Cette année je n'ai pu venir que 2 jours à Annecy, ne pouvant me libérer d'obligations professionnelles. Jusqu'au dernier moment je parlais même de ne pas m'y rendre du tout, mais l'envie fut plus forte. Je pris donc mes billets de train à la dernière minute et trouva des solutions d'hébergement à la volée : une nuit par ci, une nuit par là, avec en prime un transfert d’accréditation et les séances réservées qui vont avec. Avec l’habituelle système d'échange, j'étais assurée de voir les séances que je souhaitais. Cet aller-retour peut paraître ridicule, car il est évident qu'en 2 jours on ne peut pas profiter d'un évènement de cet ampleur (on a déjà du mal à tout faire quand on est là pour la semaine!). Pourtant je ne regrette pas cette escapade : j'ai passé 2 jours exquis. Et puis, rien que pour la ballade à vélo le long du lac entre Bonlieu et l'impérial, ce petit instant de plénitude où on peut admirer le Pâquier sous le soleil et la couleur magnifique de l'eau, où la brise est agréable et le temps comme suspendu... Rien que pour ce petit plaisir le voyage vaut le coup :)

Oui je viens parler de soleil, car arrivée Vendredi matin, le temps pluvieux se changea bientôt en temps estival, ce qui me permit de profiter des terrasses et même de la plage. Ma première baignade de la saison eut lieu dans le lac, Samedi matin, juste avant le Pic-nic des Fous. Revoir les montagnes et me croire déjà en vacances me plaisait (et Annecy ne serait pas Annecy sans la carte postale), mais je venais principalement pour voir des festivaliers que j'ai peu l'occasion de croiser dans l'année, et ce fut avec plaisir que je retrouva amis et connaissances, à la lumière du jour ou dans la pénombre du café des arts.

Le soleil, les rencontres... et les films alors? J'ai tout de même trouvé le temps de faire 5 séances : des court-métrages en compétition et en panorama ainsi qu'une séance de film de fin d'études à 23h dans la grande salle, pour profiter une dernière fois de l'ambiance de Bonlieu avant sa fermeture. Je n'ai pas pu juger de la sélection dans son ensemble, j'ai vu du bon et du moins bon, comme tous les ans. Certains films m'ont touché, intéressé ou émue : Edmond était un âne (Franck Dion), Junkyard (Hisko HULSING), Ursus (Reinis PETERSONS) ou encore Bao (Sandra DESMAZIERES). J'ai également apprécié découvrir les dernières productions de grand noms comme Ivan Maximov, Piotr Kamler ou Georges Schwizgebbel. Par contre je n'ai pas été sous le charme d'Oh Willy... comme la grande majorité des spectateurs, le film me perdant en route et me laissant perplexe, malgré sa beauté. Je n'avais alors pas vu le futur grand prix, Tram de Michaela Pavlatova, que j'ai découvert la semaine dernière au Forum des images lors des séances spéciales festivals, avec The Pub de Joseph Pierce et The Centrifuge Brain Project de Till Nowak. L'ambiance parisienne quasi religieuse contrastait avec l'atmosphère des salles festivalières. Cette année encore les avions et les cris animaliers étaient au rendez-vous, avec parfois des débordements malheureux sur le début des films.

Samedi soir avait lieu l'habituelle cérémonie de clôture, show assez ridicule avec des mise en scènes kitsch, qui a peu d’intérêt quand on connait déjà le palmarès (grâce aux indiscrétions des journalistes). Sauf quand on connaît les primés! Et nous voulions tous assister à la montée sur scène de Franck Dion, mention spéciale du jury. Cette soirée marquait également le départ de Serge Bromberg en tant que directeur artistique et il se vit remettre un cristal d'honneur pour ses 14 ans de service devant une salle debout. Cette séparation n'en est pas vraiment une puisqu'il restera l’un des visages de la manifestation et qu'on devrait le revoir dès l'année prochaine. Le Samedi soir fut une soirée de fête, la meilleure que je connus à Annecy. Nous avons pu tous entrer à la réception donnée au pied de l'Impérial grâce à des invitations chapardées par ci par là (cela contraste avec l'année où nous avions fini dans un bus!). Et une fois dedans, nous avions une table privée où affluait les amuse-bouches et les bouteilles... La joie était sur tout les visages, l'équipe d'Edmond savourait le prix comme il se doit et la nuit fut courte ;)