Annecy 2012

Parenthèse annecyenne


Cette année je n'ai pu venir que 2 jours à Annecy, ne pouvant me libérer d'obligations professionnelles. Jusqu'au dernier moment je parlais même de ne pas m'y rendre du tout, mais l'envie fut plus forte. Je pris donc mes billets de train à la dernière minute et trouva des solutions d'hébergement à la volée : une nuit par ci, une nuit par là, avec en prime un transfert d’accréditation et les séances réservées qui vont avec. Avec l’habituelle système d'échange, j'étais assurée de voir les séances que je souhaitais. Cet aller-retour peut paraître ridicule, car il est évident qu'en 2 jours on ne peut pas profiter d'un évènement de cet ampleur (on a déjà du mal à tout faire quand on est là pour la semaine!). Pourtant je ne regrette pas cette escapade : j'ai passé 2 jours exquis. Et puis, rien que pour la ballade à vélo le long du lac entre Bonlieu et l'impérial, ce petit instant de plénitude où on peut admirer le Pâquier sous le soleil et la couleur magnifique de l'eau, où la brise est agréable et le temps comme suspendu... Rien que pour ce petit plaisir le voyage vaut le coup :)

Oui je viens parler de soleil, car arrivée Vendredi matin, le temps pluvieux se changea bientôt en temps estival, ce qui me permit de profiter des terrasses et même de la plage. Ma première baignade de la saison eut lieu dans le lac, Samedi matin, juste avant le Pic-nic des Fous. Revoir les montagnes et me croire déjà en vacances me plaisait (et Annecy ne serait pas Annecy sans la carte postale), mais je venais principalement pour voir des festivaliers que j'ai peu l'occasion de croiser dans l'année, et ce fut avec plaisir que je retrouva amis et connaissances, à la lumière du jour ou dans la pénombre du café des arts.

Le soleil, les rencontres... et les films alors? J'ai tout de même trouvé le temps de faire 5 séances : des court-métrages en compétition et en panorama ainsi qu'une séance de film de fin d'études à 23h dans la grande salle, pour profiter une dernière fois de l'ambiance de Bonlieu avant sa fermeture. Je n'ai pas pu juger de la sélection dans son ensemble, j'ai vu du bon et du moins bon, comme tous les ans. Certains films m'ont touché, intéressé ou émue : Edmond était un âne (Franck Dion), Junkyard (Hisko HULSING), Ursus (Reinis PETERSONS) ou encore Bao (Sandra DESMAZIERES). J'ai également apprécié découvrir les dernières productions de grand noms comme Ivan Maximov, Piotr Kamler ou Georges Schwizgebbel. Par contre je n'ai pas été sous le charme d'Oh Willy... comme la grande majorité des spectateurs, le film me perdant en route et me laissant perplexe, malgré sa beauté. Je n'avais alors pas vu le futur grand prix, Tram de Michaela Pavlatova, que j'ai découvert la semaine dernière au Forum des images lors des séances spéciales festivals, avec The Pub de Joseph Pierce et The Centrifuge Brain Project de Till Nowak. L'ambiance parisienne quasi religieuse contrastait avec l'atmosphère des salles festivalières. Cette année encore les avions et les cris animaliers étaient au rendez-vous, avec parfois des débordements malheureux sur le début des films.

Samedi soir avait lieu l'habituelle cérémonie de clôture, show assez ridicule avec des mise en scènes kitsch, qui a peu d’intérêt quand on connait déjà le palmarès (grâce aux indiscrétions des journalistes). Sauf quand on connaît les primés! Et nous voulions tous assister à la montée sur scène de Franck Dion, mention spéciale du jury. Cette soirée marquait également le départ de Serge Bromberg en tant que directeur artistique et il se vit remettre un cristal d'honneur pour ses 14 ans de service devant une salle debout. Cette séparation n'en est pas vraiment une puisqu'il restera l’un des visages de la manifestation et qu'on devrait le revoir dès l'année prochaine. Le Samedi soir fut une soirée de fête, la meilleure que je connus à Annecy. Nous avons pu tous entrer à la réception donnée au pied de l'Impérial grâce à des invitations chapardées par ci par là (cela contraste avec l'année où nous avions fini dans un bus!). Et une fois dedans, nous avions une table privée où affluait les amuse-bouches et les bouteilles... La joie était sur tout les visages, l'équipe d'Edmond savourait le prix comme il se doit et la nuit fut courte ;)

Annecy 2012

AAA et café-croissant en bonne compagnie


Annecy, son festival chaleureux, ses apéros improvisés à toute heure, ses pique-niques sous un soleil de plomb… cette année se sont ajoutées à cette liste très raccourcie les matinées "café-croissant" organisées par l'Atelier d'Animation d'Annecy ou AAA au cinéma Les 4 Nemours, et animées (sic) par l'inénarrable Alexis Hunot alias Zewebanim, activiste de l'animation qu'on ne présente plus ici. C'est ainsi que durant quatre matinées - soit du mardi 5 au vendredi 8 juin, les festivaliers et autres curieux étaient conviés à partager un café, puis à écouter Alexis interroger ses invités et visionner quelques extraits ou films choisis au préalable - chaque discussion étant suivie d'un court échange avec le public, qui s'est bien souvent prolongé à l'extérieur du cinéma, sous les arcades ou sous un parapluie.

La première matinée était axée sur le thème "Les écoles d'animation en France". Les invités étaient : Marcel Villoing pour Gobelins école de l'Image, Bernard Gabillon pour le DMA de l'ESAAT de Roubaix, Laurent Pouvaret pour La Poudrière, Jean-Pierre Denève également pour le DMA de l'ESAAT, et enfin Marie Paccou pour le DMA de Cournon d'Auvergne. Je ne reviendrai pas sur les différents cursus, modalités d'entrée et autres spécificités de chaque formation représentée, puisque qu'on peut trouver ces informations via le site du RECA ou Réseau des écoles françaises du cinéma d'animation.

Après un bref descriptif de chaque établissement, les intervenants ont abordé entre autres le thème de la "couleur" des différents DMA existant actuellement dans l'hexagone - leurs différences dans les programmes, la pédagogie et le choix des intervenants, et également leurs atouts. L'échange était illustré par la projection de bandes démo d'élèves, et par des témoignages d'étudiants ayant intégré plusieurs écoles d'animation à la suite. Laurent Pouvaret de la Poudrière est revenu sur le cursus de cette formation puis ce fut au tour de Yan Volsy, compositeur et intervenant dans cette école d'aborder le travail de collaboration professionnel/étudiant - les films d'une minute des élèves de première année furent projetés - dont "Nos mains se souviendront" réalisé par Marine Blin également conviée autour de la table (mais qui s'était lavé les mains avant). Enfin, la discussion autour de cette école-phare a permis à Benjamin Renner de rejoindre les invités, lui-même ancien élève de la Poudrière, et co-réalisateur avec Vincent Patar et Stéphane Aubier du long-métrage d'animation très attendu Ernest et Célestine dont la sortie est programmée pour décembre 2012. Il est revenu sur son beau parcours depuis la sortie des études jusqu'à aujourd'hui.

Nos mains se souviendront

Le mercredi matin, Alexis avait choisi le thème central de "l'animation indépendante au Japon", épaulé par l'incroyable Ilan N'Guyen, historien du cinéma d'animation japonais. Après avoir synthétisé son propre parcours en une phrase (une phrase stylée "Ilanien"), Ilan a commencé à expliquer les origines de l'émergence d'une production d'animation indépendante au Japon dans les années cinquante (rejet des critères commerciaux, désir de collaborer au-delà des frontières… pour résumer d'une manière éhontée) et pour illustrer son propos, on a pu voir des films tels que Love de Yôji Kuri (1963), réalisateur qui fut le porte-étendard de cette nouvelle alternative. Furent également projetés ou simplement cités : Ne cassez pas les branches (1968) et House of Flame (1979) - le dernier film d'une trilogie autoproduite réalisée par Kihachiro Kawamoto. Puis Ilan a abordé une partie de la carrière de l'incontournable Koji Yamamura, avec visionnage de Amefuri Kumanoko (2010), un délicat hommage à Norstein, puis de Anthology with Cranes (2011) dans lequel l'artiste met en scène les figures d'une peinture de paravent du 17e siècle. Suivirent ensuite deux épisodes d'une adorable série éducative pour la NHK adaptée de textes du poète Arthur Binard, Colors et Shapes (2011). La discussion autour du travail de Koji Yamamura se terminera avec le beau "Muybridge's Strings" (2011) qui est la première collaboration de l'ONF avec un auteur japonais, et qui d'après Ilan, marque un tournant dans le travail de ce réalisateur.

Love

House of Flame

Anthology with cranes

Muybridge's strings

Puis c'est la directrice du master d'arts plastiques spécialisé en cinéma d'animation de l'Université des Arts de Tokyo, Mitsuko Okamoto, qui vint répondre aux questions d'Alexis, et nous présenter cette formation très prometteuse : ouvert en 2008, ce master est axé principalement sur le court-métrage avec également des cours de manga, de sound design ou d'infographie (avec des enseignants comme Koji Yamamura). La directrice, qui est une ancienne productrice, enseigne également aux étudiants à être autonomes et les accompagne dans leur confrontation à la réalité économique de la production. La formation se déroule sur deux ans, avec réalisation d'un film par an par étudiant, dont plusieurs vraiment très aboutis furent projetés. Enfin, avant de fermer la boutique, Alexis nous présenta un trailer de deux minutes d'un film réalisé par Akinoh Kondo, KiyaKiya.

Kiya Kiya

Les petits déjeuners du Nemours se poursuivirent en début de matinée du jeudi par un très intéressant échange avec Jean-François Laguionie et Anik Le Ray, respectivement réalisateur et scénariste du long-métrage Le Tableau, sorti en salle en novembre 2011 et qui explore le thème de la création. Après avoir survolé sa longue carrière et abordé avec Anik Le Ray certains points du travail de scénario, Jean-François Laguionie a expliqué à l'auditoire attentif la manière dont il aborde la fabrication d'un film, court ou long : il travaille sans réel story-board, avance "sans trop réfléchir", laisse parler "son ventre, son coeur, ses mains", et utilise des petits croquis libres qui ne sont pas dessinés dans des cases, pour monter une "animatique sauvage" sur lesquelles il va ajouter les voix principales - au cours de l'échange avec le public, on apprendra notamment qu'à ce stade précis, Jean-François Laguionie n'a pas encore déterminé la technique employée pour le futur film. Il insistera sur l'importance de l'animatique comme outil de communication avec les producteurs. A titre d'exemple, Jean-François Laguionie nous a fait le plaisir de dévoiler un grand nombre de ses "croquis d'animatique" de son futur long-métrage Louise en hiver.

