Hahaa.. enfin la projection attendue du fameux Sita sings the blues de Nina Paley. Attendu parce que le film a été presque totalement autoproduit par le petit bout de femme qu'est la réalisatrice, venue faire une petite révérence sur la scène du Bonlieu avant la projection.



Le film ? Une bonne surprise. L'histoire :
Trois indiens racontent avec un anglais à l'accent si caractéristique (revoir Peter Sellers dans The Party) se dont ils se souviennent sur la légende de Sita, femme de Rama, avec des hésitations, contradictions.
Incarnation de la vertu, Sita suit son mari dans un exil de 14 ans, se fait kidnapper, libérer par Hanuman, le dieu singe, répudiée ensuite par son mari elle mettra deux enfants au monde avant de disparaître.
Parallèlement, une jeune américaine va suivre son ami en Inde où il est envoyé pour son travail.
Leur relation s'altère tout doucement et le parallèle entre Sita, la légende indienne, et Nina l'américaine, est appuyé par un certain nombre de séquences brèves d'animation de factures diverses.

Le film a une véritable générosité dans sa forme, très varié dans le style, les séquences contemporaines sont traitées en animation "rough" et photomontages, les séquences de légende réutilisent des illustrations traditionnelles de l'inde, parfois très variées (dessins stylisés, très réalistes, photomontages, statuaires...) qui entretiennent une sorte de confusion, ce qui fait aussi l'originalité c'est que de longues séquences traitées en animation vectorielles gémoétrisantes sont chantées, avec de vieux blues de 1926 à 29, la voix de la chanteuse étant prêtée à Sita, d'où le titre... hé.

Alors oui, le film n'est finalement que l'apitoiement un peu impudique sur sa rupture amoureuse d'une jeune bobo américaine, l'action est délayée et utilise tout un tas d'astuces pour arriver à une longueur standard (le coup de l'intermède de 3 mn en plein milieu du film, les séquences chantées un peu répétitives, les redites) mais le montage parallèle est efficace, didactique et drôle. Je dois avouer que je suis assez preneur de ce type de film où on apprend des choses tout en racontant un histoire qui n'a finalement d'importance que pour l'artiste même.
Donc une curiosité, je doute que le film sorte des circuits de la distribution confidentielle et pourtant je le conseille et j'aimerai bien le montrer à des connaissances, surtout avec l'emergence indienne actuelle comme en témoigne le thème d'Annecy de cette année...