Moins volubile que d'habitude Bill Plympton a projeté lors de la séance qui lui été consacrée ses dernières productions à différentes étapes de production. Et comme il en a toujours plusieurs en cours il y avait de quoi faire.



Certes le réalisateur américain a quand même entrecoupé les projections de petits conseils ou anecdotes sur sa façon de travailler, et il avait comme fidéle assistant son tableau sur lequel en deux-trois minutes il exécute ses personnages cultes.



Commençant par la Pin Up qui a failli le faire renvoyer de l'école jusqu'au Chien star de plusieurs de ses derniers courts et finissant par les deux personnages principaux de son prochain long métrage Cheatin'.

Il a aussi profité de l'occasion pour rappeler le Dogme Plympton, comme il aime l'appeler, pour faire un film qui aura du succès: Short-Cheap-Funny.

Court. C'est moins de 5 minutes pour Plympton. Toute la série des Dog fait d'ailleurs 5'. L'idée est bien sur de faire efficace et ne pas laisser aux spectateurs le temps de s'ennuyer.

Pas cher. Plympton est indépendant. Il n'a aucune subvention et il travaille sur ses fonds propres (vente de ses films, pubs ou clips ...). Il fait donc attention à chaque dollar dépensé. Ainsi pour La Vache qui voulait devenir un hamburger n'ayant pas assez d'argent pour payer un compositeur et une personne pour faire les effets sonores. Il décide donc de demander au compositeur de créer une musique qui fasse toute la durée du film.

Drôle. Plympton fait ses films avant tout pour le public, il a besoin de cette reconnaissance. Et il sait qu'il a plus de chance de l'avoir en faisant des films drôles. Ainsi même quand il tente de faire des films plus "sérieux" comme Idiots and angels ou La vache ... il ne peut s'empêcher de glisser des moments comiques. Bien évidemment comme l'a rappelé Plympton c'est un dogme qui fonctionne si vous voulez avoir du succès avec vos films et rapporter de l'argent, pas des films qui marquent (il a cité Ryan qui a gagné l'oscar en face de son Guard Dog)

Mais comme je vous l'ai dit Plympton a surtout montré des films lors de cette soirée. Alors c'était quoi le programme ?

Tout d'abord l'animatique complète du prochain court mettant en scène le Chien.



Commentant son animatique (qui n'en avait pas vraiment besoin tant elle était simple et claire) on sentait l'énorme plaisir de Plympton à faire ses films, rigolant souvent des situations qu'il décrivait.

Il était très intéressant de voir les changements qu'il voulait faire au film après cette première animatique que ce soit au niveau du titre (de Customs Dog à un Cop Dog plus percutant) en passant par le rythme du montage ou même de la fin.

Le film raconte l'histoire du Chien qui accompagne cette fois-ci un policier des douanes dans un aéroport. Le chien en reniflant des valisess découvre de la drogue dans l'une d'elle. Il va essayer d'en informer le policier, mais celui est bien trop occuper à draguer une hotesse de l'air pour l'écouter. Le Chien va alors essayer de se débarrasser de la drogue lui même en faisant tomber sur la valise des haltères. Mais sa tentative échouant, le trafiquant réussit à récupérer sa valise et commence à s'enfuir. Poursuivi par le chien, la valise s'ouvre et laissant la drogue s'envoler dans l'aéroport. Ce qui a pour conséquence non seulement de provoquer une certaine folie chez les personnes présentes mais aussi de les pousser à faire l'amour.

Pendant ce temps là la course poursuite se poursuit dans un avion. Là aussi la drogue continue à s'échapper de la valise provoquant les mêmes effets chez les passagers que dans l'aéroport. Bien sur le personnel de bord est touché aussi. L'avion décolle mais le pilote est trop occupé avec une hotesse pour le piloter. Le Chien se voit donc obliger de piloter lui-même l'avion afin de le faire atterir. Il y arrive au péril de sa vie, finissant en remplacement de l'une des roues de l'avion ...

Mais l'avion redécolle (euh je sais plus pour quelle raison j'avoue) et finit par s'écraser dans l'aéroport clouant au mur (avec son nez) le policier (même si Plympton nous a dit qu'il allait changer cette fin et c'est le trafiquant qui se trouvera à la place du policier ...).



Après ça nous avons eu droit à 11 min de Cheatin' son prochain long. Certes l'extrait était encore très rough mais il permettait de constater cette nouvelle orientation un peu plus sérieuse du cinéma plymptonien. L'Histoire raconte l'histoire de deux amants qui s'adorent mais qui suite à une infidélité d'un des deux vont essayer de s'entretuer par tous les moyens. Il faut donc s'attendre à un retour au thèmatique plus sexe et violence des films de Plympton qui l'ont rendu célèbre: I Married a strange person et Mutant Aliens mais avec un style plus proche d'Idiots an angels. Le réalisateur confiant qu'il veut faire un gros travail sur les lumières pour ce film.



On a eu aussi droit à la projection de quelque chose de curieux. Plympton est un grand fan de Winsor McCay et il a décidé de restaurer le dernier film connu du réalisateur de Gertie: The Flying house.

Mais plus que de le restaurer il a décidé de le rendre plus "accessible" en supprimant les bulles qui apparaissaient pendant le film, et qui paraot-il rendait le film difficile à suivre, pour les remplacer par des dialogues et de coloriser une partie du film (notamment les décors).

Dans la version que l'on a vu, qui n'est certes pas fini, on a du mal à comprendre vraiment l'intrevention de Plympton, car à part ce que je vous ai cité plus haut, elle est loin d'être évidente. Le panneau clamant "A film by Winsor McCay and Bill Plympton" est donc surprenant et même un peu dérangeant.

De la soirée c'est sans doute le film le moins convaincant qu'a proposé Plympton.




Pour finir il a de nouveau montrer Guard Dog, Global jam qu'il avait montré lors de la soirée d'ouverture et dont Cé vous a parlé.

Enfin pour finir pas vraiment car Plympton avait annoncé que tout le monde aurait droit à un dessin gratuit. Les gens se précipitaient donc devant le stand certains repartant avec les DVD dédicacés qui étaient vendus par la même occasion. La fameuse méthode Plympton lui permettant, comme il le disait pendant la soirée n'ont pas d'avoir une voiture luxueuse ou un grand appartement, mais de pouvoir financer ses nombreux (trop?) projets.




Au final une soirée qui comme souvent avec Plympton aura ravi les adeptes de son cinéma (quoi que certains étaient déçus de ne pas l'avoir vu animer ou plus parler de son travail) et laisser froid les plus sceptiques.