Le Tableau

C'est Theodore Ushev qui vint prendre la suite de Jean-François Laguionie, et dont l'interview a tout autant régalé l'auditoire il me semble. Theodore Ushev, né en Bulgarie en 1968, est réalisateur, animateur, illustrateur bref un "plasticien multimédia" - son travail est étroitement lié à la musique, pas uniquement sur le mode d'une visualisation graphique de la musique en elle-même, mais dans le but d'en créer quelque chose de spontané, de puissant qui dépasse la "simple" illustration sonore (c'est ce que j'ai compris). Après avoir passé (trop) rapidement en revue ses débuts de carrière d'artiste aux multiples talents exercés sur de multiples supports - il a notamment expérimenté des animations dans Flash 1.0, Theodore Ushev a raconté à l'auditoire comment son affiche pour le festival d'Ottawa 2009 avait bizarrement créé la polémique par son style expressionniste qui avait plus ou moins choqué la "frange conservatrice de l'animation", comme on peut le lire sur ce blog par exemple… les commentaires des lecteurs offusqués sont juste effarants. Suivirent quelques extraits de films réalisés par l'artiste : Tower Bawher (2005), considéré par l'auteur comme son premier film professionnel, et qui a lancé à l'ONF une nouvelle vague de films abstraits et expérimentaux ; Drux Flux (2008), un film ensuite repris et détourné par les internautes. En effet, Theodore Ushev, croit au mouvement du copy left ou pour le partage, l'échange et la libre modification des oeuvres, où les artistes apprivoisent les idées et les travaux des autres, car il considère que n'importe quel réalisateur a démarré en citant ou en détournant l'oeuvre d'un autre artiste d'une manière ou d'une autre, pour en ressortir une création originale et personnelle…vaste et intéressant débat. Au sujet de l'incontournable Lipsett Diairies (2010), qui entraîne le spectateur dans les sombres méandres de la maniaco-dépression dont souffrait Arthur Lipsett (cinéaste canadien d'avant-garde), Theodore a insisté sur la nécessité de se sortir d'un tel film, pas tant du point de vue de la longue fabrication mais plutôt à cause de la gravité du thème abordé. Pour terminer sur ce sujet, il a raconté une anecdote témoignant de l'atmosphère étrange qui flottait autour du film : lors de son travail de recherche de documents biographiques, Theodore Ushev a découvert qu'il avait vécu à Montreal dans un immeuble dont l'un des appartements avait été occupé par Arthur Lipsett lui-même bien des années auparavant. Alexis a ensuite questionné l'artiste sur l'une des composantes majeures de son oeuvre, la musique ; on a pu visionner un court extrait de Yannick Nézet-Séguin : No Intermission (2010), un court-métrage biographique mêlant documentaire et animation abstraite, puis Demoni un clip réalisé par Theodore Ushev en 2012 pour le groupe bulgare Kottarashky & The Rain Dogs.

Tower Bawher

Drux Flux

Lipsett diaries

Demoni

Alexis avait ensuite convié pour la première partie de la séance du vendredi Morad Kertobi (responsable courts-métrages au CNC) et Olivier Catherin (producteur des 3 Ours) pour discuter de la production du court-métrage d’animation aujourd’hui en France. Je n'étais pas présente à ce moment-là ; ceci dit, vous pouvez retrouver l'entretien ici sur le blog des AAA (je crois que d'autres enregistrements sont également disponibles mais je n'en ai écouté aucun pour l'instant). La séance se poursuivit par l'arrivée de Mirai Mizue et Shin Hashimoto, deux réalisateurs japonais indépendants. Pour le premier on a pu visionner Fantastic cell (2003), un court-métrage d'animation abstraite dans lequel des formes élémentaires qui ressemblent à des croquis dessinés au téléphone dansent sur une musique de Tchaïkovski (l'auteur est un grand amateur des animations Disney et en particulier de Fantasia du moins lorsqu'il le dessine à l'époque), puis un extrait de Playground (2010) plus orienté sur la recherche du mouvement et aussi le trailer de Modern N.2, en compétition cette année à Annecy. Ensuite ce fut le tour des films de Shin Ashimoto : The Undertaker and the Dog un beau film de fin d'études réalisé en 2010, animé à l'encre et à l'atmosphère étrange, puis un court extrait de Beluga, un film sans financements (l'autoproduction est le modèle économique de son travail de réalisateur) et également sélectionnné en compétition à Annecy 2012. C'est ainsi que fut abordé le CALF, un regroupement d'auteurs japonais indépendants dont le logo est un quadrupède sans tête (calf signifie veau) et qui m'avait intriguée lors de la projection la veille. Ce collectif agit depuis 2010 comme un label à l'intérieur duquel s'érige la volonté de mutualiser les moyens entre plusieurs auteurs japonais indépendants. Les objectifs visés par la création de ce collectif sont : la volonté de faire connaître les travaux de leurs auteurs au-delà de l'archipel nippon, le désir d'entrer dans d'éventuelles coproductions internationales, et la possibilité de bénéficier de financements plus importants de manière à voir l'aboutissement de leurs travaux. Situé à Tokyo, le studio CALF fabrique également des spots publicitaires et des programmes pour la télévision, ce qui permet le financement de films personnels.

Fantastic cell

Modern n.2

The undertaker and the dog

Enfin, pour clore cette semaine en beauté, Franck Dion est venu nous parler de son film Edmond était un âne - le film allait être projeté en compétition l'après-midi même (mais flou) - ce qui ne lui aura finalement aucunement porté préjudice, puisque quelques temps plus tard nous célébrions son Cristal à l'Impérial, voir le post de Florentine ci-dessus. :-D Ce dernier court-métrage dionesque coproduit par l'ONF et Arte se déroule à New-York autour de l'année 1968, et le personnage principal minuscule est littéralement submergé par les immenses rayonnages d'archives - l'étagère étant un thème graphique récurrent cher à Franck Dion depuis son Inventaire Fantôme. Alexis a également montré un très court extrait d'une archive INA de "Claude Sautet sur la difficulté de faire un film" ; pour Franck la difficulté de faire un film, c'est "tenter de rester libre dans sa création cinématographique malgré la réalité économique" de ce secteur - dont on discute très régulièrement dans le forum de fousdanim - ce qui a permis à Franck de rebondir et de nous parler d'une part de l'important travail réalisé par Papy3D Productions dont il est l'un des membres, mais aussi de sa collaboration avec Pierre Caillet, l'un des vieillards du collectif ;-) Et pour être sûr de finir la matinée en retard (sic), Alexis nous a montré un film d'Em Cooper, Emergence qui d'après ce que j'ai compris, est une performance mêlant peinture animée et composition musicale de Jim Perkins.

Edmond était un âne

Emergence

En résumé, ces quatre rencontres "café-croissant" ont été à l'image d'Alexis : pleines de curiosité et de passion, avec un trait d'humour, le tout sur le ton de la convivialité et de la courtoisie qu'on lui connaît bien. Si l'évènement nécessiterait sûrement quelques petits ajustements en termes de programme/timing et d'environnement matériel, ce fut un véritable succès pour une première ; et après avoir remercié une dernière fois l'équipe de AAA et bien-sûr Alexis pour tout ce travail accompli, souhaitons vivement que cette riche expérience soit reconduite et développée dans les éditions à venir.

Ci-dessous, un croquis-patchwork-à-l'arrache qui résume ma semaine d'Annecy ;-)

Annecy 2012

Palmarès & Bilan


C'est donc un palmarès équilibré et assez logique avec Tram de Michaela Pavlátová qui obtient le grand prix ainsi que le prix Fipresci. Si la réalisatrice - bien qu'émue - semblait regretter de devoir être primée pour une oeuvre qu'elle considère comme un peu mineure dans sa filmographie, le prix est mérité pour son humour et son dynamisme au milieu de films plus lourds ou obscurs. On peut l'associer au prix du public qui va à Second Hand de Isaac KING, public qui élit souvent un film léger et humoristique.



L'autre évènement c'est évidemment la seconde place, prix spécial du jury, à Franck Dion pour Edmond était un âne, superbe et mérité. Youhouuuu !



Reste quand même un grand absent ; Oh Willy... de Emma DE SWAEF et Marc James ROELS dont les incroyables qualités ont déjà été primées ailleurs mais que j'aurai aimé voir révéler aussi par Annecy.

Notons sinon en long métrage le prix pour Le Voyage de monsieur Crulic de Anca Damian, une mention spéciale à Arrugas de Ignacio Ferreras et un prix du public pour Couleur de peau : miel de Laurent Boileau et Jung Henin. En film de commande, Pierre-emmanuel Lyet a été primé pour son film sur le Droit de suite, pour le reste je vous invite à aller voir la page officielle du festival.

Le dernier élément du palmarès, exceptionnel, c’est le cristal d'honneur qui a été réalisé spécialement pour Serge Bromberg. Son remplaçant, Marcel Jean, était à la cérémonie pour le passage de relais.

Et sinon : qu'en était-il de cette première sélection nouvelle formule ?

Bin je dois bien avouer avoir trouvé qu'elle tenait plutôt la route, ni mieux ni moins bien que les années précédentes. Peut-être que la fournée annuelle était exceptionnellement bonne et que la sélection en a récolté les bénéfices, allez savoir... C'est sur qu'il y avait des films incongrus : le Daffy Duck était un peu déplacé au milieu des films japonais expérimentaux, on a senti un peu plus qu'avant une envie de mélange de genres et de techniques. Certains ont regretté qu'il n'y ait pas plus de films français, mais c'était un français qui s'exprimait, ce genre d'avis n'a donc qu'un intérêt relatif.
J'ai apprécié cette édition pour ses rencontres, les films, le plaisir de retrouver des sensations familières et plaisantes, les glaces en fin de soirée... Au passage les personnels étaient souriants et aimables, le site web du festival très réactif et bien fichu... Bon.. il y a eu moins de fêtes où s'incruster, le wifi du Bonlieu était exaspérant de lenteur, il y a eu des petits soucis de projection, des micros qui ne marchaient pas, un temps pourri mais dans l'ensemble rien d'exaspérant.

L'an prochain sera une édition spéciale : hors les murs du Bonlieu, avec un nouveu délégué artistique et toujours ce principe de sélection interne. On prend rendez-vous pour l'an prochain, du 10 au 15 juin 2013.

Annecy 2012

Voila c'est fini


ça y est le palmares est tombé (avec entre autre Edmond est un âne de Franck Dion (PAPY 3D) mention spécial du Jury), Bromberg à annoncé son départ et son remplaçant, la soirée d'après cérémonie de cloture est passée...
Mais je voudrais quand même parler de 2 ou 3 courts-métrage vu en programme hors compétion (anciennement panorama)

tout d'abord un film de paul Bush (dans le programme 4) Lay Bare



De la pixilation faite avec des macrophotographies sur de la peau, des visages,des parties du corp humain très sympa visuellement et bien rythmé.
On pourrait se dire ca fait un peu pub Benetton, mais en fait non on se laisse entraîner et ca à un coté très beau même ca un bout de peau en macro ou des poils ca n'a rien de ragoutant mais mis bout a bout toutes ces images nous parle on se reconnait forcement dans un type de peau ou une pilosité.

Sinon dans le style expérimental il y avait Une seconde par jour de Richard Negre




Le principe même du film est intéressant : faire un seconde par jour (25 images) pendant un an. Au niveau animation se sont des formes abstraites géométriques qui se déforment et se reforment sans cesse avec en bas de chaque dessin la date du dessin avec un tampon comme pour affranchir le courrier ce qui est rigolo c'est que pendant 3 semaines au mois d'aout on voit des feuille blanches (et on se dit tient il était en vacances en cette période).
Finalement c'est le film qui racontre la vie de l'auteur plutôt que l'inverse. Du coup moi qui fait mes films à raison de 3h par semaine hors vacance scolaire dans une structure je me rend compte que j'utilise malgré moi un peu la même façon de travailler que lui qui laisse du temps entre chaque plan/dessin pour imaginer changer d'idée..

Une autre dans cette séance était sympa Timber de Adam Fisher aussi en pixilation



Je vous mets le pitch parceque je ne peux pas pas expliquer mieux :
L'auteur se sert de ses propres ressources pour faire un film sur nos ressources naturelles. Il coupe, rase, arrache sa barbe et sa tignasse pour nous rappeler que nous devrions mettre un terme à nos pratiques irresponsables en matière d'exploitation et penser davantage en termes de développement durable.
Dans le programme 1 (hors compet) il y avait The Maker de Christopher KEZELOS




Film en stop motion avec un univers très chouette une espece de bestiole voit un sablier se mettre en route et on le voit se mettre à fabriquer un personnage à son identique. On se dit il est seul et cherche à se faire une poupée ami et à lui donner la vie mais a la fin du sablier la poupée prend vie mais lui disparaît et la nouvelle bestiole voit le sablier se mettre en route et doit elle aussi se mettre a fabriquer une bestiole a son identique..
En gros il passe leur courte existance a fabriquer leur descendance avant de mourrir eux même a la naissance de celui ci j'ai trouvé que c'était une belle allégorie sur la vie, à noter que dans cette sceance il y avait le nouveau Paul Driessen Oedipus.




