Anima 2009

Fire and ice




Je l'avais vu adolescent et n'en avait pas gardé un souvenir impérissable, bien que sensible à l'univers heroic-fantasy et travaillé par mes hormones, comme tout adolescent mâle qui se respecte. J'étais donc curieux de revoir Fire &Ice, le film de Ralph Bakshi auquel participa Frazetta, maître es illustration fantasy, sortit en France sous le titre Tigra, la glace et le feu.

L'histoire ? Hu hu... :

Nekron être le méchant. Lui mettre froid partout, avec magie noire pleine de glaçons. Teegra, fille du chef du Feu être kidnappée par méchant. Elle être sauvée par Larn, homme blond et puissant. Grrr. Nekron mourir, Larn et la fille goulougoulou.

J'exagère à peine.
Le film est réalisé en rotoscopie de manière TREEEES visible, les morphologies musculeuses et imberbes se meuvent avec un réalisme saisissants. La Tigra est gironde à souhait, lascive, généreuse, offerte... Houuu... Et ça n'est pas son costume tout symbolique qui nous masque quoi que ce soit de son anatomie. Larn, sorte de Rahan de pacotille, est plus insignifiant mais les sous-entendus sexuels sont particulièrement lisibles, même dans les travers homosexuels du pervers Nekron qui rejette les charmants attraits de l'héroïne et dit "qu'il n'en a pas fini avec le jeune homme"...

Bref le film est clairement destiné à un public de jeunes hommes amateurs d'intrigues simplistes et d'univers machistes. Techniquement impressionnant, on ne peut que regretter que le film très imparfait au niveau de la cohérence de l'univers présenté, n'ait pas été plus travaillé au niveau de l'histoire. Parfois à la limite du supportable au moment des scènes d'actions soulignées de musiques stridentes, j'ai compris pourquoi il ne m'avait pas particulièrement marqué ; c'est qu'il est simplement mauvais et qu'un navet ne survit parfois pas dans les mémoires, surtout s'il n'a même pas la chance d'être élevé au rang de nanar culte.

Mais bon, j'ai quand même eu du plaisir à le revoir, comme la salle qui pouffait devant les poses de pornstar de la jeune fille aux grosses totottes.

Anima 2009

Naruto à ANIMA


Vous saviez probablement qu'il existait des ours polaires et des renards des neiges, mais vous ignoriez probablement qu'il existe aussi des ninjas des neiges, habillés d'armures moulantes évidemment bleues et blanches. Vous les verrez si vous regardez le film de Naruto et la Princesse au Pays des Neiges, première adaptation en long métrage du célèbre étudiant ninja, réalisé par Tensai Okamura en 2004.



L'histoire est un peu compliquée ; Naruto et sa clique (des compagnons de formation et un prof borgne) se retouvent à escorter une actrice qui joue une princesse des neiges et qui s'avère en fait être une vraie princesse des neiges.. Heu... Ceci n'étant qu'un prétexte assez rapidement écarté pour montrer des séquences de combat entre camp du bien et du mal, avec la jeune princesse qui refuse ses responsabilités et un pouvoir mystérieux à libérer via un pendentif, un peu comme dans Le château dans le ciel.

Je ne connaissais pas trop l'univers de Naruto et je dois dire que je l'ai découvert sans déplaisir, c'est rythmé, drôle, fantasque et diablement péchu. Alors bien sur la grosse macédoine composée d'arts martiaux, de sagesse bouddhiste, indouiste, d'horoscope chinois et de secte ninja manque de finesse et d'authenticité mais ça se laisse consommer et je me disais que ç'eut probablement été un univers dont j'aurai pu être fan en tant qu'adolescent... Parce que ça n'est pas si simpliste que ça ; on y pose des problématiques identitaires, de destinée, de valeurs, les ninjas ont des préoccupations de jeunes d'aujourd'hui et il y a quelques scènes de cruauté sadique ou de massacre qui interdisent quand même assez clairement ce genre de spectacle à une cible enfantine.

