Les producteurs sont inquiets. Ils tremblent. En ouverture de la remise des prix CanalJ un de leur représentant a dit son inquiétude « le bateau tangue ».. Ce n'est pas encore « la maison brûle » mais à les entendre on n'en est pas loin.

De quoi s'agit-il ? Des financements bien sur, seule chose qui peut inquiéter les producteurs diront les plus médisants. Car l'audiovisuel subit deux crises... La première concerne le financement de l'audiovisuel public. On sait que notre président dans une de ses attitudes impulsives, qui font son charme taurin, a décidé de banir la publicité des chaines de télévision publiques. Outre que cela permet à ses amis du privé de récupérer par le jeu des vases communiquants les budgets orphelins, cela pose des problèmes pour le moment non résolus, peut-être même insurmontables de financement. Qui, comment, où va-t-on trouver les sous pour financer ce qui était financé en partie par les régies publicitaires ?

Mystère.

L'autre sujet d'inquiétude, plus délicat est le projet de loi Nutrition Santé du ministère du même nom visant à interdire dans les créneaux horaires destinés aux enfants la publicité pour les produits alimentaires que beaucoup d'études associent très clairement avec les tendances à l'obésité des enfants. Enlever les publicités pour les céréales, les biscuits ou les chips reviendrait à éliminer un certain nombre de juteux budgets qui financent en bonne partie la création de programmes d'animation français.
CQFD.

Le lobby des diffuseurs, producteurs et autres décisionnaires voudrait donc éviter que cette loi ne passe, ou tout au moins en minimiser les enjeux et les applications.
Le problème n'est pas strictement français d'ailleurs, les problèmes de santé sont assez récurents dans les civilisations occidentales.
En angleterre, il y a carément une campagne de publicité savechildrentv.org.uk qui fait du lobbying intensif et qui milite pour conserver aux programmes télé ses annonceurs vendeurs de junkfood.

Le débat est ouvert, certains producteurs disent que la solution de survie c'est de s'ouvrir aux nouveaux médias, aux nouvelles formes de diffusion, de se retourner vers les annonceurs non concernés (jouets, jeux, mode, etc) voir de trouver d'autres annonceurs (les voitures par exemple, les enfant entrant en jeu dans la prescription du véhicule familial).

Le milieu de l'animation industrielle, celle qui finance une partie de la recherche et de l'emploi dans ce domaine en France est donc confronté à ce problème moral : peut-on continuer à vendre des saloperies à des petits cerveaux disponibles en niant l'importance de la pube dans les habitudes de consommation. Et sinon où trouver les financements ?

Etrange coïncidence, un des spots de la campagne anglaise Save childrens tv est présent en compétition dans la catégorie films de TV... je vous donne le lien pour goûter un peu la manipulation.

Et voici le film en question...