Un homme qui enleve sa tête pour dormir se fait assassiner par l'amant de sa femme et a partir de là tout le film est a l'envers pour comprendre le cheminement de la prémédiation de ce meutre par contre en fin des séance un film chinois de 20 minutes qui parle de la Révolution culturelle chinoise qui m'a fait penser que j'aurais du partir avant...
Annecy 2012

seeeeeeeeeerge !


C'est donc officiel : après quatorze années à occuper différents postes au sein du festival d'animation d'Annecy, Serge Bromberg passe la main et laissera ce soir la fonction de Délégué artistique du festival à une autre personne.
Avant Annecy, je connaissais surtout Serge Bromberg comme présentateur de l'émission Cellulo sur la cinquième chaîne. J'ai eu l'occasion de l'approcher un peu lors du travail de sélection auquel j'ai participé à Annecy et j'ai découvert un homme charmant, accessible et d'une compagnie incroyablement agréable, quand bien même mon tempérament presqu'exactement inverse me le rende très intimidant.

Serge c'était l'interface avec le public, avec les auteurs et les studios. On lui a reproché son coté un peu chien fou énervant, ses questions provocantes, son attitude tour à tour Auguste et Clown blanc, parfois un peu lourdingue, sa fascination pour les productions mainstream d'outre atlantique notamment disneyiennes. Mais c'est surtout une personnalité reconnue pour ses compétences, ses connaissances, son aisance avec le public et les auteurs, sa diplomatie et sa gentillesse. Il était la personnalité la plus visible de ce festival et c'est indiscutablement une page qui se tourne.
C'est vrai aussi que ce dynamique délégué a aussi une boite de production, Lobster Films puis Steamboat films, spécialisées dans les films anciens, qu'il est directeur de collection chez Arte Video, c'est aussi un réalisateur de documentaire, primé notamment avec un césar pour son film sur Clouzot, c'est un des responsables de la restauration et du documentaire du Voyage dans la Lune de Georges Mélies, pour ne citer que son activité récente. On sait que s'il abandonne sa fonction au Citia, il n'en abandonne pas pour autant le festival qu'il fréquentera sans avoir la poche qui vibre à coup d'appels téléphoniques toutes les deux minutes. On ne peut que lui souhaiter de réussir dans ses projets et espérer que le festival d'Annecy conserve son enthousiasme sans le plus enthousiaste de ses représentants.

Annecy 2012

Cafés et jus d'orange, version 5.0


Derniers petits déjeuner de cette édition, de quoi glaner les informations complémentaires aux projections. Cependant la formule est un peu victime de son succès, dix réalisateurs étant présent, on arrive à un quota de six minutes d'entretien par film. Quand on compte en plus les temps de traductions pour les réalisateurs non anglophones, ça devient effectivement assez court pour aller au fond du processus de réalisation qui fait l'objet de ces échanges.

Finissons donc :
Aalterate, Christobal avec Oliveira, séance de l'avant veille : film qui explore la psychés d'un femme. Absence volontaire de narration interprétable librement, l'auteur parlant du principe de mutation. Le film se prolongera en exposition, installation…

Provheti Sund avec Rao Heidmets en anglais hésitant et au vocabulaire assez réduit. On a quand même compris que le film avait nécessité deux années de production avec trente personnes (notamment au tricotage des marionnettes) avec seulement deux animateurs.

LI LI TA AL avec Akihito Izuhara. La langue du film est volontairement incompréhensible : elle est imaginaire… Difficile de le savoir à l'avance pour une audience occidentale pour qui le japonais a tous les attributs d'une langue imaginaire. Quoi qu'il en soit le réalisateur semble avoir voulu faire une expérience proche du jeu vidéo dans lequel il travaille aussi, ce qui a permis à Serge Bromberg de sortir une ou deux âneries sur le domaine.

Una furtiva lagrima avec Carlo Vogele. Référence à des souvenirs d'enfance, le père du réalisateur étant amateur d'Opera. Ça l'a amusé de faire chanter des poissons, muets par nature, dont la physionomie n'exprime pas d'émotions et avec lesquels il est difficile de rentrer en empathie. La réalisation a quand même été assez éprouvante au niveau culinaire et hygiénique, les acteur nécessitant d'être oint d'eau ou d'huile pour qu'ils paraissent un tant soit peu frais…

Waiting for her sailor de Bill et sa femme. Une illustration du dogme plymptonien : Short, Cheap & Fun. L'idée date de 1999 quand Bill produisait de petits films pour internet avant que cette économie ne s'avère improductive. Sa femme a déniché le concept et les dessins dans les cartons et l'a donc finalisé. Leur prochain projet commun est un bébé, façon d'annoncer au monde entier qu'ils attendent un petit Lucas… Si si…

Junkyard, avec Hysko Hulsing. Habitant Amsterdam le réalisateur a commencé à fumer de l'herbe à 13 ans, il a eu une expérience psychotique à 17 et a décroché ensuite. Mais pas mal de ses copains ont continué dans la drogue dure et ce film est une sorte d'évocation de ces souvenirs même si l'auteur affirme qu'il n'a pas voulu transmettre de message particulier. Le réalisateur ressemble d'ailleurs assez étonnament à ses personnages... Il est conscient des clichés que véhiculent son film sur l'environnement et l'éducation. Le film a été produit sur cinq ans, le réal vivant de travail de storyboard dans la publicité.

Das haus de David Buob. L'auteur avait cette envie de réaliser un film en plan séquence. Je n'ai rien noté de plus, je crois que j'étais un peu distrait.

Beluga avec Shin Hashimoto. Le réalisateur est venu avec sa productrice qui finance le collectif dont il fait partie avec Mirai Mizue, en compétition aussi. Je suis rassuré parce que le réalisateur a dit qu'il n'avait pas non plus encore compris le sens de son film. Il a déclaré que tout était imagination. Nous voila rassurés…

Kali avec Regina Pessoa. La réalisatrice, contrite, a commencé à s'excuser pour la projection foirée de la veille, visiblement mal à l'aise. Serge Bromberg a expliqué les procédures du festival, identiques à celles de Cannes. Bref, impossible de savoir qui on doit pendre mais c'était fâcheux et c'est surtout les réalisateurs dont les films étaient projetés en 35 mm (10 seulement cette année) qui étaient déçus de voir leurs oeuvres "trahies". Sinon… Mme Pessoa a parlé de la crise et des problèmes qu'elle avait malgré sa petite notoriété à réunir les fonds pour faire ses films. D'où la multiplication des co-producteurs et financiers sur Kali. Elle était chagrinée et quasiment indignée en disant que le CNC portugais ne lui donnerait peut-être pas cette année d'aide à l'écriture pour son prochain film. Les cuistres...
Sinon, Kali a été réalisé entièrement numériquement, sur Photoshop CS4 à la Cintiq. Des passages sont en 3D retouchés.

Edmond était un âne avec Franck Dion. Franck a parlé du travail d'écriture qui a été assez long et du montage financier qui a été assez facile : produit par Papy3D, le film a intéressé Arte puis l'ONF qui sont entrés en coproduction. Avec une référence lointaine à Bartleby, the Scrivener de Melville, histoire d'un employé de bureau, selon Franck, Edmond est surtout un âne dans un monde l'étalons, le cadrage cinémascope contribuant à isoler ce petit personnage dans un immense décor.

Ayé, c'est donc fini pour de bon pour cette édition. J'ignore ce que deviendront ces petits déjeuner du court métrage. Même s'ils sont toujours insuffisant pour approfondir le travail des réalisateurs, je continue de les trouver intéressants pour expliciter les films vus la veille.



Les photos sont dans l'ordre d'apparition.

Annecy 2012

Le Lorax


Je n'ai pas grand chose à dire sur ce film, que j'ai trouvé plaisant mais simpliste. C'est une histoire morale sur l'écologie et le remord.
Un jeune capitaliste idéaliste décime une forêt pour produire un machin en tissu. Il se lie avec les animaux et l'esprit des arbres, le Lorax, génie moustachu qui le morigène sans cesse. Mais aveuglé par l'appât du gain il provoque une catastrophe écologique qui transforme le monde en désert aride, fait fuir les animaux et le Lorax, ami déçu. Beaucoup plus tard, un jeune garçon d'une ville en plastique cherche à replanter un arbre pour séduire son écolo de copine. Mais le petit capitaliste qui dirige la ville en s'appuyant sur son industrie d'air pur ne le voit pas de cet oeil.
Exploitant très bien la technique du relief, le film se laisse voir mais on sent bien que l'histoire, adaptée d'un livre du Dr Seuss, a été étirée sur la longueur.



Le film était présenté par les réalisateurs Chris Renaud et Kyle Balda et par Pierre Coffin qui faisait partie de l'équipe. Ils ont présenté en avant première la bande annonce de Moi moche et méchant 2 et un court métrage de Pierre Coffin : deux créatures squash&stretch se fourrent les doigts dans les trous et ne parviennent pas à se les en sortir. Bof…

Annecy 2012

Dédicaces


En vrac : Bill Plympton, Sephy (Romain Pergod), Pascal Campion avec, derrière, Boulet et Nicolas Liguori en bas, qui fait un peu peur mais qui est très gentil en vrai.

Annecy 2012

Zewebanim au Nemours


Je n'ai pas trouvé le temps de m'y rendre mais heureusement que d'autres y sont allés : je veux évidemment parler des conférences de Zewebanim à Annecy organisées avec l'atelier des AAA. Voici un petit billet d'Anne-lise Baider. Merci à elle.

Le festival d’Annecy, ce n’est pas que le Bonlieu, le Décavision, la salle Lamy et la Turbine !
Il y a aussi le Nemours squatté par l’incontournable Alexis Hunot le matin de 9h00 à 12h00. Je me doutais ce que serait intéressant, mais les prestations d’Alexis ont dépassé mes prévisions.
L’accueil café croissant nous met en bouche. Puis, réunis dans une petite salle de cinéma, Alexis nous régale de ses programmes variés et originaux. Au menu : présentation de films d’étudiants, puis deux invités qu’il interviewe, la parole est ensuite donnée aux participants, le tout est entrecoupé de courts-métrages ou d’extraits de longs.
Certains rapprochements méritent d’être signalés ici : La Règle du Jeu de Renoir et Le Tableau de Jean-François Laguionie pour les relations entre les classes sociales, les chasseurs et les proies, les exploiteurs et les exploités, et ce dans un espace délimité. Les propos du réalisateur et de la scénariste du film éclairaient Le Tableau sous un autre jour et éclaircissaient les zones d’ombre du film, notamment dans le rapport entre les différents espaces, mais aussi quant au travail de création lui-même.
La matinée sur le cinéma d’animation japonaise qui sort des sentiers battus était également très instructive et l’invité Ilan Nguyen passionné et passionnant. L’ambiance est chaleureuse et détendue. Souhaitons que ces matinées aient encore cours l’année prochaine.



Le dessin ci-dessus est de Kiwi (Claire Trollé) qui nous l'a gentiment transmis. Il a été croqué le premier matin, lundi, où le thème de la conférence était sur les formations d'animation en France. L'auteur précise la légende suivante :
1 - Marcel Villoing pour les Gobelins
2 - Bernard Gabillon pour l’ESAAT
3 - Laurent Pouvaret pour La Poudrière
4 - Jean-Pierre Denève pour l’ESAAT
5 - Marie Paccou pour le DMA de Cournon d’Auvergne

Annecy 2012

Ernest & Célestine


Happy few et VIP étaient serrés dans la salle du Décavision hier soir pour assister à la première de Ernest et Célestine. Si une bombe avait explosé dans la salle, l'industrie de l'animation française aurait été décapitée… Et l'audience en a eu plein les mirettes avec pour mise en bouche et en exclusivité 12 minutes du troisième Kirikou Kirikou et les hommes et les femmes actuellement en production à Paris, le tout introduit par Michel Ocelot en personne.



