Annecy 2009

Annecy 2009, vu de mes yeux.


N'ayant pas eu facilement accès à un ordinateur durant cette semaine plus que dense, ce n'est que maintenant que je cause un peu sur le festival. J'ai eu l'occasion de coréaliser l'un des courts-métrages d'ouverture, Dodudindon (passé jeudi et samedi, et également derrière la brume de la cérémonie de clôture, youpi), et c'est assez étrange de voir le résultat sur les toiles, après avoir passé plus de cinq mois à quatre sur ce très très court d'une quarante-huitaine de secondes qui semble en durer à peine vingt tant les péripéties s'y s'enchaînent rapidement. Je retiens de cette expérience qu'il n'est pas forcément nécessaire de créer toute une histoire avec scène d'exposition (ayant requis presque vingt secondes dans notre cas, argh !), déroulement et chute sur une durée si réduite, et pour un film censé mettre en appétit les festivaliers. Si je devais refaire un générique, j'essaierai sans doute de partir d'avantage sur quelque chose de visuel et graphique avec tout un tas d'images fortes et de jeux sur les rythmes et la musique plutôt que sur une véritable histoire, si concise soit-elle.

Le film est bien évidemment différent de ce que je m'imaginais au départ, mais j'ai eu la chance de travailler dans des conditions parfaites, sans prises de têtes ni de becs, avec trois chouettes personnes avec du talent dedans. Cela dit, réaliser un film à quatre reste assez fatiguant et parfois un peu frustrant, je ne suis pas sur que la démocratie soit la solution dans le cas d'une production : le vieux principe du réalisateur omnipotent et de ses multiples sous-fifres et sous-sous-fifres marche à mon avis mieux qu'une brochette de quatre réalisateurs jouissant du même pouvoir de décision, si bien élevés et diplomates soient-ils.

Je suis aussi surpris de la facilité avec laquelle les thèmes donnés (l'Allemagne et la danse) passent parfois à notre insu au second voire au troisième plan quand ils ne sont pas totalement écartés... En regardant le résultat, mes trois compères et moi même, on s'est rendu compte que la danse était beaucoup moins présente que ce qu'on imaginait lors du développement (où il était d'avantage question de rapprocher les mœurs de séduction de la société de la fin du dix-neuvième siècle aux parades nuptiales des oiseaux, avec toutes ces gestuelles étranges et codifiées et ces apparitions de plumes spectaculaires que ça implique). Et de plus, mazette, on s'est rendu compte qu'on avait fait une course poursuite alors qu'on s'était mis d'accord pour éviter de tomber dans ce motif archi vu et revu par le passé. C'est assez déconcertant de voir à quel point le projet s'affranchit parfois des volontés de départ de ses créateurs, il vit sa vie avant même d'être fini, le coquin, il emprunte des chemins de traverse sans scrupules, la crapule... Bref, l'honneur est sauf, il s'agit plus d'un jeu amoureux à la fuis-moi-je-te-suis-suis-moi-je-te-fuis qu'une course poursuite belliqueuse sur fond d'explosions diverses... No war, vive l'amour et longue vie à la joie.

Dommage par contre que le son ait été aussi faible, grosse déception. Rien à voir avec les essai de projection en 35 mm auxquels j'ai pu assister précédemment, quelle désappointement de voire le 5.1 réduit à ce qui m'a donné l'impression d'être un son mono sans saveur venant de derrière l'écran. Il paraît que chaque année c'est pareil, mais on fait rien. Tant pis (ci-dessous, voici l'une des recherches graphiques)

Je ne m'étendrai pas sur les séances diverses après avoir lu les comptes rendus très complets de Cé, Tony et Cobayanim. Je garde en tête quelques perles comme Chick, avec ses graphismes stylisés et son rythme éffrené (même si la fin était fort décevante), L'ondée, splendide poésie contemplative et épurée sur la pluie et l'attente, Retouche, qui donne l'impression de visiter l'esprit en ébullition d'un artiste à la recherche d'idées, Dopolnitel'nye vozmozhnosti pyatachka, et son univers délicieusement absurde, El empleo, jolie leçon de rythme et très belle parabole sur l'exploitation de l'homme par l'homme, et A matter of loaf and death (même s'ils ne se renouvellent pas des masses, je reste un fan de Gromit et Wallace).

Dans les films étudiants, je retiens Signalis, qui certes est un peu long et anecdotique mais je me souviens avoir bien apprécié l'idée, la réalisation et le rythme, Volgens de vogels, splendide petit bijoux évoquant Le hérisson dans le brouillard de Norstein (certes le graphisme, assez classique, n'est pas très révolutionnaire, mais il est d'une finesse et d'une beauté qui aurait tout à fait pu faire figurer ce film dans la catégorie courts-métrages en compétition selon moi) (j'aurai été comblé de le voir recevoir un prix mais bon, tant pis, la vie continue...), 0200, ou une histoire de bébé qui pleure, et d'un couple qui veut dormir, l'animation était admirable et la stylisation en triangles de tissus des personnages l'était tout autant, je crois me souvenir avoir également beaucoup apprécié le rythme, Facteur Mineur, où même si l'histoire n'est pas très bien servie par la réalisation (j'ai eu du mal à comprendre), je l'ai trouvé visuellement très très beau, tout comme l'atmosphère très particulière, Leitmotif, pour ses designs dignes des Triplettes de Belleville et ses graphismes délicieusement rétros. Farewell, où un ours blanc nous chante une chanson alors que son iceberg fond, c'est très court, drôle, cynique (il faut dire aussi que je suis sensible à ce type de thématique), et For Sock's Sake, pour l'idée et l'animation des vêtements très maitrisée ainsi que le très bon rythme. Cela dit j'ai trouvé la fin un peu en dessous du reste...

Dans les longs, j'ai fortement apprécié Panique au Village, je ne pensais pas que ce type d'animation fonctionnerait sur une heure vingt. Certes sur la fin on commence à sentir le temps passer, mais avant c'est un pur régal. Coraline, of course, qui fut d'une richesse et d'une beauté visuelle épatantes, avec parfois de vrais morceaux de frayeur dedans, ce qui est une très bonne chose pour les enfants j'en suis convaincu (et pour les autres également). My Dog Tulip, tristement oublié du palmarès. Je pense qu'un prix aurait pu booster comme il le méritait la carrière de ce très beau film (je ne sais pas si une sortie en France est prévue), film émouvant et drôle en même temps, au graphisme original donnant l'impression d'assister à quinze ans de la vie d'un couple atypique à travers un carnet de croquis. Le trait peu assuré et hasardeux donne une très belle sensation de liberté. J'ai également profité du festival pour revoir Brendan et le secret de Kells. J'avais gentiment aimé la première fois, et après l'avoir revu j'ai adoré. La stylisation des personnages et des décors ainsi que la bande son (magistrale, n'ayons pas peur des mots) donnent au film une atmosphère très particulière et merveilleusement celtique. Le film comporte également des moment durs pour les moins de huit ans, mais je persiste à penser que c'est une bonne chose (puisque la vraie vie n'est pas rose, il faut que les enfants le sachent). Je n'ai pas pu voir Les lascars...

Mais j'ai pu voir Mary and Max.

Une claque, les enfants, une claque. L'équivalent d'une heure trente deux minutes de montagnes russes émotionnelles, en allant du rire au rire en passant par les larmes et en y revenant par la suite. L'atterrissage est difficile et il faut être un vrai dur pour pas pleurer en sortant de la salle. L'animation n'a pas grand chose à envier au film d'Henri Selick (il faut voir Mary marcher et mâcher, c'est aussi tordant que les soupirs de cheval d'Harvie Krumpet), et visuellement, la noirceur du récit imprègne chaque décor et chaque personnage et donne une très belle cohérence à l'œuvre (j'estime qu'ils auraient pu lui donner les deux cristaux du long métrage ex-æquo). J'ai rarement été aussi touché par un film, et du coup je sais pas si j'oserai le revoir, peut être que l'émotion sera beaucoup moins présente, voire absente...

Bien sûr il y avait aussi çà et là quelques bouses dans la programmation. Sans aller jusqu'à qualifier de la sorte le court-métrage Pixar 2009, Partly cloudy, celui-ci m'a bien déçu (dommage car son réalisateur, très sympathique, nous a fait une conférence fort dynamique et bien généreuse). En regardant le film, j'ai eu l'impression d'assister à suite de gags sans conclusion (la fin est sans grand intérêt). Dommage car le thème laissait imaginer de bien belles choses visuelles et narratives. J'ai l'impression que l'histoire a été un prétexte à aligner les épisodes comiques (et encore, c'est pas très très amusant) sans réelle justification ni progression. Mais il faudrait que je le revoie...

Que dire d'autre, si ce n'est d'affligeantes banalités, comme le centre-ville est décidément très beau, ou le temps était superbe, et l'eau du lac pure et claire comme celle de la fontaine de la chanson. Le principal est que dans le train, en revenant du festival, j'ai ouvert mon carnet à idées saugrenues et ai écrit des tas de trucs, étant comme les trois années précédentes pris d'une très grosse envie de réaliser un film, quelque chose, n'importe quoi pourvu que ça puisse être projeté sur une toile. Le festival reste une semaine extrêmement motivante et stimulante, pourvu que ça dure...

Annecy 2009

Dimanche soir...


Un dernier billet pour clore ce festival 2009 :)

Mes deux derniers jours à Annecy furent délicieux... Il a fait très beau, très chaud, et après m'être enfermée dans les salles 5 fois par jour j'ai un peu plus profité du cadre de la ville et de la plage héhé. Je me suis englouti quelques glaces et me suis mise en maillot de bain. J'ai également ENFIN vu Mary and Max et je me suis retenue de pleurer tout au long du film. J'ai eu du mal à déterminer si j'aimais ou pas ce film à cause de cette émotion très souvent présente et que j'ai senti à certains moment trop appuyée. Les deux personnages ont une vie vraiment misérables et je trouvais ça très triste, trop triste parfois, et j'ai eu du mal à trouver la fin heureuse. J'avais un gros vague à l'âme à la sortie... mais j'ai tendance à être très emphatique avec les films et je sais que d'autres n'ont pas vécu le film ainsi. En tout cas, que je l'ai aimé ou pas, il m'a énormément touché et je suis très contente qu'il ai obtenu le cristal du long, ex-aequo avec Coraline. J'ai pu assister à la cérémonie de clôture et vivre en direct le prix donné à Bastien. Nous avons crié son nom et j'ai dit à Tony que cela commençais bien... Bromberg était ridicule à souhait comme chaque année (le costume de cosmonaute ayant remplacé le sari) et nous a redit une nouvelle fois que c'était nous, public, qui faisions le festival. Pour le palmarès j'étais également très enthousiaste quand j'ai appris le prix pour Please Say Something, par contre je suis déçue pour le grand prix, ne comprenant pas bien le choix du jury. Je n'ai également pas été transcendé par le choix de Sellick and co à propos des film de fin d'études, le film de l'ESMA et des Gobelins étant à mon humble avis trop consensuel. Deux films funs, sympa, pas mal faits... mwé enfin ce n'est pas vraiment ce que je cherche quand je regarde un film, j'aurais préféré des films plus novateurs, plus courageux, plus forts. Pendant le festival j'ai entendu pas mal de gens dirent qu'ils en avaient marre des films d'auteurs un peu opaque et que voir des choses drôle faisait du bien. C'est un avis comme un autre, effectivement voir des trucs funs ça change les idées, mais est-ce que cela fait avancer le cinéma d'animation? Ce genre de film ne m'intéresse pas, cela peut paraître prétentieux, j'imagine que l'on a tous nos petits défauts.

Après la cérémonie nous avons tenté comme tous les ans de rentrer dans l'after, mais comme souvent nous avons été refoulés et nous nous sommes repliés dans un bar du centre-ville. Je sais que certains élèves sont rentrés en escaladant la barrière mais je me sentais trop fatiguée pour le faire. Cette dernière soirée fut douce, Coraline était rediffusé sur le Pâquier, le festival était fini mais je n'étais pas triste, plutôt très heureuse d'avoir passée une si bonne semaine! Nous partions le lendemain à 12H30 et nous avons eu le temps de monter jusqu'au château et de se balader dans le marché avant de rentrer définitivement sur Paris, en maudissant nos bagages plus lourds qu'à l'allée (les passages au MIFA et à la BOUTIQUE font toujours mal aux épaules). Vivement l'année prochaine, pour les 50 ans du festival nous fantasmons sur de grands noms avec Tony (Norstein avec son dernier film enfin fini? Rêvons rêvons...) et sur des séances de rêves réunissant tous les grands prix déjà attribués. Haaaa.... Avec Svankmajer aussi s'il vous plaît, et Garri Bardine, et...

Bon il va falloir se remettre au boulot maintenant... :)

Annecy 2009

Je prépare Annecy 2010 !


Je suis rentré chez moi...

