Derniers petits déjeuner de cette édition, de quoi glaner les informations complémentaires aux projections. Cependant la formule est un peu victime de son succès, dix réalisateurs étant présent, on arrive à un quota de six minutes d'entretien par film. Quand on compte en plus les temps de traductions pour les réalisateurs non anglophones, ça devient effectivement assez court pour aller au fond du processus de réalisation qui fait l'objet de ces échanges.

Finissons donc :
Aalterate, Christobal avec Oliveira, séance de l'avant veille : film qui explore la psychés d'un femme. Absence volontaire de narration interprétable librement, l'auteur parlant du principe de mutation. Le film se prolongera en exposition, installation…

Provheti Sund avec Rao Heidmets en anglais hésitant et au vocabulaire assez réduit. On a quand même compris que le film avait nécessité deux années de production avec trente personnes (notamment au tricotage des marionnettes) avec seulement deux animateurs.

LI LI TA AL avec Akihito Izuhara. La langue du film est volontairement incompréhensible : elle est imaginaire… Difficile de le savoir à l'avance pour une audience occidentale pour qui le japonais a tous les attributs d'une langue imaginaire. Quoi qu'il en soit le réalisateur semble avoir voulu faire une expérience proche du jeu vidéo dans lequel il travaille aussi, ce qui a permis à Serge Bromberg de sortir une ou deux âneries sur le domaine.

Una furtiva lagrima avec Carlo Vogele. Référence à des souvenirs d'enfance, le père du réalisateur étant amateur d'Opera. Ça l'a amusé de faire chanter des poissons, muets par nature, dont la physionomie n'exprime pas d'émotions et avec lesquels il est difficile de rentrer en empathie. La réalisation a quand même été assez éprouvante au niveau culinaire et hygiénique, les acteur nécessitant d'être oint d'eau ou d'huile pour qu'ils paraissent un tant soit peu frais…

Waiting for her sailor de Bill et sa femme. Une illustration du dogme plymptonien : Short, Cheap & Fun. L'idée date de 1999 quand Bill produisait de petits films pour internet avant que cette économie ne s'avère improductive. Sa femme a déniché le concept et les dessins dans les cartons et l'a donc finalisé. Leur prochain projet commun est un bébé, façon d'annoncer au monde entier qu'ils attendent un petit Lucas… Si si…

Junkyard, avec Hysko Hulsing. Habitant Amsterdam le réalisateur a commencé à fumer de l'herbe à 13 ans, il a eu une expérience psychotique à 17 et a décroché ensuite. Mais pas mal de ses copains ont continué dans la drogue dure et ce film est une sorte d'évocation de ces souvenirs même si l'auteur affirme qu'il n'a pas voulu transmettre de message particulier. Le réalisateur ressemble d'ailleurs assez étonnament à ses personnages... Il est conscient des clichés que véhiculent son film sur l'environnement et l'éducation. Le film a été produit sur cinq ans, le réal vivant de travail de storyboard dans la publicité.

Das haus de David Buob. L'auteur avait cette envie de réaliser un film en plan séquence. Je n'ai rien noté de plus, je crois que j'étais un peu distrait.

Beluga avec Shin Hashimoto. Le réalisateur est venu avec sa productrice qui finance le collectif dont il fait partie avec Mirai Mizue, en compétition aussi. Je suis rassuré parce que le réalisateur a dit qu'il n'avait pas non plus encore compris le sens de son film. Il a déclaré que tout était imagination. Nous voila rassurés…

Kali avec Regina Pessoa. La réalisatrice, contrite, a commencé à s'excuser pour la projection foirée de la veille, visiblement mal à l'aise. Serge Bromberg a expliqué les procédures du festival, identiques à celles de Cannes. Bref, impossible de savoir qui on doit pendre mais c'était fâcheux et c'est surtout les réalisateurs dont les films étaient projetés en 35 mm (10 seulement cette année) qui étaient déçus de voir leurs oeuvres "trahies". Sinon… Mme Pessoa a parlé de la crise et des problèmes qu'elle avait malgré sa petite notoriété à réunir les fonds pour faire ses films. D'où la multiplication des co-producteurs et financiers sur Kali. Elle était chagrinée et quasiment indignée en disant que le CNC portugais ne lui donnerait peut-être pas cette année d'aide à l'écriture pour son prochain film. Les cuistres...
Sinon, Kali a été réalisé entièrement numériquement, sur Photoshop CS4 à la Cintiq. Des passages sont en 3D retouchés.

Edmond était un âne avec Franck Dion. Franck a parlé du travail d'écriture qui a été assez long et du montage financier qui a été assez facile : produit par Papy3D, le film a intéressé Arte puis l'ONF qui sont entrés en coproduction. Avec une référence lointaine à Bartleby, the Scrivener de Melville, histoire d'un employé de bureau, selon Franck, Edmond est surtout un âne dans un monde l'étalons, le cadrage cinémascope contribuant à isoler ce petit personnage dans un immense décor.

Ayé, c'est donc fini pour de bon pour cette édition. J'ignore ce que deviendront ces petits déjeuner du court métrage. Même s'ils sont toujours insuffisant pour approfondir le travail des réalisateurs, je continue de les trouver intéressants pour expliciter les films vus la veille.



Les photos sont dans l'ordre d'apparition.