Néophite, je regrette un peu que ce premier film ne contextualise pas plus clairement le personnage au survêtement orange mais j'imagine qu'il faut plus le considérer comme une déclinaison marketing d'une licence juteuse destinée à un public d'initié qu'une volonté de rendre accessible cet univers au commun des mortels.

Dans le lieu saint de la bande dessinée franco-belge, voir tous ces masques de personnage de manga n'a pas particulièrement dénotté, les cultures de l'art séquentiel étant de plus en plus perméables, on aurait pu imaginer aussi un projection d'oeuvres majeures dans le genre : Akira ou Nausicaa, mais l'effort est déjà louable. Deux autres longs métrages de Naruto seront projetés dans la semaine.

J'ai dégotté un montage du film sur de la musique hardrock sur YouTube, ça donne une bonne vision du film :

Anima 2009

Ponyo !




L'ouverture du festival a été orchestrée par les maîtres de cérémonie Philippe Moins et Doris Cleven, qui ont réussi à négocier la projection de Ponyo sur la falaise, le dernier Miyazaki, deux mois avant sa sortie en salles en Europe.



Magique et merveilleux comme seul sait l'être le maître japonais, le film est un enchantement. Je sais que les bruits circulent que ça n'est pas «son meilleur» mais je le dis haut et fort, le film est fabuleux.

S'il souffre probablement d'une fin un peu moins riche que son début et d'une intrigue qui n'a pas l'ampleur de ses précédents films, Ponyo est une histoire charmante servie par une réalisation superbe.

Je résume un peu mais tout le monde connaît à peu près l'intrigue, qui suit la trame de la petite sirène en moins dramatique, passez le paragraphe suivant si vous voulez vous garder la surprise.

Ponyo est un jeune poisson rouge, fille parmi ses centaines de sœurs d'un magicien des profondeurs anciennement humain et d'une sorte de déesse de l'océan. Fugueuse, elle se retrouve coincée dans un bocal de verre et c'est un jeune garçon de 5 ans qui la délivre et la garde. Les bons soins du gamin vont réveiller un amour de gosse et la petite créature marine n'aura de cesse de vouloir devenir humaine pour être avec son copain. Elle va donc devoir imposer sa volonté à son père qui s'y oppose et choisir entre ses pouvoirs magiques qui la font commander aux éléments marins et son désir de devenir un petite humaine.

Le film regorge de scènes à couper le souffle, aussi bien de petits gestes quotidiens découverts par cette créature nouvellement humaine aux scènes grandioses où les éléments se déchaînent, l'image de cette petite fille courant sur les flots déchaînés matérialisés par des poissons gigantesques imprime la rétine avec force, tout comme les serviteurs inquiétants et décérébrés du magicien, les vagues menaçantes... Les personnages sont attachants, les petites vieilles impotentes dans la maison de retraite, la craquante maman, le magicien sous marin et bien sur la petite Ponyo, concentré de mignonitude, tour à tour gamine rousse kawai et affreux gros poulet mou...

C'est probablement le thème qui est plus décevant, car le film effleure la dimension écologique, la mer est bien souillée mais elle devient rapidement limpide et peuplée de créatures marines préhistoriques. La morale tourne autour de l'éducation mais aussi de l'égoïsme des choix d'un enfant. Le monde n'est en danger que par les choix d'une gamine volage, la responsabilité collective est minimisée et je trouve que ça donne au film une dimension un peu anecdotique, l'histoire d'amour enfantine dont on a du mal a extraire une morale universelle. Je sais que c'est assez confus comme remarque mais c'est probablement trop subtil pour que je parvienne à le verbaliser correctement.

La musique m'a paru également manquer un peu d'originalité, les thèmes sont très inspirés de Wagner (les vakyries) ou de la symphonie du Nouveau Monde de Dvorak mais qui avait finalement déjà "inspirée" John Williams pour son thème de JAWS, on est donc assez cohérent question musique marine...

Mais n'écoutez pas les fâcheux, le spectacle vaut vraiment le coup et me semble adapté à tous les âges.

