les autres (MJC Novel et La turbine) sont excentrés et il faut prendre un bus pour s'y rendre (demandé à Florentine :) ). Ces dernières sont principalement des salles de quartier pour faire découvrir l'animation aux annéciens, tout comme le cinéma en plein air que Paquier. Les 3 endroits accessibles sont Bonlieu, le Décavision et la salle Pierre Lamy. A Bonlieu 2 salles, la petite (288 places) et la grande (982 places). La grande salle est, je pense, ce qu'on pourrait appeler la salle principale et historique du festival. Celle où il y a le plus d'ambiance, là où l'on présente les réalisateurs, on lance des avions, où l'on annonce les films, où l'on fait les avant première avec discussion. Il semblerait que l'année prochaine ou la suivante, des rénovation auront lieu à Bonlieu et donc ces salles pourraient devenir inaccessibles... A voir... J'aime beaucoup la petite salle pour son ambiance intimiste.
Les salles du décavision pour le festival sont au nombre de 4, permettant d'accéder depuis quelques années à beaucoup plus de diversité dans les séances (autrefois les films d'étudiants étaient quasiment exclusivement dans la grande salle à 23H). Par contre pour l'ambiance il faudra repasser. C'est calme, reposant... Enfin la salle Pierre Lamy est une salle de conservatoire réquisitionné à l'occasion. Elle projète souvent des programmes intéressants et je la trouve agréable.

Le mardi
Le mardi fut une journée classique. Au programme Court métrage compétition 2 (un bloc moyen, peut être le pire, avec surtout la présence de Angry Man, très bon et très touchant), Summer Wars (un manga divisé entre une aprtie dans le monde réelle que j'ai bien aimé et une partie dans le monde virtuel que j'ai pas aimé) et Kerity (c'est mignon).

Le soir c'était la soirée Créateur, réservé à priori aux personnes en sélection mais c'est très permissif au niveau des entrées. J'ai eu l'occasion de discuter avec Arthur de Pins qui m'expliqua le contexte de la sélection d'un film d'étudiant ayant marqué le festival il y a quelque année : un Panda qui attendait qu'une pomme tombe d'un arbre sur les 4 saisons de Vivaldi... Pendant ce temps Zewebanim et Cobayanim enflammaient le dance floor ou la piste de bowling. Une soirée sympa, comme souvent au Bowl où ce n'est pas trop bling bling (la bière remplace le champagne).

Mercredi : Mifa et Picnic
Le mercredi était le jour programmé du picnic fous d'anim. L'occasion de se retrouver tous en un même endroit même si un apéro Arte semble avoir retenu certaines personnes. J'en profite pour préciser que le temps annoncé de la semaine était principalement pluvieux et qu'on a eu énormément de chance sur l'incompétence de météofrance sur ce coup là. Un peu de pluie entre jeudi et vendredi mais sinon superbe temps.
Le bloc court métrage de la journée était aussi inégal. Lipsett et Hand Soap était relativement au dessus du lot. Notons la présence dans ce Bloc de Don't go, une petit court rigolo ayant obtenu le prix junior et la mention spéciale du jury (je ne suis pas vraiment d'accord avec cette mention spéciale, mais bon...)
Le soir c'était la soirée d'ouverture du MIFA au palace de Menthon, sponsorisé par France télévision dont les couleurs illuminé l'hôtel et par une floppé de studio Français ayant produit des séries pour France télévisions. Première fois dans ce lieu accessible grâce à une navette, il s'agit de la soirée où je suis resté le moins longtemps car beaucoup trop bling bling à mon goût.

Jeudi
Le Jeudi annonce souvent le début de la fin. Je commence à sauter des séances, à m'endormir... Cette année n'était pas une exception. Alors que je trouvais la sélection court métrage compétition et hors compétition de bonne qualité, je crois que j'ai été déçu ce jour là. En particulier avec le court Meat hors compétition qui est long et chiant et n'apporte à mon sens rien et également No Sleep won't kill you dans le bloc 4 (par contre je sais que certains ont adoré ce film). Mais bon, sur l'ensemble ça fait que quelques film décevant, bien en dessous de l'année 2008 qui avait été le ponpon.

