Annecy 2009

Annecy 2009, vu de mes yeux.


N'ayant pas eu facilement accès à un ordinateur durant cette semaine plus que dense, ce n'est que maintenant que je cause un peu sur le festival. J'ai eu l'occasion de coréaliser l'un des courts-métrages d'ouverture, Dodudindon (passé jeudi et samedi, et également derrière la brume de la cérémonie de clôture, youpi), et c'est assez étrange de voir le résultat sur les toiles, après avoir passé plus de cinq mois à quatre sur ce très très court d'une quarante-huitaine de secondes qui semble en durer à peine vingt tant les péripéties s'y s'enchaînent rapidement. Je retiens de cette expérience qu'il n'est pas forcément nécessaire de créer toute une histoire avec scène d'exposition (ayant requis presque vingt secondes dans notre cas, argh !), déroulement et chute sur une durée si réduite, et pour un film censé mettre en appétit les festivaliers. Si je devais refaire un générique, j'essaierai sans doute de partir d'avantage sur quelque chose de visuel et graphique avec tout un tas d'images fortes et de jeux sur les rythmes et la musique plutôt que sur une véritable histoire, si concise soit-elle.

Le film est bien évidemment différent de ce que je m'imaginais au départ, mais j'ai eu la chance de travailler dans des conditions parfaites, sans prises de têtes ni de becs, avec trois chouettes personnes avec du talent dedans. Cela dit, réaliser un film à quatre reste assez fatiguant et parfois un peu frustrant, je ne suis pas sur que la démocratie soit la solution dans le cas d'une production : le vieux principe du réalisateur omnipotent et de ses multiples sous-fifres et sous-sous-fifres marche à mon avis mieux qu'une brochette de quatre réalisateurs jouissant du même pouvoir de décision, si bien élevés et diplomates soient-ils.

Je suis aussi surpris de la facilité avec laquelle les thèmes donnés (l'Allemagne et la danse) passent parfois à notre insu au second voire au troisième plan quand ils ne sont pas totalement écartés... En regardant le résultat, mes trois compères et moi même, on s'est rendu compte que la danse était beaucoup moins présente que ce qu'on imaginait lors du développement (où il était d'avantage question de rapprocher les mœurs de séduction de la société de la fin du dix-neuvième siècle aux parades nuptiales des oiseaux, avec toutes ces gestuelles étranges et codifiées et ces apparitions de plumes spectaculaires que ça implique). Et de plus, mazette, on s'est rendu compte qu'on avait fait une course poursuite alors qu'on s'était mis d'accord pour éviter de tomber dans ce motif archi vu et revu par le passé. C'est assez déconcertant de voir à quel point le projet s'affranchit parfois des volontés de départ de ses créateurs, il vit sa vie avant même d'être fini, le coquin, il emprunte des chemins de traverse sans scrupules, la crapule... Bref, l'honneur est sauf, il s'agit plus d'un jeu amoureux à la fuis-moi-je-te-suis-suis-moi-je-te-fuis qu'une course poursuite belliqueuse sur fond d'explosions diverses... No war, vive l'amour et longue vie à la joie.

Dommage par contre que le son ait été aussi faible, grosse déception. Rien à voir avec les essai de projection en 35 mm auxquels j'ai pu assister précédemment, quelle désappointement de voire le 5.1 réduit à ce qui m'a donné l'impression d'être un son mono sans saveur venant de derrière l'écran. Il paraît que chaque année c'est pareil, mais on fait rien. Tant pis (ci-dessous, voici l'une des recherches graphiques)

Je ne m'étendrai pas sur les séances diverses après avoir lu les comptes rendus très complets de Cé, Tony et Cobayanim. Je garde en tête quelques perles comme Chick, avec ses graphismes stylisés et son rythme éffrené (même si la fin était fort décevante), L'ondée, splendide poésie contemplative et épurée sur la pluie et l'attente, Retouche, qui donne l'impression de visiter l'esprit en ébullition d'un artiste à la recherche d'idées, Dopolnitel'nye vozmozhnosti pyatachka, et son univers délicieusement absurde, El empleo, jolie leçon de rythme et très belle parabole sur l'exploitation de l'homme par l'homme, et A matter of loaf and death (même s'ils ne se renouvellent pas des masses, je reste un fan de Gromit et Wallace).