Kirikou et les enfants de son village sont confrontés à un enfant touareg. Pourquoi est il blanc et habillé alors qu'eux sont noirs et nus ? Est-il malade ? Généreux et humaniste comme à son habitude, le petit kirikou démontre ses qualités humaines face à un inconnu et à la méfiance générale.
Maintenant tout en CGi après Azur et Asmar et Princesses et Dragons, j'ai trouvé que la technique asséchait un peu le rendu graphique des personnages, les décors étant comme d'habitude de toute beauté. On attendra de voir l'ensemble pour se faire une idée mais la surprise n'est plus là, pas plus que le gracieux minimalisme même si on sent que des efforts sont faits pour essayer de conserver l'esprit du premier.

Ensuite nous avons eu donc Ernest et Celestine en présence des trois réalisateurs - Benjamin Renner, Vincent Patar et Stéphane Aubier - et de la voix de la souris, Pauline Brunner, fille du producteur et actrice très convaincante. Je le dis tout de suite : j'ai trouvé le film adorable, superbe et d'une infinie grâce tout en ayant un coté mutin et vif. Si je savais que le film parlait de la relation d'amitié liant deux êtres que tout sépare (un ours et une souris), je craignais que l'histoire ne soit un peu trop enfantine et verbeuse. Mais le film est au contraire plein d'action et de rebondissements. Les deux personnages sont en rupture avec les conventions sociales de leurs espèces respectives. On s'identifie à cet ours insouciant et bourru (oui.. bon.. surtout moi) et à cette souris artiste et rebelle qui se lient d'amitié. Le couple est craquant, les voix sont extraordinaires (Lambert Wilson donne la réplique dans le rôle de l'ours) et les chansons (rares…) sont de Thomas Fersen. Une réussite totale qui fera un tabac, je l'espère, en tout cas hier soir la production a eu droit à une longue standing ovation méritée. J'ai hâte quant à moi de revoir ce film avec ma petite famille.

Annecy 2012

Ronal le Barbare


Haaaaa quelle déception. Fini l'humour trash et scato des années folles, nos danois déjantés (Terkel in trouble, Journey to Saturn) ont viré mainstream et ce Ronal n'est qu'une parodie gentillette, un "Dragons" un peu cuir et SM, orienté Heroic Fantasy classique.

Ronal est chétif et malingre mais c'est le dernier Barbare libre. Pour libérer ses frères il doit aller chercher l'épée de Kron, seule arme capable de percer l'armure du méchant. Il s'adjoint les services d'un barde obsédé, d'un elfe tarlouze et d'une guerrière vachement plus balèze que lui pour mener sa mission à bien.
Certes il y a encore des passages cocasses, comme la potion d'invisibilité dont il oublie de s'oindre les testicules : tout le passage d'infiltration dans la tour des elfes se fera donc par un petit sachet de cuir qui se baloche de droite et de gauche mais le reste est tellement convenu que mon voisin et moi avons piqué du nez au plus mou de l'action.
Bah…
Le film doit sortir en DVD et BluRay en Novembre en France.

Annecy 2012

Courts métrages, programme 5


Prohveti sünd de Rao Haidmeits, Estonie
Un couple s'embrasse, est aspiré par une tornade et se retrouve en enfer où un diable les encourage à quitter leur peau. Séparés, l'homme cherche la femme mais résiste aux conseils diaboliques puis divins.
Le film est en stopmotion avec des marionnettes en laine et en latex. Assez barré, plutôt marrant et distrayant.

LI LI TA AL de Akihito Izuhara, Japon. Des sortes des renards humanisés prient devant un temple dont la porte est close. Ils marchent dans un champ de graminées au son d'une musique zen. C'est tout ce dont je me souviens, ayant copieusement fermé les yeux. En 3D texture crayonné.



Une furtiva Lagrima de Carlo Vogele, Luxembourg.
L'air de Donizzetti chanté par le fameux Caruso, enregistré en 1904, repris par des poissons en instance de cuisson. Drôle dans ce décalage, émouvant par la puissance vocale, j'ai fortement pensé à Meat Love de Svankmajer, c'est dire… Je précise que c'est un compliment…

Edmond était un âne de Franck Dion, France-Canada.
La vie d'un employé de bureau racontée par ses proches en voix off. Falot, commun, presqu'invisible, Edmond subit les quolibets et blagues de ses collègues. Un jour ils l'affublent d'un bonnet d'âne en papier et Edmond a la révélation, à la manière d'un Claudel derrière un pilier de Notre Dame. Il se fait coudre un bonnet plus réaliste et le porte jour et nuit sans se soucier de devenir une curiosité pour tout son entourage. Un rendu de toute beauté, une musique superbe, j'ai été surpris par ce film dont je connaissais pourtant le pitch et que j'ai vu naître de loin en loin. J'ai trouvé le travail sur les reflets absolument sublimes. La grosse tête de l'âne, qui nous regarde avec bienveillance et qui remplace l'image tremblante d'Edmond est très émouvante. On s'identifie immédiatement à ce personnage qui brise la mécanique de l'humiliation dans un geste d'identité forte, rebelle. Une peau d'âne à l'envers. La personnalité illustrative de Franck est bien visible et le film dispose d'un univers singulier avec un rendu de toute beauté, surtout dans ces conditions de projection qui rendent hommage à ses qualités chromatiques et plastiques. Bon, il paraît que le film était flou mais comme j'étais loin derrière, ça ne m'a pas choqué.



Waiting for her sailor de Bill Plympton, USA
Une dame sur une falaise en bord de mer observe les bateaux. Je ne raconte pas la fin mais, perso, je l'ai vue arriver très très en avance. Prévisible donc, très court (32s) ça serait marrant de compter le nombre de dessins… Pas beaucoup.

Junkyard de Hisko Hulsing, Belgique et pays bas
Une histoire d'amitié qui finit mal. Deux garçons aux origines sociales différentes sont compagnons de jeu. L'amour, la drogue et les mauvaises fréquentations vont radicalement modifier leur relation.
Sans être révolutionnaire ce film est un claque puissante avec des principes de mises en scène très efficaces. Animé (avec rotoscopie partielle sur le corps des personnages) sur TV Paint il a une image mobile, plastique et colorée très vivante. Oeuvre à la dimension sociale démonstrative sans être moraliste, avec Edmond, c'est un autre coup de coeur de la séance.

Das Haus, de David Buob, Allemagne.
Une fille, en animation détourée, dans une maison de lattes de bois cubique, fait le tour de la pièce unique qui tourne sur elle même. Il y a des cycles qui concernent la chevelure d'une autre dame chauve. C'est assez inventif dans le principe mais pas spécialement élégant.



Beluga de Shin Hashimoto, Japon.
Le film commence par une phrase de la petite fille aux allumettes et par aussitôt en sucette sur d'autres terrains. Je n'ai RIEN compris et j'ai abandonné en piquant du nez. Pourtant la technique était assez jolie, dessins à l'encre assez noirs.

A different perspective de Chris O'Hara, Irlande
Un gigantesque extra terrestre atterri dans un paysage montagneux. Un chien et un habitant sortent voir. Les relations entre eux sont l'occasion de jeux de profondeurs soulignés par le son. Inventif, court et drôle, j'ai pensé à la série des Giants de Céline & Yann



Kali le petit vampire de Regina Pessoa, France Portugal Suisse, Canada
Un petit vampire aimerait jouer avec les enfants normaux. Il les observe et finit par leur sauver la vie.
Un rendu graphique de toute beauté, avec ces nuances de noir, blanc et rouge, une maîtrise incroyable mais le film ne m'a pas laissé de trace indélébile.





A noter que pour cette séance de 14h TOUS les réalisateurs étaient présents dans la salle et que Serge Bromberg est venu en début de séance faire une petite mise en scène qui semble confirmer un certain nombre de rumeurs… On en reparlera en temps et en heure.
Toutes les séances étant passées, on peut maintenant s'amuser à faire nos petits pronostics…

Annecy 2012

Agartha et Selkirk



Voyage vers Agartha



Je suis sorti de la séance certes, mais je peux vous donner le pitch général de ce film de Makoto Shinkai en compétition cette année.
Une jeune fille dans un Japon contemporain (ça change un peu) est livré à elle même. Elle s'est aménagé un petit coin dans la montagne. Un jour un garçon s'y incruste, avec un monstre un "Quetzal Coatl" (sic), gardien du pays d'Agartha.
Bon… c'est difficile à raconter mais deux personnes ayant perdu un être cher (un jeune prof veuf et la fille qui a perdu son père et son amoureux) partent chercher le pays d'Agartha, sorte d'Hadés, pays souterrain, pays à la 'Mononoke' avec des villes en ruine, de gros monstres bizarres et des peuplades primitives.



Selkirk el verdadero Robinson Crusoe



Film Uruguaien de Walter Tournier, vétéran du stopmotion d'Amérique Latine.
Selkirk est hors compétition cette année, c'est un film qui raconte la véritable histoire du marin qui inspira le personnage de Robinson Crusoe à Daniel De Foe. Un navigateur pirate joueur est débarqué d'un bateau parce qu'il est trop chanceux et a gagné toute la paye de ses compagnons et qu'il possède une carte de navigation qui intéresse le capitaine. Il va vivre sur cette île proche du Chili et s'aménager un coin de paradis qui lui fera comprendre le vrai sens de la vie et renoncer au jeu et aux richesses.
Une technique tout à fait honnête (je pensais à Janis Cimmermanis dans un genre équivalent), une histoire bien construite, font de ce film un spectacle agréable même s'il a du mal à souffrir la comparaison avec les Pirates ! d'Aardman.
En tous cas je n'ai piqué du nez qu'une ou deux fois durant la projection :)

Annecy 2012

Caravanim "Animenbretagne"


J'avais remarqué depuis plusieurs jours une caravane posé à coté du centre Courrier
(près du DECAVISION (cinéma ou sont projeté des sceances du festival)


Je suis allé voir de plus près
Cette caravane appartient à Animenbretagne
le site ici
en fait c'est une association/collectif qui essaye de regrouper les différents personnes qui travaillent dans l'animation en région bretagne.
dont les studio JPL et Vivement Lundi.
dans les fenêtres de la caravane sont exposé des décors et armature de marionnette de films fait par eux
et à l'intérieur encore des armatures,des photos et un DVD avec des films qu'ils ont produits.
il ont une personne dans le collectif qui fait les armatures sur-mesure
davide thomasse -> son site http://davidmarionnettes.blogspot.fr/

a noter que dans ce collectif il y a entre autre "emma de sweaf" qui présentait "Oh Willy" programme CMC4 et "Jean François Laguionie" qui présentait en Lont métrage "Le tableau" que j'ai vu hier.
J'ai discuté avec eux ils sont très sympa et on peut leur poser plein de question.
Donc n'hésiter pas pour passer à leur caravane à tout heure du jour ou de la nuit
PS:chaque nuit 2 des gens de l'assoc reste à la caravane pour faire du gardiennage et protéger leur trésor
(zut je vais pas pouvoir faire mon stock d'armature et de décor magnifique.
Annecy 2012

Troisième fournée de croissants 2012


Troisièmes petits déjeuners du court métrage, infos en vrac, les portraits reprennent les films cités dans l'ordre en partant du haut à gauche :

Yonalure avec Ayaka Nakata & Yuki Sakitani. Rien à dire de spécial…

Modern N°2 de Mirai Mizue. Le film est fait en traditionnel, à la main ! Il a été produit dans une logique de VJ-ing, chaque séquence pouvant être convoquée selon les besoins de la musique. Produit en 2 mois et demi.

Second Hand de Isaac King. Le réalisateur a balayé assez fermement les accusations de politically-correct énoncées par Serge Bromberg tout comme le manichéisme dans lequel on voudrait l'enfermer. Pour lui il n'y a ni bon ni mauvais dans son film qui est plutôt un film sur le compromis et la modération. J'ai trouvé le réalisateur nuancé et intelligent dans ses réponses, comme son film. Second Hand a reçu le prix de la catégorie films pour enfants à Zagreb mais il défend un public le plus large possible pour son film.