Vendredi
Vendredi, où le dernier jour de "compétition". A la fin de la journée j'aurais vu tous les films en compétitions et je pourrais enfin me faire une idée. Et j'avoue que le bloc 5 court métrage était d'une qualité superbe. Le meilleur sans aucun doute et les applaudissements m'ont laisser comprendre que je n'étais pas le seul à le penser. TecloPolis, Love Patate, Loave and theft, le silence sous l'écorce, once there was a fly... beaucoup de films qui m'ont touchés, me rappelant qu'obtenir un prix du public dans ce bloc était sûrement plus difficile que dans un autre.
La journée devait se terminer par la soirée Argentine au Bowl, un bon moment passé à danser ou à jouer au Bowling.

Samedi
Un samedi calme avec uniquement comme film Evangelion 2 pour ma part. Un film génial je trouve qui change énormément du scénario de la série, contrairement au premier. Par contre, je pense que sans la série, on ne peut vraiment avoir le temps de s'attacher à Asuka dans le film. Une belle découverte en tout cas. Un moment également passé avec cé, laurent et jipé et d'autre autour d'une glace dans le vieil Annecy. Je remarque d'ailleurs qu'en faisant un maximum de soirée "officiel", je n'ai même pas passé une soirée au café des arts... L'an prochain peut être, si je ne suit pas en sélection :)
Puis arrive enfin la cérémonie de clôture, avec une mise en scène de début très moyenne, très molle. Je m'interroge sur l'intérêt du décor sur la scène si ce n'est que pour cette petite intervention du début. Une cérémonie qui manque de vie et de rythme, où les réalisateurs s'enchainent sur la scène sans vraiment d'interaction... Je crois qu'il y aurait vraiment quelquechose à faire pour donner un peu plus de vie à cet instant. Le palmarès est relativement correct, j'aurais juste changé le prix du meilleurs clip musicale, la mention spécial à Don't Go et le cristal d'annecy pour un court métrage.

A la suite de cette cérémonie, il y avait un coktail à l'impérial, sous les chapiteaux vidé du MIFA, un lieu fort glauque je trouve par rapport à la Plage. De grandes tentes vides de décoration, avec pas grand chose à manger... C'est financé par la ville, ceci expliquant peut être cela...
J'ai tout de même passé une bonne soirée mais trop fatigué, je n'ai pas tardé à rentrer.
Je me suis posé la question de savoir quels choix j'aurais fait personnellement sur les prix, et j'en suis arrivé à ceci :
Cristal court métrage : Teclopolis
Prix du jury : Hand soap
Prix Premiere oeuvre : Jean François
Mention spécial : Femme squellette et Journaux de Lipsett
Prix unicef : Angry man
cristal long metrage : Mr Fox
Mention spéciale : Piercing 1 ou Metropia (je n'ai pas vu piercing 1)
Meilleur pub : The beattles
Meilleur clip : Black Hole (et encore...rien d'exceptionnel je trouve cette année)
Meilleur pub : Grafiti "Aides"
En TV et en Etudiant j'ai manqué au moins 2 blocs donc je peux pas trop dire. Je n'aurais pas choisis Michel Ocelot qui n'en a pas besoin à mon sens.

En conclusion, un bon festival mais que j'ai trouvé personnellement très fatiguant physiquement...

T'as vu sa tête v.2010

Des fois que vous ayez envie de leur faire un calin ou de leur filer un soufflet la prochaine fois que vous les croiserez, voici sortis de leur anonymat, les réalisateurs présents aux petits déjeuners de vendredi et samedi.

Notez qu'on nous a dit que cette année, ces entretiens figureraient sur la chaîne YouTube du Festival une fois qu'ils seront montés. La question étant : vont-ils laisser les commentaires de l'intervieweur ? :)

Ci-dessous donc de gauche à droite : Joanna Rubin Dranger (Mademoiselle remarquable...), Leonardo Carrano (Recordare), Veljko Popovic (Moj Put), la belle Sarah Van den Boom (La femme squelette) et le jeune Adrien Merigeau (Old Fangs)



De gauche à droite toujours : Mirai Mizue (Playground), Jessica Lauren (Who's bleeding ?), Gilles Cuvelier (Love Patate), deux animateur de cancanClub (Teclopolis), Joanna Lurie (le silence sous l'écorce) et Jean-claude Rozec (Monstre sacré).



Bon, c'est tout pour ce qui me concerne. Reste éventuellement des critiques de Allez Raconte et Redline mais je les posterai plutôt sur le forum quand j'aurai l'occasion.