Dans les films étudiants, je retiens Signalis, qui certes est un peu long et anecdotique mais je me souviens avoir bien apprécié l'idée, la réalisation et le rythme, Volgens de vogels, splendide petit bijoux évoquant Le hérisson dans le brouillard de Norstein (certes le graphisme, assez classique, n'est pas très révolutionnaire, mais il est d'une finesse et d'une beauté qui aurait tout à fait pu faire figurer ce film dans la catégorie courts-métrages en compétition selon moi) (j'aurai été comblé de le voir recevoir un prix mais bon, tant pis, la vie continue...), 0200, ou une histoire de bébé qui pleure, et d'un couple qui veut dormir, l'animation était admirable et la stylisation en triangles de tissus des personnages l'était tout autant, je crois me souvenir avoir également beaucoup apprécié le rythme, Facteur Mineur, où même si l'histoire n'est pas très bien servie par la réalisation (j'ai eu du mal à comprendre), je l'ai trouvé visuellement très très beau, tout comme l'atmosphère très particulière, Leitmotif, pour ses designs dignes des Triplettes de Belleville et ses graphismes délicieusement rétros. Farewell, où un ours blanc nous chante une chanson alors que son iceberg fond, c'est très court, drôle, cynique (il faut dire aussi que je suis sensible à ce type de thématique), et For Sock's Sake, pour l'idée et l'animation des vêtements très maitrisée ainsi que le très bon rythme. Cela dit j'ai trouvé la fin un peu en dessous du reste...

Dans les longs, j'ai fortement apprécié Panique au Village, je ne pensais pas que ce type d'animation fonctionnerait sur une heure vingt. Certes sur la fin on commence à sentir le temps passer, mais avant c'est un pur régal. Coraline, of course, qui fut d'une richesse et d'une beauté visuelle épatantes, avec parfois de vrais morceaux de frayeur dedans, ce qui est une très bonne chose pour les enfants j'en suis convaincu (et pour les autres également). My Dog Tulip, tristement oublié du palmarès. Je pense qu'un prix aurait pu booster comme il le méritait la carrière de ce très beau film (je ne sais pas si une sortie en France est prévue), film émouvant et drôle en même temps, au graphisme original donnant l'impression d'assister à quinze ans de la vie d'un couple atypique à travers un carnet de croquis. Le trait peu assuré et hasardeux donne une très belle sensation de liberté. J'ai également profité du festival pour revoir Brendan et le secret de Kells. J'avais gentiment aimé la première fois, et après l'avoir revu j'ai adoré. La stylisation des personnages et des décors ainsi que la bande son (magistrale, n'ayons pas peur des mots) donnent au film une atmosphère très particulière et merveilleusement celtique. Le film comporte également des moment durs pour les moins de huit ans, mais je persiste à penser que c'est une bonne chose (puisque la vraie vie n'est pas rose, il faut que les enfants le sachent). Je n'ai pas pu voir Les lascars...

Mais j'ai pu voir Mary and Max.

Une claque, les enfants, une claque. L'équivalent d'une heure trente deux minutes de montagnes russes émotionnelles, en allant du rire au rire en passant par les larmes et en y revenant par la suite. L'atterrissage est difficile et il faut être un vrai dur pour pas pleurer en sortant de la salle. L'animation n'a pas grand chose à envier au film d'Henri Selick (il faut voir Mary marcher et mâcher, c'est aussi tordant que les soupirs de cheval d'Harvie Krumpet), et visuellement, la noirceur du récit imprègne chaque décor et chaque personnage et donne une très belle cohérence à l'œuvre (j'estime qu'ils auraient pu lui donner les deux cristaux du long métrage ex-æquo). J'ai rarement été aussi touché par un film, et du coup je sais pas si j'oserai le revoir, peut être que l'émotion sera beaucoup moins présente, voire absente...

Bien sûr il y avait aussi çà et là quelques bouses dans la programmation. Sans aller jusqu'à qualifier de la sorte le court-métrage Pixar 2009, Partly cloudy, celui-ci m'a bien déçu (dommage car son réalisateur, très sympathique, nous a fait une conférence fort dynamique et bien généreuse). En regardant le film, j'ai eu l'impression d'assister à suite de gags sans conclusion (la fin est sans grand intérêt). Dommage car le thème laissait imaginer de bien belles choses visuelles et narratives. J'ai l'impression que l'histoire a été un prétexte à aligner les épisodes comiques (et encore, c'est pas très très amusant) sans réelle justification ni progression. Mais il faudrait que je le revoie...

