Anima 2009
Ponyo !
Par Cé, lundi 23 février 2009 à 00:46

L'ouverture du festival a été orchestrée par les maîtres de cérémonie Philippe Moins et Doris Cleven, qui ont réussi à négocier la projection de Ponyo sur la falaise, le dernier Miyazaki, deux mois avant sa sortie en salles en Europe.
Magique et merveilleux comme seul sait l'être le maître japonais, le film est un enchantement. Je sais que les bruits circulent que ça n'est pas «son meilleur» mais je le dis haut et fort, le film est fabuleux.
S'il souffre probablement d'une fin un peu moins riche que son début et d'une intrigue qui n'a pas l'ampleur de ses précédents films, Ponyo est une histoire charmante servie par une réalisation superbe.
Je résume un peu mais tout le monde connaît à peu près l'intrigue, qui suit la trame de la petite sirène en moins dramatique, passez le paragraphe suivant si vous voulez vous garder la surprise.
Ponyo est un jeune poisson rouge, fille parmi ses centaines de sœurs d'un magicien des profondeurs anciennement humain et d'une sorte de déesse de l'océan. Fugueuse, elle se retrouve coincée dans un bocal de verre et c'est un jeune garçon de 5 ans qui la délivre et la garde. Les bons soins du gamin vont réveiller un amour de gosse et la petite créature marine n'aura de cesse de vouloir devenir humaine pour être avec son copain. Elle va donc devoir imposer sa volonté à son père qui s'y oppose et choisir entre ses pouvoirs magiques qui la font commander aux éléments marins et son désir de devenir un petite humaine.
Le film regorge de scènes à couper le souffle, aussi bien de petits gestes quotidiens découverts par cette créature nouvellement humaine aux scènes grandioses où les éléments se déchaînent, l'image de cette petite fille courant sur les flots déchaînés matérialisés par des poissons gigantesques imprime la rétine avec force, tout comme les serviteurs inquiétants et décérébrés du magicien, les vagues menaçantes... Les personnages sont attachants, les petites vieilles impotentes dans la maison de retraite, la craquante maman, le magicien sous marin et bien sur la petite Ponyo, concentré de mignonitude, tour à tour gamine rousse kawai et affreux gros poulet mou...
C'est probablement le thème qui est plus décevant, car le film effleure la dimension écologique, la mer est bien souillée mais elle devient rapidement limpide et peuplée de créatures marines préhistoriques. La morale tourne autour de l'éducation mais aussi de l'égoïsme des choix d'un enfant. Le monde n'est en danger que par les choix d'une gamine volage, la responsabilité collective est minimisée et je trouve que ça donne au film une dimension un peu anecdotique, l'histoire d'amour enfantine dont on a du mal a extraire une morale universelle. Je sais que c'est assez confus comme remarque mais c'est probablement trop subtil pour que je parvienne à le verbaliser correctement.
La musique m'a paru également manquer un peu d'originalité, les thèmes sont très inspirés de Wagner (les vakyries) ou de la symphonie du Nouveau Monde de Dvorak mais qui avait finalement déjà "inspirée" John Williams pour son thème de JAWS, on est donc assez cohérent question musique marine...
Mais n'écoutez pas les fâcheux, le spectacle vaut vraiment le coup et me semble adapté à tous les âges.
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Commentaires
1. Le samedi 4 avril 2009 à 15:43, par pyr
2. Le samedi 4 avril 2009 à 15:49, par pyr
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