Vendredi matin, pour une fois, je me suis bien débrouillé. Je suis arrivé tôt à Bonlieu, je n'avais pas prévu de voir de séance et comptais rédiger un compte-rendu. Mais voyant qu'il y avait la queue à la billetterie pour Brendan et le secret de Kells, je m'y suis glissé dans l'idée que je pourrais éventuellement (re)voir ce film si je ne trouvais rien de mieux à faire. La distribution de billets a commencé plus de vingt minutes à l'avance et j'en ai eu un très rapidement. Une idée me vînt alors, celle d'échanger ce billet contre un autre pendant qu'il était encore valable. Au point d'échange de billets, il y avait pas mal de monde qui cherchait une place pour Mary and Max, Je me suis positionné dans un coin et j'ai attendu patiemment, jusqu'à ce que quelqu'un échange sa réservation contre une autre et que je ne m'en empare un quart de seconde après. Je suis donc allé à l'espace presse, pour la première fois, et j'ai rédigé mon compte-rendu. Ceci fait, mon amie et consoeur Cobayanim m'a signifié un peu tard qu'elle et d'autres de mes amis avaient une réservation pour les courts-métrages en compétition 5 à 21h et que je devais échanger ma réservation pour ceux de 14h si je voulais aller avec eux. Là encore j'ai fait le guet, et très vite j'ai vu une personne qui avait le billet que je voulais dans sa main, elle demandait ce qu'il y avait pour 14h et sembla déçue de la réponse, je tentai donc de lui proposer le mien, et le tour était joué : elle cherchait les courts-métrages à 14h contre ceux de 21h et moi l'inverse. Plus tard dans la journée j'ai recommencé l'opération pour que Cobayanim puisse également voir Mary and Max, cette fois il y avait une personne qui déclarait posséder l'objet de mes désirs mais attendait de pouvoir l'échanger contre la séance qu'elle espérait voir. Je tentai vainement de lui échanger contre un billet qu'elle aurait pu échanger tout aussi bien, mais elle préférait attendre au cas où elle n'aurait rien et qu'elle irait voir quand même Mary and Max. Lorsque enfin quelqu'un arriva avec ce qu'elle cherchait, les différents billets sont passés de mains en mains en un rien de temps. J'avais donc mes réservations pour la journée : LMC10 Mary and Max 18h Grande salle, CMC5 21h Grande salle et FE4 23h (j'avais cette dernière depuis le début). Pour la plupart des séances, il n'y a pas vraiment besoin de réservations, mais je pense que j'ai bien fait d'en prendre une pour Mary and Max car il y avait beaucoup de monde qui voulait le voir. Quant aux courts-métrages en compétition 5, c'était la séance de toutes les promesses et pour laquelle je ne voulais pas risquer le moindre retard. Mais je parlerai de ces séances plus tard, car avant de m'y rendre, il y en a eu une autre à laquelle je me suis rendu sans réservation.

Courts-métrages hors compétition 3
De cette séance j'ai donc retenu : How People got fire, de Daniel Janke. Je n'aime pas beaucoup l'image d'une personne âgée qui raconte une histoire à des enfants, c'est d'une mièvrerie insupportable. C'est dommage parce que c'était presque intéressant sinon, la narration surprenante de la gamine avec ses "NOW !", l'animation en rotoscopie, et puis le titre... Et finalement c'est juste une vieille qui régurgite le conte de quelques uns de ses ancêtres, ah les bonnes vieilles valeurs qui se perdent... Ensuite il y a eu JAM, de Mirai Mizue. Elle avait déjà un film hors compétition à Annecy l'année dernière, beaucoup plus long mais avec les mêmes créatures bizarres. Cette fois, on voyait les milliers de créatures envahir l'écran et se superposer à toute vitesse, ce qui avait son petit effet visuel. Madagascar, carnet de voyage, de Bastien Dubois... hum... C'est un carnet de voyage en film d'animation, assez étonnant avec le mélange des techniques et très beau. La 3D permet de véritablement rentrer dans le paysage et de renforcer la sensation de voyage, les notes de carnet et les dessins mettent en place une forme de narration poétique et dépaysante. Dans l'officiel on peut lire : "le parcours d'un voyageur occidental confronté aux coutumes malgaches, notamment à la Famadihana". Je n'aime pas le mot "occidental" qui, de mon point de vue, ne correspond à aucune réalité, je l'associe à la théorie du "choc des civilisations" et j'éprouve une gène face à des films qui semblent davantage fascinés par l'exotisme d'une culture que par son universalisme et ce qu'elle dit de l'humanité. Madagascar ne rentre pas vraiment dans cette dérive, mais il y a quand même une idée de confrontation avec l'autre, d'être un étranger, et peut être aussi l'idée d'un apprentissage initiatique, ce qui est une autre de mes petites allergies obsessionnelles. Thé noir, de Serge Elissalde, m'a fait penser qu'il était effectivement terrifiant de boire du thé. J'ai cru comprendre que ce film au graphisme proche de caricatures de presse se moque quelque peu de ceux qui s'en rendent compte, ce n'est pas très gentil.


Madagascar, carnet de voyage, Bastien Dubois

Mary and Max.
Un très beau film qui met en scène la correspondance d'une jeune fille australienne avec une espèce de cas social new yorkais. Ils ont tous les deux plus ou moins une vie de merde (enfin c'est ce qu'en disaient ceux qui étaient avec moi dans la salle) et échangent leurs expériences. Certains ont trouvé que c'était un film triste mais pour ma part je l'ai trouvé plutôt joyeux, je ne dis pas ça à cause de l'humour sarcastique qui enveloppait chaque événement tragique de leurs vies, car cela ne me faisait pas vraiment rire, mais simplement parce qu'il m'a semblé que le film arrivait à l'aboutissement logique de cette démarche singulière initiée par Mary, les deux personnages y trouvent leur accomplissement. C'est une belle histoire d'amitié intergénérationnelle, drôle et touchante, et en plus c'est bien réalisé. Il faut dire aussi que je pouvais m'identifier assez facilement à Max et à ce genre d'amitiés étranges entre deux personnes isolées.


Mary and Max, Adam Elliot

Courts métrage en compétition 5
J'ai finalement eu mon coup de coeur d'Annecy 2009 : décerné à Retouches, de Georges Schwizgebel. On y découvre une suite d'images animées qui se transforment de façon poétique, par association d'idées ou abstraction, et s'enchaînent au rythme d'une très belle musique au xylophone (ou quelque chose comme ça). C'est donc un film ludique et pleins d'imagination et j'adore ça, il aurait dû gagner le grand prix. Un réalisateur que j'aime beaucoup, Ivan Maximov, passait juste après avec Dopolnitel'nye vozmozhnosti pyatachka (oui son grand défaut c'est de faire des titres que je retiens jamais). Bref on voyait un petit cochon évoluer dans un monde bizarre avec pleins de créatures marrantes, et gonfler des ballons avec son grand nez. La séance commençait donc très bien et se poursuivait avec Regarder Oana de Sébastien Laudenbach, dont j'avais manqué le début lorsqu'il était passé au forum des images. C'est un beau film, sensible, animé au banc titre, avec un texte fort (à lire et écouter), sexuel, fétichiste, excessivement possessif en amour et un peu dégoûtant. Lögner est un film sur le mensonge en trois parties, trois témoignages, avec des éléments découpés, du dessins et de l'infographie, un rendu original pour chaque partie et une grande qualité narrative. El empleo, qui était l'année dernière dans la séance des films plus ou moins engagés, citoyens etc. en même temps que Monsieur Cok, était en compétition cette année. On y voit un homme qui va au travail dans un monde ou les gens sont utilisés comme des objets. J'ai profité de ce que j'avais déjà vu Wallace et Gromit pour dormir un peu en fin de séance.


Retouches, Georges Schwizgebel

Films de fin d'étude 4
J'ai failli rater cette séance parce que Cobayanim et d'autres étaient partisans de ne pas y aller et de faire la fête quelque part. Finalement, après hésitation, j'ai quand même été la voir et j'ai très bien fait. Presque tous les films étaient intéressants, notamment La collection, de Keren Albala, qui était joliment dessiné et montrait une fille enquêter sur la désintégration de son monde en papier. Homeland, de Juan de Dios Marfil Atienza, avait un côté miyazakiesque mais devenait de plus en plus étonnant et très émouvant à la fin. Himawarisou, de Minako Matsuda, brillait surtout par la qualité de ses aquarelles et ses couleurs vives et contrastées...


La collection, Keren Albala

Bref le festival avait gardé le meilleur pour Vendredi. Le lendemain je n'ai vu qu'une séance, très sympa aussi : La valse des tangos, avec entre autre le magnifique Her morning Elegance (en fait pour ces séance il faut chercher sur internet pour me rappeler de tous les films alors je vais me contenter de dire que c'était très bien ^^). Le reste du temps j'étais à la plage ou dans un bar, et le soir j'ai fait la queue pour la cérémonie de clôture avec Cobayanim et Kataplonk.

Serge Bromberg est arrivé en spationaute suspendu par des cables sur un décor lunaire (mais en considérant qu'il y a des arbres sur la lune). Nous étions au troisième rang juste en face de l'endroit ou s'asseyaient ceux qui recevaient un prix. J'ai pu prendre plein de photos, et j'ai filmé aussi : Vidéo babass

Dimanche matin je me suis baladé sur la plage, puis au marché avec Cobayanim et j'ai traîné ma valise jusqu'au train... Ce n'est qu'en arrivant que j'ai découvert qu'il y avait une poignée rétractable cachée dans une poche à fermeture éclair qui m'aurait évité bien des efforts inutiles, enfin bref... L'année prochaine, ce sera les 50 ans du festival d'Annecy et cela promet des séances mémorables... En plus le film de Cobayanim sera peut être sélectionné, au moins hors compétition, et même si je n'y crois pas trop, mon film de fin d'étude aussi...

Annecy 2009

Fais voir ta trombine #2


Voici les photos des autres petits déjeuners, histoire de savoir un peu qui fait quoi si vous croisez ces personnes lors d'un prochain événement.



alors de gauche à droite et de haut en bas :

Eddie White et Ari Gibson (The Cat Piano), Anna Heilborn (Slavar), Cordell Baker (Runaway), Signe Bauman (Birth), Izu Troin (Le bûcheron des mots), Giocomo Agnetti (About Love), en bleu et rouge sont les frères McLeod Greg et Myles (Codswallop), en dessous les frères Rauch Tim et Mike (Q&A), Takena Nagao (Chainsaw Maid), Georges Schwizgebel (Retouches), Sebastien Laudenbach (Regarder Oana) et enfin le grand Nick Park (W&G).

Ce qu'on a appris lors du dernier petit déjeuner c'est que Georges Schwizgebel produit ses films sur deux ans, pour environ 20 000 euros la minute, qu'il travaille sur papier ou acétate (de plus en plus dur à trouver), sur des formats avoisinant le A4 et qu'il filme en 35mm. pour lui un ordinateur sert à envoyer des mails et à gérer l'administratif, mais il est bien conscient qu'il va probablement devoir se mettre à la prise de vue numérique...
Sébastien Laudenbach nous a dit que la fameuse Oana était roumaine et non sud américaine comme j'ai pu le penser, que la voix féminine était celle d'Histoire tragique avec fin heureuse.
Quant à Nick Park, s'il était plein d'un humour tout britannique, il a donné une impression de tristesse et de fatigue. A priori le travail sur le dernier Wallace et Gromit l'a épuisé et stressé et depuis il se prend un peu de vacances. Il a donné quelques infos sur le dernier court métrage, que le film s'est monté en deux ans, qu'il y avait 80 animateurs sur 25 plateaux en même temps. Que le film a coûté 2,5 à 3 millions de dollars, que c'est la première fois qu'il shootait en numérique et que sa fatigue était proche de la dépression, qu'il était notamment usé de voir qu'il fallait quatre ans pour visualiser une idée de gag assez innocente.

Annecy 2009

scoop toujours


On voit toujours des affiches qui attirent l'attention... Tiens ? Oz ? John Boorman ? hu...



Annecy 2009

Annecy 2009 L'heure des pronostics


Voila maintenant l'heure des bilans. Si j'avoue que je suis un peu perplexe pour la compétition de court métrage à part peut-être le prix de la première œuvre que je verrai volontiers attribuer à Inukshuk de Camillelvis Thery, en long j'avoue que j'aimerai bien que Mary and max et Coraline soient primés. A organiser en fonction de qui aura le prix du public. Je pense que My Dog Tulip mériterait aussi une distinction.

Question film de télévision, j'ai beaucoup aimé Log Jam, suite en série de KJFGN°5 d'Alexey Alexeev, mais aussi Newsround on knive, astucieux documentaire sur le fléau des couteaux en Angleterre réalisé par Layla Atkinson que vous pouvez voir ici. Mais il y a également Kinky & Cosy qui m'a bien plu, l'excellent série Mandarine & co et le noyau de mangue d'Hélène Ducrocq.



Pour les films de fin d'étude j'ai déjà donné mes préférés, je laisse les autres se prononcer.
Vous pouvez poster vos pronostics dans les commentaires. Comme le veux la coutume, je dois déjeuner avec les jurys en tant que membre des comités de sélection pour que nous discutions de la compétition et qu'ils nous disent quels sont les lauréats de l'année, mais les résultats officiels ne seront connus que samedi soir.

En tout cas j'ai le sentiment cette année d'un bon cru de festival, bien dense et avec des projections de qualité, je regrette un peu de n'avoir pas fait de conférences, je crois que je laisserai tomber la compétition TV pour les prochaines éditions histoire de me ménager plus de temps...

Annecy 2009

CMC5 Courts métrages en compétition #5


Dernier programme


Retouches Georges SCHWIZGEBEL 2008 05 mn 13 s Suisse
Le Schwizgebel de l'année est bon, toujours en peinture animée et en dessin, le film est un succession de scènes qui se répètent et varient délicatement, se reprennent et s'effacent, sous l'effet du reflux de l'eau ou d'une main avec un chiffon. Je suis de plus en plus sensible à son œuvre, même si j'avais préféré son "Jeu". Voici le site officiel du film.




Dopolnitel'nye vozmozhnosti Pyatachka Ivan MAXIMOV 2008 05 mn 15 s Russie

En anglais "The Addittional Capabilities Of The Snout" soit "les capacités d'augmentation du museau". Difficile d'expliquer le film, le mieux est d'aller le voir sur YouTube où il est disponible. On se dit une fois de plus que les slaves ont une vision toute personnelle de la narration et qu'ils ont des psychotropes qui doivent être bien puissants... J'avoue cependant avoir été fasciné par ces êtres aux étranges occupations.