Palmarès 2010 et petit bilan

Le palmarès est en ligne sur le site du festival.

Un palmarès un peu consensuel, prévisible (voir la preuve un peu plus bas) mais finalement mérité pour la plupart. Je retiens les multiples prix (public, grand prix, unicef) pour Sinna Mann, le prix Sacem pour Love&Theft, le prix de la première œuvre pour Jean-François, le prix Canal+ pour Je te pardonne (houhouuu), le prix spécial film de fin d'étude pour Sauvage (houhouuuuu) et le cristal pour the Lighthouse keeper et évidemment le prix du public et le grand prix pour Fantastic Mr Fox, qui prouve une fois de plus que la technique de stopmotion emporte encore les cœurs des spécialistes à défaut de celui du public.

Après le grand prix pour the Lost thing est un peu gentillet mais après tout c'est la loi du genre. Il a su emporter les avis et fédérer autour de ses qualités. The winner takes it all, comme chantait Abba.

On est évidemment déçus de ne pas voir les copains dans le palmarès, ému de voir ceux qui sont tout de même montés sur scène, ennuyé par des mises en scènes laborieuses.

Il est temps de retrouver ses pénates et de reprendre une vie normale, quittant les rives du lac, prenant date de la prochaine édition, du 6 au 11 juin 2011, pour une édition qui évitera encore à priori les travaux de réfection du Bonlieu.

Merci à tous ceux qu'on a croisé en vitesse entre deux projections, aux sympathisants, aux rédacteurs courageux et fidèles, aux anonymes et aux dix personnes qui ont bien voulu que je salope leur exemplaire du livre du cinquantenaire en le dédicaçant.

Cérémonie de cloture.

Cette année le petit show en introduction de la cérémonie de clôture mettait en scène Serge Bromberg en train de tondre le pelouse, en préparatif de la fête d'anniversaire du festival, avec les comédiens qui font les voix françaises d'Homer et Marge Simpson .

Le palmarès est très décevant cette année (encore), mais je suis très content pour Anita Killi que j'aime beaucoup et qui était très émue de recevoir tout ces prix, même si j'ai quelques réserves sur son film, J'avais beaucoup aimé Lebensader et je n'étais pas surpris qu'il ait un prix. Fantastic mister Fox méritait également un prix et j'étais content de pouvoir à nouveau lever le poing pendant la scène du loup et celle de guerrilla urbaine qui ont été passées à l'écran.

Michel Ocelot a eu un prix pour une série tv et l'excellent film de Andréas Hykade a reçu le prix sacem pour la musique.

A la fin il y a eu des confettis et de grands ballons ont été jetés sur le public pour rebondir partout dans la salle. La cérémonie s'est conclue sur l'air de Bella ciao joué par les musiciens, ce que j'ai énormément apprécié ^^

Et maintenant je vais remettre le prix Tony Crayon 2010 aux films que j'ai préférés (mais comptez pas sur moi pour en choisir qu'un par catégorie, j'ai déjà du mal à me limiter)

Dans la catégorie long-métrage, les gagnants sont : Los extranos presagios de leon prozak, Mai Mai shinko to sennen no maho (qui étaient hors compétition) et Fantastic Mister Fox. Dans la catégorie films d'étudiant : Lebensader, Parade et Je en Jeu (mais il y en a d'autres de biens). Dans la catégorie court-métrage : euh là c'est trop dur... Old Fangs, Hand Soap, Playground, Le silence sous l'écorce, Love & theft, Let's Pollute, Koisuru Nezumi, sinna mann mais avec beaucoup de réserves sur le propos du film, love patate était joli mais j'accroche pas tellement à ce type de récit fantastique (genre Maupassant et autres novellistes) et aux dialogues, le journal de lypsett était très beau techniquement... mais pour être honnête, il n'y en a pas un qui m'a vraiment emballé plus que les autres.

et le prix spécial coup de coeur 2010 revient à... RU de FLORENTINE GRELIER.

PS : aujourd'hui je n'ai fait qu'une séance, celle des nobody's perfect avec l'excellent Monsieur Cok que j'ai revu avec énormément de plaisir, et à la fin j'ai chanté : les patroooons c'est comme les cochons, ça ne mérite oui qu'une volée de plombs !

