Annecy 2010
Eligibles, crédibles et Pénibles
Par Cé, samedi 12 juin 2010 à 14:29
J'ai vu trois programmes de compétition court métrage que j'ai complété avec des projections individuelles au MIFA selon mes envies et les rumeurs que j'ai pu capter.
Plutôt que de faire un détail comme j'ai pu le faire les années précédentes, je vais jouer les madame Soleil et faire trois catégories, les Eligibles, ceux que je verrais bien avoir un prix, les Crédibles, ceux qui peuvent en avoir, et les pénibles, ceux qui m'ont ennuyés et que je n'aimerai pas spécialement voir élus.
Eligibles.
Sinna Mann de Annita Killi, Norvège, 20mn
Histoire d'une grande force qui raconte l'histoire d'un jeune garçon confronté aux accès de violence de son père. C'ets raconté avec candeur et effroi, dans une technique de papier découpé et de bricolage sensible qui évoque Norstein. C'ets
superbe, même si je trouve que la fin est un peu candide.
Old Fangs d'Adrien Merigeau et Alan Holly, 10'58, Irlande
On en a parlé quand il a été visible en ligne. C'ets vrai que sur grand écran le film est encore plus beau. J'ai apprécié l'ironie et la maîtrise de ce film oedipien, surtout étant donné le jeune age du réalisateur, français émigré en Irlande depuis 5 ans. Je verrais bien le film avoir le prix de la première œuvre
Jean-François de Tom Haugomat et Bruno Mangyoku, 5,45, France
Un géant, champion de natation, inhibé et phobique de la foule, revis en flashback des défis qu'il se lançait quand il était jeune nageur dans la mer. Beau film qui pourrait disputer au précédent le prix JL Xiberras.
Hand Soap de Kei Oyama, 16mn, Japon
Une histoire lente et longue qui a comme thème l'adolescence et la puberté. Une famille japonaise, le fils et la fille, c'est angoissant de lenteur et de silences, cru, charnel, tactile. On y voit un univers grisâtre, des inserts de boutons d'acné, de pénis flottant dans l'eau d'une baignoire, de grenouille disséquée émergeant d'une flaque de liquide séminal. Etrange et envoûtant, assez fidèle retranscription de cet ennui et de la bizarrerie de la puberté selon ce que je peux me souvenir.
La Femme Squelette de Sarah Van den Boom, 9'07, France
Ça n'est pas parce que je connais l'auteur que je le mets dans cette catégorie, le film m'a vraiment surpris et touché par son approche originale et singulière du conte dont il est l'adaptation. C'est une belle interprétation des doutes et des choix d'une femme à la quarantaine. Il y a des images très fortes, la femme squelette, perdue dans les fonds sousmarins devient l'image de cette femme noyée dans son quotidien qui cherche à retrouver le souffle de son existence. Je crois que le film a eu un accueil très favorable. Graphiquement le film est aussi très beau, une réussite.
Fröken märkvärdig & Karriären, de Joanna Rubin Dranger, 30mn, Suède, Danemark et Irlande
Long film adapté d'une bande dessinée de 230 pages parue en 1999 en Suède. Ça raconte les débuts dans l'existence d'une jeune fille, ses angoisses de ne pas parvenir à satisfaire les ambitions d'un père disparu, le rapport aux autres et à sa propre production. C'est un film sur la réussite personnelle et professionnelle, le ton est assez juste, le film est en noir et blanc, reprenant fidèlement le graphisme original, ce dont est très satisfaite la réalisatrice.
Zhila-Bila Mukha, Alena Oyatyeva, 13, Russie
L'initiation d'un jeune mouche par sa tante expérimentée. Nourriture, danger, écosystèmes. J'ai cru pendant tout le film avoir des taches sur mes lunettes, le film est traité en touches picturales, c'est pourtant précis et quasiment cartoon mais on a des scènes qui sont parfois plus tachiste qu'impressionnistes. Les couleurs sont superbes, le film est beau et séduisant, il m'a porté.
Love patate de Gilles Cuvelier 13mn, France
Je ne pense pas que le film soit en palmarès mais il a emporté un auditoire qui, il faut bien le dire, était acquis. Défini par son auteur comme une farce macabre, Serge Bromberg a bouscule un peu le réalisateur qui ne s'est pas trop laissé démonter. Le film est triste. J'ai trouvé intéressant d'apprendre qu'il est inspiré de lecture comme Maupassant et qu'il a été conçu sans animatique ni storyboard et avec des écritures multiples.