Regarder Oana Sébastien LAUDENBACH 2009 14 mn 43 s France

Film singulier, composé de textes écrits ou lus, composés avec des aliments (pates, oeuf, fruits, farine...), entrecoupées de scènes contemplatives, très gros plans de détails. Une voix d'homme et de femme dévoilent une relation amoureuse qui se cherche. On y entend Oana, une jeune femme à l'accent sud américain qui vit avec un jeune cuisinier et traduit des documents médicaux au lieu de faire de la poésie comme elle l'aimerait.

Si c'est original et bien écrit, je dois avouer que je n'ai pas aimé les parties de textes et le coté "boite à épices", ni les textes qui apparaissent sur la peau à la fin.



Mixed Bag Isabelle FAVEZ 2009 07 mn 09 s Suisse

Film cartoon qui raconte un quiproquo entre un homme chassé de chez lui par sa femme et un trio de malfrats à l'ancienne (avec masques sur les yeux s'il vous plait) qui viennent de braquer une banque. La valise de linge sera échangée accidentellement par la valise de billets de banque, je vous laisse imaginer facilement toute la suite, assez prévisible.

Si l'histoire est proche de cartoons de Bugs Bunny, le traitement graphique est une sorte d'illustration en applats typé "flash". C'est une animation d'interpolation pas spécialement heureuse, mais les dessins sont sympas.




Lögner Jonas ODELL 2008 13 mn 40 s Suède

On avait parlé du projet dans les news et un des volets de la trilogie était même visible en ligne. Logner est un film sur le mensonge, en trois partie, illustrant de façon assez variée graphiquement des témoignages de menteurs. Le premier est un escroc qui a dévalisé une entreprise un week-end, le second un gamin qui a dérobé un billet à sa mère pour se faire valloir devant ses copains et la dernière une gitane toxicomane qui s'est construite une vie sur des mensonges.

Très riche visuellement, mélant trames, textures, graphismes en calques 3D, rotoscopie, photo, l'image est difficile à suivre, surtout quand vous essayez en plus de lire les sous-titres. Mais j'ai beaucoup aimé ce type de documentaire en motion design, touchant.



El empleo Santiago GRASSO 2008 06 mn 19 s Argentine

Joli film qui n'avait pas été sélectionné l'an dernier à Annecy mais l'est cette année. Un homme se lève et va à son travail. Les rôles des objets courants (porte-manteau, table, taxi...) sont tenus par des personnes dociles et immobiles. Absurde et drôle, le film en animation numérique, est une belle parabole sur les problèmes d'emploi des sociétés contemporaines. Une critique sociale intelligente et drôle.


Wallace and Gromit: a Matter of Loaf and Death Nick PARK 2008 29 mn 00 s Grande-Bretagne

Un épisode de Wallace et Gromit est toujours un évènement. Je ne reviendrait pas sur ce film qui est passé sur TF1 fin 2008. Le film est clairement virtuose, les personnages sont toujours attachants et le scénario bien pétri. Mais les grincheux disent qu'il n'y a pas grand chose de neuf par rapport aux précédents courts, a close shave ou The wrong trousers et que c'est surtout moins bon que le long métrage. Mais c'est tout de même excellent et difficile pour les "petits" films en compétition de se mesurer à une telle pointure...

Annecy 2009

Quelques Longs métrages en compétition


Voici donc quelques avis et renseignement sur quatre des 9 longs en compétition.


My dog Tulip (US)

Ma chienne Tulip

Film adapté d'un livre de J.R Ackerley, romancier et essayiste anglais (1896, 1967). Le film raconte les mésaventures d'un vieil anglais célibataire avec un berger allemand qu'il a recueilli et avec laquelle (c'est une femelle) il a vécu pendant quinze ans. Très trivial, le film s'étend sur les secretions anales, les chaleurs et les mauvaises habitudes de la chienne, avec menus détails et explications. Si ça ne donne pas spécialement envie d'avoir un chien, le film est une émouvante histoire entre un homme et "son" animal. Très graphique, avec la voix posée so british de Christopher Plummer, narrateur et lecteur, le film est réalisé sur TVPaint 9 par le couple Paul et Sandra Fierlinger. C'est quasiment autoproduit et c'est d'une grande sensibilité, souvent drôle, émouvant et graphiquement réjouissant. J'ai beaucoup aimé et recommande chaudement.

Voir le site officiel du film.



Battle for Terra (US)

Ça sera le premier film dont je serais sorti avant la fin. L'histoire est celle d'une civilisation extraterrestre, genre tétards aux globes oculaires démesurés (pour bien rendre les émotions, hé...), envahie par de méchants aliens belliqueux qui ne sont autres que... des humains... Hééééé oui. Après toutes les conneries faites sur terre, on cherche un autre monde pour s'installer. Mais un officier sera blessé et recueilli par une jeune sauvageonne-tétard et on m'a raconté que ça finissait bien, les civilisations cohabitant sur la planète après une grosse guerre pleine d'effets spéciaux. Le film était en relief, il regorge donc de plans sur des galaxies, poursuites en vaisseaux spaciaux et autres images de sciences fictions, en relief.
Les designs sont assez affreux, sorte de StarWars cheap, l'histoire est la soupe habituelle, avec happy ending.
Le site officiel pour les plus curieux.



Kurt Blir Grusom (Norvège)

Kurt Gets Evil

Un cariste heureux, capable de ranger une pile de caisses avec son élévateur, est jaloux de son nouveau voisin, un médecin pédant qui porte ostensiblement son pager. Voyant sa femme est ses enfants se détourner vers le voisin, il va se faire passer pour médecin, se présenter aux éléctions et foirer sa vie habituellement si rangée et paisible. Le film parle évidemment de luttes de classes et illustre l'adage de l'herbe qui serait plus verte ailleurs. Il faut évidemment se contenter de ce qu'on a et de ce qu'on sait BIEN faire. Après sa crise le Kurt va sauver les enfants de la maternelle qui s'est effondrée, retrouver son travail et la reconnaissance des siens alors que le public le reste... effondré. Le film est en 3D avec des standards de série, ça n'est ni moche ni beau, ni bête ni intelligent, il ya quelques gags et des soupçons de critique sociale qui font mouche mais le reste est juste quelconque.
Le site officiel est ici.



Boogie El Aceitoso (Argentine)

Boogie le huileux

Ancien soldat du Vietnam et d'Irak, mercenaire sans foi ni loi, Boogie est un tueur à gage utilisé par la Mafia. Jaloux qu'on ait appelé un autre tueur plus moderne, plein de lames et d'arts martiaux, Boogie se fache et tue tout le monde. Enfin je n'ai pas vu la fin mais j'imagine assez aisément.

Film au seconde degré à la Judge Dread, Leon et autres Bobby Rage, ça explore l'humour trash et gore de l'ultra violence sous testostérone. Pris au premier degré c'est un salmigondis hyperviolent et machiste, pretexte à éviscérations, décapitations et autres joyeusetés gratuites. Techniquement c'est du calque After sans grace mais avec un tracé bande dessinée pas vilain dont c'est semble-t-il une adaptation. Je suis parti avant la fin parce que je trouvais surtout que c'était pas drôle, la mécanique parfois euphorisante de l'utra violence comme parodie de la violence elle-même ne fonctionnait pas et la salle ne ricanait pas beaucoup.
Le site officiel ? Bien sur !



J'y retourne...

Annecy 2009

CMC4 Courts métrages en compétition #4


Je suis plus classiquement que mes deux corédacteurs sérieux et efficaces les séances de courts. J'essaierai de parler des longs en compétition que j'ai à peu près tous vu.



Muto BLU 2008 07 mn 00 s Italie
Tout le monde a déjà vu l'incroyable travail de BLU, ces graphismes en blanc et noir qui se baladent sur les murs de Buenos Aeres. La performance est impressionnante, incroyable, mais l'histoire ? On y voit vaguement une parabole sur la vie et la mort, sinon c'est plus une exploration graphique de l'espace avec des personnages qui mutent (d'où le titre) et s'imbriquent, muent et sortent des briques... C'ets le musicien qui a parlé pour l'auteur, absent. Blu est apparemment plus intéressé par le graph et son activité de plasticien. Il dessine sans autorisation, assez rapidement et n'est pas intimidé par la taille. D'ailleurs le musicien soulignait que c'est une des premières fois qu'une oeuvre projetée est moins grande que les dessins originaux qui mesurent parfois la taille d'un immeuble de deux étages...



Le bûcheron des mots Izù TROIN 2009 11 mn 20 s France

Dans un monde où les lettres poussent sur les arbres, les bucherons approvisionnent les faiseurs de livres. Une population marginale est mise au ban de la société parce que ses représentants ont la peau marquée, sont poètes, et volent les récoltes pour se faire leurs propres livres. Animation en applats texturés aux designs anguleux, de belles ambiances lumineuses et colorées, des textures riches d'écritures, de papiers...

Je n'ai pas bien compris s'il y avait une morale ou un sens spécial sinon une célébration sensuelle du livre et des mots, ce que le film est assurément.



About Love Giacomo AGNETTI 2008 04 mn 33 s Italie

Petite animation avec des magnets réhaussés de pate Fimo qui parle des relations amoureuses d'un couple. Ils s'aiment, se trompent, se séparent, se remarient, font des enfants qui ne leur ressemblent pas... C'est sensé être une vision rigolote de la vie, je trouve ça déprimant et terriblement convenu. Et une fois de plus, les femmes sont d'incorrigibles salopes et les mecs des chauds lapins décérébrés. Mouais. Le réalisateur est un ancien serveur qui communiquait avec son patron via des magnets qui servaient à collecter les commandes. Le film a été tourné à la verticale, sur la caisse de son ordinateur.



Malenkaya Vasilisa Darina SHMIDT 2007 15 mn 30 s Russie

Sorte de petit pousset russe réalisé en tissu découpé ou équivalent numérique. C'est donc un conte pour enfant avec sorcière, ours et enfant brimée. C'est joli en couleur, bien rythmé et bien réalisé mais ça ne dépasse pas un spécial télé de Noël bien produit.



Mei Ling Stéphanie LANSAQUE 2009 15 mn 36 s France

Dans une ville asiatique il y a quelques temps, une jeune femme attend son amant (son mari ?) dans son appartement, sans jamais sortir. En cuisinant, elle épargne un petit poulpe qu'elle garde dans un verre. Le mari est absent mais le poulpe est là, qui grandit au fur et à mesure que la femme attend et lui tient compagnie. Elle finit par prendre des bains avec, à se méler à l'encre de l'octopus. Production Je suis Bien content le film est un mélange de prise de vue réelle et d'animation. C'est joliment texturé de motifs asiatisants, la lumière clignote, la caméra voltige un peu trop. Pas spécialement emballé, je trouve le film élégant mais sans plus. In the mood for Love version Bob l'éponge... Bon, je plaisante car le film a de grandes qualités.



Q & A Tim RAUCH 2009 03 mn 30 s États-Unis Un gamin atteind du syndrome d'asperger cause à sa mère. Je me suis renseigné sur le syndrome, c'est une forme d'autisme mineur chez certaines personnes qui les font se spécialiser excessivement dans certains domaines et détriment de tout le reste, sociabilisation comprise. Je n'ai pas spécialement éprouvé de sympathie pour ce gosse ni pour sa mère. Le film est en dessin 2D cartoon assez classique, ça m'évoque les animations didactiques de l'ONF dans les années 80. On n'y apprend rien sinon que cette dame aime son fils. Sans blague... Sinon l'interview date de 2006 et a été réalisée pour une émission de radio aux Etats unis.



Syötti Tomi MALAKKI DIT MALAKIAS 2007 04 mn 32 s Finlande

Un garçon achète un petit poisson et va se baigner dans une piscine avec. Le poisson va bouffer les zizis des gros messieurs qui font la planche, ils se dégonflent comme des baudruches et vont s'écraser sur les murs. Le gamin va pécher en utilisant les bouts de zizis comme appâts... Le tout en noir et blanc et sans parole.

Mouais.



L'homme à la Gordini Jean-Christophe LIE 2009 10 mn 00 s France

Dans un monde totalitaire orange, les gens se baladent cul-nu. Un révolutionnaire instille un vent de révolte en préconisant une tenue constituée d'un collant bleu et du torse nu. Le terroriste se balade en Gordini bleue hyperpuissante et fait la nique à la police, la révolution est en marche...

C'est gentiment déraillé, mais hormis la surprise du col roulé avec la nouille à l'air, le film est un gag qui m'a fait penser aux Funky-cops ou au personnage de Captain Yesterday de Futurama. La filiation graphique va évidemment vers Chomet ou Boucq, le réalisateur ayant travaillé sur les Triplettes. Voir le site officiel.

Chainsaw Maid Takena NAGAO 2007 06 mn 51 s Japon

Une gentille soubrette française aide son patron à se débarrasser des zombis qui les envahissent avec sa tronçonneuse. Parodie de films de genre, le film est réalisé en pate à modeler avec des airs d'amateurisme. Ça manipule des clichés, c'est gore au point de faire pousser de "baaah" à une salle d'étudiants blasés, mais c'est assez efficace dans le montage et surtout la bande son d'une admirable synthèse. L'auteur était au petit déjeuner, c'est un étudiant en Master de Sciences Fondamentales au Japon. Faire des films tout seul est un hobby, il songe peut-être un jour à en faire son métier mais de toutes façons ses études doivent durer encore deux ans et il a déjà six films à son actif. Celui-ci n'est pas son dernier et il l'a fait tout seul en trois mois.
Comme il est disponible sur YouTube je vous le remets ici...