Tchaikovski avec Irina Margolina, la productrice. Ce film fait partie d'une série qui explique la musique classique aux enfants ce qui éclaire bien des choses… il a été produit en animation traditionnelle avec des retouches numériques. La productrice est scénariste à la base mais devant l'impossibilité de trouver des fonds pour ces films, elle s'est décidé à les produire elle même et témoignait donc au festival toute sa reconnaissance pour avoir été sélectionné et toute son admiration au génie de Barry Purves.

How to eat tour apple avec Erick Ho. Le réalisateur est animateur chez Pixar. Il a produit son film en 2 mois, affinant avec précision chaque personnage.

Le grand ailleurs et le petit ici, avec Michèle Lemieux. A évoqué sa relation à l'écran d'épingle, la filiation lourde et la tradition avec les audaces qu'elle s'est permise, notamment de montrer l'écran en fin de film et faire une petite séquence en stopmotion avec des épingles sortants de l'écran. A la question de Serge Bromberg de savoir pourquoi cette technique n'était pas utilisée pour produire des films grands publics, Mme Lemieux a répondu qu'à l'ONF ils ne produisaient pas de "niaiseries" et que la technique était quand même très contraignante au niveau des formes d'embossage qui poussaient les épingles… Faire un film avec cette technique revient souvent à passer son temps à chercher des outils, disait-elle.

Being Bradford Dillman a été un peu expédié faute de temps, la jeune emma Burch a juste eu le temps d'avouer à l'audience que le film partait d'une anecdote réelle, sa mère lui ayant fait cette blague du zizi coupé.


Annecy 2012

Making Of LONG BIRD


Hier soir j'ai vu le programme n°2 de les films de fin d'études en compétition et parmi eux il y en avait vraiment pas mal d'intéréssant mais 1 m'a vraiment marqué ça s'appelle Making of LONGBIRD c'est fait par Will Anderson (le frêre de Wes? peut-être) pour la G.B.



C'est monté comme un reportage. Un réalisateur (Will anderson) nous parle d'un film d'animation Russe ancien avec un oiseau au long cou jamais terminé dont il a retrouvé la bande en très mauvais état. Il nous pojette donc sur un pauv carré 1/8 de l'écran les images en tres mauvaise qualité du film.
Il a donc pour projet de continuer ce film en repartant du meme pesonnage et avec la meme technique que le réalisateur originel papier decoupé sur Banc titre. Là on se dit mais ou est l'anim dans ce film (c'est un documentaire...?!). Et c'est là que ça commence lorsqu'il met en place le personnage sur le banc titre celui ci se met à parler tout seul (une voix masculine avec un fort accent russe). En lui demandant qui il est et qu'est ce qu'il veut faire.
Et il refuse de jouer tant que le réalisateur n'aura pas fait de SCRIPTE pour le film. Il s'en suit plusieur jours de négociation entre le personnage et le réalisateur pour faire le film (la stop-mo est sympa,les angles de vues de caméra aussi (dialogue entre realisateur et personnage) en contre plongée (vue subjective du personnage) pour le réalisateur, en plongée (vu subjectve du réalisateur) pour le personnage jusqu'a l'abandon du projet par le réalisateur qui ne supporte plus son "acteur" et qui fini de bien mauvaise manière
Tres bon


cliquer ici pour le trailer
cliquer ici pour le site du réalisateur
Annecy 2012

Courts métrages, programme 4


Un conseil : prenez un peu de LSD pour apprécier la séance, il y a quelques films bien barrés…

Aalterate, de Christobal de Oliveira (France, Pays-bas).
Une femme en CGI, en contours noirs sur fond blanc, très graphique, élégant. Des excroissances sortent de ses extrémités jusqu'à envahir l'écran. Ensuite une vieille voiture américaine coule dans une eau peuplée de méduses et d'êtres lumineux. Retour à la dame. Hypnotique et envoutant, le film est une véritable expérience cinématographique qui profite de cette projection en grand format. Mais bon, le sens est obscure encore une fois.

Moxie de Stepehen Irwin (UK)
Un ours est mort, il raconte un peu sa vie à base de feu, de masturbation et de violence envers ses voisins. Graphisme noir, j'ai cru un moment à une production des studios Aka pour vous donner une idée du rendu, noir et blanc, au grain visible. Pénible.

Her Story de Jun-Ki Kim (Corée)
Raconte l'histoire d'une esclave sexuelle dans l'armée japonaise durant la seconde guerre mondiale. Croyant partir en Chine pour aider son père emprisonné, elle se retrouve à 15 ans avec 12 autres filles dans un bordel à soldats, droguée à l'opium.
Le témoignage est poignant mais j'ai trouvé le film un peu restreint par rapport au phénomène de la prostitution soldatesque, ayant lu quelques documents sur le sujet récemment. Les japonais sont un peu montrés comme des monstres grinçants, comme certains le furent certes, mais j'ai trouvé ça un peu facile, avec tous les guillemets possibles évidemment. Le rendu est en 3D assez peu recherchée, l'animation et la mise en scène me semblent manquer de subtilité.



Sunny Afternoon de Thomas Renolder (Autriche)
Un homme, une chaise, une fenêtre, avec d'infinies variations dans le montage, vaguement de la pixilation. Le comique de répétition mené à son extrémité. Un peu au dépend du film tout de même.

Bydlo de Patrick Bouchard (Canada)
Adaptation d'un tableau d'une exposition de Moussorgski
Dans un sous-bois boueux, un boeuf sort de terre et tire un chariot. une foule de petits humains tente de l'empêcher d'avancer, le fait tomber et finit dans un pugilat anthropophage. La terre sèche et les traces de la lutte disparaissent.
Superbe travail de musique et d'animation en stopmotion. Dense, brutal et beau.

Historia d'Este, de Pascual Perez, Espagne
Les habitudes éthyliques (café, cognac, bière) d'un personnage mises en scène sur les planches d'un petit théâtre de bistrot. Production en claymation des espagnols de Conflictivos dont j'ai découvert le travail à Anima cette année. Rigolo, très hispanisant dans les couleurs, la musique…



Oh Willy ! de Emma de Swaef et Marc James Roels (Belgique, france , pays-bas)
Un gros homme vient voir sa mère dans une communauté naturiste. Elle décède, c'est le seul personnage habillé. Perdu dans la forêt pour des histoires de défécation contrariée, il va faire un voyage initiatique et retisser des liens avec la nature, flore et faune.
Poétique, envoutant, je suis fan de l'univers de cette réalisatrice. Stopmotion en figurine en feutrine, l'animation est d'une finesse et d'une délicatesse remarquables. C'est une sorte de suite de Zachte Planten, son film de fin d'étude, visible en ligne. Très beau. Un coup de coeur aussi. Je mest la photo des réalisateurs extrait du dossier de presse, je la trouve vraiment chouette. Il y a d'ailleurs quelques clichés de making-of très sympa.



Topo Glassiato al cioccolato de Donate Sansone (Italie)
Dessin animé, noir sur blanc, très vif, un peu à la Plympton, deux être fusionnent, se tirent dessus, des oiseaux, des graffitis… Imbitable voir pénible.

Villa Antropoff de Vladimir Leschiov (Lettonie Estonie)
Le mariage d'une sorte de mafieux avec une bimbo siliconée. Un personnage noir qui traverse la mer à la nage et sur une embarcation de fortune. Le mafieux de fait des rails de coke qui lui font gonffler la tête, comme la villa dans laquelle se tient la noce, structure gonflable qui finit par s'envoler. Traitement graphique à la Priit Parn, thème surréaliste mais avec des visées satiriques sur l'immigration. Chouette.

Annecy 2012

De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace !


Ça me fait marrer ces baches au MIFA...

Annecy 2012

Crulic


Film roumain-polonais de Anca Damian



Un jeune roumain meurt, âgé d'à peine trente trois ans. Pendant que son corps est rapatrié de Pologne, il nous raconte sa vie, depuis une enfance un peu chaotique à sa mort en Pologne.
L'affaire Claudio Crulic a défrayé la chronique en Pologne et en Roumaine. Roumain accusé d'un vol qu'il a toujours nié, il est décédé des suites d'une grève de la faim qu'il a entamé dès son entrée en prison. Suite à d'important dysfonctionnements de l'appareil judiciaire, carcéral et hospitalier, la mort d'un jeune immigré en Pologne serait resté inconnue si des journalistes n'avaient pas mené une enquête et soulevé un tollé qui est allé jusqu'à faire démissionner le Ministre Roumain des affaires étrangères, les consulats étant restés sourds à tous les courriers de Crulic et de ses proches.
C'est donc un film militant, qui démonte les mécanismes absurdes d'une administration négligente et coupable de mépris envers des catégories sociales déconsidérées. Le film est une sorte d'enquête à rebours, vécue subjectivement par le commentaire ironique du personnage décédé qui se raconte. Graphiquement très éclectique, le film est une suite de collages, animation traditionnelle, compositing 3D, stopmotion, cutout… le tout résonnant de manière assez fine avec le concept même d'enquête qui consiste en la juxtaposition de sources éparses. Les documents originaux et le travail de ce matériau brute apportent une force au film malgré ses longueurs et des passages trop appuyés.
Les dernières photos de Crulic, posant en Italie devant quelques monuments, sont même d'une rare intensité, avec des éléments animés dans le décors, la fixité du personnage appuyant sa tragique disparition.
Un film dense et poignant, documentaire et militant.

Le site officiel roumain du film

Annecy 2012

Le Magasin des Suicides


Bon, à mon tour de prendre la plume pour vous parler un peu des longs-métrages présentés, ici, en avant-première.

Commençons par la premier film d'animation réalisé par Patrice Leconte : Le Magasin des Suicides, vu hier, lors d'une projection surprise.


Ce film, reposant sur la technique du "cut-out" (personnage-marionnette en 2D), décrit le quotidien d'une famille détenant un commerce quelque peu atypique : "le Magasin des Suicides". Il se donne comme ligne commerciale d'aider tout à chacun à se suicider de la manière la plus douce et adaptée. Ce qui occasionne quelques scènes cocasses tout au long du film. Leur quotidien se voit quelque peu perturbé lors de l'arrivée de leur troisième enfant, tout sourire et plein de vie. Bien loin des convictions profondes de la petite famille et qui fera petit à petit le désespoir de ses parents.

Même si le film présente de réelles qualités artistiques : la qualité graphique des décors, les ambiances colorées, l'utilisation intelligente de la 3D Relief... Mon avis sur cette production reste mitigé.

Je ne savais pas, pour ma part, que les 3/4 des dialogues étaient chantés. Le Magasin des suicides est donc une comédie musicale, avec une chanson toutes les 10 mns.
Chansons qui m'ont laissé de marbre, tant l'orchestration était impersonnelle et fortement influencée par l'univers musical de Danny Elfmann pour Mr Jack de Tim Burton. Ces intermèdes musicaux cassent quelque peu le rythme du film, et c'est bien dommage. Même si l'humour du film, bien présent, se veut assez noir, il ne l'ai pas assez (sans doute pour ne pas trop se couper d'un public jeune) et reste trop en retrait d'un tel sujet, qui aurait nécessité plus de folie.

Cela donne un résultat un peu boiteux, pas assez sarcastique dans le ton pour un public adulte, et un peu trop noir pour de jeunes enfants.

L'animation, au vu de la technique choisie, reste de bonne tenue. On peut cependant regretter un manque d'unité graphique entre certains personnages, qui ne vont toujours pas bien ensemble : le petit garçon avec le reste de la famille, par exemple.

Ce n'est pas donc pas le chef-d'oeuvre d'annoncé, mais le film reste de très bonne facture, se démarquant quelque peu d'une production consensuelle.
Je vous laisserai en juger lors de sa sortie en salles ;-)



Annecy 2012

Petit Déjeuner jour 2


Anecdotes glanées :
Chinti le film est réalisé en herbes et thés de couleurs. La réalisatrice l'a fait en 7 mois, seule chez elle.

Theodore Ushev : Film réalisé en quatre semaines, partiellement rotoscopé. Peint sur des supports de 1m de large à l'acrylique. Spontané et libre, issu d'une carte blanche, le film semble un moyen de se libérer des contraintes techniques et de production qu'avaient représentées les journaux de Lipsett pour lequel le réalisateur semble garder des souvenirs mitigés à peine sous entendus.

