Festivals divers
Anima & Etiuda Krakow
Par snakeonwall, dimanche 28 novembre 2010 à 20:14
Que peut bien apporter un festival d'animation polonais (couplé de court-métrages qui plus est) en cette fin d'année? Je pense que la plupart des films (50 en compétition) ont pu être vu à Annecy 2010, ou même en 2009 pour certains. Néanmoins, on a eu droit au petit dernier des frères Quay ainsi qu'à la présentation des britanniques Joanna Quinn et Paul Bush.
En ce qui me concerne, la bonne surprise c'est que j'ai largement préféré les courts, polonais, tchèques ou ukrainiens aux autres.
Et puis c'était mon premier festival alors ça fait plaisir (et Cracovie est une ville super)!

THE MASK / MASKA, real. Brothers Quay, Polska, Wielka Brytania/Poland, UK, 2010, 23’
J'ai lu quelque part que c'est à la suite d'une demande de l'institut polonais de Londres que les Quay se sont lancés dans l'adaptation de la nouvelle fantastique éponyme de l'écrivain polonais Ladislaw Lem. Aussi, bien décidés à utiliser une très grande poupée (sur la photo) comme personnage principale, ils ont dû changer leurs habitudes de travail car leur studio était trop petit pour accueillir des décors à l'échelle de la poupée et ont beaucoup travaillé sur fond bleu. Je ne sais pas si c'est du fait de toutes ces contraintes, mais je n'ai pas vraiment accroché. Leur style saute aux yeux mais rien de nouveau sous le soleil: les mêmes effets de brillance surréalistes, le même genre de personnages, poupée à tête en céramique, mante-religieuse horrible et magnifique à la fois...
Joanna Quinn en action.
Alors on a pu voir la quasi-totalité de ses films et pub (dont certaines pour du papier toilette pas piqué des hannetons) et ça met plutôt en forme. C'est le cas de le dire: des formes qui débordent de partout, des soutifs et des caleçons, son premier film GIRLS NIGHT OUT en 86 annonçait déjà bien les choses... Elle est sympa comme tout et marrante, mais assez stressée de devoir faire une petite anim finale en live. Ce qui n'est pas sans raison puisque sa "marche" s'avérera être une horreur. On en dira pas plus, elle a elle-même reconnue être publicly humiliated. On t'en veut pas Joanna c'était très chouette.
Le premier jour pas grand chose d'affriolant, sauf: TO BECOME FIRM de Stepan Koval (Ukraine, 2009, 16’). L'histoire d'un petit gars à tête de plastiline, qui devient grand et se fait maltraiter par les choses de la vie: bébé on lui ferme sa bouche, garçon sa mère lui fait tirer des couettes, amoureux sa copine lui modèle la tronche façon Ken, au boulot son boss lui invente une demi-douzaine de bras... A la fin le vent, lui tire la barbe du menton et il fini en statue. Une belle adéquation entre le fond, la forme et la technique à mon avis.
Le soir, retrospective Oskar Fischinger. Le genre de truc assez dur à tenir après ces quelques cinq heures de projection d'affilées........ J'ai particulièrement aimé le seul film un tant soit peu figuratif: SPIRITUAL CONSTRUCTIONS qui commence par la phrase: "I have the strange feeling that the whole world is drunk". Cooool.
Paul Bush grattant la pellicule.
Personnellement je ne connaissait pas du tout son travail et je dois dire que ça m'a pas mal plût. Il a beaucoup insisté sur le fait que sortant d'une école d'Art son travail a probablement été très influencé par le Minimalisme, car c'était la seule ligne de conduite tolérée dans son école. Son premier film, HIS COMEDY (1994), est une adaptation de l'Enfer de Dante à partir des gravures de Gustave Doré qu'il animait et auxquelles il ajoutait de la couleur en grattant plus ou moins profondément le celluloïd (hors de question d'ajouter autre chose que la pellicule elle-même, ça c'est pour le côté minimaliste) et en fonction du type de film cela peut aller, suivant la profondeur de l'entaille, du vert au jaune et du bleu au rouge si je me souviens bien (photo). Ces films suivants sont uniquement de la pixelation: un JEKYLL AND HYDE (2001), où deux acteurs se partagent chaque couple d'image, image par image, ce dont résulte un effet épileptique qui en jette pas mal, mais plutôt effrayant. Dans le même genre, WHILE DARWIN SLEEPS (2004), pixellation de quelques milliers de spécimens entomologique.
Retrospective Len Lye. Hmmm pas beaucoup plus boostant que Fischinger, sauf que cette fois le néo-zélandais Roger Horrocks et là pour présenter sa biographie de Len Lye, ART THAT MOVES (2009) principalement faite de reconstitutions. C'est pas mal, ça montre bien le génie du personnage et aussi son décalage par rapport au reste du monde, un côté "autiste" assez surprenant. Et puis quelques vues sur des sculptures cinétiques conçues par lui et dont je n'avais jamais entendu parlé.
Les Coups de Foudre du Dernier Jour:

SWIMMING POOL/BASEN, real. Aleksandra Hetmerová, Czechy/Czech Repblic, 2010, 6’34’’

ESTERHAZY, real. Izabela Plucińska, Polska/Poland, 2009, 25’

DANNY BOY, real. Marek Skrobecki, Polska, Szwajcaria/Poland, Switzerland, 2010, 10’
J'ai aussi beaucoup aimé LA FILLE & LE CHASSEUR (Jadwiga Kowalska) et IN A PIG’S EYE (Atsushi Wada).
A propos de cette bonne ville de Krakow (les projections ne se tenant qu'à partir de 15H au plus tôt, c'est quand même bien d'avoir quelques belles choses à voir), il y a un musée de la pharmacie super-chouette, avec reconstitution de pharmacie ancienne, grenier servant de séchoir à plantes médicinales et laboratoire d'alchimiste (on est pas en Europe de l'Est pour rien) ainsi qu' un musée de la photo avec des chambres photographiques et des lanternes magiques éééénormes. Et ils sont très peu fréquentés, je vous les conseille tous les deux.
Allez une photo pour le plaisir.

Musée de la pharmacie, Cracovie
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