Anima 2009

Panique au village se découvre


Cowboy et Indien, Stéphane Aubier et Vincent Patar, en bons voisins, sont venus donner des nouvelles de leur film Panique au village.
Le film est donc fini question prise de vue mais nécessite encore, à la date du festival, un mois de mixage. Il sortira en Belgique le 6 juin, en Flandres et en Wallonie.

Pour l'occasion, les deux réalisateurs étaient venus avec une séquence pré-générique qui devait introduire le film mais qui sert finalement de petit teaser ; en se déguisant en vache coupée en deux, cowboy et indien parviennent à subtiliser le tracteur de steven. Celui ci parvient à le récupérer grâce à un parachutage massif de vaches... Du grand délire drolatique qui passe très bien le format cinéma.

petit teaser que voici (merci Meule)

A noter qu'une expo PANIQUE AU VILLAGE est visible au festival. Au deuxième étage, on peut voir un volumineux parallélépipède de bois dont une face est garnie d'étagères qui montrent un petit quart de la distribution du film, petits personnages repeint dans des positions variées. On y reconnaît Indien, Cheval, Steven, des Atlantes, un mammouth et le grand véhicule pingouin.
Les autres faces du volume sont percés de trous au travers desquels on peu découvrir des décors originaux du film. Voici quelques photos pour les plus curieux.



Je vous rappelle que le site officiel propose des petits documentaires sur la fabrication du film.

le site officiel

Anima 2009

ANIMA 2009 : La thématique Bande dessinée




Je l'ai dit, l'édition du festival cette année est coordonnée à l'année de la BD, un événement qui a lieu toute l'année 2009 dans la capitale belge.
Un des membres du jury n'est d'ailleurs autre que Moebius/Giraud, grande personnalité du monde du neuvième art. Notez à l'occasion qu'une intéressante exposition de planches de Blueberry est organisée à la maison de la bande dessinée, près de la place Albertine. Mais c'est aussi l'occasion de projeter le premier film des studios Belvision, la flûte à six schtroumpfs, adapté par Peyo et Delporte, qui a eu du mal à maintenir l'attention des gamins de 2009, mais aussi, grand écart plus destiné aux grands, Naruto, l'apprenti ninja, avec une retrospective de trois longs métrages adaptés du célèbre Manga.

La thématique devrait trouver son apogée samedi prochain, le 28, avec le concours de Cosplay au festival et un grand défilé de personnages gonflables dans les rues de Bruxelles, la Baloon Day Parade.

Dans le genre patrimonial nous avons également eu droit, en ouverture de la nuit animée, à la présentation par Alexis Lavillat de Normaal et par le talentueux Frédéric Janin, du pilote de l'adaptation de Gaston Lagaffe au public belge, ce qui n'est pas sans dire...

Visiblement dans ses petits souliers, Alexis Lavillat, a présenté le pilote en précisant que c'était une commande qui leur avait été demandée et que l'objectif était de partir des dessins des albums de Franquin ce qui faisait que "au moins si c'était mal animé, ça serait bien dessinée".
Le choix de Thomas Fersen pour incarner la voix du célèbre gaffeur a également été suggéré par les ayants-droits du grand auteur belge, sa voix ressemblant aux intonations que prenait Franquin lui-même quand il incarnait son personnage devant sa famille et ses copains.

Les images projetées étaient un tout petit peu différentes de ce qu'on a vu pendant quelques jours en ligne mais foncièrement du même tonneau, en un peu plus court. Je vous renvoie vers le débat qui a agité le forum sur cette adaptation. On est bien sur en droit de se demander si le trait de Franquin, déjà si vif et mobile quand il est statique, ne devient pas un peu artificiellement hystérique quand il bouge. Sans compter que le beau travail de lettrage et d'onomatopée, si réjouissant dans les albums, disparaît ici.


Image de l'adaptation.. on dirait une case de Gaston

Mais il faut avouer que l'adaptation est quand même diablement ingénieuse et que c'est une réussite d'une fidélité remarquable. L'ingéniosité et la maîtrise de Normaal, déjà impressionnante avec les dessins d'Azam pour Mandarine & co, fait ici merveille. Les épisodes de 7mn doivent commencer à être diffusés à la rentrée. On verra si les aventures d'un garçon de bureau des années 70 fera toujours recette à l'époque de l'internet et de camera café...

