La section C'est du belge est l'un des moments importants d'Anima car elle présente le meilleur de la production nationale de l'année.

D'un coté les films d'origine belge, de l'autre les films du reste du monde. On pourrait évidemment se dire qu'en ne confrontant pas les films belges avec le reste des films internationaux, le festival ne joue pas le jeu d'une vraie compétition. Mais si pour vous le principe de compétition n'est pas important, ce qui est mon cas, alors ces séances permettent chaque année de faire un vrai point puisque ce sont presque 30 films qui sont montrés chaque année.

Ces séances, comme pour la séléction mondiale, présentent aussi bien les films de professionnels que les films d'étudiants. Alors quels sont les films intéressants de la sélection de cette année ?

Les films produits par une société belge étant eux aussi admis dans la sélection on retrouve donc des films produits par Arnaud Demuynck et réalisés par des réalisateurs français comme Vasco de Sébastien Laudenbach ou La Femme à cordes de Vladimir Mavounia-Kouka.

En ce qui concerne les réalisateurs belges, il y a la confirmation du très beau travail de Rémi Durin. Avec L'Aiguillage oublié, le jeune réalisateur nous raconte histoire d'un aiguillage qui aurait été construit par les suisses pendant la seconde guerre mondiale pour conduire les trains allemands dans le Rhin en cas d'une attaque. Un aiguillage qu'on n'a pas retrouvé.

Dans ce film Rémi Durin utilise un noir et blanc lui permettant de jouer avec des beaux effets de lumière créant une atmosphère "fantastique" renforçant le mystère autour de ce train. Et la réalisation est particulièrement soignée, comme pour ses précédents films. Par contre si les 4 minutes du film permettent de créer une atmosphère, j'aurais pour ma part bien aimé que cette histoire très intéressante à découvrir soit un peu plus développée.

Dans deux styles complétement différents, Biodiversity de Toon Loenders et Rétrograde de Bram Algoed (de l'école du Kask), grace à un univers visuel assez fort réussissent à nous transporter dans leurs univers respectifs d'assez belle manière et dans un format assez court, les deux films faisant moins de 3 min.


Surement à suivre le travail de Yoann Stehr, étudiant à La Cambre. Il réalise avec Contre, tout contre un film très abouti au niveau visuel, pouvant faire penser un peu à Fast film, car reprenant des visuels de films différents pour les mélanger. Avec un véritable sens du rythme et du montage des différentes images, j'ai été un peu moins convaincu par la direction du film allant au final dans beaucoup de sens différents.

Onderrok de Jade Pepper (KASK) est un très joli film en grande partie réalisé avec des tissus et qui raconte l'histoire d'un garçon trimballés entre les jupes de plusieurs femmes. Un film jouant sur le mouvement des robes, créant une dans proche de l'abstraction.

Autre film jouant, mais là de manière plus franche avec l'abstraction: Cléo's boogie de Caméra etc.

Une histoire assez traditionnelle, deux musiciens en tapant sur des objets du quotidien se souviennent du temps où ils accompagnaient une chanteuse de jazz. Ce qui est intéressant dans le film c'est qu'après un début très classique le film devient donc abstrait (rappelant en cela le film Hell's Kitchen réalisé à l'EMCA). Très proche du cinéma de McLaren, j'ai trouvé ce passage abstrait un peu long et donc finissant par provoquer un déséquilibre dans le film. Mais le film reste très agréable à voir.

Deux films pour moi sortent un peu plus de cette sélection qui m'a, je dois l'avouer, un peu déçu.

Kin de Daniel Colin, Alain Essanga et William Henne pour Zorobabel

Beaucoup de films belges chaque année traitent des problèmes des pays africains et notamment les films réalisés au cours d'atelier ou des films d'écoles. Quelques fois intéressants ils sont souvent en fait très faibles au niveau du discours développant une vision finalement souvent assez simpliste.

Ici au contraire on nous parle de la compexité des choses. La corruption, l'argent reçu de l'étranger, l'entraide et aussi le recyclage des choses. A travers des histoires de personnes se croisant dans les rues de Kinshasa c'est une petite partie du quotidien d'un pays africain qui s'ouvre à nous.

Le dernier film est un film de deux étudiants de La Cambre Les Arbres naissent sous terre de Manon et Sarah Brûlé (bon elles ne sont pas belges mais l'école oui:)

Le film montre de manière très subtile des personnes se rendant à des funérailles. Un montage montre alternativement des personnes différentes (jeune femme, famille ...) effectuer les mêmes actions (préparation du voyage, voyage, arrivée) et leurs différentes réactions. Arrivant petit à petit sur les lieux ils vont finir par se retrouver un par un devant la porte où est le corps de la personne décédée. Au moment de l'ouverture de la porte le film devient abstrait laissant chacun d'entre nous emplir cet espace abstrait par nos propres sentiments. Un très très beau film.

A noter aussi lors de la première séance nous avons eu le plaisir de découvrir un film fait dans une école il y a 25 ans. Un film réalisé dans le cadre d'un cours d'histoire et racontant la vie des Cromagnons. Plutôt réussi au début, le film est un peu long (12 min) et devient un peu potache vers la fin. Mais il n'en reste pas moins très agréable à voir et puis la surprise c'était que l'équipe des réalisatrices/teurs étant présents sur scène. A peine âgés d'une dizaine d'années à l'époque devenus adultes certains d'entre eux travaillent aujourd'hui dans l'animation. Une belle façon de montrer l'importance de l'éducation à l'image (que ce soit sous forme d'analyse ou ici pratique).