Annecy 2009

Il fait beau dans les salles


Cette année j'avais décidé de faire un festival tourné vers les films. De profiter un maximum des salles obscures. En effet à Annecy il faut savoir faire des choix. Cette année je n'ai donc pas été aux soirées diverses et variées (Autodesk, Gobelins, EMCA, les Suisses et que sais-je encore). Par contre j'ai profité de quelques buffets au MIFA (étudiant inside). Mais je ne regrette pas mes 20 séances car j'y ai vu de belles choses, et notamment en court-métrage HORS compétition. Hier j'en ai fait 2 séances et j'en suis sortie ravie, me demandant pourquoi certains films n'étaient pas en compet. Eternel questionnement dont seul le jury de sélection connaît la réponse. Un film m'a particulièrement touché, Passages de Marie-José Saint-Pierre. Documentaire animé qui témoigne d'une expérience douloureuse, celle d'un accouchement difficile dans un hôpital en plein mois de Juillet, et qui nous montre à quel point la vie peut tenir à un fil. C'est un film engagé, réalisé dans le besoin de partager l'incroyable et de pouvoir l'éviter à l'avenir. L'animation, sobre et efficace, en noir et blanc épuré, représente de façon froide ce qui s'est passé. La voix de la narratrice nous retrace méthodiquement les étapes du drame et la tension est palpable. Sans théâtralité, elle nous fait juste un compte-rendu de l'expérience vécue et nous transmet ainsi son impuissance face à l'événement. Un film coup de coeur que je préfère de loin à Birth qui est en compétition et qui parle également de maternité, mais de façon plus caricatural.

Le site du film

En hors-compétition nous avons également eu droit à une petite surprise, la projection de MALBAN d'Elodie Bouedec (qui avait fait son film de fin d'étude à l'ENSAD : De là à là). Ce film n'avait pas été sélectionné et je regrettait de ne pas pouvoir le voir. J'ai donc été très surprise quand je l'ai reconnu à la place d'un film estonien. Film en peinture animé à l'esthétique onirique, il transporte le spectateur à travers les souvenirs d'enfance oubliés de Claude, jeune fille renfermée dont le père ornithologue a disparu. Toujours du côté des jeunes réalisatrices françaises, j'ai pu également apprécié Escale d'Eléa Gobbé-Mévellec, qui est elle une ancienne des Gobelins (et qui avait fait le canal J Madame). Il est plus rare de voir des anciens de cette école faire des court-métrages d'auteurs et je salue donc la performance, réussie. Je regrette le scénario un peu classique et attendu, l'histoire d'un marin qui fait escale dans un port et qui croise le regard d'une belle avant de repartir au large. Mais les graphismes doux sont apaisants et certains passages animés sont très beaux. Et pour finir sur les étudiantes des écoles françaises qui se lancent dans les courts (et cela nous ravit), Pirogues d'Alice Bohl (ancienne de l'EMCA qui a co-réalisé Kuri avec Mélanie Prunier) aborde le sujet des sans-papiers à travers deux couples.

Malban

Escale

Pirogues

Pour le reste je n'ai pas eu de véritables coup de coeur, en compétition les court-métrages sont souvent bien fait, bien menés mais pas de petites étincelles. J'attendais beaucoup Le bucheron des mots d'Izu Troin, dont je suivais le blog. Le film est très beau, le jeu avec les typo et les matières se marie très bien avec l'histoire, c'est réellement un bon film mais... là encore trop attendu et qui n'a pas su faire naître l'émotion. Je me rend compte que provoquer ces petites choses qui font qu'un film reste ancré dans votre tête est très difficile et je me pose beaucoup de question sur mon propre projet... Cette après-midi je vois les Hors-compet' 3 et la dernière sélection de court-métrage dans laquelle se trouve le dernier Sébastien Laudenbach, Regarder Oana. J'ai hâte ^^

Et un petit coup de gueule contre les étudiants qui font des commentaires même pendant les films. Les cris d'animaux, les blop de poissons et autres défoulements pendant les intermèdes passent encore, mais j'ai vraiment eu des envie de meurtre pendant la séance de Corps accords lorsque même si Georges PAL et Erica Russel ça pousse des soupirs et ça critique à haute voix sans aucun respect pour les autres spectateurs. Grrrrrrrrrrrrrrrr

On mange des pizzas et on va au pic-nic de l'AFCA :)

Annecy 2009

Il fait froid, je me lève tôt et j'écris pour vous...


Ce matin, j'ai fait la queue cinq minutes à la billetterie pour Brendan que j'ai déjà vu, il n'y avait rien de mieux. Mais finalement je n'y vais pas car j'ai réussi à l'échanger contre un Mary & Max ce soir, et du coup j'ai du temps pour recopier mes comptes-rendus. C'est la première fois que j'utilise l'espace presse, c'est tellement plus confortable ^^

J'ai été à la séance des courts métrage en compétition 4. J'avais déjà vu Muto et c'est encore mieux dans la grande salle, c'est du surréalisme en graffiti animé sur les murs de Baden et Buenos Aires. Plus tard on inventera peut être des immeubles avec des dessins qui bougent vraiment dessus... Le bûcheron des mots était très esthétique, normalement je n'aime pas ça, mais il n'en faisait pas trop et c'était joli toutes ces lettres et ces ambiances colorées avec des textures statiques. Le scénario mettait en place un univers original mais demeurait très classique et facile à anticiper. Il abordait l'exclusion et l'intolérance, ce qui ne peut pas être fade mais tout de même artificiel. Malenkaya Vasilia est un petit conte comme savent le faire les Russes. Je n'ai pas trop aimé la fin car je n'ai pas bien compris ce qui arrivait au couple de parents adoptifs esclavagistes mais ça m'avait l'air cruel et je n'aime pas quand les méchants meurent à la fin d'un film. J'ai revu Mei Ling, et j'ai pu en profiter sans être perturbé par la pensée de savoir si le poulpe allait finir à la casserole ou pas. J'aime bien l'ambiance de ce film dans l'appartement d'une jeune femme qui s'ennuie en attendant son amant. J'adore aussi le mélange des techniques : dessin, vue réelle et infographie. Q & A était moche, stupide et ennuyeux. Chainsaw Maid était amusant, une parodie de film d'horreur avec une soubrette en pâte à modeler qui trucide des zombies... La soubrette combattante est un grand classique de l'animation japonaise mais le rendu de la pâte à modeler apportait une touche supplémentaire d'humour ainsi qu'une jubilation particulière. J'aimais bien le look des personnages, assez stéréotypés, on a l'impression de les avoir déjà vu dans un manga quelconque, mais avec un style différent. Alors je sais que d'habitude je dis du mal de tout ce qui est parodique, et stéréotypé, mais là c'était très bien, complètement barré et absurde comme j'aime.

Pour les courts-métrages hors compétition 2, il y avait des choses qui valaient le coup d'oeil et qui auraient pu être en compétition. Forming Game était joli avec toutes ces petites formes qui évoluaient. Pirogues montrait deux couples affectés par les frontières, par rapport à l'immigration en France et les expulsions, très bien dessiné. Les escargots de Joseph était pas mal quoi qu'il m'ait paru un peu donneur de leçon sur les bords (comme tant d'autres films pour enfant). En le voyant je réfléchissais à la symbolique des spyrales, le labyrinthe, l'escargot, le nombril, autant de représentations de l'origine de la vie et des questions métaphysiques. Mais le film partait sur une histoire de nombrilistes qui avaient la tête tordue à force de se regarder le nombril, c'était amusant mais j'étais déçu. Dans Passages, la réalisatrice raconte son accouchement qui s'est mal passé. On éprouve de l'empathie facilement car on retrouve dans son témoignage toutes les inquiétudes que l'on peut avoir quand on est hospitalisé, le soucis de ne pas voir le médecin assez souvent, d'être laissé seul dans l'ignorance et le doute, la peur d'être diagnostiqué trop tard etc. C'était très différent de Birth qui lui était plus un film philosophique. Là c'était plutôt un film documentaire qui essayait de pointer certaines insuffisances du système de santé canadien. Le ton de la narration était très cartésien, s'attachait à certains détails, comme une sorte de rapport exhaustif, neutre mais touchant. En plus c'était agréable visuellement avec un mélange de dessins et de photos.

Dans le programme 4 de la même catégorie, Apple of iron était sympa, enfin je crois car je ne m'en rappelle pas bien... La grosse surprise c'était de voir le film d'Elodie Bouedec alors qu'il n'était pas du tout prévu et que la réalisatrice n'était pas au courant (on l'a appelée en sortant). Just in case était encore une de ces stupidités pseudo-écologistes, qui en donnant une vision simpliste et ridicule du principe de précaution ne fait que conforter ses détracteurs. Il y avait un film en pâte à modeler, Die Schiefe Bahn, j'ai surtout aimé le début "un nouveau spectre s'étend sur l'Europe, la privatisation" (en référence au spectre communiste bien sûr). On y voyait des fonctionnaires obligés de braquer des trains après avoir perdu leur emploi, mais je n'aime pas tellement ce genre de film en pâte à modeler, et puis il caricaturait les fonctionnaires et ça ne me plaisait pas trop. C'était sous-titré en anglais, je n'ai pas compris la fin... Les ventres est très intéressant visuellement, et au début je me suis dit chouette ça parle d'OGM et de monsieur avec un chapeau, on va avoir droit à une critique du capitalisme, mais après le capitaliste se faisait juste bouffer par sa production, ça n'était pas très argumenté on va dire...

Il y avait y avait pas mal de bons films d'étudiants dans le programme 3. Sur le fil avait beaucoup de grâce et de légèreté. Orchestra m'a beaucoup amusé : des lignes qui forment des images et se métamorphosent en harmonie avec la musique. Stage fright était pas mal aussi, un jeu visuel efficace sur un visage. Ex-ET est le seul film de l'ESMA que je trouve à peu près bien. On a envie de crier des trucs "comme vive l'anarchie" quand on le regarde. J'aimais bien la matière des marionnettes de Zachte Planten. Afternoon était très beau au niveau du dessin, les couleurs étaient jolies aussi mais je me demande si elles étaient bien choisies, je n'arrivais pas à ressentir pleinement l'atmosphère d'une après midi ensoleillée dans un appartement, peut être que c'est parce que j'étais fatigué. J'ai une certaine affection pour les baleines et elles étaient très belles dans They will come to town, mais le message du film, une blague écologique pas drôle, était juste grotesque et sans intérêt.

Annecy 2009

CMC3 Courts métrages en compétition #3


Troisième programme, avec toujours la sensation d'une sélection variée et riche.



The Cat Piano Eddie WHITE 2009 08 mn 28 s Australie

Classique et classieux film en animation traditionnelle. Dans une ville de chats, un écrivain-chat voit disparaitre les musiciens chats et la chatte de ses rèves. Il en déduit qu'un humain essaye de reconstituer un instruments mythique et infame : le piano-chat, un piano dont les touches actionnent des épingles qui se plantent dans les queues de chats rangés dans des cases. Il monte une expédition et va libérer sa belle.

Ambiance bleue, très jazz, ça m'a fait penser à un mélange du clip My baby don't care for me d'Aardman et le Lorenzo de Disney. Dessin 2D classique, projection scope, du bel ouvrage à l'ancienne avec la belle voix de Nick Cave comme narrateur.

Les auteurs sont partis des desriptions d'un réel instrument conçu pour un prince du XVIIe mais jamais construit, si j'ai bien saisi.




Berbaoc José BELMONTE 2008 05 mn 26 s Espagne

Film plastique et graphique avec insectes, halètements et petit flutiot. C'est graphique, 'faut aimer...



Jazzed Anton SETOLA 2008 06 mn 50 s Belgique

Un musicien de Jazz va dans une boite du même tonneau, rencontre une fille, ils sortent et vont dans un caveau de cimetière où la fille se transforme en oiseau blanc. Musique, amour, perdition, au son endiablé d'un jazz de 1978. C'est du dessin à la palette graphique, coloré, rythmé, virtuose. Ma femme a bien aimé, moi je trouve ça classique, un peu daté mais ça tient probablement au genre musical aussi.



Codswallop THE BROTHERS MCLEOD 2008 03 mn 40 s Grande-Bretagne

Défilé de vignettes deux par deux montrant des petites scènes humoristiques et absurdes avec ou sans liens entre elles. Apparamment Codswallop signifie "nonsense", "bétises". Ça m'évoque Glenn Baxter ou Gary Larson dans ce coté mise en scène sophistiquées, l'illustration est chouette. Très sympa.

Les frangins auteurs se sont inspirées de carets postales qu'ils créent, et ont conçu le film sans idée précise de sa durée finale.



Slavar Hanna HEILBORN 2008 15 mn 57 s Suède

Documentaire sur des enfants esclaves au Sud Soudan. C'est une illustration très littérale d'une interview de deux enfants qui racontent leur histoire. On voit les réglages micro, les hésitations, traductions... C'est un rendu sombre, sans demi-teinte, les personnages étant taillés en facettes franches.

Bien sur il est difficile de critiquer le fond, éminament salutaire comme documentaire. Mais on a été assez d'accord pour se dire que c'était assez dommage que le film reprenne et illustre les paroles de enfants sans autre chose qu'une simulation édulcorée de ce qu'a été cette réalité. L'illustration des propos des enfants fait perdre de son pouvoir au film. Dommage. L'ami Pelo était superviseur d'animation sur le projet.



Runaway Cordell BARKER 2008 08 mn 40 s Canada

Un train fou déboule sur des rails. Il traine un wagon de première classe, un de seconde et un wagon postal. Les conducteurs du train vont le lancer à toutes berzingue et on verra dans le train des successions d'évènements dont une collision avec une vache. Ça m'a évoqué la maison du bout du monde, en moins caustique. Le train est une synthèse de la société d'aujourd'hui, à la fin tout le monde meurt ce qui plait beaucoup au réalisateur à qui ont doit le fameux "Matou revient", pessimiste positif comme il se plait à se qualifier. On rigole bien quand même.



