Annecy 2011

Cérémonie de clôture


Annecy 2011 c'est fini... J'ai pu aller à la cérémonie de clôture, je me suis retrouvé tout au fond de la salle mais j'avais un appareil photo qui me permettait de zoomer à fond. Le palmarès me satisfait encore moins que d'habitude : non mais Pixel quoi...

J'ai rédigé un compte-rendu complet du festival sur le site de Bulles de rêves. J'ai également filmé la remise du prix à Trois petits points : cliquez ici pour voir la vidéo sur dailymotion. Et pour vous, voici quelques photos :

Annecy 2011

Palmarès des "espoirs de l'animation 2011" de Canal J


Comme chaque année, la chaîne Canal J profite de la médiatisation du Festival pour officialiser le Palmarès des "Espoirs de l'animation", concours à destination des centres de formations français en Cinéma d'animation, et qui fêtait cette année son dixième anniversaire.

Le thème choisi s'inspirait d'une série phare de la grille des programmes : "Adil, le génial génie". On demandait d'imaginer les dégâts causés par un génie maladroit pendant la réalisation d'un vœu.
33 films envoyés par 5 écoles (ESAAT de Roubaix, EMCA d'Angoulème, Emile Cohl de Lyon, Estienne de Paris et La Poudrière de Valence) étaient en course pour cette édition 2011.

De l'avis de tous les acteurs de cette manifestation, la qualité, la pertinence et l'originalité des différentes productions animées envoyées ont été particulièrement mises à l'honneur.
(Il est vrai que cette année, les organisateurs de ce concours avait considérablement amélioré la clarté du brief et du cahier des charges envoyés à chaque école participante). Le choix final s'est donc avéré particulièrement difficile.

Deux prix ont été, une nouvelle fois, décernés cette année :
- le Prix du Public va à "Emile et un vœu", court réalisé par 5 étudiants (Camille Alméras, Yvanne Buisset, Violette Delvoye, Clara Dufour et Valentin Stoll) du DMA Cinéma d'animation de l'ESAAT de Roubaix, aidé pour le design sonore par 2 étudiants de l'école Jean Rostand de Roubaix également.
- le Prix des Professionnels a été, quant à lui, attribué à "Jenny", réalisé par 3 étudiants (J. Guiter, A Seydoux, M. Gaillard) de l'école Emile Cohl de Lyon.


Annecy 2011

Photos souvenir


Chose promise, chose due, voici quelques dernières images furtives du Festival d'Annecy 2011.
Tout d'abord, quelques photos souvenirs du Picnic des Fous, où, comme vous pouvez le constater, les fous… brillent par leur absence!!… mais pas les grosses gouttes d'eau qui tombent sur la pelouse du Pâquier.
On se rattrapera l'année prochaine ;-)



Beaucoup plus de monde par contre, le jeudi soir, pour la traditionnelle "@nnecycybernight", avec Bob Sinclar comme DJ invité.
Plus de 35 000 personnes étaient présentes devant le théâtre du Bonlieu pour se trémousser en rythme, selon la une des journaux locaux du lendemain.

Annecy 2011

Conférence au MIFA: la bible littéraire


Il faut remercier Georges Tzanos et la modératrice dont je n'ai pas noté le nom pour cette conférence claire et bien illustrée qui s'est tenue jeudi après-midi au MIFA.

Qu'est-ce qu'une bible littéraire?

un document épais qui contient tous les éléments de base d'une série, et qui servira plus tard de référence aux auteurs des épisodes, chapeautés par le directeur d'écriture. La création d'une bible littéraire et d'une bible graphique est l'enjeu de la phase de développement.

Georges Tzanos raconté son expérience d'auteur avec son compère Max Mamoud de la bible sur la série "Tony et alberto", tirée des BD de Dab-s, série qui sera diffusée sur M6 et Canal J à l'automne.


Le travail d'écriture de bible littéraire est balisé par plusieurs étapes:
I- le dossier de présentation pour obtenir des diffuseurs le financement du développement... ici le succès des BD avait suffi
II- la bible commerciale contient: une intro en quelques lignes, une page concept, la description des personnages principaux et de quelques persos secondaires, la description de l'univers (par exemple, dans cette série, aucune référence aux parents ou à l'école, les persos évoluent sans aucune contrainte) et des décors, le concept choisi: la "sitcom cartoonesque"

III-les premiers scripts et storylines là, le contrat demandait 6 scripts et 12 pitchs, ce qui est bien utile pour les scénaristes des épisodes, même si trop souvent le producteur en fait l'économie

IV- la bible littéraire qui approfondit la bible commerciale, fournissant même par exemple des éléments de langage à inclure dans les dialogues (pour donner de l'unité)

L'auteur de bible littéraire doit se plier aux contraintes des diffuseurs sur les séries jeunesse, c-a-d:
RIEN
- d'anxiogène
- de violent
- qui affaiblisse l'image des parents
- qui puisse inciter à une prise de risque
et l'enfant doit pouvoir s'identifier au héros.
et pour le marché anglosaxon, il faut en plus que le scénario contienne des principes éducatifs.

