Annecy 2008
LMC9 Die Drei Rauber
Par Cé, lundi 9 juin 2008 à 14:18
Je reprends ici la petite note que j'avais mise sur le forum après avoir vu le film en salles...
Die Drei Rauber, Les trois Brigands, film de Hayo Freitag

J'y suis allé méfiant outre mon incommensurable dévotion au génie graphique et humain de Tomi Ungerer (Nos années de Boucherie est un de mes livres cultes), la critique de Télérama laissait imaginer le pire.
Et bien moi j'ai bien aimé et je le recommande.
Je ne raconte pas l'histoire, simple et célèbrissime.
L'adaptation est assez osée et ne garde l'original que comme un vague modèle, une architecture globale.
Pour le reste la réalisation a ajouté des personnages (un gendarme, un cocher genre "igor" de Frankenstein et une acariâtre maîtresse d'orphelinat) qui ne sont pas vraiment dans le "ton" du livre mais ne trahissent pas vraiment l'esprit Ungerer... D'ailleurs c'est ça qui est étonnant, le film exploite bien l'imaginaire de l'artiste mais plus de ses autres livres que des 3 brigands même. On retrouve par exemple dans les décors d'une grande richesse les mini-saynètes ou détails absurdes qui sont une des touches d'Ungerer (un robinet sur un arbre par exemple).
Et le travail de décor et de couleur est vraiment remarquable dans ce film qui compte nombre de longs travellings et scènes contemplatives. On y retrouve même un esprit «Driessen» si je puis m'exprimer ainsi : des scènes où les personnages évoluent dans un décor séparé en deux ou quatre surfaces distinctes, un traitement de tracé un peu vibrant, une animation tout en rebonds.
La frise dégoulinante est d'ailleurs une de ces idées de mise en scène sympathique (n'en déplaise à Télérama) qui souligne l'ambiance de l'orphelinat et s'ajoute à un tas de mini-trouvailles rigolotes (la licorne, géniale, la marche des chevaux, la musique...).
D'ailleurs ce qui marque bien l'intelligence de l'adaptation c'est que le narrateur est Ungerer lui même avec son grave accent alsacien et que le livre est retraduit fidèlement dans son graphisme au début (contextualisation des personnages) et à la fin (morale). Ungerer qui a participé à l'élaboration de cette adaptation, consulté, le maître pete-sec n'a donc pas pu être trahi.
Alors bien sur on a un peu l'impression que l'action est délayée, que le film aurait pu être plus court ou qu'il y manque un peu d'action (l'usine de betterave aurait pu être le lieu de ces séquences) mais j'ai trouvé le film réussit et avec le modèle dont il est issu ça n'était pas donné...
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Commentaires
1. Le lundi 9 juin 2008 à 17:25, par Jipé
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