Disney en force. Même si je ne suis pas allé au barbecue Disney mardi soir, j'ai vu la conférence conjointe sur le prochain long métrage des studios et le court métrage présenté en avant première ici.

Wreck it Ralph

Wreck it Ralph est une sorte de Megamind vidéoludique ; un méchant de jeu vidéo vintage, sorte de Donkey Kong humanisé, gros bonhomme aux mains gigantesques, est en crise d'identité.
Il en a marre de laisser à Fix-it Felix, le plombier en salopette, récupérer les lauriers et voudrait lui aussi goûter à la victoire en devenant le héros d'un jeu. Il va donc emprunter les chemins électriques via une prise multiple de la salle d'arcade pour aller s'incruster dans d'autres jeux vidéo et - évidemment - semer la pagaille.
Il s'incrustera dans un shoot futuriste à la Halo, puis dans un jeu de course dans un univers "Hansel et Gretel" genre MarioKart et autres joyeusetés. On a eu droit au trailer en exclu (il sort aujourd'hui.. l'exclu a été de courte durée) et à la séquence d'intro, ainsi que pas mal de concept arts, présentés par une directrice artistique de la partie "Hansel et Gretel" dont la jeunesse était assez étonnante (elle avait à peine trente ans, très talentueuse et très à l'aise en public…).
La séquence Alcooliques anonymes où Ralph expose ses névroses à une assemblée de méchants (dont Bowser, Dr Eggman et autres figures du jeu vidéo) est assez cocasse mais on espère que le film aura plus à offrir que ces références parodiques un peu poussives.
Evidemment les concepts sont bluffants et la directions artistique assez chouette même si la 3D est très aseptisée. L'équipe s'est même payée un voyage à Barcelone pour aller récupérer un vocabulaire formel sur les architectures de Gaudi pour le circuit de course en sucreries.. Dur métier que le leur…



paperman

On a vu le court métrage en introduction du making-of. Une écœurante bluette sirupeuse qui montre un homme qui a le coup de foudre pour une femme sur le quai du métro et essaye d'attirer son attention avec des avions en papier entre deux buildings new yorkais. Je ne suis pas contre le romantisme mais je préfère franchement la baston de regard des Lascars dans le genre connexion visuelle.
Le réalisateur, John Kahrs, avait presque des trémolos dans la voix quand il évoquait l'inhumanité des grandes villes et ses difficultés dans les rapports avec les femmes. Bref.

Ce n'est pas le plus important dans ce court métrage qui est plus un terrain de recherche et développement (R&D) et pour le coup le rendu du film est une réussite. L'objectif était de donner au film l'aspect d'un Disney à l'ancienne (genre 101 dalmatiens, Merlin l'enchanteur) avec des tracés mobiles et dessinés, croisé avec la modélisation et l'animation d'un Raiponce. Avec un process complexe de rendu, de dessin vectoriel interpolé sur l'image 3D avec brosses personnalisées et un compositing de malade, le rendu est suffisamment impressionnant pour avoir donné au studio l'envie de le développer sur des projets plus complexes. Le traitement des lumières est aussi assez notable, le film travaillant souvent avec des sur ou sous-expositions. Le making-of a montré aussi des tests d'animation de Glen Keane sur le projet, absolument bluffant de virtuosité.
Mais sinon les designs de ces personnages filiformes au gros nez et aux yeux en balles de baseball (il disait "softball") ne me touchent pas plus que ça et l'histoire est vraiment trop niaise.



Les invités du Barbecue Disney-Pixar ont eu droit à un tirage limité à 1000 copies de Paperman, panoramique numéroté dont jipé à récupéré un exemplaire.