Que dire d'autre, si ce n'est d'affligeantes banalités, comme le centre-ville est décidément très beau, ou le temps était superbe, et l'eau du lac pure et claire comme celle de la fontaine de la chanson. Le principal est que dans le train, en revenant du festival, j'ai ouvert mon carnet à idées saugrenues et ai écrit des tas de trucs, étant comme les trois années précédentes pris d'une très grosse envie de réaliser un film, quelque chose, n'importe quoi pourvu que ça puisse être projeté sur une toile. Le festival reste une semaine extrêmement motivante et stimulante, pourvu que ça dure...

Annecy 2009

Dimanche soir...


Un dernier billet pour clore ce festival 2009 :)

Mes deux derniers jours à Annecy furent délicieux... Il a fait très beau, très chaud, et après m'être enfermée dans les salles 5 fois par jour j'ai un peu plus profité du cadre de la ville et de la plage héhé. Je me suis englouti quelques glaces et me suis mise en maillot de bain. J'ai également ENFIN vu Mary and Max et je me suis retenue de pleurer tout au long du film. J'ai eu du mal à déterminer si j'aimais ou pas ce film à cause de cette émotion très souvent présente et que j'ai senti à certains moment trop appuyée. Les deux personnages ont une vie vraiment misérables et je trouvais ça très triste, trop triste parfois, et j'ai eu du mal à trouver la fin heureuse. J'avais un gros vague à l'âme à la sortie... mais j'ai tendance à être très emphatique avec les films et je sais que d'autres n'ont pas vécu le film ainsi. En tout cas, que je l'ai aimé ou pas, il m'a énormément touché et je suis très contente qu'il ai obtenu le cristal du long, ex-aequo avec Coraline. J'ai pu assister à la cérémonie de clôture et vivre en direct le prix donné à Bastien. Nous avons crié son nom et j'ai dit à Tony que cela commençais bien... Bromberg était ridicule à souhait comme chaque année (le costume de cosmonaute ayant remplacé le sari) et nous a redit une nouvelle fois que c'était nous, public, qui faisions le festival. Pour le palmarès j'étais également très enthousiaste quand j'ai appris le prix pour Please Say Something, par contre je suis déçue pour le grand prix, ne comprenant pas bien le choix du jury. Je n'ai également pas été transcendé par le choix de Sellick and co à propos des film de fin d'études, le film de l'ESMA et des Gobelins étant à mon humble avis trop consensuel. Deux films funs, sympa, pas mal faits... mwé enfin ce n'est pas vraiment ce que je cherche quand je regarde un film, j'aurais préféré des films plus novateurs, plus courageux, plus forts. Pendant le festival j'ai entendu pas mal de gens dirent qu'ils en avaient marre des films d'auteurs un peu opaque et que voir des choses drôle faisait du bien. C'est un avis comme un autre, effectivement voir des trucs funs ça change les idées, mais est-ce que cela fait avancer le cinéma d'animation? Ce genre de film ne m'intéresse pas, cela peut paraître prétentieux, j'imagine que l'on a tous nos petits défauts.

Après la cérémonie nous avons tenté comme tous les ans de rentrer dans l'after, mais comme souvent nous avons été refoulés et nous nous sommes repliés dans un bar du centre-ville. Je sais que certains élèves sont rentrés en escaladant la barrière mais je me sentais trop fatiguée pour le faire. Cette dernière soirée fut douce, Coraline était rediffusé sur le Pâquier, le festival était fini mais je n'étais pas triste, plutôt très heureuse d'avoir passée une si bonne semaine! Nous partions le lendemain à 12H30 et nous avons eu le temps de monter jusqu'au château et de se balader dans le marché avant de rentrer définitivement sur Paris, en maudissant nos bagages plus lourds qu'à l'allée (les passages au MIFA et à la BOUTIQUE font toujours mal aux épaules). Vivement l'année prochaine, pour les 50 ans du festival nous fantasmons sur de grands noms avec Tony (Norstein avec son dernier film enfin fini? Rêvons rêvons...) et sur des séances de rêves réunissant tous les grands prix déjà attribués. Haaaa.... Avec Svankmajer aussi s'il vous plaît, et Garri Bardine, et...

