Annecy 2010
Vendredi
Par Tony, vendredi 11 juin 2010 à 21:36

La séance des courts métrages 5 était sûrement l'une des meilleures de la semaine, et pas seulement parce qu'il y avait love patate et le silence sous l'écorce. Ca a commencé par roku-jyo to yo-jyo-han, un film japonais en volume dont j'ai pas tellement compris l'histoire, sans doute parce que je devais penser à autre chose en même temps, mais je me souviens que j'avais aimé les poupées semi-réalistes avec de très jolis vêtements. Zhila-bila mukha était intéressant aussi, j'ai vu des documentaires sur les mouches et j'ai toujours trouvé qu'elles n'avaient vraiment pas la vie facile, les animaux en général vivent dans une grande misère (ainsi que la plupart des êtres humains) mais pour les mouches c'est vraiment terrible (heureusement qu'elles n'en ont probablement pas tout à fait conscience), et c'est bien de faire un film qui leur rende hommage, enfin pas pour les mouches bien sûr, mais c'est une façon d'évoquer la vie. Il y avait le nouveau film de Mirai Mizue : Playground, les mêmes petites créatures que dans les précédents, en dessin sur papier itou, très joli. Teclopolis valait le coup d'oeil également, j'ai pas trop suivi le scénario et j'ai bien fait parce que ça avait l'air d'une fable écolo pour décroissanteux ridicule, mais j'ai adoré les constructions à partir de claviers d'ordinateur et l'animation des souris et autres quincailleries informatiques. La séance s'est terminé avec le film d'Andréas Hykade, Love & theft, des transformations de visages de personnages de dessin animé au milieu de l'écran en rythme avec la musique, il en ressort une espèce de beauté mathématique ^^

J'ai vu Los extranos presagios de leon prozak, je m'attendais pas à grand chose, et j'ai été très agréablement surpris. J'ai pas complètement compris l'histoire parce que c'était sous-titré en anglais et que ça allait parfois un peu vite mais grosso modo c'est un artiste qui loue ses services (sa tête) dans un cirque et le film est une suite d'explorations plastiques au travers d'à peu près toutes les techniques possibles, évoquant je suppose les numéros de cirque qu'il conçoit. Mais ce n'est pas simplement une séquence, une autre, puis une autre, avec à chaque fois une technique différente, les séquences sont entrecoupées de dialogues avec le directeur du cirque et de pseudo-réflexions sur l'art et on va et vient entre la peinture, la rotoscopie, le papier découpé et n'importe quoi, n'importe comment, ce qui donne un certain rythme. D'habitude dans ce genre de film contemplatif flirtant avec l'abstraction, on finit par s'ennuyer, bailler, même quand on aime ça, mais là vraiment je ne me suis pas ennuyé, ça m'a captivé jusqu'au bout parce qu'il y avait vraiment une très grande poésie qui se dégageait à travers les différentes propositions, hésitations et recherches qui se profilaient dans le film.

De la séance des films d'étudiant 4, j'ai surtout retenu sobachja poschadka, une suite de scènettes dans un parc où les gens promènent leurs chiens (très stylisés) et où il y a une espèce de poubelle mobile qui ramasse les petites boules que chient les chiens et les oiseaux... Ca m'a beaucoup rappelé les films d'Ivan Maximov, et au générique j'ai cru voir son nom à un moment (note : j'ai vérifié il a participé à la direction artistique). Par contre l'histoire des fientes de pigeons et crottes de chiens, je trouvais ça un peu lourdingue au bout d'un moment.
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