Eligibles, crédibles et Pénibles

J'ai vu trois programmes de compétition court métrage que j'ai complété avec des projections individuelles au MIFA selon mes envies et les rumeurs que j'ai pu capter.

Plutôt que de faire un détail comme j'ai pu le faire les années précédentes, je vais jouer les madame Soleil et faire trois catégories, les Eligibles, ceux que je verrais bien avoir un prix, les Crédibles, ceux qui peuvent en avoir, et les pénibles, ceux qui m'ont ennuyés et que je n'aimerai pas spécialement voir élus.

Eligibles.

Sinna Mann de Annita Killi, Norvège, 20mn

Histoire d'une grande force qui raconte l'histoire d'un jeune garçon confronté aux accès de violence de son père. C'ets raconté avec candeur et effroi, dans une technique de papier découpé et de bricolage sensible qui évoque Norstein. C'ets superbe, même si je trouve que la fin est un peu candide.

Old Fangs d'Adrien Merigeau et Alan Holly, 10'58, Irlande

On en a parlé quand il a été visible en ligne. C'ets vrai que sur grand écran le film est encore plus beau. J'ai apprécié l'ironie et la maîtrise de ce film oedipien, surtout étant donné le jeune age du réalisateur, français émigré en Irlande depuis 5 ans. Je verrais bien le film avoir le prix de la première œuvre

Jean-François de Tom Haugomat et Bruno Mangyoku, 5,45, France

Un géant, champion de natation, inhibé et phobique de la foule, revis en flashback des défis qu'il se lançait quand il était jeune nageur dans la mer. Beau film qui pourrait disputer au précédent le prix JL Xiberras.

Hand Soap de Kei Oyama, 16mn, Japon

Une histoire lente et longue qui a comme thème l'adolescence et la puberté. Une famille japonaise, le fils et la fille, c'est angoissant de lenteur et de silences, cru, charnel, tactile. On y voit un univers grisâtre, des inserts de boutons d'acné, de pénis flottant dans l'eau d'une baignoire, de grenouille disséquée émergeant d'une flaque de liquide séminal. Etrange et envoûtant, assez fidèle retranscription de cet ennui et de la bizarrerie de la puberté selon ce que je peux me souvenir.

La Femme Squelette de Sarah Van den Boom, 9'07, France

Ça n'est pas parce que je connais l'auteur que je le mets dans cette catégorie, le film m'a vraiment surpris et touché par son approche originale et singulière du conte dont il est l'adaptation. C'est une belle interprétation des doutes et des choix d'une femme à la quarantaine. Il y a des images très fortes, la femme squelette, perdue dans les fonds sousmarins devient l'image de cette femme noyée dans son quotidien qui cherche à retrouver le souffle de son existence. Je crois que le film a eu un accueil très favorable. Graphiquement le film est aussi très beau, une réussite.

Fröken märkvärdig & Karriären, de Joanna Rubin Dranger, 30mn, Suède, Danemark et Irlande

Long film adapté d'une bande dessinée de 230 pages parue en 1999 en Suède. Ça raconte les débuts dans l'existence d'une jeune fille, ses angoisses de ne pas parvenir à satisfaire les ambitions d'un père disparu, le rapport aux autres et à sa propre production. C'est un film sur la réussite personnelle et professionnelle, le ton est assez juste, le film est en noir et blanc, reprenant fidèlement le graphisme original, ce dont est très satisfaite la réalisatrice.

Zhila-Bila Mukha, Alena Oyatyeva, 13, Russie
L'initiation d'un jeune mouche par sa tante expérimentée. Nourriture, danger, écosystèmes. J'ai cru pendant tout le film avoir des taches sur mes lunettes, le film est traité en touches picturales, c'est pourtant précis et quasiment cartoon mais on a des scènes qui sont parfois plus tachiste qu'impressionnistes. Les couleurs sont superbes, le film est beau et séduisant, il m'a porté.

Love patate de Gilles Cuvelier 13mn, France

Je ne pense pas que le film soit en palmarès mais il a emporté un auditoire qui, il faut bien le dire, était acquis. Défini par son auteur comme une farce macabre, Serge Bromberg a bouscule un peu le réalisateur qui ne s'est pas trop laissé démonter. Le film est triste. J'ai trouvé intéressant d'apprendre qu'il est inspiré de lecture comme Maupassant et qu'il a été conçu sans animatique ni storyboard et avec des écritures multiples.