Love&Theft, Andreas Hykade, 6'49, Allemagne
Avec les moyens de projection de la grande salle, le film d'Hykade prend toute sa force. L'auteur a voulu célébrer sa joie d'animer, son envie de sortir des carcans traditionnels des productions industrielles avec leur méthodologie contraignante. Il s'est basé sur un rythme de 8 images et a animé de façon empirique mais en 24 images par seconde et en se souciant tout de même du rythme de son film. C'est un travail virtuose, bel hommage à une culture variée, il évoque le travail de Mix, d'hybridation, envisageant même une version longue pour du Vijing.
Crédibles
Films que je trouve crédible pour figurer dans le palmarès.
Love Mouse, de Shinsaku Hidaka, 13mn, Japon
Délire cartoon d'une souris amoureuse d'un fromage. Intéressant, notamment au niveau sonore.
The Lost Thing, 15, Andrew Ruhemann et Shaun Tan, Austrelie et GB
Un homme trouve un truc sur la plage. Un gros truc en fonte genre cocotte géante rouge avec des tentacules et des pinces à clochettes qui dépassent. Il ne sait quoi en faire et le recueille. Mélancolique et amusant dans son coté non-sense. 3D lisse. comme Passion Picture sait le faire. Première oeuvre donc éligible aussi pour le prix.
Light Forms de Malcolm Sutherland, 4mn, Canada
Je l'avais mis en news, c'est joli et séduisant.
The cow who wanted to be a hamburger, Bill Plympton, 6mn, US
Un film avec une nouvelle manière, stylisée et graphique, avec un contour très noir, plus graphique et donc pas pour me déplaire. Et un fond très classique de la part du grand Bill, caustique, drôle, à la morale un peu bizarre. Il ne faut pas croire la publicité, il ne faut pas quitter sa maman ?
Le silence sous l'écorce, de Joanna Lurie, 11mn, France
On l'a vu sur le net, joli film, belle ambiance. Premier film.
Pénibles
Halala.. difficile de débiner toujours mais selon moi les plus difficiles à vivre ont été :
Two rooms 6 mn, Atsuko Nagashima, Japon
Un couple s'installe dans un deux pièces, ils se séparent, elle déménage. Houa.
Nespavanje ne Ubija de Marko Mestrovic, 9mn, Croatie
Des graphitis sur les murs, 3D cell-shadée de combats de catch, avec un mec qui déblatère un texte imbitable au son nasillard d'un téléphone. Sensé parler de rêves. Quelconque.
Crash Bang Wallow, de Jonathan Dunleavy, 4' GB
La vie d'un cascadeur-né. Une histoire assez drôle mais pas spécialement originale, un graphisme patatoide qui m'insuporte.
Recordare de Leonardo Carrano 7mn, Italie
Carpaccio d'homme sans huile d'olive. Le réalisateur a récupéré les clichés du condamné à mort découpé en tranche il y a dix ans, repris par ordinateur pour proposer des coupes différentes au son (trop fort) du Requiem de Mozart. Huitième volet d'une série censée illustrer l'intégralité du Requiem, Recordare est supposé convoquer le passé du condamné. J'ai trouvé ça assez gratuit même si l'image est fascinante. Mais de toutes façon, il suffit de mettre le Requiem sur n'importe quelle image, j'ai pris ça comme une démarche publicitaire et ça.. ça tue.
Je t'aime de Mamoru Oshii, 11mn Japon
Un basset perdu dans un univers urbain déserté. Il cherche quelq'un pour jouer à la baballe. Une sorte d'ange trompette cybernétique apparait et flingue tout mais le chien s'en sort. Le symbolisme éthéré du maître japonais m'a simplement ennuyé.
Red-End and the seemingly symbiotic society de Robin Noorda et Bethany de Forestn 15mn, pays bas
Des araignées en plastique construisent une ruche de sucre pour faire éclore une population de sauterelles bipèdes dévastatrices. Si si.. je vous jure que c'est ça... en stopmotion sur fond de musique éléctronique
Ce fut quand même une sélection variée, dense, de qualité, mais pas spécialement drôle, peu de films m'ont fait rire mais c'est pas spécialement grave. Le jury risque de se chamailler étant donné sa grande variété et ses origines stylistiques et éthiques très variées.
A suivre ce soir.
+ c
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Commentaires
1. Le lundi 14 juin 2010 à 16:20, par Lamartine
2. Le lundi 14 juin 2010 à 23:11, par sarah
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