Annecy 2009
Je prépare Annecy 2010 !
Par Tony, dimanche 14 juin 2009 à 22:06
Je suis rentré chez moi...
Vendredi matin, pour une fois, je me suis bien débrouillé. Je suis arrivé tôt à Bonlieu, je n'avais pas prévu de voir de séance et comptais rédiger un compte-rendu. Mais voyant qu'il y avait la queue à la billetterie pour Brendan et le secret de Kells, je m'y suis glissé dans l'idée que je pourrais éventuellement (re)voir ce film si je ne trouvais rien de mieux à faire. La distribution de billets a commencé plus de vingt minutes à l'avance et j'en ai eu un très rapidement. Une idée me vînt alors, celle d'échanger ce billet contre un autre pendant qu'il était encore valable. Au point d'échange de billets, il y avait pas mal de monde qui cherchait une place pour Mary and Max, Je me suis positionné dans un coin et j'ai attendu patiemment, jusqu'à ce que quelqu'un échange sa réservation contre une autre et que je ne m'en empare un quart de seconde après. Je suis donc allé à l'espace presse, pour la première fois, et j'ai rédigé mon compte-rendu. Ceci fait, mon amie et consoeur Cobayanim m'a signifié un peu tard qu'elle et d'autres de mes amis avaient une réservation pour les courts-métrages en compétition 5 à 21h et que je devais échanger ma réservation pour ceux de 14h si je voulais aller avec eux. Là encore j'ai fait le guet, et très vite j'ai vu une personne qui avait le billet que je voulais dans sa main, elle demandait ce qu'il y avait pour 14h et sembla déçue de la réponse, je tentai donc de lui proposer le mien, et le tour était joué : elle cherchait les courts-métrages à 14h contre ceux de 21h et moi l'inverse. Plus tard dans la journée j'ai recommencé l'opération pour que Cobayanim puisse également voir Mary and Max, cette fois il y avait une personne qui déclarait posséder l'objet de mes désirs mais attendait de pouvoir l'échanger contre la séance qu'elle espérait voir. Je tentai vainement de lui échanger contre un billet qu'elle aurait pu échanger tout aussi bien, mais elle préférait attendre au cas où elle n'aurait rien et qu'elle irait voir quand même Mary and Max. Lorsque enfin quelqu'un arriva avec ce qu'elle cherchait, les différents billets sont passés de mains en mains en un rien de temps. J'avais donc mes réservations pour la journée : LMC10 Mary and Max 18h Grande salle, CMC5 21h Grande salle et FE4 23h (j'avais cette dernière depuis le début). Pour la plupart des séances, il n'y a pas vraiment besoin de réservations, mais je pense que j'ai bien fait d'en prendre une pour Mary and Max car il y avait beaucoup de monde qui voulait le voir. Quant aux courts-métrages en compétition 5, c'était la séance de toutes les promesses et pour laquelle je ne voulais pas risquer le moindre retard. Mais je parlerai de ces séances plus tard, car avant de m'y rendre, il y en a eu une autre à laquelle je me suis rendu sans réservation.
Courts-métrages hors compétition 3
De cette séance j'ai donc retenu : How People got fire, de Daniel Janke. Je n'aime pas beaucoup l'image d'une personne âgée qui raconte une histoire à des enfants, c'est d'une mièvrerie insupportable. C'est dommage parce que c'était presque intéressant sinon, la narration surprenante de la gamine avec ses "NOW !", l'animation en rotoscopie, et puis le titre... Et finalement c'est juste une vieille qui régurgite le conte de quelques uns de ses ancêtres, ah les bonnes vieilles valeurs qui se perdent... Ensuite il y a eu JAM, de Mirai Mizue. Elle avait déjà un film hors compétition à Annecy l'année dernière, beaucoup plus long mais avec les mêmes créatures bizarres. Cette fois, on voyait les milliers de créatures envahir l'écran et se superposer à toute vitesse, ce qui avait son petit effet visuel. Madagascar, carnet de voyage, de Bastien Dubois... hum... C'est un carnet de voyage en film d'animation, assez étonnant avec le mélange des techniques et très beau. La 3D permet de véritablement rentrer dans le paysage et de renforcer la sensation de voyage, les notes de carnet et les dessins mettent en place une forme de narration poétique et dépaysante. Dans l'officiel on peut lire : "le parcours d'un voyageur occidental confronté aux coutumes malgaches, notamment à la Famadihana". Je n'aime pas le mot "occidental" qui, de mon point de vue, ne correspond à aucune réalité, je l'associe à la théorie du "choc des civilisations" et j'éprouve une gène face à des films qui semblent davantage fascinés par l'exotisme d'une culture que par son universalisme et ce qu'elle dit de l'humanité. Madagascar ne rentre pas vraiment dans cette dérive, mais il y a quand même une idée de confrontation avec l'autre, d'être un étranger, et peut être aussi l'idée d'un apprentissage initiatique, ce qui est une autre de mes petites allergies obsessionnelles. Thé noir, de Serge Elissalde, m'a fait penser qu'il était effectivement terrifiant de boire du thé. J'ai cru comprendre que ce film au graphisme proche de caricatures de presse se moque quelque peu de ceux qui s'en rendent compte, ce n'est pas très gentil.

