Sortons tout de suite le tampon estampillé "fable écologique", celui qui nous a servi pour marquer les films de Miyazaki ou de Frédéric Back pour ranger le film de Jacques remy Girerd dans cette lignée que beaucoup considèrent envahissante, voir plagiaire car en moins de cinq minutes après la séance, pas moins de deux personnes avec qui j'ai discuté ont rapproché le film de Mononoke Hime.

Donc le réalisateur et l'équipe au quasi complet sont venus présenter le film Mia et le Migou en exclusivité internationale à Annecy, six mois avant sa sortie en salles. La foule du festival s'est mélangée à quelques petits enfants venus pour l'occasion. Après une interminable séance de remerciements qui a fait démarrer le film très en retard et déborder sur la séance suivante, on a enfin pu voir ce que beaucoup attendaient depuis longtemps.

Alors ?

Alors le film est beau, il est plein d'une grace enchanteresse, les couleurs, les mouvements, les décors, rien que sa partie artistique assure un spectacle sans pareille. Les personnages sont attachants sans être monoblocs, ni gentils, ni méchants. Le Migou est une créature étonnante, esprit de la forêt, gentil monstre qui protège l'Arbre de vie de la cupidité destructrice de l'homme (mouais). Il évoque tout de même les esprits des arbres de la foret de Mononoke, en plus fantasque, plus bavard. D'ailleurs c'est Dany Boon qui lui prête sa voix. Enregistré très avant son Bienvenue chez les Chtis, il avait cru bon (avec l'assentiment de l'auteur) de mettre dans son interprétation quelques bribes d'expressions ch'tis qui font assez cocasse dans le contexte. Mais l'interprétation est fantasque, drôle et convaincante.
La musique est lyrique, chorale, parfois envahissante, pas si mémorable.

Et sinon ?

Bin sinon l'histoire est décevante. Bancale, avec des longueurs au début et des tonnes de guimauve à la fin. Il y a des incohérences étranges (c'est vrai à la fin c'est quoi cette météorite au fait ? A quoi sert-elle ? pourquoi cette gamine sage va-t-elle tout à coup à la recherche de son père sans que personne ne l'en empêche ? Qu'est-ce que cette sorcière fait là ?)... C'est plein de bons sentiments écologiques, certains plans m'ont fait penser à la trilogie de jeux Myst (Riven entre autre), c'est un peu niais et pas toujours compréhensible. En plus, c'est assez typique des films de Folimage, certains dialogues sont simplement incompréhensibles, celui du grand noir du chantier, j'avais beau y mettre toute mon attention, je ne comprenais pas un mot sur quatre.

Donc tout le monde est sorti déçu, un peu triste même voir franchement en rogne contre ce que beaucoup considèrent comme un ratage.
Je reste plus mitigé, enchanté par les images, persuadé que le film a d'évidentes qualités, excepté peut-être celles de l'innovation et du rythme.

Tsuka me pardonnera j'espère de reprendre une de ses mosaiques pour illustrer ce billet...