Pour ceux qui connaissent les BD de Dab-s, assez trashos, le travail d'adaptation pour la télé avait l'air coriace!

Georges Izianos a détaillé les doutes, les discussions, les astuces (ex: transformer le collier électrique avec lequel tony martyrise alberto en un "musicollier" assourdissant... plus politiquement correct) qui ont rendu cette adaptation possible.

La bible littéraire finalement rédigée par Izianos et son comparse est à la fois suffisamment précise et suffisamment ouverte, car les scénaristes s'en sont emparé sans problème, dépassant les attentes des premiers auteurs. Et apparemment Dab-s est content du résultat, ce qui ravit Izianos.

En résumé, une conférence très instructive d'un auteur qui prend le travail d'écriture de série jeunesse très au sérieux, ça existe, ça me rassure... et puis on a bien compris toutes les contraintes dans lesquelles l'auteur de bible doit se frayer un chemin, et l'enjeu crucial de ce document, qui se fait en amont de la réalisation, et souvent malheureusement sans aucune interaction avec le réalisateur, pas encore recruté à ce stade.

Par contre, elle était suivie d'une conférence sur la bible graphique complètement creuse, et dont il n'y a rien à retenir.

Annecy 2011

Conférences à la Chambre des Métiers IV


Jeudi matin, c'est les FX et l'animation qui étaient au programme. Les FX? quesako? je croyais que ça désignait les effets spéciaux, mais ici c'est plus globalement le mélange d'images de synthèse et de PVR qui était illustré. La conférence a fait un tour qui partait de la pub (délai court, astuces low-tech) et s'achevait sur de la synthèse "haut-de-gamme" pour du long-métrage ("Harry Potter", "Iron man", "Paul")



Mickaël Nauzin de Mikros (Paris) a parlé de son travail sur la pub pour la citroën C3. Une pub sur laquelle apparemment il s'est bien amusé comme chef animateur. Le chien-objet a été construit autour de set-up libres. L'anim s'est inspirée de nombreuses références vidéo fournies par le réalisateur. Au sein de Mikros, Mickaël Nauzin est le tenant d'une animation qu'il qualifie de réaliste, en opposition aux fans de l'animation cartoon, qu'il juge pour sa part trop liée à des codes, trop stéréotypée. L'anim réaliste était en tout cas indispensable ici pour rendre les mouvements de ce chien-objet crédibles.


Anthony Bloor de MPC (Londres) a travaillé sur la pub pour Cadburry's à l'occasion des J.O. Pub qui oppose des bancs de poissons certains à pois d'autres à rayures. Voilà, tout est dit. La pub est terne, sans intérêt, et apprendre qu'il leur a fallu quarante personnes pour arriver à si bien reproduire les poissons en synthèse... qu'on dirait des vrais de vrais sauf qu'ils ont des motifs... enfin ça m'a pas convaincue.


Nicolas Scapel est un français qui a des airs d'Harry Potter et qui travaille chez Framestore (Londres). Il est tellement acclimaté qu'il a préféré faire sa conférence en anglais. Travailler sur Harry Potter, pour un studio CGI britannique, c'est très stimulant... niveau complexité du travail, on passe clairement trois crans au-dessus des exigences en pub. Leur boulot a été d'animer les elfes. Il y a un énorme travail de documentation, d'anatomie et de rigging (je crois que c'est la partie dans laquelle Nicolas Scapel bosse). Le but affiché: imiter la nature jusque dans ses moindres détails. Faut avouer qu'ils y parviennent assez bien...


Patrick Giusano est un autre français exilé à Londres, lui bosse chez Double Negative. Il était vraiment jovial, et a su transmettre son enthousiasme au public, tout en livrant plein d'infos sur son taf. Et puis c'est un animateur, plus centré sur le jeu d'acteur que sur des pures questions techniques. Que ce soit sur Ironman ou sur Paul, une comédie mettant en scène un extra-terrestre un peu lourdaud, l'équipe d'anim a l'habitude de s'auto-filmer très souvent, pour trouver le jeu juste avant de le transcrire sur le perso en synthèse... forcément ça fait plein de matériau visuel marrant, surtout quand on met côte à côte la prestation de l'animateur et celle de son personnage alien. D'autre part l'ambiance a l'air très blagueuse chez Double Neg, et ils sont pas macho, puisque j'ai même aperçu une fille dans l'équipe!

Bon, pour conclure, évidemment, c'est loin de moi tout ça, mais j'ai quand même retrouvé chez ces messieurs le plaisir d'animer un personnage et de transmettre des émotions au public (sauf pour les poissons cadburry's), alors ça m'a intéressé tout de même. Le travail sur le long est clairement plus exigeant techniquement et on sentait toute l'assistance captivée sur les deux dernières interventions.