Anima 2009

ANIMA 2009


Ça faisait bien dix ans que je n'étais pas venu à ANIMA... D'ailleurs à l'époque ça ne s'apellait pas encore officiellement ANIMA et pourtant je me souviens du passage 44 où le festival avait lieu, d'une expo de la Vache de Johan de Moor, de la marionnette de BlaBla, personnage d'une émission belge pour la jeunesse, dans le hall faisant une émission sur le festival...

Et là je me retrouve invité au festival avec la double casquette du festivalier-journaliste-réalisateur pour deux jours, étant attendu dimanche soir sur Annecy, je ne pouvais pas assister au festival dans son entier puisqu'il continue jusqu'au samedi 28 février, ce qui signifie en passant que vous avez encore le temps de vous y rendre...
Armé de mon accréditation et de ma mallette VIP, je vais tacher de rendre compte de ce que j'ai vu ici et essayer de donner envie aux lecteurs de fousdanim.org de venir à ce très sympathique festival, situé dans la capitale belge, la fascinante et polymorphe Bruxelles.



Le passage 44 est loin et le festival a déménagé depuis trois ans au Flagey, un centre culturel monumental comprenant quelques salles de spectacles et des espaces d'exposition au sud de Bruxelles qui n'est autre que l'ancienne maison de la radio. Le passage 44 appartenait à un institut bancaire qui a désiré en retrouver l'usufruit pour ses conseils d'administration, le festival s'est donc réfugié dans le prestigieux Flagey mis à sa disposition en termes avantageux en échange d'un investissement annuel du festival avec l'organisation toutes les semaines de programmations pour enfants.


la façade du Flagey

Je ne peux pas ne pas parler un peu de Bruxelles.
C'est idiot, j'habite à 35mn de cette ville et ça ne doit être que la quatrième fois que je m'y rends. La ville est réellement fascinante et, lors de balades à pied, on est surpris de voir cohabiter des façades dignes de l'urbanisme soviétique des années 60 et des façades flamandes hautes coiffées, des ornements art nouveau et des sculptures modern-art, une statuaire de vénérables bronzes et de gros lapins en plastique orange.
Bruxelles est un gigantesque tissu urbain, pas si plat que ça, les rues montent et descendent et, si ça n'est pas San Francisco, ça n'est pas non plus le plat pays auquel on s'attend.. disons qu'a vélo ça doit être assez sportif. Mais on voit assez peu de vélos, la ville étant veiné de réseaux de bus, de métro et de ces trams si caractéristiques. Bruxelles est un regroupement de 19 communes qui ajoute à cette impression générale d'éclectisme, la commune de Bruxelles représente le centre historique, la grande place, le Manneken pis... le festival ANIMA a lieu quant à lui dans la commune d'IXELLES, un peu au sud à une demi-heure à pied du centre historique.


Vues en balade dans la ville

De la gare du Midi (zuidstation) où on descend en arrivant de Lille/Paris, il suffit de monter dans le vieux TRAM 81 jaune pour se retrouver en une bonne vingtaine de minutes au pied du pic du Flagey et découvrir ainsi le lieu unique du festival habillé pour l'occasion, avec sa boutique, son bar, l'écran mobile géant sur le camion, la baraque à frite en face et le patron, Philippe Moins, qui vous accueille chaleureusement, en personne, sur le perron.

Je n'ai vu qu'une seule salle au Flagey, la grande, le Studio4, assez comparable à des salles de la maison de la radio de Paris ou des lieux de spectacle prestigieux. Acoustique impeccable, sols en bois, les spectateurs sont disposés sur un parterre large, trois balcons et deux passerelles qui encadrent la salle. Aux volumes très agréable, elle propose des conditions de projections excellentes.


Panoramique mal fait du studio4

Le programme du festival cette année est riche en films à découvrir et redécouvrir, outre la rétrospective Ralph Bakshi, la thématique Bande dessinée de cette année nous rappelle qu'on est bien ici dans un territoire historique de la bande dessinée internationale.