Birth Signe BAUMANE 2009 11 mn 45 s États-Unis

Belle illustration de la maternité avec une adolescente qui glane des informations autour d'elle sur l'accouchement et s'imagine ainsi tout un tas d'horreurs sur ce qui va lui arriver. C'est une illustration assez cartoon, ça m'a fait penser à Plympton qui est d'ailleurs remercié dans les crédits. C'est drôle, assez féroce et diablement juste. Par contre la réalisatrice a déclaré que son film était plutôt une réaction anti G.W Bush, une parabole sur la peur du changement... Et le film a été financé par souscription à tout un tas de gens (dont Plympton justement) ce qui explique le générique à rallonge, la réalisatrice rappelant que les Etats unis préfèrent subventionner la guerre que la culture.



Sagan om den lille dockpojken Johannes NYHOLM 2008 18 mn 35 s Suède
PuppetBoy est un ado looser qui a réussit à inviter une fille qui ressemble à Yvette Orner regarder une vieille VHS d'Ivanhoe. Le film est construit en chapitres introduits par un narrateur hésitant. Réalisé en stopmotion avec des personnages en pate genre Fymo dans des décors bricolés qui donnent un cote faussement amateur au film. Pourtant c'est diablement maitrisé et le film est une habile description des relations adolescentes. Des séquences d'Ivanhoe sont carément reprises en pate à modeler sur l'écran de la télé et rien que ça est assez impressionnant. C'est drôle, absurde, et la salle remplie d'étudiants rugissait de plaisir aux gags du film.

Allez donc voir le site du réalisateur.

Et voici une vidéo YouTube d'un des chapitres...

Annecy 2009

J'aurais pu aller voir les lascars mais ça m'ennuyait alors j'envoie mon compte-rendu.


Je n'ai pas vraiment le temps de faire des comptes-rendus détaillés par séance, je me contenterai donc de billets plus généralistes dans lesquels je parlerai de ce qui m'a marqué. J'ai réussi ainsi que Florentine et Théo à avoir une place pour la séance d'ouverture, avec la projection de Panique au village qui était bien sympa. Au début on était sur les strapontins mais on a pris la place des gens du festival de Cannes quand ils sont partis au début du film. J'ai été voir d'autres longs métrages depuis : il y a eu le sens de la vie pour 9,99$ dont le cynisme et l'humanité m'ont plutôt séduit ; Monsieur Sorry avait de beaux décors. C'était très glauque au début mais à la fin on comprend des trucs et on le voit différemment, par contre je n'ai pas trop compris la fin justement. Genius Party Beyond était un concentré de films prétextes mais j'ai apprécié certaines ambiances, graphismes etc... pas de quoi arroser un chat qui joue de la mandoline cependant... Par contre j'ai bien aimé mon chien Tulipe. Apparemment c'est l'adaptation du bouquin d'un mec sur son chien, avec beaucoup d'humour british un peu misanthrope sur les bords...

J'ai du mal à rester éveillé pendant les séances... en même temps c'est intéressant de ne plus faire la distinction entre les rêves et les images du films. Le festival d'Annecy, quand on dort dans un camping, c'est un peu comme un rêve éveillé d'une semaine...

Dans les courts métrages en compétition 2, j'ai aimé Je criais contre la vie. Ou pour elle, de Vergine Keaton. On y voit des cerfs, genre vieilles gravures, qui courent de profil pour échapper à des chiens. C'était rythmé avec une musique très forte. les cerf se retournent pour courir dans l'autre sens (inverse du sens de lecture) vers les chiens qui détalent. Il y a aussi des oiseaux qui volent partout et la forêt se décompose, se recompose, se déstructure de façon et se transforme, c'était très répétitif une espèce de chaos bien ordonné. Il ressortait de tout ça un certain romantisme, une émotion violente qui avait quelque chose de la pulsion de mort ou de vie. Bref c'était splendide. Western Spaghettis, de PES, a également retenu mon intention. C'est un film qui montre comment préparer des pâtes avec de la laine, des post-it etc. C'était intéressant visuellement, ludique et appétissant. Please say something, de David OReilly, avait un super rendu en 3D bizarre et le système d'ellipse était marrant. Même si l'histoire était assez classique (une chatte et une souris qui ont des problèmes dans leur couple), elle était bien racontée et c'était mignon. Il faut que je dise un mot sur La vie sans Gabriella Ferrita, de Priit Pärn. C'était une succession de petites scènes surréalistes dans un immeuble et ses alentours. Le scénario partait dans tous les sens en s'attardant et se baladant dans le décor, comme si le réalisateur avait décicé "Tiens, pendant que j'y suis je vais aller voir là bas pendant que l'autre personnage se débrouille". Il y avait des passages sympa, au début le couple faisait des trucs sexuels avec un poisson, c'était tactile, sensible et nerveux, certains ont trouvé cela malsain aussi, il y avait peut être un côté Eros et Thanatos. Après, on partait chez leurs voisins qui faisaient pleins de trucs bizarres, ou bien on voyait le gamin qui les avait interrompus et qui se retrouvait enfermé, il était génial. J'aimais moins les scènes avec le voleur qui étaient plus "déjà vues" et m'ennuyaient. En fait, je n'ai pas vraiment suivi l'histoire, j'ai essayé mais je m'endormais de temps en temps et ce n'est pas ce qui était le plus important à mes yeux. Le film dure 43 minutes, c'était donc très long, un vrai supplice quand on lutte contre le sommeil, et beaucoup de gens sont sortis avant la fin.

Dans le programme 3, j'ai bien aimé Berbaoc, un film qui allait vers l'abstraction avec beaucoup de matières. Il y avait aussi un pseudo-documentaire sur l'esclavage au Soudan, mais en fait de documentaire c'était juste le témoignage de deux enfants rescapés. C'était émouvant et le graphisme pouvait renforcer et mettre en image le récit, mais ça n'avait pas d'autre intérêt, ça ne permettait pas de comprendre le problème. Si c'est juste pour ça, je crois même que je désapprouve un peu la démarche. Birth était un film amusant sur la grossesse d'une adolescente. Il arrivait par un jeu de métaphores absurdes à dire des choses intéressantes sur ce qu'on pouvait ressentir par rapport à la grossesse et plus généralement le rapport à l'autre et ce qui fonde les rôles que nous impose la société.

J'ai manqué des choses pendant la séances des films d'étudiant parce que je m'endormais au milieu des films, Volgen de vogels était très beau et contemplatif, dessiné au crayon d'une manière agréable, on y explore une forêt, ses animaux etc. C'est vraiment dommage que je dormais à moitié en le voyant. Chicken wings était marrant, enfin disons que j'aimais bien la fin, parce que sinon le dessin et l'histoire n'étaient pas à priori pour me plaire. Lors de la seconde séance, je n'ai pas pu apprécier la petite maison à sa juste valeur à cause des étudiants qui se moquaient dans la salle. 0200 était intéressant, il humanisait des chiffons triangulaires... Le soliloque était joli mais je n'aime pas trop le thème de la solitude dans les films en général. Eléphants reprend tous les codes du film pour enfant, ce que je n'apprécie pas du tout, mais j'aimais bien l'idée d'éléphants en peinture animée sur de la prise de vue réelle. Je n'ai pas réussi à voir Dirt in the ground en entier mais ça avait l'air assez svankmajeresque...

J'ai vu la séance Corps Accords, bien qu'elle eut été perturbé par des étudiants déçus de n'avoir pu quérir une place pour Coraline dans la salle d'à côté. Il y avait quelques films sympa outre ceux que j'avais déjà vus (il n'y a pas les images dans l'officiel et j'ai la flemme de chercher sur internet alors je ne vais pas dire ce que j'ai pensé de chaque film). Curieusement les les étudiants débiles devant moi n'aimaient pas les films que j'appréciais et le faisaient savoir , par contre il aimaient bien les films qui ne me plaisaient pas.

J'ai vu également la séance de films allemands consacrée au studio Bilder, avec notamment des films d'Andreas Hykade que j'aime bien et que Cobayanim idolâtre, et un film dePhil Mulloy, excellent.

Le documentaire sur Shiryaev, je n'y ai rien compris parce que c'était en anglais mais j'ai regardé les animations de marionnettes et autres, techniquement assez incroyables pour l'époque de laquelle on nous dit qu'elles datent, et parfois empruntes de poésie.

Annecy 2009

Fais voir ta trombine #1


Voici un petit trombinoscope des deux premiers petits déjeuners. De quoi essayer de relier des physionomies avec des œuvres.



Alors de Gauche à droite : Louise Marie Coulon et Delphine Hermans (J'ai Faim), Antoine Arditti (Yulia), Camillelvis Thery (Inukshuk), Kaspar Jancis (Krokodill), Jean-françois Levesque (Le noeud Cravate), PES (Western Spaghetti), Vladimir Leschiov (Sparni un Airi) et Doug Bayne (Tiny legs of Fire).

Annecy 2009

Je n'ai toujours pas piqué du nez


Les jours filent et les projections s'enchaînent. Mardi après-midi j'ai pu revoir avec bonheur un de mes court-métrage préféré, Ring of Fire d'Andreas Hykade, lors d'une projection sur le studio Film Bilder dont il fait parti, séance unique dans la salle Pierre Lamy. J'ai donc redécouvert cette salle où il faut savoir bien se placer pour éviter les têtes de devant. Elle se situe juste à côté de la boutique dans laquelle Bastien Dubois (Babass sur le forum) inaugurait l'exposition liée à son film Madagascar, carnet de voyage.

Après avoir grignoter je suis partie au pas de course avec Tony direction le Décavision pour la séance de 21H dont tout le monde parlait : Le LMHC7 Genius Party Beyond. Peu de tickets avaient apparemment été distribués puisque la queue fut longue, mais au final, comme d'habitude, nous sommes tous entrés. Le système de tickets est d'ailleurs toujours aussi stressant pour certains, qui se lèvent aux aurores pour faire leurs résa. Il y avait beaucoup d'engouement autour de cette séance, des hordes d'étudiants attendaient impatiemment de pouvoir enfin voir cette création des célèbres studios 4°C (j'exagère un peu, mais pour la fameuse séance PIXAR c'est la même chose, tout le monde demande à tout le monde si il y va ou pas et cela fait pas mal de bruit). Et au final?

Mon Beyond préféré

Cinq courts composent ce long. Le premier commence très fort avec un pot-pourri de toutes les caricatures possibles de la japanim', j'étais écroulée de rire, et en le racontant à d'autres cela m'amuse toujours autant (navrant?). Surtout quand le vieillard lance les bracelets "note de musique" aux 3 héros qui 3 secondes avant ne savaient rien de leur mission, héros qui sont un chat, un espèce d'elfe/ange et un ado élu (bien sûr), et qu'avec ces supers bracelets ils appellent des instruments de musique géants et volants qui doivent leur permettre de sauver le monde d'une graine elle-même géante et tombée du ciel XD Oui bon franche rigolade... Les 3 court-métrages suivants étaient nettement plus intéressants, chacun dans leur style (et au niveau de l'animation c'est souvent très beau, rien à redire de ce côté là). Et le dernier... heu... Je le trouve encore pire que le Priit Pärn de 44mn qui a fait fuir tout le monde. Dans le Priit Pärn il y a une trame narrative, qui prend de grands détours certes, mais tout de même. Dans le dernier de Party Beyond c'est une suite d'images avec une esthétique de série jap (d'OAV on va dire, c'est joli, c'est bien fait bien lisse c'est du manga dirait certains). Voilà c'est tout. Une suite incohérente de plans. Je n'ai strictement rien compris. Expérimental? Même pas puisque les images et l'anim' en elle-même est vue et revue... Bref j'ai préféré le Priit Pärn. Je pense être une minorité, m'enfin... Au final un omnibus inégal qui m'a un peu déçu au vue de tout ce qui s'était dit autour.

Première séance de 23H, les films de fin d'étude 1. Et enfin un coup de coeur, un film qui fait frissonner : Volgens de vogels, graphiquement très beau, fait à base de crayonné, sans de réelle trame à part l'ambiance d'une forêt avec ses animaux et ses saisons. Je ne me souviens pas réellement du film, il était tard et même si je ne me suis toujours pas endormie je suis dans une brume indéfinissable et mon cerveau a du mal. Mais je me souviens m'être sentie bien en le voyant, de m'être laissée portée. Je le comparerais à L'Ondée (CM en compet) qui joue aussi sur l'ambiance et que j'ai également apprécié. Pour le reste de la séance je n'ai vraiment pas le temps de vous en dire plus... donc je passe à aujourd'hui Mercredi! Mercredi et mon premier coup de soleil, Mercredi et ma dédicace de Bastien Vivès :D A l'heure où je vous écrit Tony a été cherché des pizzas et le ciel s'est assombri.

Ce matin une très belle surprise avec le long-métrage en compétition 5 : Ma chienne Tulipe. J'espère que Cé aura le temps de développer car ce film le mérite. Fait à 2 mains par Paul Fierlinger et sa femme, le film est accompagné de la voix du narrateur et personnage principal qui nous fait part de ses observations sur sa chienne Tulipe. Chienne qui a transformé sa vie et avec qui il a passé les 15 meilleurs années de sa vie. L'humour anglais marche terriblement bien, même quand il s'agit de parler des excréments ou de l'accouplement de la chienne, ce qui est assez récurent (mais les maîtres de chien savent que les besoins de l'animal ont une place importante dans leur vie lol). Les graphismes marchent bien, je ne l'ai pas trouvé trop long, j'espère qu'il aura un prix... Même si il ne fait pas forcément le poids face à Coraline lol.

Je dois filer manger, la suite bientôt!