Love&Theft, Andreas Hykade, 6'49, Allemagne

Avec les moyens de projection de la grande salle, le film d'Hykade prend toute sa force. L'auteur a voulu célébrer sa joie d'animer, son envie de sortir des carcans traditionnels des productions industrielles avec leur méthodologie contraignante. Il s'est basé sur un rythme de 8 images et a animé de façon empirique mais en 24 images par seconde et en se souciant tout de même du rythme de son film. C'est un travail virtuose, bel hommage à une culture variée, il évoque le travail de Mix, d'hybridation, envisageant même une version longue pour du Vijing.

Crédibles


Films que je trouve crédible pour figurer dans le palmarès.

Love Mouse, de Shinsaku Hidaka, 13mn, Japon

Délire cartoon d'une souris amoureuse d'un fromage. Intéressant, notamment au niveau sonore.

The Lost Thing, 15, Andrew Ruhemann et Shaun Tan, Austrelie et GB

Un homme trouve un truc sur la plage. Un gros truc en fonte genre cocotte géante rouge avec des tentacules et des pinces à clochettes qui dépassent. Il ne sait quoi en faire et le recueille. Mélancolique et amusant dans son coté non-sense. 3D lisse. comme Passion Picture sait le faire. Première oeuvre donc éligible aussi pour le prix.

Light Forms de Malcolm Sutherland, 4mn, Canada

Je l'avais mis en news, c'est joli et séduisant.

The cow who wanted to be a hamburger, Bill Plympton, 6mn, US

Un film avec une nouvelle manière, stylisée et graphique, avec un contour très noir, plus graphique et donc pas pour me déplaire. Et un fond très classique de la part du grand Bill, caustique, drôle, à la morale un peu bizarre. Il ne faut pas croire la publicité, il ne faut pas quitter sa maman ?

Le silence sous l'écorce, de Joanna Lurie, 11mn, France

On l'a vu sur le net, joli film, belle ambiance. Premier film.

Pénibles

Halala.. difficile de débiner toujours mais selon moi les plus difficiles à vivre ont été :

Two rooms 6 mn, Atsuko Nagashima, Japon

Un couple s'installe dans un deux pièces, ils se séparent, elle déménage. Houa.

Nespavanje ne Ubija de Marko Mestrovic, 9mn, Croatie

Des graphitis sur les murs, 3D cell-shadée de combats de catch, avec un mec qui déblatère un texte imbitable au son nasillard d'un téléphone. Sensé parler de rêves. Quelconque.

Crash Bang Wallow, de Jonathan Dunleavy, 4' GB

La vie d'un cascadeur-né. Une histoire assez drôle mais pas spécialement originale, un graphisme patatoide qui m'insuporte.

Recordare de Leonardo Carrano 7mn, Italie

Carpaccio d'homme sans huile d'olive. Le réalisateur a récupéré les clichés du condamné à mort découpé en tranche il y a dix ans, repris par ordinateur pour proposer des coupes différentes au son (trop fort) du Requiem de Mozart. Huitième volet d'une série censée illustrer l'intégralité du Requiem, Recordare est supposé convoquer le passé du condamné. J'ai trouvé ça assez gratuit même si l'image est fascinante. Mais de toutes façon, il suffit de mettre le Requiem sur n'importe quelle image, j'ai pris ça comme une démarche publicitaire et ça.. ça tue.

Je t'aime de Mamoru Oshii, 11mn Japon

Un basset perdu dans un univers urbain déserté. Il cherche quelq'un pour jouer à la baballe. Une sorte d'ange trompette cybernétique apparait et flingue tout mais le chien s'en sort. Le symbolisme éthéré du maître japonais m'a simplement ennuyé.

Red-End and the seemingly symbiotic society de Robin Noorda et Bethany de Forestn 15mn, pays bas

Des araignées en plastique construisent une ruche de sucre pour faire éclore une population de sauterelles bipèdes dévastatrices. Si si.. je vous jure que c'est ça... en stopmotion sur fond de musique éléctronique


Ce fut quand même une sélection variée, dense, de qualité, mais pas spécialement drôle, peu de films m'ont fait rire mais c'est pas spécialement grave. Le jury risque de se chamailler étant donné sa grande variété et ses origines stylistiques et éthiques très variées.

A suivre ce soir.

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