Bon il va falloir se remettre au boulot maintenant... :)

Annecy 2009

Je prépare Annecy 2010 !


Je suis rentré chez moi...

Vendredi matin, pour une fois, je me suis bien débrouillé. Je suis arrivé tôt à Bonlieu, je n'avais pas prévu de voir de séance et comptais rédiger un compte-rendu. Mais voyant qu'il y avait la queue à la billetterie pour Brendan et le secret de Kells, je m'y suis glissé dans l'idée que je pourrais éventuellement (re)voir ce film si je ne trouvais rien de mieux à faire. La distribution de billets a commencé plus de vingt minutes à l'avance et j'en ai eu un très rapidement. Une idée me vînt alors, celle d'échanger ce billet contre un autre pendant qu'il était encore valable. Au point d'échange de billets, il y avait pas mal de monde qui cherchait une place pour Mary and Max, Je me suis positionné dans un coin et j'ai attendu patiemment, jusqu'à ce que quelqu'un échange sa réservation contre une autre et que je ne m'en empare un quart de seconde après. Je suis donc allé à l'espace presse, pour la première fois, et j'ai rédigé mon compte-rendu. Ceci fait, mon amie et consoeur Cobayanim m'a signifié un peu tard qu'elle et d'autres de mes amis avaient une réservation pour les courts-métrages en compétition 5 à 21h et que je devais échanger ma réservation pour ceux de 14h si je voulais aller avec eux. Là encore j'ai fait le guet, et très vite j'ai vu une personne qui avait le billet que je voulais dans sa main, elle demandait ce qu'il y avait pour 14h et sembla déçue de la réponse, je tentai donc de lui proposer le mien, et le tour était joué : elle cherchait les courts-métrages à 14h contre ceux de 21h et moi l'inverse. Plus tard dans la journée j'ai recommencé l'opération pour que Cobayanim puisse également voir Mary and Max, cette fois il y avait une personne qui déclarait posséder l'objet de mes désirs mais attendait de pouvoir l'échanger contre la séance qu'elle espérait voir. Je tentai vainement de lui échanger contre un billet qu'elle aurait pu échanger tout aussi bien, mais elle préférait attendre au cas où elle n'aurait rien et qu'elle irait voir quand même Mary and Max. Lorsque enfin quelqu'un arriva avec ce qu'elle cherchait, les différents billets sont passés de mains en mains en un rien de temps. J'avais donc mes réservations pour la journée : LMC10 Mary and Max 18h Grande salle, CMC5 21h Grande salle et FE4 23h (j'avais cette dernière depuis le début). Pour la plupart des séances, il n'y a pas vraiment besoin de réservations, mais je pense que j'ai bien fait d'en prendre une pour Mary and Max car il y avait beaucoup de monde qui voulait le voir. Quant aux courts-métrages en compétition 5, c'était la séance de toutes les promesses et pour laquelle je ne voulais pas risquer le moindre retard. Mais je parlerai de ces séances plus tard, car avant de m'y rendre, il y en a eu une autre à laquelle je me suis rendu sans réservation.