People who never stops
Le film est issu de la confrontation de l'auteur français avec la culture sociale du Japon dont les passant laissent s'écrouler une personne sans pour autant lui porter secours et s'arrêtent pourtant tous quand tombent les premiers pétales de cerisier.

TRAM le film a été diffusé en première à la quinzinae des réalisateurs à Cannes, il a été très bien accueilli, comme ici où la réalisatrice a été très applaudie avant même qu'elle prenne la parole. Ce film est une sorte de pilote d'une projet de long métrage qu'on lui avait commandé et dont le thème devait être l'érotisme au féminin. La musique utilisée est celle d'un film de guerre de République Tchèque qui avait beaucoup plu à la réalisatrice. Elle a répondu aux question de façon assez souriante en disant que le film ne cachait aucun message spécifique… Anecdote ; La réalisatrice a mis le nom de Jean Dujardin, acteur qu'elle adore, au générique juste par jeu. Elle a envoyé le film à son agent en espérant qu'il le verra.

Father les cinq réalisateurs étaient présents et parlaient à tour de rôle. Le film est donc d'origine Bulgare. Les réalisateurs ont eu à choisir parmi une vingtaine d'interviews réalisés sur le thème de la paternité. Les techniques différentes et les histoires sont unifiées par les couleurs (noir/bleu), le personnage du Loup incarnant le père et la réunion des personnages dans la barque. Le film est assez sombre parce que les histoires choisies l'étaient, ce qui est assez logique vu comment les histoires ont été sélectionnées. Phil Mulloy a été consultant sur le projet.



De gauche à droite, Adriaan Lockman (Chase), Natalia Mirzoyan (Chinti), Theodore Ushev (rossignols...), Florian Piento (People...), Michaela Pavlatova (Tram) et l'équipe de Father.

Annecy 2012

Asura


Holala...
La tonalité des longs métrages cette année est assez lourde. J'ai entendu parler du film coréen, inceste, mauvais traitements.. Arrugas c'est les vieux et Alzheimer, je suis allé voir un peu au hasard des programmations le film Asura des légendaires studios Toei, réalisé par Keiichi Sato à partir d'un comics de George Akiyama.

Vindiou...

On va finir sous anxiolytiques et calmants. L'histoire : dans un Japon médiéval (ma parole c'est une manie en ce moment…) c'est la famine, la sécheresse. Une mère vient d'accoucher après un incendie. Elle part ensuite en quête de nourriture avec l'enfant mais s'apprête à manger son fils pour survivre; elle finit par l'abandonner dans les flammes. Le garçon survit on ne sait trop comment et devient un enfant sauvage, cannibale, qui attaque les gens avec une longue hache pour les bouffer.
Il rencontre un moine au sourire à l'envers qui lui résiste (oui, c'est un moine du genre expert en arts martiaux), lui donne un nom (Asura) et lui enjoint d'apprendre à parler.



Ils se séparent, Asura égorge le fils du seigneur local qui cherche donc à se venger et le supprimer. Il le fait tomber dans un ravin et le laisse pour mort mais il atterri sur un monceau de cadavres (!!) et réchape donc à sa chute…
Recueilli par une jeune paysanne, il vit caché dans un moulin, est nourri et éduqué par cette jeune fille qui lui apprend à parler. Ses sens s'éveillent mais il se consume de jalousie envers le petit copain de cette fille.
Il rencontre de nouveau le moine qui se coupe le bras (oui oui…) pour le tenter avec de la chair humaine et le persuader de renoncer ainsi à son animalité.
Bon.. ça finit par une poursuite, la gamine meurt de faim sans vouloir manger la viande que lui ramène Asura de crainte que ça ne soit de la chair humaine. C'est l'hiver, il neige, l'enfant pleur sa copine et on le retrouve plus âgé, moine à son tour… Et le film se finit par un carton de texte disant que la vie est belle. Si si…
C'est dans une 3D assez cartoon, les décors sont chouettes mais l'animation est assez sèche (mouvements brusques, posing un peu foireux). J'en garde une impression de brutalité cruelle, de surenchère dans le sordide… Mais on se prend à avoir un peu de compassion pour ce guerrier anthropophage en guenille en souhaitant surtout savoir comment tout cela pouvait bien finir. L'enfant sauvage de Truffaut, version Seinen.

Annecy 2012

Making-of Wreck it Ralph & paperman


Disney en force. Même si je ne suis pas allé au barbecue Disney mardi soir, j'ai vu la conférence conjointe sur le prochain long métrage des studios et le court métrage présenté en avant première ici.

Wreck it Ralph

Wreck it Ralph est une sorte de Megamind vidéoludique ; un méchant de jeu vidéo vintage, sorte de Donkey Kong humanisé, gros bonhomme aux mains gigantesques, est en crise d'identité.
Il en a marre de laisser à Fix-it Felix, le plombier en salopette, récupérer les lauriers et voudrait lui aussi goûter à la victoire en devenant le héros d'un jeu. Il va donc emprunter les chemins électriques via une prise multiple de la salle d'arcade pour aller s'incruster dans d'autres jeux vidéo et - évidemment - semer la pagaille.
Il s'incrustera dans un shoot futuriste à la Halo, puis dans un jeu de course dans un univers "Hansel et Gretel" genre MarioKart et autres joyeusetés. On a eu droit au trailer en exclu (il sort aujourd'hui.. l'exclu a été de courte durée) et à la séquence d'intro, ainsi que pas mal de concept arts, présentés par une directrice artistique de la partie "Hansel et Gretel" dont la jeunesse était assez étonnante (elle avait à peine trente ans, très talentueuse et très à l'aise en public…).
La séquence Alcooliques anonymes où Ralph expose ses névroses à une assemblée de méchants (dont Bowser, Dr Eggman et autres figures du jeu vidéo) est assez cocasse mais on espère que le film aura plus à offrir que ces références parodiques un peu poussives.
Evidemment les concepts sont bluffants et la directions artistique assez chouette même si la 3D est très aseptisée. L'équipe s'est même payée un voyage à Barcelone pour aller récupérer un vocabulaire formel sur les architectures de Gaudi pour le circuit de course en sucreries.. Dur métier que le leur…



paperman

On a vu le court métrage en introduction du making-of. Une écœurante bluette sirupeuse qui montre un homme qui a le coup de foudre pour une femme sur le quai du métro et essaye d'attirer son attention avec des avions en papier entre deux buildings new yorkais. Je ne suis pas contre le romantisme mais je préfère franchement la baston de regard des Lascars dans le genre connexion visuelle.
Le réalisateur, John Kahrs, avait presque des trémolos dans la voix quand il évoquait l'inhumanité des grandes villes et ses difficultés dans les rapports avec les femmes. Bref.

Ce n'est pas le plus important dans ce court métrage qui est plus un terrain de recherche et développement (R&D) et pour le coup le rendu du film est une réussite. L'objectif était de donner au film l'aspect d'un Disney à l'ancienne (genre 101 dalmatiens, Merlin l'enchanteur) avec des tracés mobiles et dessinés, croisé avec la modélisation et l'animation d'un Raiponce. Avec un process complexe de rendu, de dessin vectoriel interpolé sur l'image 3D avec brosses personnalisées et un compositing de malade, le rendu est suffisamment impressionnant pour avoir donné au studio l'envie de le développer sur des projets plus complexes. Le traitement des lumières est aussi assez notable, le film travaillant souvent avec des sur ou sous-expositions. Le making-of a montré aussi des tests d'animation de Glen Keane sur le projet, absolument bluffant de virtuosité.
Mais sinon les designs de ces personnages filiformes au gros nez et aux yeux en balles de baseball (il disait "softball") ne me touchent pas plus que ça et l'histoire est vraiment trop niaise.



Les invités du Barbecue Disney-Pixar ont eu droit à un tirage limité à 1000 copies de Paperman, panoramique numéroté dont jipé à récupéré un exemplaire.

Annecy 2012

Conférence sur les enjeux de l'Hybridation


C'est la première fois depuis que je viens à Annecy que je vais à ces fameuses conférences de la chambre de commerce, espace très pro s'il en est. Il faut dire que les comptes rendus de Marie Paccou l'an dernier m'en avaient donné l'envie. Mais c'est comme tout ici, il y a tellement de choses à voir et à faire qu'il faut bien faire des choix.

Et en fait de "conférence" il faut plus s'attendre à des études de cas, des studios qui parlent de leurs expériences. Au spectateur de se faire son propre bilan et d'en ressortir des éléments plus généraux.



Il faudra d'ailleurs attendre la toute fin de la conférence, avec Nicolas Schmerkin, pour qu'on puisse avoir un tant soi peu une définition de l'hybridation, concept tendance et fumeux s'il en est tellement il est mis à toutes les sauces : assemblage de genres, mutations techniques, variation des supports… on aura eu toutes ces acceptations avec un grand nombre d'intervenants.

Tout d'abord les techniciens hyper pointus de SolidAnim, spécialistes de la motion capture, avec un studio à Ivry et un - tout jeune - à Angoulème. Outre les compétences internationalement reconnues de leur captations optiques, ils sont aussi spécialistes de la prévisualisation en temps réel avec des moyens techniques très modestes et réduits via un duo de caméra IP et de caméra professionnelle. L'avantage est de pouvoir proposer aux acteurs bardés de capteurs dans des tenues qui relèvent de la barboteuse et de la tenue de plongée une véritable preview de ce que sera la séquence finale. Le tout permettant aussi aux réalisateurs d'avoir moins d'indications à donner via le principe de Réalité Augmentée.
On a eu droit à des images pas folichonnes de Cendrillon au Far West et des démos prises la veille dans le Hall du MIFA, assez impressionnantes. Hybridation technique donc.

Ensuite on a eu l'intervention de 2minutes, Jean Michel Spinner qui a causé de l'hybridation des supports : web, tablettes et smartphones. Dans la logique de compléter une expérience "TV" par des supports qui consolident le lien avec leur public, le directeur de 2MN nous a parlé des projets en développement chez eux : applis iPad pour Chico chiqua Boumba, moteurs de jeux vidéo interchangeables pour le web et deux applis en préparation : Studio Comics et Studio Anim' qui permettent aux bambins à partir de 5 ans de faire ses propres BD ou petits films avec ses héros de dessins animés.
Bon… pas grand chose à dire sur le coup, la démo était intéressante mais posait tout de même le problème de l'intérêt de ce qui ressemble fort pour ce qui me concerne à des bonus de boites de céréales. Ça fera peut-être marrer les gamins pendant quelques minutes mais ces principes de templates et de créativité bridée par des univers et des contraintes graphiques très limitées me semble discutable. Reste que l'objectif pour la boite est de pouvoir adapter le moteur à n'importe lequel de leur série. Ouch.

Plus étonnant ensuite, on a eu un trio hispano-polonais qui nous a parlé d'un projet de long métrage documentaire réalisé en animation et prise de vue réelle. Quadruple hybridation super combo : co-réalisation Espagne/Pologne, animation/live action, photoréalisme/rendu comics et documentaire/fiction avec en plus un financement international !
Le film, intitulé Another Day of Life adapte les souvenirs de Kapuscinski, reporter de guerre et écrivain polonais qui a suivi le conflit d'Angola en 1975. Les réalisateurs sont Raul de la Fuente de Kanaki films et Damian Nenow réalisateur de Paths of Hate, film multiprimé et surtout claque technique de l'an dernier.
On a eu droit au trailer du film, assez intéressant, l'animation permettant de se replonger dans le passé, en parallèle des images vidéo des protagonistes revenant de nos jours sur les lieux de leurs souvenirs.
Certes la mise en scène est très expansive ; explosions, pathos, scènes de carnage.. mais le résultat paraissait prometteur.
Les intervenants ont soulevé le problème de la lisibilité de leur projet et leur classification dans des boites par les intervenants dans la chaine de production : film historique ? Documentaire ? Film d'animation ?
Pour le moment le film semble se faire avec un budget de 3 millions de dollars, la production commencerait en mars 2013 pour une sortie prévue fin 2014.

