Annecy 2012
Le Magasin des Suicides
Par Jipé, jeudi 7 juin 2012 à 11:22
Bon, à mon tour de prendre la plume pour vous parler un peu des longs-métrages présentés, ici, en avant-première.
Commençons par la premier film d'animation réalisé par Patrice Leconte : Le Magasin des Suicides, vu hier, lors d'une projection surprise.

Ce film, reposant sur la technique du "cut-out" (personnage-marionnette en 2D), décrit le quotidien d'une famille détenant un commerce quelque peu atypique : "le Magasin des Suicides". Il se donne comme ligne commerciale d'aider tout à chacun à se suicider de la manière la plus douce et adaptée. Ce qui occasionne quelques scènes cocasses tout au long du film. Leur quotidien se voit quelque peu perturbé lors de l'arrivée de leur troisième enfant, tout sourire et plein de vie. Bien loin des convictions profondes de la petite famille et qui fera petit à petit le désespoir de ses parents.
Même si le film présente de réelles qualités artistiques : la qualité graphique des décors, les ambiances colorées, l'utilisation intelligente de la 3D Relief... Mon avis sur cette production reste mitigé.
Je ne savais pas, pour ma part, que les 3/4 des dialogues étaient chantés. Le Magasin des suicides est donc une comédie musicale, avec une chanson toutes les 10 mns.
Chansons qui m'ont laissé de marbre, tant l'orchestration était impersonnelle et fortement influencée par l'univers musical de Danny Elfmann pour Mr Jack de Tim Burton. Ces intermèdes musicaux cassent quelque peu le rythme du film, et c'est bien dommage.
Même si l'humour du film, bien présent, se veut assez noir, il ne l'ai pas assez (sans doute pour ne pas trop se couper d'un public jeune) et reste trop en retrait d'un tel sujet, qui aurait nécessité plus de folie.
Cela donne un résultat un peu boiteux, pas assez sarcastique dans le ton pour un public adulte, et un peu trop noir pour de jeunes enfants.
L'animation, au vu de la technique choisie, reste de bonne tenue. On peut cependant regretter un manque d'unité graphique entre certains personnages, qui ne vont toujours pas bien ensemble : le petit garçon avec le reste de la famille, par exemple.
Ce n'est pas donc pas le chef-d'oeuvre d'annoncé, mais le film reste de très bonne facture, se démarquant quelque peu d'une production consensuelle.
Je vous laisserai en juger lors de sa sortie en salles ![]()
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