Courts-métrages hors compétition 3
De cette séance j'ai donc retenu : How People got fire, de Daniel Janke. Je n'aime pas beaucoup l'image d'une personne âgée qui raconte une histoire à des enfants, c'est d'une mièvrerie insupportable. C'est dommage parce que c'était presque intéressant sinon, la narration surprenante de la gamine avec ses "NOW !", l'animation en rotoscopie, et puis le titre... Et finalement c'est juste une vieille qui régurgite le conte de quelques uns de ses ancêtres, ah les bonnes vieilles valeurs qui se perdent... Ensuite il y a eu JAM, de Mirai Mizue. Elle avait déjà un film hors compétition à Annecy l'année dernière, beaucoup plus long mais avec les mêmes créatures bizarres. Cette fois, on voyait les milliers de créatures envahir l'écran et se superposer à toute vitesse, ce qui avait son petit effet visuel. Madagascar, carnet de voyage, de Bastien Dubois... hum... C'est un carnet de voyage en film d'animation, assez étonnant avec le mélange des techniques et très beau. La 3D permet de véritablement rentrer dans le paysage et de renforcer la sensation de voyage, les notes de carnet et les dessins mettent en place une forme de narration poétique et dépaysante. Dans l'officiel on peut lire : "le parcours d'un voyageur occidental confronté aux coutumes malgaches, notamment à la Famadihana". Je n'aime pas le mot "occidental" qui, de mon point de vue, ne correspond à aucune réalité, je l'associe à la théorie du "choc des civilisations" et j'éprouve une gène face à des films qui semblent davantage fascinés par l'exotisme d'une culture que par son universalisme et ce qu'elle dit de l'humanité. Madagascar ne rentre pas vraiment dans cette dérive, mais il y a quand même une idée de confrontation avec l'autre, d'être un étranger, et peut être aussi l'idée d'un apprentissage initiatique, ce qui est une autre de mes petites allergies obsessionnelles. Thé noir, de Serge Elissalde, m'a fait penser qu'il était effectivement terrifiant de boire du thé. J'ai cru comprendre que ce film au graphisme proche de caricatures de presse se moque quelque peu de ceux qui s'en rendent compte, ce n'est pas très gentil.


Madagascar, carnet de voyage, Bastien Dubois

Mary and Max.
Un très beau film qui met en scène la correspondance d'une jeune fille australienne avec une espèce de cas social new yorkais. Ils ont tous les deux plus ou moins une vie de merde (enfin c'est ce qu'en disaient ceux qui étaient avec moi dans la salle) et échangent leurs expériences. Certains ont trouvé que c'était un film triste mais pour ma part je l'ai trouvé plutôt joyeux, je ne dis pas ça à cause de l'humour sarcastique qui enveloppait chaque événement tragique de leurs vies, car cela ne me faisait pas vraiment rire, mais simplement parce qu'il m'a semblé que le film arrivait à l'aboutissement logique de cette démarche singulière initiée par Mary, les deux personnages y trouvent leur accomplissement. C'est une belle histoire d'amitié intergénérationnelle, drôle et touchante, et en plus c'est bien réalisé. Il faut dire aussi que je pouvais m'identifier assez facilement à Max et à ce genre d'amitiés étranges entre deux personnes isolées.


Mary and Max, Adam Elliot

Courts métrage en compétition 5
J'ai finalement eu mon coup de coeur d'Annecy 2009 : décerné à Retouches, de Georges Schwizgebel. On y découvre une suite d'images animées qui se transforment de façon poétique, par association d'idées ou abstraction, et s'enchaînent au rythme d'une très belle musique au xylophone (ou quelque chose comme ça). C'est donc un film ludique et pleins d'imagination et j'adore ça, il aurait dû gagner le grand prix. Un réalisateur que j'aime beaucoup, Ivan Maximov, passait juste après avec Dopolnitel'nye vozmozhnosti pyatachka (oui son grand défaut c'est de faire des titres que je retiens jamais). Bref on voyait un petit cochon évoluer dans un monde bizarre avec pleins de créatures marrantes, et gonfler des ballons avec son grand nez. La séance commençait donc très bien et se poursuivait avec Regarder Oana de Sébastien Laudenbach, dont j'avais manqué le début lorsqu'il était passé au forum des images. C'est un beau film, sensible, animé au banc titre, avec un texte fort (à lire et écouter), sexuel, fétichiste, excessivement possessif en amour et un peu dégoûtant. Lögner est un film sur le mensonge en trois parties, trois témoignages, avec des éléments découpés, du dessins et de l'infographie, un rendu original pour chaque partie et une grande qualité narrative. El empleo, qui était l'année dernière dans la séance des films plus ou moins engagés, citoyens etc. en même temps que Monsieur Cok, était en compétition cette année. On y voit un homme qui va au travail dans un monde ou les gens sont utilisés comme des objets. J'ai profité de ce que j'avais déjà vu Wallace et Gromit pour dormir un peu en fin de séance.