Annecy 2009

Picnic des fous d'anim


Annecy 2009

CMC2 Courts métrages en compétition #2


Second programme, le voici...


Je criais contre la vie. Ou pour elle Vergine KEATON 2009 09mn 10s France

Une harde de cerfs est poursuivie par une meute de chiens dans une nature en perpetuelle reconstruction-déconstruction. La poursuite s'arrête et repart dans l'autre sens, les chiens disparaissent, les cerfs aussi, remplacés par des corbeaux puis de nouveau par des cerfs mais la course poursuite continue encore et encore... Le traitement est en papier découpé de gravures type anglaise, avec hachures jolies, et sur une musique de guitare éléctrique répétitive un peu comme le fameux Electric Conterpoint de Steve Reich. J'ai été assez séduit par le caractère hypnotique du film et la musique que j'aime bien.


Western Spaghetti PES 2008 01mn 45s Etats-Unis

Le génial PES est là et nous a parlé de son petit film, qui reprends son exacte recette des spaghettis à la sauce tomate mais avec des objets décalés, pop ou trash ; le rubik's cube représente l'ail, les élastiques les spaghettis cuits, etc. Le monsieur est d'origine italienne, habitant Harlem, il a mis deux mois à faire ce film, s'occtroyant l'aide d'un assistant pour les scènes où on voit ses mains, vu qu'il ne pouvait actionner l'appareil. Mais sinon il travaille souvent seul pour faire ses films, assurant ses revenus par des prestations publicitaires.




Please Say Something David OREILLY 2009 10 mn 00 s Allemagne

Histoire de couple entre une souris et un chat. Le traitement en 3D facettée au rendu très simple, avec vue isométrique et murs transparents pour montrer l'action fait penser à un rendu de jeu vidéo. Ça m'a fait penser à un Animal Crossing mixé avec TRON. Les pas de la souris sont comme de petits claquements énervants de compteur Geiger, ceux du chat des coups sourds.
Il y a pas mal d'effets de texte, de transitions et de distortions du temps. C'est moderne, voir moderniste, astucieux, intéressant.


L'ondée David COQUARD-DASSAULT 2008 07 mn 40 s France

Long film contemplatif montrant une grosse averse sur une ville lambda. Des gens aux fenêtres, sous les abris-bus, dans les cabines, attendent que les éléments cessent de se déchaîner. Ça évoque Sempé, c'est tout en nuance et délicatesse mais il ne se passe pas grand chose, la musique occupant ce qui reste de vide. J'ai beaucoup aimé, ma femme moins.




Spärni un Airi Vladimir LESCHIOV 2009 05 mn 38 s Lettonie

Film à base d'aviateurs ailés, de phare, de poissons et d'oiseaux, de biplans et de vent, sans histoire réellement. Le réalisateur a voulu évoquer la vie et la routine et la volonté des hommes de découvrir de nouveaux horizons, parfois pires qu'avant.

Le film est réalisé en dessins peints à l'aquarelle sur papier, le rendu est séduisant, le film a été réalisé par le barbu vladimir, seul, pendant un an.

Tiny Legs of Fire Doug BAYNE 2008 01 mn 30 s Australie

Gags trash et drôles à base de détournement de tableaux et de photo. On voit notamment la photo de Thomas Edison jeune racontant des bêtises. Ça pourrait être plus long, voir une série de gags parfois drôles mais ça ne l'est pas. Le film était sur YouTube mais il a été supprimé à cause de l'évocation du sexe avec des animaux (?!). Il a été réalisé par son jeune créateur, très étonné et ravi d'être là à Annecy, quand il s'ennuyait à son boulot...


Elu ilma Gabriella Ferrita Priit PÄRN 2008 43 mn 44 s Estonie

Bon, le voila le fameux Priit Parn de la cuvée 2009... La salle comble s'est vidée des deux tiers de son contenu durant la projection, certains dont jipé ou moi sont restés jusqu'au bout. Alors ? Bin c'est du priit Parn, délirant, surréaliste, sans queue ni tête sinon celles d'un poisson qu'un couple découpe en se faisant des calins. J'ai assez aimé le personnage du super-voleur poilu qu'on voit toujours de dos mais c'est barré, surprenant pour certains, totalement inepte pour tous les autres. Il doit falloir beaucoup de courage pour mettre ce film dans la compétition parce que beaucoup, même parmi la direction du festival lèvent les yeux au ciel en se demandant comment ce genre de film parvient à se faire. Et c'est vraiiiiiiiiiment long.

Annecy 2009

Un ptit mot sur la sceno


Quelque chose dont j'ai oublié de parler dans mon premier post sur la découverte du festival : la scénographie qui s'installe tous les ans à Bonlieu. Cette année c'est un gros cube blanc suspendu avec des néons de couleurs par ci par là, et un écran vidéo en-dessous qui projette des bande-annonces, les génériques des Gobelins, des extraits etc... Personnellement je ne trouve pas cela très beau et je garde encore en mémoire les rubans aériens de l'année dernière (mais il faut arrêter de dire que c'était mieux avant).

Annecy 2009

LMC4 Coraline


Holala... Coraline sort demain sur les écrans français. Il est projeté en relief à deux projections sur cinq au festival, j'ai assisté à celle de cet après midi avec un petit coucou du Grand Henry au début sous les ovations d'une salle comble.



Et alors ce film ?

J'ai eu la nette impression que le film ne peut pas être dans la même catégorie que les autres, il est d'une perfection absolue, technique, narrative, filmique... ce film est un bijou à l'égal de Mr Jack et même plus.
C'est un instant magique, sans pause ni baisse de rythme, j'ai été surpris d'y découvrir un univers à ce point cauchemardesque mais la magie est omniprésente, les voix, la musique, l'incroyable finesse des décors et des marionnettes et la grande qualité de l'animation sont époustouflant. Le film a été très applaudis et le relief donne une réalité supplémentaire à ces petites poupées de silicone et de tissu.

J'avoue qu'on se demande si on va y emmener nos enfants tellement les visions de cauchemar sont effrayantes mais c'est assez injuste pour les autres films de concourir contre ce monument. Si le sélectionner était une évidence, le laisser repartir sans prix me semble inimaginable.

Enfin on verra bien, hein...



Annecy 2009

LMC1 The Story of Mr Sorry


Ha ha ha... Premier long métrage de la compétition, un film coréen. Miam.



Jeh-bool-chal-shee e-ya-gee (The story of Mr Sorry) de In-keun KWAK 2008 01 h 04 mn 00 s Corée-du-Sud

Premières images... houuu...

Bon, l'histoire : un jeune hommme nommé "sorry" (Pardon) est nettoyeur d'oreilles dans une société spécialisée (?!). Timide et introverti il a du mal à satisfaire ses clients et son patron. Chez lui il parle à sa mygale domestique et évoque sa soeur disparue.

Son patron, avec la complicité d'un médecin, le fait rétrécir pour qu'il devienne minuscule. Il peut ainsi être l'employé le plus efficace de la société en entrant directement dans les conduits auditifs et en nettoyant avec aspirateurs et matériel de mineur de fond. Il découvre qu'il peut entrer ainsi dans l'inconscient de ses clients par leur oreille et découvre ainsi le meurtrier de sa soeur qui se trouve être, si j'ai bien compris, en fait sa mère et le meurtrier son père... De rage il se transforme en araignée et détruit son père de l'intérieur.



Le film est réalisé en papier découpé, je ne suis pas fan des graphismes mais je reconnais le caractère singulier de la chose... Voici la bande annonce pour les curieux et une image pour se rendre compte. Je ne pense pas que le film ait de quelconques chances d'être distribué en Europe, d'où notre chance de l'avoir vu ici. L'accueil du public était plus que mitigé...





Annecy 2009

CMC1 infos complémentaires


Je complète et précise le billet de Tony, qui m'a coiffé au poteau pour cette fois (revenge!) :)

Comme j'ai assisté au petit déjeuner du mardi matin, je mèle les infos que j'ai pu y glaner.

J'ai faim Louise-Marie COLON 2008 03 mn 30 s Belgique

Jolie histoire pour et par des enfants sur un esquimau qui ne parvient pas à être rassasié. La réalisation en papiers découpés est efficace et surtout la bande son est excellente, les voix d'enfants et la musique forment un ensemble dynamique et frais.

Film d'atelier organisé par Camera etc., il a été réalisé en quatre jours (!) par onze enfants de 8 à 12 ans pendant des vacances d'hiver. Les réalisatrices de l'encadrement avaient amené un conte Inuit comme point de départ et les enfants ont brodé dessus et amené notamment la fin farfelue avec un sumo au Japon. Contentes de leur sélection, elles ont déclaré que c'était très gratifiant de voir ainsi leur travail reconnu, les films d'atelier étant souvent inclassables dans les festivals comme Annecy, ni film de fin d'étude ni film court "traditionnel".

Yulia Antoine ARDITTI 2009 05 mn 45 s France

Yulia fait la cuisine et se retrouve téléportée dans un espace nu, indifférencié, aux quatre murs vides sinon quelques leviers illustrés de pictogrammmes.

Un des leviers téléporte un homme négligé et geignard après avoir d'abord emmené son canapé. Violent et vindicatif, l'homme entame un combat avec Yulia pour avoir le pouvoir d'activer les leviers restants. Il se retrouve seul à la fin, alors que Yulia a le coup de foudre avec la femme du monsieur, Svetlana.

Le film est en noir et blanc, avec un rendu assez graphique, sans parole compréhensible et mélange 3D et 2D. Le jeune réalisateur, Antoine Arditti, a dit que c'était son intention de donner une impression de film fait main, lui qui est, selon ses dires, incapable d'animer en 2D. Le film a nécessité deux années de production, il est simple et amusant, une belle réalisation.

Guri Gursjen & Gursjan Gru Eirik AURE 2009 09 mn 30 s Norvège
Un punk a du mal à s'intégrer à une société normalisée et consumériste. Il rencontre une punkette dans le même cas que lui par l'intérmédiaire d'un rat de compagnie.
Le film est en calques 3D, mis en scène comme si on voyait une machinerie de théatre avec changements de décors. J'ai trouvé ça daté et sans grand intérêt, même graphiquement, mais c'est efficace.




The Winter Solstice Xi CHEN 2008 11 mn 17 s Chine
Coup de coeur de cette séance, The winter solstice est un film en papier découpé numérique qui commence par la dernière cigarette d'un médecin, abattu dans la neige. Par un jeu de flashback très subtil on va comprendre plus ou moins explicitement que ce médecin a eu une liaison avec une dame dont est né un enfant. Ça parle de contraception, d'avortement et de liaison amoureuse de façon très suggestive. Il y a des plans d'une grande beauté graphique et colorée, c'est très contemplatif. Des effets d'une simplicité graphique sont superbes mais je comprends qu'on ait pu trouver cela ennuyeux.

Bygningsarbeidere Kajsa NAESS 2008 06 mn 00 s Norvège

Deux ouvriers continuent de travailler en discutant de leurs petits soucis existentiels (angoisses, crise de la quarantaine, place dans la société...) alors que les rues autours d'eux sont remplies de manifestations agressives et que le monde s'écroule. Le décalage est assez drôle et fait echo à la crise actuelle mais les personnages en photos découpées sur fond de décors aquarellées ne m'ont pas convaincu...

Inukshuk Camillelvis THERY 2008 08 mn 45 s France

Très beau film de Camillelvis, ancien de La Poudrière, représentant un eskimau et un ours sur un morceau de banquise en train de s'effriter. Très graphique, réalisé à la plume sur papier, le film est un beau travail d'animation, caustique et drôle, avec des astuces visuelles très efficaces et une très belle bande son. La fin est en peinture sur pellicule et le résultat est un très beau film, produit par Folimage et Arte.

Le nœud cravate Jean-François LÉVESQUE 2008 12 mn 26 s Canada

Un employé de bureau reçoit tous les ans une cravate pour son anniversaire. Il travaille dans une société, La Vie Inc., et gravit un étage tous les ans pour faire un travail inintéressant. Sorte de Brazil sans génie, le film est un mélange de marionettes (le personnage principal) et de papiers découpés incrustés dans le volume. Je serais assez dur avec ce film parce que je trouve que depuis les temps modernes, on pourrait imaginer une vision plus moderne du travail tout en gardant cette critique et ce cynisme (comme dans Matrix par exemple.. oui bon... c'est pas un bon exemple). Pour moi le film est daté et classique. On a eu le manteau et le voyage en train l'an dernier, cette année c'est la cravatte. Bon c'est honnète techniquement, c'est produit par l'ONF canadien, le réalisateur explique bien ses intentions (une critique de l'univers de la publicité qu'il a fréquenté et de la hiérarchie en général) mais le coté anarchiste ou anticonventionnel n'est pas revendiqué clairemeent et surtout l'alternative donnée est de faire la manche avec un accordéon.. youpiiii.

Chick Michal SOCHA 2008 05 mn 00 s Pologne

Superbe et incroyablement rythmé film sur un être féminin qui se prépare à recevoir un être masculin. Formé de lignes géométriques, de flux et de graphismes noir, rouge et blanc, très rapide, fluide, virtuose, le film est un conte moral sur les relations amoureuses. J'aurai adoré si la fin n'était pas terriblement décevante. En effet l'homme, estropié sort de l'appartement de la femme et on voit une file d'hommes sur le trottoir en train d 'attendre. Cette femme prend donc en toute fin le statut de prostitué ce qui dénature le propos très libre et moderne du film et le fait tomber dans une critique sociale voir machiste... toutes des salopes. Dommage.
Le site officiel du film ? Ici...