Pour finir donc, Nicolas Schmerkin a parlé des production Autours de minuit et de leur volonté de considérer l'hybridation comme une marque de fabrique, une touche expérimentale leur permettant de faire des productions compliquées mais audacieuses. Je n'ai pas pu voir la fin étant appelé à d'autres endroits du festival mais tout cela était très censé et bien intéressant.

Annecy 2012

Courts-Metrages en Compétition N°3


J'ai vu lundi le Programme n°3 des courts-métrage en compétiton. Je l'ai vraiment bien aimé.
Plein de techniques d'animation différentes et plein d'univers différents avec 2 chefs d'oeuvres... Rien que ca? me direz-vous, he bein oui je m'en vais develloper tout ca.

Ça commence avec un film poétique et onirique: Yonalure: Moment to Moment de Ayaka NAKATA, Yuki SAKITANI pour le japon.

en dessin et à l'ordi 2D.
La lune rend visite au maisons de la terre qui sortent leurs petites mains et leurs petits pieds et qui veulent tous jouer avec elle. La Lune aussi des pieds et ce qui est sympa dans l'anim ce sont ses déplacements. En effet lorsqu'elle fait un pas on n'a l'impression que ce n'est pas elle qui avance mais le decor que ce deplace. Du coup avec ce principe ça donne un jeu de camera sympatique dans les dédales de la ville. La lune peut aussi changer de taille à volonté ce qui est pratique quand on est perdu dans une ville... Et les maisons et la lune avec leurs bouilles toute mignones a la Bob l'éponge vous permettent d'oublier quelques secondes que l'Espagne à du mal à emprunter sur les marchés et que le front nationnal avoisine les 20% en France. Bref un zoli rêve pour les plus petits et les plus grands...

Second Hand de Isaac King pour le Canada
Melange de plein de technique:des objets,des marionnettes,de l'ordi,du dessin



C'est un film sur le fait de prendre le temps de vivre ou non (et la décroissance opposé à la surconsommation).

2 maisons dans l'une : un homme seul avec un vie millimétrée tres stressé, actif (un homme pressé comme le dit noir desir) dans l'autre: un couple de retraités un peu baba-cool qui réccupère tout et vie de bric et de broc et surtout qui prend le temps de vivre et de regarder la nature.

Le 1er a des tics et est très carituraux, ils fait toujours les mêmes choses de la même manière et est imperturbable. Il surconsomme(il jette tout apres une utilisation) ce qui contraste avec les voisins qui prenne le temps font au fur a mesure des choses et répare des objets cassés avec ce qui leur tombe sous la main pour ne surtout pas jeter. Du coup tout le long du film l'auteur joue sur ces differences jusqu'au jour ou comme vous le devinez la vie du 1er va être changé par les retraités

Nak-ta-deul de Jee-youn PARK pour la corée

celui là on l'oublie vite...(ca parle d'un homme avec un perroquet a la place de la tête qui n'aime plus sa femme et qui veut voir ailleurs)

Tunnel de Maryam KASHKOOLINIA pour l'iran



en sable. Alors celui là j'ai beaucoup aimé, déjà parce que c'est du sable et c'est déjà rare mais parce qu'ensuite ca parle de tunnel et le sable ca s'y prete vraiment bien. Ça parle de gens de Gaza qui creusent des tunnels dans le sol pour se ravitailler (a cause du blocus israéliens) au péril de leur vie. À voir.

Ha voila le 1er chef-d'oeuvre: Tchaikovsky elegija de Barry J. C. Purves pour la russie



marionnette dans un décor en volume, le top de top du stop motion. C'est un hommage à Tchaikovsky (le lac des cygne pour les incultes Gnééé (:comme dirait SUKI)), la marionnette represente Tchaikovsky, il est dans un tableau (ou miroir) et on retrace sa vie avec en fond sonore sa musique. Derriere lui des images sont projetées sur un mur (dessins en 2D) qui racontent l'histoire de sa vie et les musiques qu'il a crée à ces moments. Pendant que lui ressent les émotions en repensant à tout ça mime les notes qu'il joue sur un piano imaginaire ou se laisse aller à ses sentiments.
L'animation de la marionnette relève du grand art (ça doit être encore polish animation qui les a fabriquées (pierre et le loup), la précision et la finesse de ses doigts lorsqu'il joue les notes dans le vide sont hallucinantes (il fait du Air-Piano pour les djeun's). Pour vous dire j'ai même 'eu les poils' comme disent le Jury de la nouvelle Daube sur TFBourin (the voice) quand il levent les bras en l'air avec un signe qui deploient ses ailes en même temps projeté sur le mur derriere sur le final du lac des cygnes (puis comme on est a Annecy et qu'il y plus de cygnes que de militant Front de gauche dans toute la ville ça le fait bien).

De toutes facons si vous me croyez pas vous avec qu'a aller voir ce lien

ensuite How eat your apple de Erick oh pour la Corée et les Etats unis en ordi 3D



bien barré,drole et court c'est frais ça fait du bien je peux pas expliquer faut le voir.
Ha voila le 2eme chef d'oeuvre de la séance. Le grand Ailleurs et le petit ici de Michele Lemieux pour le CANADA



Un film en écran d'epingles (celui de Parker/Alexeiff) 400 000 epingles sur l'écran. Les ordis grosses résolution 30 pouces peuvent aller se re-habiller. En gros sur la terre entière il a 4 personnes qui savent utiliser l'ecran d'épingle Claire Parker et Alexeiff qui l'ont inventé et qui sont morts tous les deux. Jacques Drouin qui a été formé par eux et Michele lemieux qui a été formé par Drouin. La grosse madame et Franck Dion ont eut la chance de la voir bosser quand il était à l'ONF et en avaient parlé sur le forum.

Mais voir le film est un autre chose.

C'est divisé en 4 phases, mais à la limite je ne me suis pas tellement intéressé à l'histoire mais plutôt au coté technique de voir ce qu'on pouvait faire avec cette ecran d'épingle. C'est génial, c'est rythmé par moment, lent pour d'autres on peut jouer avec des élements de variations minuscules, faire varier les lumières faire même danser les epingles... Sur-imprimer n'importe que objet en le palçant derriere l'ecran d'épingle pour qu'il epouse sa forme (son volume). J'adore, je veux le même à la maison (je sais pas si l'ONF me le prettera à moi). En attendant j'ai toujours ça



apres il y a eu Modern n°2 de Mirai MIZUE pour le Japon



Des formes géométriques qui se font et se défont qui nous hypnotise. Tres sympa visuellement de l'animation pure (du rythme et du mouvement callé sur de la musique). Il n'y a pas d'histoire mais ce n'était pas le but.
Ensuite encore un très bon film Being Bradford Dillman de Emma Burch pour la GB



Papier découpé, des pantins articulés à plat dans des décors en volume (ou pas). L'histoire d'une petite fille moquée par les garcons qui vit seule avec sa maman alcoolique.. Très touchant, l'anim ne casse pas des briques mais bon.

Fiumana Flood de Julia GROMSKAYA pour l'italie



Ça ressemble à de la peinture animée ( je ne sais pas si ça en est) plein de jolies couleurs, la nature... C'est frais ça fait du bien, c'est joyeux ça m'a fait penser à Marie Paccou avec 'le jardin' tout ça pour vous dire que je n'ai pas été décu par le séance.

Je ne dois pas être assez critique avec l'animation (pourtant je le suis avec tout le reste).

aller au dodo a+

Annecy 2012

Compétition second programme


Allez on oublie hier, cette seconde séance est bien plus consistante tout en étant très variée.

Chinti de Natalia Mirzoyan (Russie) Une fourmi vit près d'un rivage. Elle tombe en extase devant une représentation du Taj-Mahal sur un timbre-poste et passera sa vie à l'adorer en essayant de la reproduire avec les moyens qui sont les siens, branchettes, boue. Sorte de Facteur cheval des fourmis. Jusqu'à sa vieillesse où elle porte la barbe et tremblotte comme un vieillard. Techniquement le film est très étonnant, on dirait de l'animation de fluides colorés, pas du sable mais des sortes de copeaux de couleur. Mais on dirait qu'il y a aussi de la 3D. Intéressant.



Rossignols en décembre de Theodore Ushev (Canada) Un bel enfant regarde par la fenêtre de sa maison sur rail. Il voit des scènes brutales d'hommes aux becs d'oiseau dans des camps de travail, derrière des barbelés. Rails, barbelés, camps… Au bout de trois minutes le gamin part dans la neige.
Assez hermétique à ce genre de chose, je reconnais la puissance plastique des visions carcérales.

Hi-no youyin de Katsuhiro Otomo (Japon) Dans un japon médiéval, une amourette entre deux voisins. Elle est promise à un autre, lui est en rupture avec sa famille et souhaite devenir pompier. Attendant seule dans sa chambre nuptiale, elle provoque un début d'incendie par accident. Mais elle n'appelle pas à l'aide, pensant que cela lui ramènera son amour d'enfance. Il arrive effectivement mais les pompiers à cette époque sont surtout chargés de détruire les maisons pour éviter que l'incendie ne se propage. Poursuite sur les toits, flammes…
Très classique dans sa forme, le film est d'une maîtrise impressionnante. Superbe

Fresh Guacamole de PES (US) après les spaghettis, PES nous donne sa recette du Guacamole. Vu en ligne, toujours très inventif. Mais c'est un peu une redite tout de même. J'aimerai qu'il nous fasse la recette du bœuf bourguignon, ou du tournedos Rossini pour voir…

Audition de Udo Prinsen (Pays bas)
Heu… aucun souvenir.
Ah.. heureusement qu'il y a l'officiel.
Pfou.. L'orchestre du camp de concentration cherche un trompettiste, l'audition est radicale, les fusils guettant le couac. Les notes de musiques flottent dans l'air, incarnant toutes les rêveries des déportés, surtout alimentaires. Surtout le film est momoche, les personnes ayant des empreintes digitales à la place de la tête (??)

The people who never stop Florian Pientpo, (France Japon)
Deux files de personnages à grosse tête défilent sans cesse malgré les divers accidents, jusqu'à un raz de marée qui emporte tout, sans pour autant faire cesser le va et vient. 3D convenue, sans plus.

Some actions which haven't be defined yet in the Revolution de Xun Sun (Chine)
Impossible à décrire, je voulais mettre le résumé de l'Officiel mais il est imbattable aussi. Bref.. Des visions de personnages, de villes, d'horloges.. un gars se cure les dents et ressort une chenille ou un scorpion… Rien compris.
Mais le film semble fait en gravure sur bois ou sur lino. C'est assez incroyable, surtout pour un film de 12 minutes…

Tram de Michaela Pavlatova (France). Une plantureuse conductrice de tram est toute excitée de conduire ces messieurs à leur travail. Le rythme répété des tickets poinçonnés, des leviers poussés, etc forment des allusions sexuelles de plus en plus explicites jusqu'à devenir un délire orgiaque de forêt de pénis qui ne s'arrête qu'à l'arrêt du tram.
Réjouissant et bien rythmé, ce film est mon coup de coeur de la séance, superbe, décomplexé, drôle. J'ai moins aimé le happy ending mais franchement ça fait du bien de voir ça.



Pythagausaurus de Peter Peake (UK) Vu sur le net, on en avait même fait une news. Rigolo. Anglais.

Father de… plein de gens de plein de pays.
Film chorale sur le thème de la paternité. Oedipe à gogo au travers de cinq parcours sur des gens et le rapport avec leur père qui parle étrangement toujours de la même voix.
Inégal mais prenant, voir évidemment émouvant, le film captive malgré son caractère décousu et une narration sophistiqué : les films n'étant pas l'un après l'autre mais imbriqués très naturellement ce qui a du être une gageure à mener à bien. Très chouette.

