Annecy 2012
Courts métrages, programme 5
Par Cé, vendredi 8 juin 2012 à 19:21
Prohveti sünd de Rao Haidmeits, Estonie
Un couple s'embrasse, est aspiré par une tornade et se retrouve en enfer où un diable les encourage à quitter leur peau. Séparés, l'homme cherche la femme mais résiste aux conseils diaboliques puis divins.
Le film est en stopmotion avec des marionnettes en laine et en latex. Assez barré, plutôt marrant et distrayant.
LI LI TA AL de Akihito Izuhara, Japon. Des sortes des renards humanisés prient devant un temple dont la porte est close. Ils marchent dans un champ de graminées au son d'une musique zen. C'est tout ce dont je me souviens, ayant copieusement fermé les yeux. En 3D texture crayonné.
Une furtiva Lagrima de Carlo Vogele, Luxembourg.
L'air de Donizzetti chanté par le fameux Caruso, enregistré en 1904, repris par des poissons en instance de cuisson. Drôle dans ce décalage, émouvant par la puissance vocale, j'ai fortement pensé à Meat Love de Svankmajer, c'est dire… Je précise que c'est un compliment…
Edmond était un âne de Franck Dion, France-Canada.
La vie d'un employé de bureau racontée par ses proches en voix off. Falot, commun, presqu'invisible, Edmond subit les quolibets et blagues de ses collègues. Un jour ils l'affublent d'un bonnet d'âne en papier et Edmond a la révélation, à la manière d'un Claudel derrière un pilier de Notre Dame. Il se fait coudre un bonnet plus réaliste et le porte jour et nuit sans se soucier de devenir une curiosité pour tout son entourage.
Un rendu de toute beauté, une musique superbe, j'ai été surpris par ce film dont je connaissais pourtant le pitch et que j'ai vu naître de loin en loin. J'ai trouvé le travail sur les reflets absolument sublimes. La grosse tête de l'âne, qui nous regarde avec bienveillance et qui remplace l'image tremblante d'Edmond est très émouvante. On s'identifie immédiatement à ce personnage qui brise la mécanique de l'humiliation dans un geste d'identité forte, rebelle. Une peau d'âne à l'envers. La personnalité illustrative de Franck est bien visible et le film dispose d'un univers singulier avec un rendu de toute beauté, surtout dans ces conditions de projection qui rendent hommage à ses qualités chromatiques et plastiques. Bon, il paraît que le film était flou mais comme j'étais loin derrière, ça ne m'a pas choqué.
Waiting for her sailor de Bill Plympton, USA
Une dame sur une falaise en bord de mer observe les bateaux. Je ne raconte pas la fin mais, perso, je l'ai vue arriver très très en avance. Prévisible donc, très court (32s) ça serait marrant de compter le nombre de dessins… Pas beaucoup.
Junkyard de Hisko Hulsing, Belgique et pays bas
Une histoire d'amitié qui finit mal. Deux garçons aux origines sociales différentes sont compagnons de jeu. L'amour, la drogue et les mauvaises fréquentations vont radicalement modifier leur relation.
Sans être révolutionnaire ce film est un claque puissante avec des principes de mises en scène très efficaces. Animé (avec rotoscopie partielle sur le corps des personnages) sur TV Paint il a une image mobile, plastique et colorée très vivante. Oeuvre à la dimension sociale démonstrative sans être moraliste, avec Edmond, c'est un autre coup de coeur de la séance.
Das Haus, de David Buob, Allemagne.
Une fille, en animation détourée, dans une maison de lattes de bois cubique, fait le tour de la pièce unique qui tourne sur elle même. Il y a des cycles qui concernent la chevelure d'une autre dame chauve. C'est assez inventif dans le principe mais pas spécialement élégant.
Beluga de Shin Hashimoto, Japon.
Le film commence par une phrase de la petite fille aux allumettes et par aussitôt en sucette sur d'autres terrains. Je n'ai RIEN compris et j'ai abandonné en piquant du nez. Pourtant la technique était assez jolie, dessins à l'encre assez noirs.
A different perspective de Chris O'Hara, Irlande
Un gigantesque extra terrestre atterri dans un paysage montagneux. Un chien et un habitant sortent voir. Les relations entre eux sont l'occasion de jeux de profondeurs soulignés par le son. Inventif, court et drôle, j'ai pensé à la série des Giants de Céline & Yann
Kali le petit vampire de Regina Pessoa, France Portugal Suisse, Canada
Un petit vampire aimerait jouer avec les enfants normaux. Il les observe et finit par leur sauver la vie.
Un rendu graphique de toute beauté, avec ces nuances de noir, blanc et rouge, une maîtrise incroyable mais le film ne m'a pas laissé de trace indélébile.
A noter que pour cette séance de 14h TOUS les réalisateurs étaient présents dans la salle et que Serge Bromberg est venu en début de séance faire une petite mise en scène qui semble confirmer un certain nombre de rumeurs… On en reparlera en temps et en heure.
Toutes les séances étant passées, on peut maintenant s'amuser à faire nos petits pronostics…
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