Madagascar, carnet de voyage, Bastien Dubois
Mary and Max.
Un très beau film qui met en scène la correspondance d'une jeune fille australienne avec une espèce de cas social new yorkais. Ils ont tous les deux plus ou moins une vie de merde (enfin c'est ce qu'en disaient ceux qui étaient avec moi dans la salle) et échangent leurs expériences. Certains ont trouvé que c'était un film triste mais pour ma part je l'ai trouvé plutôt joyeux, je ne dis pas ça à cause de l'humour sarcastique qui enveloppait chaque événement tragique de leurs vies, car cela ne me faisait pas vraiment rire, mais simplement parce qu'il m'a semblé que le film arrivait à l'aboutissement logique de cette démarche singulière initiée par Mary, les deux personnages y trouvent leur accomplissement. C'est une belle histoire d'amitié intergénérationnelle, drôle et touchante, et en plus c'est bien réalisé. Il faut dire aussi que je pouvais m'identifier assez facilement à Max et à ce genre d'amitiés étranges entre deux personnes isolées.

Mary and Max, Adam Elliot
Courts métrage en compétition 5
J'ai finalement eu mon coup de coeur d'Annecy 2009 : décerné à Retouches, de Georges Schwizgebel. On y découvre une suite d'images animées qui se transforment de façon poétique, par association d'idées ou abstraction, et s'enchaînent au rythme d'une très belle musique au xylophone (ou quelque chose comme ça). C'est donc un film ludique et pleins d'imagination et j'adore ça, il aurait dû gagner le grand prix. Un réalisateur que j'aime beaucoup, Ivan Maximov, passait juste après avec Dopolnitel'nye vozmozhnosti pyatachka (oui son grand défaut c'est de faire des titres que je retiens jamais). Bref on voyait un petit cochon évoluer dans un monde bizarre avec pleins de créatures marrantes, et gonfler des ballons avec son grand nez. La séance commençait donc très bien et se poursuivait avec Regarder Oana de Sébastien Laudenbach, dont j'avais manqué le début lorsqu'il était passé au forum des images. C'est un beau film, sensible, animé au banc titre, avec un texte fort (à lire et écouter), sexuel, fétichiste, excessivement possessif en amour et un peu dégoûtant. Lögner est un film sur le mensonge en trois parties, trois témoignages, avec des éléments découpés, du dessins et de l'infographie, un rendu original pour chaque partie et une grande qualité narrative. El empleo, qui était l'année dernière dans la séance des films plus ou moins engagés, citoyens etc. en même temps que Monsieur Cok, était en compétition cette année. On y voit un homme qui va au travail dans un monde ou les gens sont utilisés comme des objets. J'ai profité de ce que j'avais déjà vu Wallace et Gromit pour dormir un peu en fin de séance.

Retouches, Georges Schwizgebel
Films de fin d'étude 4
J'ai failli rater cette séance parce que Cobayanim et d'autres étaient partisans de ne pas y aller et de faire la fête quelque part. Finalement, après hésitation, j'ai quand même été la voir et j'ai très bien fait. Presque tous les films étaient intéressants, notamment La collection, de Keren Albala, qui était joliment dessiné et montrait une fille enquêter sur la désintégration de son monde en papier. Homeland, de Juan de Dios Marfil Atienza, avait un côté miyazakiesque mais devenait de plus en plus étonnant et très émouvant à la fin. Himawarisou, de Minako Matsuda, brillait surtout par la qualité de ses aquarelles et ses couleurs vives et contrastées...

La collection, Keren Albala
Bref le festival avait gardé le meilleur pour Vendredi. Le lendemain je n'ai vu qu'une séance, très sympa aussi : La valse des tangos, avec entre autre le magnifique Her morning Elegance (en fait pour ces séance il faut chercher sur internet pour me rappeler de tous les films alors je vais me contenter de dire que c'était très bien ^^). Le reste du temps j'étais à la plage ou dans un bar, et le soir j'ai fait la queue pour la cérémonie de clôture avec Cobayanim et Kataplonk.
Serge Bromberg est arrivé en spationaute suspendu par des cables sur un décor lunaire (mais en considérant qu'il y a des arbres sur la lune). Nous étions au troisième rang juste en face de l'endroit ou s'asseyaient ceux qui recevaient un prix. J'ai pu prendre plein de photos, et j'ai filmé aussi : Vidéo babass
Dimanche matin je me suis baladé sur la plage, puis au marché avec Cobayanim et j'ai traîné ma valise jusqu'au train... Ce n'est qu'en arrivant que j'ai découvert qu'il y avait une poignée rétractable cachée dans une poche à fermeture éclair qui m'aurait évité bien des efforts inutiles, enfin bref... L'année prochaine, ce sera les 50 ans du festival d'Annecy et cela promet des séances mémorables... En plus le film de Cobayanim sera peut être sélectionné, au moins hors compétition, et même si je n'y crois pas trop, mon film de fin d'étude aussi...
Festivals suivis

Commentaires
1. Le mercredi 17 juin 2009 à 19:11, par pyr
2. Le lundi 7 septembre 2009 à 13:03, par Major
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