Krokodill Kaspar JANCIS 2009 16 mn 45 s Estonie

Un ténor adulé tombe en disgrace après avoir perdu son pantalon en public. Depuis il erre négligé avec comme seul occupation un role de crocodile dans un parc à thème et une plante carnivore à nourrir. Il rencontre une femme qui se prostitue pour acheter de la viande pour nourrir un crocodile qu'elle a dans sa baignoire. Bien barré, le film est graphiquement séduisant, bien qu'assez typique de ce qui se fait au nord de l'Europe. C'est drôle et assez poignant bien qu'un peu long.

Pour finir on a à peu près tous eu l'impression d'une séance riche et variée, prions pour qu'il en soit ainsi du reste.

Annecy 2009

J'ai mal au crâne


Bah oui... Hier j'ai fait 5 séances et aujourd'hui 2 et je sors du Priit Pärn de 44mn (séance CM2). Et je ne me suis pas endormie une seule fois! Car oui certains on déjà succombé. Mais reprenons là où je vous ai laissé avant d'aller m'étendre sur le Pâquier car enfin il y a un grand soleil.

La première séance de court-métrages était agréable mais pas de véritables coup de cœur. Tony les a déjà détaillé, pour ma part j'ai voté (pour le prix du public nous remplissons de petits papiers quand on nous en donne) pour Yulia d'Antoine Arditti (France), drôle, efficace, et avec une fin inattendue et peu banale. J'ai également apprécié les très beaux passages graphiques de Chick de Michal Socha (Pologne), mais la fin est absolument illogique et m'a laissé sur un mauvais point. Ensuite a 16h je me suis rabattue sur un documentaire sur l'animation allemande des années 20 aux années 60 ( car le pays invité cette année, rappelons-le, est l'Allemagne). Le programme est assez mal fait pour certaines plages horaires, certaines horaires ne présentent rien de vraiment intéressant alors que les court-métrages hors-compet' sont difficiles à aller voir, étant en compétition avec des long-métrages à succès ou d'autres programmes plus attirants. Ce docu, au bel habillage, m'appris notamment qu'il y avait deux frères Fischinger (HANS et OSKAR), alors que j'étais persuadée qu'il n'étaient en fait qu'un. Et nous parla de la tradition expérimentale en Allemagne, qui s'arrêta pendant la guerre (où des tentatives de long-métrages rivalisant avec Disney furent tentés) pour reprendre dans les années 60. Expérimentations que j'ai pu admirer à la séance de 10H30 ce matin dans une séance appelée : Recherches formelles, discours de fond. Séance hypnotique et troublante qui explique sûrement en partie mon mal de tête, mais que je ne regrette pas!

Le premier long-métrage du festival fut pour moi The story of Mr. Sorry (Corée du Sud). Les premières images m'ont fait un peu peur (d'ailleurs je n'aime pas tellement ces passages en noir et blanc dans le film), mais quand la couleur est arrivée je me suis laissée emporter et je me suis habituée au graphisme assez particulier qu'offre ce long à l'histoire également très étrange... D'ailleurs il y a un vif débat sur la fin, que je n'ai pas comprise comme la plupart des festivaliers, et chacun y va de sa petite interprétation. Les passages sont inégaux, j'ai aimé les décors, certaines trouvailles scénaristes, j'ai passé un bon moment. Et le deuxième fut Panique au village! Après une lutte acharnée comme tous les ans pour avoir les places strapontins restantes pour la soirée d'ouverture, j'ai pu écouter Serge Bromberg me dire pour la 3e fois de la journée que "l'élément le plus important du festival... c'est vous public!" et découvrir deux surprises avant de savourer le long de Vincent Patar et Stéphane Aubier. La première fut une révélation : Emile Cohl ne serait pas le premier à avoir fait de l'animation! On aurait effectivement découvert un autre avant-gradiste, Alexander Shiryaev, maître de ballet russe, qui en 1904 anima les mouvements de ses danseurs pour leur faire apprendre une chorégraphie. Et c'est assez bluffant! La seconde fut le traditionnel nouveau court-métrage de Pixar, Partly Cloudy, que j'ai préféré au dernier et qui m'a bien fait rire malgré la guimauve qui s'en dégage. Et puis le nuage est très attachant.

L'exposition sur Panique au Village à BONLIEU

La soirée s'est finie avec des petits fours sur la plage, entouré de Plymton et Schwizgebel, et je n'exagère même pas XD (oui bon je peux bien frimer un peu ^^).

Je vais vous laisser pour aller bronzer un peu avant qu'il repleuve. Mais juste avant je dois dire que le générique annonceur de cette année est.. NUL. J'attendais de voir ce que le public en ferait et le public tappe dans les mains en rythme, mais c'est fatiguant et pas très interactif... Nous tentons donc de crier C N C comme l'année dernière histoire de se défouler. Pour les génériques Gobelins j'attends de les avoir tous vu avant d'en dire un mot.

Annecy 2009

Courts métrages en compétition 1


Finalement mon ordi marche... J'ai trouvé cette première séance plutôt bonne dans l'ensemble, même si j'ai dû courir et pédaler pour y être juste à temps...

J'ai faim, de Louise-Marie Colon et Delphine Hermans

Onze enfants se relaient pour raconter l'histoire en voix off, celle d'un petit inuit qui a toujours faim. C'est un très joli film plein de charme en papiers découpés, les personnages sont en carton et papier journal animés de façon rudimentaire, un récit absurde et sympathique.

Yulia, de Antoine Arditti

Une jeune femme se retrouve inexplicablement dans une pièce vide et sans issue. Elle actionne des leviers pour faire apparaître des choses. Les personnages parlent une pseudo-langue, la caricature du mari macho qui gueule en marcel peut être marrante, c'est un film sarcastique mais pas de quoi écraser un chat avec un canapé...

Guri Gursjen et Gusjan Gru

C'est l'histoire assez mignone de deux punks dans une grande ville ultra-conformiste, mise en scène comme dans un petit théâtre avec des rideaux et des déplacement de décours d'une scène à l'autre...

The winter solstice, de xi chen et wu an

Un homme qui se fait tuer et qui revient sur son passé proche... C'est des aplats de couleurs animés sur After Effects. Je ne suis pas très fan des aplats, mais c'est une question de goût je suppose... Le film joue beaucoup sur les sons, les silences, l'attente et l'interruption, au bout d'un moment le procédé devient peut être un peu trop systématique... je n'ai pas bien compris l'histoire, je crois qu'il y a plus ou moins un fond moral que j'ai mal identifié mais je ne suis pas sûr de l'approuver...

Bygningsarbeidere, de Kajsa Naess

Deux ouvriers en pixi et papiers découpés sont sur un chantier et discutent de la vie et tout ça pendant qu'il se passe plein de choses autour d'eux. Ils restent indifférents aux manifestations et à la destruction de l'immeuble dont ils gravissent les étages. bref ce sont des briseurs de grève qui... euh non, on a dit pas de politique. Enfin je crois que j'aurais aimé le film s'il y avait eu des sous-titre.

Inukshuk, de Camillelvis Thery

Un très beau rendu, du dessin sur pellicule et papier retouché à l'ordi, et c'était coloré avec des nuances de bleu (du très clair presque blanc au foncé) qui vibrent. C'est un de ces films où l'on voit fondre la banquise. Mais là on a un ours très réaliste, tel que ces animaux le sont vraiment : égoïste, cruel et un peu débile. Je crois que ça finit mal mais je n'en suis pas sûr. En tout cas c'est très joli et poétique.

Le noeud cravate, de Jean-François Lévesque

Je ne sais pas trop quoi en penser, c'est un film en volume assez classique sur la vie et le temps qui passe, à la manière de la maison en petits cubes, c'est plutôt bien réalisé, proprement, tout ça, mais ça ne m'emballe pas tellement.

Chick, de Michal Socha

J'ai dit que je n'aimais pas trop les aplats, mais là c'est juste du rouge, du blanc et du noir en infographie, ça rappelle certaines affiches des années 60 et ça allait. C'est une scène très stylée entre un homme et une femme qui se la pètent à tout faire avec une animation excentrique et classe... -_-

Krokodill, de Kaspar Jancis

Une histoire d'amour tordue entre deux personnages un peu désespérés... Je n'ai pas détesté mais je ne sais pas quoi en dire.

Annecy 2009

Haaa ça fait du bien :)


Je vous écris de la salle de Presse, ça fait très pro héhé. Depuis mon arrivée hier en début d'aprem' je ne cesse de pousser des soupirs de contentement. N'en déplaise aux lecteurs restés à Paris ou en Province, cela fait un bien fou de retrouver Annecy, son lac, ses montagnes, son café des Arts... et surtout les nombreuses connaissances que parfois on ne voit que pour cette occasion. Comme d'habitude une des première tâche de la journée de Dimanche a été la découverte de la panoplie de l'année, avec un sac très ingénieux puisque l'on peut maintenant enlever les horribles logos de séries animés qui les peuplent habituellement (rappelez-vous l'année dernière), ceux-ci étant sur des badges. S'ensuivit une lecture attentionné du programme pour déterminer le déroulement de la semaine, les séances à voir, les places à prendre absolument... le tout sur le Pâquier bien évidemment. Entre deux averses :) .Le reste de la journée fut consacrée aux retrouvailles avec les groupes qui arrivaient des différentes écoles françaises, au bar, puis avec le restaurant des Fous d'Anim, et se termina au Café des Arts. Je fais partie de ceux qui cette année ont une location et donc échappent au camping, la nuit fut donc douce...

Et ce matin pour le premier jour nous avions hâte de découvrir le générique annonceur et le générique du jour made in Gobelins. Et la première apparition de Serge Bromberg, égal à lui-même : Et ce qui est bien sûr le plus important ici c'est vous, public XD. Nous étions assez peu dans la grande salle pour la séance d'Epine mentale, documentaire consacré au processus de création chez six réalisateurs d'animation. J'ai trouvé cette programmation assez audacieuse pour débuter le festival, surtout que les réalisateurs choisis n'étaient pas des "dessinateurs", ou en tout cas ne se revendiquaient pas tel quel, et prenaient le contre-pied de ce que l'on peut souvent entendre à propos de l'animation (il faut savoir très bien dessiner, l'animation c'est pour les enfants ou c'est censé être drôle etc...). Ce fut donc très intéressant... mais la structure même du docu m'a un peu dérouté. Les interviews sont entre-coupées d'intermèdes pas forcément très judicieux et qui en rajoute des tonnes sur "le mental de l'artiste créateur". Ces images m'ont un peu sorti du discours des réalisateurs... ces images et les sautes de bande-son assez désagréables. Bref une séance à faire mais avec une forme assez étrange et peut-être trop prétentieuse.

Je n'ai pour l'instant pas de photos à ajouter par manque d'organisation (et parce que l'ordi de Tony a un problème de batteries) mais j'éditerais prochainement si cela est possible.

Je vais manger mon premier Barnabé de la journée ^^

Annecy 2009

J'suis à Annecy grmbl -_-


J'ai sûrement été le premier en France à voter socialiste (à 8h). Je devais prendre le train juste ensuite...



Je n'ai pas grand chose à dire sur le voyage, voici un extrait de nos discussions :
Florentine : "ah j'ai hâte de voir Marine ça fait trop longtemps !"
Théo "Oh oui j'ai envie de revoir les étudiants de l'emca"
Moi : "J'ai envie de voir des films -_-"

Il pleuvait quand j'suis arrivé au camping, il faisait beau quand j'eus fini de monter la tente et youpi j'suis allé sur le paquier avec Florentine et Théo qui, pour leur part, campaient sous leurs manteaux pour réserver des places avec mon mac.



Le soir on a diné avec les fous d'anim, j'ai eu le résultat des élections pour mon plus grand désespoir et je veux juste dire que j'ai envie de cramer la forêt amazonienne, mais je n'aime pas faire du mal aux arbres alors je me contenterais de me défouler dans mes comptes-rendus sur tous les films écolos qui font perdre la gauche et qui ne vont pas manquer de passer dans les différentes séances cette semaine -_-

L'épine mentale



Un très bon film masturbatoire, c'est un documentaire sur des cinéastes d'animation qui racontent leurs états d'âmes, on peut facilement se reconnaître dans leurs divagations et l'on y prend un certain plaisir narcissique. D'ailleurs, contempler un être humain seul face à sa tâche est un thème récurrent dans le cinéma d'animation... On n'entend pas la personne qui filme et fait les interviews, mais on sent sa présence car elle s'est permise quelques fantaisies, ça n'a pas plu à cobayanim, moi ça ne me dérangeait pas mais c'est vrai que les têtes en plâtre ça fait un peu... ah c'est marrant j'ai Georges Schwizgebel en face de moi pendant que j'écris (il est dans le film -_-). Enfin bref c'était un peu bateau les têtes en plâtres... J'ai un problème avec mon ordi je ne sais pas si je pourrai continuer les comptes-rendus cette semaine -_-
Annecy 2009

ANNECY 2009 Get set... Go !


Annecy 2009 ça démarre.
On est arrivé ce dimanche sous la pluie, le ciel est couvert et le temps frais.
Je vous photographie le contenu du sac VIP, avec une belle déclinaison de l'habillage graphique de cette année.



Comme chaque année, les programmes et documents sont clairs et efficaces. Le sac est un fonctionnel sac à simple bandoulière, couleur unique chocolat, avec huit badges publicitaires épinglés dessus.
Comme convenu une brochette de fous et de sympathisants se sont retrouvés sous la pluie pour se diriger dans une pizzeria accueillante. Il y avait, pour mémoire, Tony, Cobayanim, Alazar, Pelo, Babass, Olivier, Jacky Chong, Jipé et j'en oublie. On était une petite vingtaine.



Ce matin les projections commencent... Youpla. Restez attentifs et connectés au blog pour les infos. En ce qui me concerne ça sera plutôt du matin ou tardif, je verrais bien quand j'aurai la possibilité de poster.

