Un conseil : prenez un peu de LSD pour apprécier la séance, il y a quelques films bien barrés…

Aalterate, de Christobal de Oliveira (France, Pays-bas).
Une femme en CGI, en contours noirs sur fond blanc, très graphique, élégant. Des excroissances sortent de ses extrémités jusqu'à envahir l'écran. Ensuite une vieille voiture américaine coule dans une eau peuplée de méduses et d'êtres lumineux. Retour à la dame. Hypnotique et envoutant, le film est une véritable expérience cinématographique qui profite de cette projection en grand format. Mais bon, le sens est obscure encore une fois.

Moxie de Stepehen Irwin (UK)
Un ours est mort, il raconte un peu sa vie à base de feu, de masturbation et de violence envers ses voisins. Graphisme noir, j'ai cru un moment à une production des studios Aka pour vous donner une idée du rendu, noir et blanc, au grain visible. Pénible.

Her Story de Jun-Ki Kim (Corée)
Raconte l'histoire d'une esclave sexuelle dans l'armée japonaise durant la seconde guerre mondiale. Croyant partir en Chine pour aider son père emprisonné, elle se retrouve à 15 ans avec 12 autres filles dans un bordel à soldats, droguée à l'opium.
Le témoignage est poignant mais j'ai trouvé le film un peu restreint par rapport au phénomène de la prostitution soldatesque, ayant lu quelques documents sur le sujet récemment. Les japonais sont un peu montrés comme des monstres grinçants, comme certains le furent certes, mais j'ai trouvé ça un peu facile, avec tous les guillemets possibles évidemment. Le rendu est en 3D assez peu recherchée, l'animation et la mise en scène me semblent manquer de subtilité.



Sunny Afternoon de Thomas Renolder (Autriche)
Un homme, une chaise, une fenêtre, avec d'infinies variations dans le montage, vaguement de la pixilation. Le comique de répétition mené à son extrémité. Un peu au dépend du film tout de même.

Bydlo de Patrick Bouchard (Canada)
Adaptation d'un tableau d'une exposition de Moussorgski
Dans un sous-bois boueux, un boeuf sort de terre et tire un chariot. une foule de petits humains tente de l'empêcher d'avancer, le fait tomber et finit dans un pugilat anthropophage. La terre sèche et les traces de la lutte disparaissent.
Superbe travail de musique et d'animation en stopmotion. Dense, brutal et beau.

Historia d'Este, de Pascual Perez, Espagne
Les habitudes éthyliques (café, cognac, bière) d'un personnage mises en scène sur les planches d'un petit théâtre de bistrot. Production en claymation des espagnols de Conflictivos dont j'ai découvert le travail à Anima cette année. Rigolo, très hispanisant dans les couleurs, la musique…



Oh Willy ! de Emma de Swaef et Marc James Roels (Belgique, france , pays-bas)
Un gros homme vient voir sa mère dans une communauté naturiste. Elle décède, c'est le seul personnage habillé. Perdu dans la forêt pour des histoires de défécation contrariée, il va faire un voyage initiatique et retisser des liens avec la nature, flore et faune.
Poétique, envoutant, je suis fan de l'univers de cette réalisatrice. Stopmotion en figurine en feutrine, l'animation est d'une finesse et d'une délicatesse remarquables. C'est une sorte de suite de Zachte Planten, son film de fin d'étude, visible en ligne. Très beau. Un coup de coeur aussi. Je mest la photo des réalisateurs extrait du dossier de presse, je la trouve vraiment chouette. Il y a d'ailleurs quelques clichés de making-of très sympa.



Topo Glassiato al cioccolato de Donate Sansone (Italie)
Dessin animé, noir sur blanc, très vif, un peu à la Plympton, deux être fusionnent, se tirent dessus, des oiseaux, des graffitis… Imbitable voir pénible.

Villa Antropoff de Vladimir Leschiov (Lettonie Estonie)
Le mariage d'une sorte de mafieux avec une bimbo siliconée. Un personnage noir qui traverse la mer à la nage et sur une embarcation de fortune. Le mafieux de fait des rails de coke qui lui font gonffler la tête, comme la villa dans laquelle se tient la noce, structure gonflable qui finit par s'envoler. Traitement graphique à la Priit Parn, thème surréaliste mais avec des visées satiriques sur l'immigration. Chouette.