Happy few et VIP étaient serrés dans la salle du Décavision hier soir pour assister à la première de Ernest et Célestine. Si une bombe avait explosé dans la salle, l'industrie de l'animation française aurait été décapitée… Et l'audience en a eu plein les mirettes avec pour mise en bouche et en exclusivité 12 minutes du troisième Kirikou Kirikou et les hommes et les femmes actuellement en production à Paris, le tout introduit par Michel Ocelot en personne.



Kirikou et les enfants de son village sont confrontés à un enfant touareg. Pourquoi est il blanc et habillé alors qu'eux sont noirs et nus ? Est-il malade ? Généreux et humaniste comme à son habitude, le petit kirikou démontre ses qualités humaines face à un inconnu et à la méfiance générale.
Maintenant tout en CGi après Azur et Asmar et Princesses et Dragons, j'ai trouvé que la technique asséchait un peu le rendu graphique des personnages, les décors étant comme d'habitude de toute beauté. On attendra de voir l'ensemble pour se faire une idée mais la surprise n'est plus là, pas plus que le gracieux minimalisme même si on sent que des efforts sont faits pour essayer de conserver l'esprit du premier.

Ensuite nous avons eu donc Ernest et Celestine en présence des trois réalisateurs - Benjamin Renner, Vincent Patar et Stéphane Aubier - et de la voix de la souris, Pauline Brunner, fille du producteur et actrice très convaincante. Je le dis tout de suite : j'ai trouvé le film adorable, superbe et d'une infinie grâce tout en ayant un coté mutin et vif. Si je savais que le film parlait de la relation d'amitié liant deux êtres que tout sépare (un ours et une souris), je craignais que l'histoire ne soit un peu trop enfantine et verbeuse. Mais le film est au contraire plein d'action et de rebondissements. Les deux personnages sont en rupture avec les conventions sociales de leurs espèces respectives. On s'identifie à cet ours insouciant et bourru (oui.. bon.. surtout moi) et à cette souris artiste et rebelle qui se lient d'amitié. Le couple est craquant, les voix sont extraordinaires (Lambert Wilson donne la réplique dans le rôle de l'ours) et les chansons (rares…) sont de Thomas Fersen. Une réussite totale qui fera un tabac, je l'espère, en tout cas hier soir la production a eu droit à une longue standing ovation méritée. J'ai hâte quant à moi de revoir ce film avec ma petite famille.