Annecy 2012

Films d'étudiants programme 1


Le press-kit est muet sur les films de fin d'étude, pas d'images ni rien à se mettre sous la dent. C'est normal me direz-vous, les étudiants n'ont pas de relationnistes de presse comme ils disent au Canada.
Pas facile de trouver des images, surtout quand j'écris hors ligne.

Bref, cette première séance de films de fin d'étude ? Je ne recenserai pas tous les films mais juste ceux qui m'ont marqué :
I'm fine tanks de Eamonn O'Neill (UK). Un personnage coloré à grosse tête révèle ses angoisses et ses névroses. Ça fait fort penser à O'Reilly, pas vilain.
Kuhina de Joni Mannisto (Finlande), déjà chroniqué parce que déjà vu à Anima.
Conte de faits de Jumi Yoon (La poudrière) une fillette vit dans un bordel à GI en Corée. Elle se réfugie dans les jupes des dames où elle retrouve un univers onirique et naturel peuplé d'animaux. En peinture animé, très chouette.



Kostya d'Anton Dyakov (Russie) Un squelette sort de sa tombe et part se balader. Il y a unstyle graphique que j'adore : entre UPA et les illustrations polonaises. C'ets rythmé et drôle. Je suis fan.



Pripad de Martin Zlvocky (république Tchèque) un polar en flash-back sous la pluie avec des ambiances dorées ou grisâtres. Un rendu sublime stylisé, avec des matières mobiles, des ambiances de toute beauté. Le film manque un peu de fond mais la forme est impressionnante.

Annecy 2012

Un mardi à Annecy


Ceci est mon premier billet pour les fous d'anim, je sais pas trop comment l'écrire donc je vais faire simple ( une sorte de carnet de bord) et je changerai selon vos commentaires qui sont bien évidemment les bienvenus.

Difficile de s'y retrouver quand c'est la première fois que l'on pose les pieds à Annecy dans le cadre du festival d'animation... mais quel bonheur de se retrouver parmi tant de passionné et de professionnels !

Voici quelques séances auxquelles j'ai pu assister :

10h:TRAVELING n°10 : Borge RING, animateur et musicien de jazz

Cela fait toujours plaisir de découvrir le travail d'un réalisateur.. mais quand ce qu'il fait est beau, juste et sans bavures c'est encore mieux!

Nous avons pu découvrir 5 cours métrage:

_Man and horse

_Rollo

_Oh my Darling

_Anna et Belle

_Run of the mill

"Run of the mill"

" Anna et Bella"

puis un documentaire présentant la "double" vie de Borge RING. Les cours métrages sont en dessin animé traditionnel pas tjrs trés fluide mais trés poétique! Ce réalisateur pose un regard particulier sur la vie et l'évolution de celle ci; dramatique, enjouée, magnifique! Je vous conseil de regarder "Run of the mill" ce film parle de la dépendance liée à diverses drogues et ceci dés le plus jeune âge ! film à projeter dés l'école!!

BORGE RING

12h: repas au Paquier, qui vu le soleil fut pris d'assaut trés rapidement dans une ambiance bon enfant et decontractée!

14h: cours métrages en compétition 2

Quelle ambiance pour un "nouveau" à Annecy , dans un premier temps beaucoup de questions sans réponses ( las avions en papiers, LE LAPIN!!!, les gouttes d'eau entre chaques films) mais maintenant j'ai compris et je m'y donne à coeur joie! flypaper

Le niveau est la!! la compétition va être rude! Le choix est difficle ... choisir l'humour, la technique, la poésie???!! Un petit bémole depuis mon arrivé je suis assez déçu et je n'ai pas encore vu un seul film "marionettes" mais on est encore en debut de semaine...

18h + 30 minutes de retard: Zambezia

Premiere mondiale du film d'animation 3d "Zamezia" en présence du réalisateur, et du producteur exécutif.

"Zambezia" Histoire d'un jeune oiseau qui va découvrir la magnifique ville des oiseaux nommée Zambezia. Sympathique film en 3d, même si le style est vu et revu, il reste distrayant l'on passe un agréable moment , profitant de la beauté des paysages africains et des effets de ralentis dans les diverses scènes d'action.

le réalisateur Wayne THORNLEY

En prime le réal est trés simple et facile d'accés ce qui m'a permis de tchatcher avec lui un bon quart d'heure et d'obtenir une dedicace avant l'heure!

Bon l'heure approche et Blanche neige et les sept nains vont arriver au Paquier ! je file

Annecy 2012

Hiiiiiiiiiii... Genndyyyyyyy


Ce monsieur est le créateur de Dexter's Lab, Samurai Jack et de la série Clone Wars, entre autre.
De passage pour parler d'Hotel Transylvania, il dédicace avec décontraction.

Annecy 2012

Début de festival, compétition premier programme


Comme quoi Annecy est bien le Cannes du cinéma d'animation, on se paye le même temps sur les rives du lac que sur la croisette il y a quelques semaines : gris et pluvieux. On vit une amélioration aujourd'hui soit mais je trouve que l'organisation aurait pu graisser deux ou trois pattes pour arranger un peu ça. Ça fait quand même quelques festivals où on se tape un temps pourri… Bon.. vous me direz qu'on passe notre temps dans des salles obscures et qu'on se fiche pas mal de ce qui se passe dehors mais quand même, devoir trouver une terrasse abritée pour boire un godet avec les copains en soirée est un peu ennuyeux.

Bref.

La carte prestigieuse de presse dont on nous a gratifié jipé et moi au titre de Fous d'Anim ne nous aura pas permis de décrocher le sésame de la soirée d'ouverture. Pas de magasin des suicides pour nous, allez donc voir du coté de Focus on Animation pour voir s'ils auront eu plus de chance et si vous voulez un premier avis sur le film.

Résultat aller voir la conférence de Leconte n'aura pas grand intérêt aujourd'hui mais on peut déjà parler de ce qu'on a vu hier. J'ai donc vu le premier programme de court métrage en compétition et les films d'étudiants, premier programme aussi.

J'avoue avoir eu plus de plaisir au second programme qu'au premier. Il est évidemment difficile de se faire une idée de la totalité de la sélection sur un seul programme mais j'avoue être resté sur ma faim :

L'Mrayet, de Nadia Raïs, Tunisie.
Film sur la prédestination et l'endoctrinement en peinture numérique animée et rotoscopie. Sans être indigent le film ne m'a pas spécialement passionné. Un carton au début dit que le film a été fait sous Ben Ali, on a un peu l'impression qu'il doit en partie sa présence au festival pour cet engagement dans le printemps arabe.



Wolf Dog tales, de Bernadine Santistevan, US.

Un film sur les loups en sable numérique et avec des dessins ethniques indiens d'Amérique. Sans intérêt ni grâce spéciale. Je ne résiste quand même pas à vous mettre le portrait de la réalisatrice inclus dans le dossier de presse :)



One minute puberty de Alexander Gellner, allemagne
Ce film a fait le tour du net à une époque. Vif, rapide, virtuose, il perd un peu à être vu ainsi sur grand écran où ses défauts apparaissent. Bizarrement, alors qu'il dure 1'40, il parait même presque trop long. N'empêche c'est une belle synthèse des soucis d'adolescence d'un jeune garçon. Le film est visible sur vimeo.


Chase de Adriaan Lokman, France & Pays bas
Mission impossible avec des triangles, poursuites, trains, explosions. Une course poursuite à l'américaine mais avec des petits polygones dans des espaces virtuels infinis et éclairés. Triangle bleu est poursuivi par rouge, il fornique avec rose et va dégotter un rond. On va se la jouer Télérama pour celui-ci : pour et contre.
Pour : c'est un film réduit à sa plus radicale structure et c'est finalement assez ironique de voir qu'un film reste compréhensible avec des moyens si drastiquement réduits graphiquement.
Contre : le film ne raconte rien, c'est une sorte de BarCode fusionné avec Logorama. En si j'écris ça c'est que c'est le réalisateur du premier avec le producteur du second. Ça n'est finalement guère plus qu'une animatique sonorisée d'un film qu'on aurait déjà vu ou un générique de James Bond comme le disait Meule avec un soupçon de perfidie. Le film était projeté en relief, ce qui n'amène pas grand chose de plus qu'une céphalée.

Macka de Ghoran Stojnic, Croatie
Un chat, un corbeau, une vieille dame qui ouvre sa robe, des gouttes de sang, une pie.. Film en peinture animée avec un compositing pas trop réussi à mon goût (trop numérique), assez imbitable.

7596 frames de Martyin Georgiev, Bulgarie
Avec un rendu CGi très graphique, en noir et blanc, une masse bipède de cubes agglomérés lutte contre un flux de scories noires qui se collent à lui, formant au final un scolopendre géant qui avance avec peine et s'arrache des morceaux qui partent dans le flux. Le tout au son tonitruant d'une musique electro. Clipesque, le film sans être désagréable n'est pas spécialement marquant.

The centrifuge Brain project de Till Nowak, Allemagne
Film gag, un savant en blouse, en prise de vue réelle, nous dit qu'ils ont découvert que le cerveau apprenait mieux quand il était soumis à des mouvements. Il nous parle de leurs essais de machines et ont décidé de placer leurs expérimentations dans des fêtes foraines avec des manèges délirants comme par exemple des grandes roues imbriquées dont le tour dure 14h.

Drôle, avec des FX bien intégrés, le film joue sur la surenchère jusqu'à l'absurde. Il a un trailer sur vimeo.

Seven minutes in the varsaw ghetto de Johan Oettinger, Danemark
Film en stomotion avec des yeux incrustés « à la Tutli Puttli », en noir et blanc. Un garçon s'ennuie alors que sa mère et sa grand mère cuisinent de misérables légumes. Le garçon sort dans une ville en ruine et désertée. Par un trou dans le mur, le garçon repère une carotte à moitié pourrie en dehors du ghetto. Pour s'occuper il cherche à la récupérer avec un fil de fer. De l'autre coté des allemands voient le fil, sortent un mauser et tirent dans le trou. Fin.
Difficile de dire quoi que ce soit à part "Ach. La guerre große Malheur.", c'est un film bien fait mais qui est tellement misérabiliste et illustrant le titre de façon littérale qu'il est difficile d'être vraiment touché.

Tsukumo de Shyuhei Morita, Japon
Dans un nippon médiéval un voyageur dans la forêt est surpris par une tempête et se réfugie dans un cabanon abandonné. Le cabanon est hanté par des esprits, il va donc passer la nuit à se battre à coup d'ombrelles et de couture, car le gros balèze musculeux est en fait un artisan doué qui se balade avec sa mallette de couture. Rendu en 3D cartoon genre Borderland (le jeu). Sympathique, sans plus. Le comique naît du contraste entre le personnage baraqué qui fait des travaux manuels de fillette... Un peu léger.



Daffy's Rhapsody de Matthew O'Callaghan, US
Elmer Fudd va au théâtre. Malheureusement pour lui c'est un spectacle de Daffy Duck qui chante son malheur d'être éternellement chassé. Le sang de limier d'Elmer ne fait qu'un tour, il troque son queue de pie contre son costume de chasse et son flingue et poursuit le palmipède sur scène et dans les coulisses.
Film en relief, c'est une sorte d'hommage aux cartoons légendaires de la Warner mais sans la grâce ni l'inventivité des modèles originaux.
Le film est l'illustration d'une chanson enregistrée en 1950 par Mel Blanc himself, l'homme aux mille voix, pour des 45 tours vendus l'époque. C'est donc les voix originales des personnages mais il faut bien dire que c'est la seule chose d'originale.
Daffy a un pelage moiré de nouveau riche passé à la moulinette du CGi et le film surexploite les effets de relief. C'est une sorte d'exercice de mémoire qui ressemble plus à un saccage mais on est dans la lignée des Bipbip. Moi je dis "à quoi bon ?" mais la salle semblait enthousiaste et il faut bien contenter tout le monde…

Je continuerai sur les films étudiants quand j'aurai plus de temps. J'ajouterai aussi quelques images à l'occasion.

Je suis allé ce matin à la conférence sur l'Hybridation où j'ai retenu quelques informations que je partagerai aussi à l'occasion.

:)