Annecy 2009

Un comité de sélection vu de l'intérieur


J'avais dans l'idée d'introduire le suivi du festival d'Annecy 2009 par un compte-rendu du travail de sélection auquel j'ai eu l'honneur d'être convié en Février.

Voici donc le petit commentaire auquel je songe depuis un moment. Enfin petit... je suis désolé pour la longueur...

Brm.. hum.

L'invitation
C'est en tant que réalisateur, lauréat l'an dernier du prix de la première œuvre à ce même festival que j'ai été convié à participer aux sélections des films de fin d'étude du festival d'Annecy 2009 et non pas comme enseignant comme j'ai d'abord pu le penser. Je crois avoir bénéficié du forfait de l'ami Muyie et je m'en réjouis.
L'objectif du festival est de réunir des jurys composés de personnalités assez variées, mêlant producteurs, réalisateurs et spécialistes.
Il y a plusieurs manières de concevoir une sélection de festival, certains festivals font sélectionner leurs films par des comités indépendants différents chaque année (comme Annecy), certains utilisent toujours les mêmes sélectionneurs, souvent les organisateurs (comme Ottawa). Les inconvénients de la première formule font que le festival n'a pas de « couleur » spécifique, c'est à dire de tendances ou d'habitudes repérables. L'inconvénient de la seconde c'est justement des festivals un peu prévisibles et des types de films un peu formatés. Chaque formule à ses détracteurs, Patrick Eveno, le président du CITIA, organisateur du festival d'Annecy, me disait qu'ils avaient conscience de cette faiblesse mais qu'ils n'étaient pas près d'y renoncer.



Invité une semaine à Annecy encore couverte de neige moi qui ne la connais qu'en été, dans un bel Hôtel au centre ville quand on est habitué aux logements collectifs excentrés, ma première interrogation était de savoir avec qui je devrais composer. Je crois avoir été verni parce que j'ai passé la semaine avec Alik Shpilyuk, directeur artistique du Festival de Krok en Ukraine, grand spécialiste des films d'étudiants au contraire de Marianne Nihon, acheteuse Belge tout juste en retraite, créatrice de l'émission pour la jeunesse de la RTBF (Blabla), plus spécialisée dans l'industrie télévisée.
Nous formions un trio assez complémentaire, Alik étant la gentillesse faite homme et Marianne emprunte d'un positivisme constructif. Étant moi même assez diplomate (enfin je crois), la semaine s'est passée sans heurts, ce qui n'empêchait pas les avis et les goûts personnels de s'affirmer avec une complicité dans l'effort que représentait la vision de tous ces films.

Les consignes
Commençons par réaffirmer ce qui nous a été redit dès le départ ; les jurys sont souverains et choisissent les films comme bon leur semble. Tout juste la présidente du festival, en accueillant les jurés lors d'un premier petit déjeuner, a-t-elle précisé que le festival ne pouvait tolérer de films trop violents, dégradants ou racistes même si ces critères sont également soumis à la discussion. L'autre chose soulevée par Tiziana Loschi c'est le caractère d'innovation du festival, la recherche de la nouveauté, mais là encore c'est un facteur qui est laissé à l'appréciation de chaque comité de sélection.
Pour finir, chaque juré dispose d'un Joker qu'il peut poser sur un film de son choix et l'imposer aux autres.
Chaque comité est accompagné d'un ange gardien qui lui est attribué, personne ressource qui va les guider pour mener à bien leur mission. Le jury des courts métrages avait Laure, nous avions Géraldine, efficaces et sympathiques auxiliaires, discrètes mais toujours promptes à venir à la rescousse pour un avis sur un film, un détail technique ou organisationnel.

Alors comment ça se passe ?
Simplement.
Au Citia, sur les hauts d'Annecy, nous disposions d'une petite salle de cinéma aux sièges confortables, un écran 16/9e de grande dimension, des enceintes de qualité, le tout relié à divers lecteurs DVD et un ordinateur qui permettaient d'assurer la projection de l'infini variété des supports reçus par le festival, même les CD chinois mal gravés, c'est dire.
Pour la compétition des films de fin d'étude, le festival avait reçu 656 films qui représentaient plus de 50h de projection (voir statistiques).
Chaque film était référencé dans deux gros classeurs verts dont des exemplaires était laissés à la disposition de chaque juré. Sur chaque fiche de film étaient renseignés synopsis, technique, durée, image, avec une échelle de notation qu'on pouvait ou non utiliser. L'échelle est simple, graduée entre -2 et 2 avec des cases « oui » et « non ». Durant le visionnage on pouvait donc cocher et compléter la fiche de tout ce qu'on pouvait trouver utile pour commenter le film car ce qui est le plus difficile au final c'est de garder une impression de chaque film... Au bout de la première journée on se rend compte qu'il est déjà délicat de se rappeler de ce qu'on a vu le matin même, alors imaginez à la fin du cinquième jour... Surtout que les fiches sont parfois incomplètes, pas d'images, un synopsis fumeux ne rendant qu'imparfaitement compte du film...

Les films visionnés sont organisés en ensembles d'environ une heure chacun qui permettaient d'organiser les projections et de couper les demi-journées facilement. Tous les deux ou trois programmes environ on faisait un point sur ce qu'on avait vu, en listant film par film ou en citant les films qui nous semblaient éligibles. C'est à ce moment qu'avaient lieu les discussions. Rapidement les jurés se rendent compte des goûts des deux autres et composent probablement avec, devançant ou anticipant. Parfois on est étonné de l'enthousiasme que certains films déclenchent chez les autres, parfois vous défendez bec et ongle un film en ne rencontrant qu'indifférence polie chez vos compagnons. Mais c'est arrivé rarement et je dois avouer que la sélection s'est passé de manière consensuelle dans 70% des cas, à savoir des films qui emportaient le crédit des trois jurés, pour le reste, seuls deux étaient d'accord mais de façon équilibrée, Marianne-Alik, Alik-Cédric, Marianne-Cédric.



La salle de projection, Alik et Marianne lors d'une frugale pause repas du midi. C'est le soir qu'on mangeait mieux, dans un bon restaurant d'Annecy.

50 heures de projection ??!
Heu... Un peu moins parce que des fois on passe... La règle est que dès qu'un juré estime en avoir vu assez pour se faire une opinion d'un film il lève la main pour le signifier à la projectionniste, la charmante Méllie, stagiaire zélée, et à ses camarades jurés. Quand les trois jurés ont levé la main, le film est coupé et on passe au suivant.
Si on hésite un peu au début, on a moins de scrupules dès le deuxième jour et les films maladroits, techniquement inabouties, incompréhensibles ou trop longs sont coupés rapidement. Mais il arrive qu'on soit obligé de se fader ce qu'on considère comme une insupportable daube ce qu'un des autres jurés estime suffisamment digne d'intérêt pour vouloir le visionner jusqu'au bout... Là, vous en profitez pour faire un peu de tri dans vos papiers, vous préparez les projections suivantes ou changez de position en essayant de ne pas vous endormir.
Inversement vous pouvez obliger vos camarades à se farcir un film qui vous titille pour une raison que vous avez du mal à définir alors que les deux autres ont levé la main depuis un bout de temps et soupirent ostensiblement pour le cas où vous ne l'auriez pas vu.
Je me souviens que ça a été le cas pour 58 pages de Aline Helmcke, étudiante du Royal College of Art, j'étais fasciné par le concept et le caractère hypnotique du film, mais au milieu de 40h de projection, vous imaginez ce que ce type de film peut produire comme effet. Notez que j'ai bien aimé mais pas au point de le proposer dans la sélection.

Avec la fatigue, au bout d'un moment c'est carrément des fous rires, des grognements indignés ou des mini-siestes dont vous avez du mal à émerger, enfilant les films qui suivent dans un brouillard dont seules d'exceptionnelles qualités peuvent vous sortir.



Mais il faut avouer, hélas, que la majorité des films est digne d'intérêt et qu'il a bien fallu les voir à peu près tous...
La sélection est donc réalisée petit à petit, au fil des programmes. On fait deux listes :
- la liste « sure » (les débats se passent en anglais pour faciliter la compréhension d'Alik) dans laquelle on place tout de suite les films qui emportent le suffrage des trois jurés, voir ceux pour lequel le juré réfractaire a su se laisser convaincre facilement.
- ensuite on a la « maybe-list », comprenant les films qui emportaient les suffrages de deux jurés sur trois ou d'un seul mais spécialement convaincant lorsqu'il essayait d'en expliquer les qualités.

Les films sont proposés au comité dans leur ordre d'arrivée au festival et comme les écoles envoient souvent les films en groupe, on a des brochettes de films de la même école ce qui a probablement pour effet que le jury en sélectionne moins, surtout pour les écoles réputées. De toutes façons, consciemment ou non, nous étions d'accord pour essayer de panacher les provenances, écoles et nationalités, parce qu'on considère que c'est la force du festival d'Annecy de proposer un panorama international, pas seulement européen, de ce qui se fait dans l'enseignement du cinéma d'animation. Nous nous sommes donc restreint à deux ou trois films par grandes écoles alors qu'on aurait probablement pu les représenter plus. C'est surement difficile à entendre pour des étudiants de ces formations, d'autant que les films sélectionnés ne l'ont pas forcément été sur des critères d'excellence technique mais parce qu'ils ont su toucher trois individus dans le contexte précis de la projection, mais c'est l'ordre des choses, la règle du jeu parfois arbitraire de l'évaluation.
La composition des programmes a été faite la dernière demi-journée, le samedi matin, chaque juré ayant passé la soirée précédente seul, révisant ses choix et préparant les débats.
Les débats ont été un peu plus tendus mais quand même assez rapides. Les concessions ont été faites de part et d'autres et le choix final arrêté. Alik a posé son Joker sur un film, Marianne et moi n'avons pas usé du notre et les programmes ont été composés en prenant en compte les impératifs de projection (réunir les films en 35mm dans un même programme).

Et la tautologie ?
Mon impression sur les films proposés ?
Comme je l'ai exprimé maladroitement (ça m'énerve de sortir des mots comme ça, ça fait pédant, je me déteste, mais c'est plus fort que moi... l'exercice de l'interview est vraiment très ingrat), j'ai tout de même été surpris de constater que les films 3D n'étaient pas une majorité comme je l'aurai pensé. La 2D a encore de beaux jours devant elle, même si elle est de plus en plus numérique bien sur.
Surpris aussi de voir la grande proportion de films asiatiques et surtout Coréen ou Taiwanais. Impressionné par la qualité et la variété des films de l'école finlandaise polytechnique de Turku.
Comme l'a dit Marianne il faut aussi avouer que les films d'étudiants ne sont pas très marrants, peu exploitent le genre de l'humour et on a plutôt des thématiques post-ado aux symboliques lourdingues ; mort, malaise, mutation, sortie de l'enfance, univers sordides...
Parmi les thèmes récurrents on a noté au moins une douzaine de films qui présentaient un conflit entre des êtres rouges et bleus (parfois jaunes et violets...), un ensemble de films mettant en scène des oiseaux, des champignons (??), au moins trois sur la disparition des ours blancs, un usage abusif des rayures et poussières au compositing, des bruits de battements de cœur ou de narrateurs en voix off.
Je regrette de n'avoir pas eu l'occasion de voir les films de l'ENSAD de cette année ou de ne voir que quelques films de Supinfocom, tous oubliés maladroitement. Mais on a quand même vu un paquet de belles choses et notamment beaucoup qui ne seront pas montrées, je trouve que c'est une chance d'avoir pu voir comme ça un panorama de l'enseignement du cinéma d'animation dans le monde et je ne remercierais jamais assez le festival de m'avoir donné cette chance.



Des films oubliés ? Un paquet bien sur, dont surtout Guerre naïve ou Passion ski que j'aurai aimé voir faire partie de la sélection mais comme beaucoup d'autres finalement donc je n'ai pas spécialement de regrets.

Des coups de cœur ?
Oh oui... Je vous conseille vraiment Zachte Planten, film belge d'Emma DE SWAEF qui est mon vrai coup de coeur de cette semaine, un film étonnant, poétique, serein, salutaire dans le monde actuel. J'ai aussi beaucoup aimé Rabbit Punch de Kristian ANDREWS (UK), Ojidaia de Vera MYAKISHEVA (Russie), Touchdawn of the dead (voir la news en page d'accueil), Volgens de Vogels de Linde FAAS (Pays bas), Yankee Gal et Gary, exceptionnelles productions de Supinfocom. Il faut aussi voir I Live in the Woods! de Max WINSTON (US), une claque violente et drôle.

Des conseils ?
Amis étudiants, ne sous estimez pas une bonne communication. Remplissez correctement les renseignements, en choisissant avec soin ce qui y est dit... Évitez les remarques fumeuses genre « réflexions sur la vie et la mort » alors que vous proposez un film dans lequel un lapin fait du kungfu avec un renard. Vous rigolez mais j'exagère à peine. Certes le film finit par parler de mort et de vie mais pensez surtout à ce qui singularise votre production des autres, ce qui en fait un film dont on se souviendra, une image clé. Vérifiez aussi vos gravures, les DVD qui patinent ou sautillent c'est pénible. Envoyez vos films vous même, même si ça fait doublons.
Sinon continuez de nous étonner !

Donc cette sélection ?
Bonne forcément, excellente même. En fait je pense surtout qu'elle est variée, en technique, en thèmes, en genre. Il faudra l'aller découvrir au festival, moi en tout cas ça sera toujours ça que j'aurai déjà vu...

J'espère juste que je ne me ferais pas casser la gueule par des troupes d'étudiants dépités de n'avoir pas été sélectionnés... T'façon c'est pas ma faute, c'est les deux autres qui ont fait n'importe quoi, moi je l'aimais beaucoup votre film.