Retouches, Georges Schwizgebel

Films de fin d'étude 4
J'ai failli rater cette séance parce que Cobayanim et d'autres étaient partisans de ne pas y aller et de faire la fête quelque part. Finalement, après hésitation, j'ai quand même été la voir et j'ai très bien fait. Presque tous les films étaient intéressants, notamment La collection, de Keren Albala, qui était joliment dessiné et montrait une fille enquêter sur la désintégration de son monde en papier. Homeland, de Juan de Dios Marfil Atienza, avait un côté miyazakiesque mais devenait de plus en plus étonnant et très émouvant à la fin. Himawarisou, de Minako Matsuda, brillait surtout par la qualité de ses aquarelles et ses couleurs vives et contrastées...


La collection, Keren Albala

Bref le festival avait gardé le meilleur pour Vendredi. Le lendemain je n'ai vu qu'une séance, très sympa aussi : La valse des tangos, avec entre autre le magnifique Her morning Elegance (en fait pour ces séance il faut chercher sur internet pour me rappeler de tous les films alors je vais me contenter de dire que c'était très bien ^^). Le reste du temps j'étais à la plage ou dans un bar, et le soir j'ai fait la queue pour la cérémonie de clôture avec Cobayanim et Kataplonk.

Serge Bromberg est arrivé en spationaute suspendu par des cables sur un décor lunaire (mais en considérant qu'il y a des arbres sur la lune). Nous étions au troisième rang juste en face de l'endroit ou s'asseyaient ceux qui recevaient un prix. J'ai pu prendre plein de photos, et j'ai filmé aussi : Vidéo babass

Dimanche matin je me suis baladé sur la plage, puis au marché avec Cobayanim et j'ai traîné ma valise jusqu'au train... Ce n'est qu'en arrivant que j'ai découvert qu'il y avait une poignée rétractable cachée dans une poche à fermeture éclair qui m'aurait évité bien des efforts inutiles, enfin bref... L'année prochaine, ce sera les 50 ans du festival d'Annecy et cela promet des séances mémorables... En plus le film de Cobayanim sera peut être sélectionné, au moins hors compétition, et même si je n'y crois pas trop, mon film de fin d'étude aussi...

Annecy 2009

Fais voir ta trombine #2


Voici les photos des autres petits déjeuners, histoire de savoir un peu qui fait quoi si vous croisez ces personnes lors d'un prochain événement.



alors de gauche à droite et de haut en bas :

Eddie White et Ari Gibson (The Cat Piano), Anna Heilborn (Slavar), Cordell Baker (Runaway), Signe Bauman (Birth), Izu Troin (Le bûcheron des mots), Giocomo Agnetti (About Love), en bleu et rouge sont les frères McLeod Greg et Myles (Codswallop), en dessous les frères Rauch Tim et Mike (Q&A), Takena Nagao (Chainsaw Maid), Georges Schwizgebel (Retouches), Sebastien Laudenbach (Regarder Oana) et enfin le grand Nick Park (W&G).

Ce qu'on a appris lors du dernier petit déjeuner c'est que Georges Schwizgebel produit ses films sur deux ans, pour environ 20 000 euros la minute, qu'il travaille sur papier ou acétate (de plus en plus dur à trouver), sur des formats avoisinant le A4 et qu'il filme en 35mm. pour lui un ordinateur sert à envoyer des mails et à gérer l'administratif, mais il est bien conscient qu'il va probablement devoir se mettre à la prise de vue numérique...
Sébastien Laudenbach nous a dit que la fameuse Oana était roumaine et non sud américaine comme j'ai pu le penser, que la voix féminine était celle d'Histoire tragique avec fin heureuse.
Quant à Nick Park, s'il était plein d'un humour tout britannique, il a donné une impression de tristesse et de fatigue. A priori le travail sur le dernier Wallace et Gromit l'a épuisé et stressé et depuis il se prend un peu de vacances. Il a donné quelques infos sur le dernier court métrage, que le film s'est monté en deux ans, qu'il y avait 80 animateurs sur 25 plateaux en même temps. Que le film a coûté 2,5 à 3 millions de dollars, que c'est la première fois qu'il shootait en numérique et que sa fatigue était proche de la dépression, qu'il était notamment usé de voir qu'il fallait quatre ans pour visualiser une idée de gag assez innocente.

Annecy 2009

scoop toujours


On voit toujours des affiches qui attirent l'attention... Tiens ? Oz ? John Boorman ? hu...