Annecy 2011

Cérémonie de clôture


Annecy 2011 c'est fini... J'ai pu aller à la cérémonie de clôture, je me suis retrouvé tout au fond de la salle mais j'avais un appareil photo qui me permettait de zoomer à fond. Le palmarès me satisfait encore moins que d'habitude : non mais Pixel quoi...

J'ai rédigé un compte-rendu complet du festival sur le site de Bulles de rêves. J'ai également filmé la remise du prix à Trois petits points : cliquez ici pour voir la vidéo sur dailymotion. Et pour vous, voici quelques photos :

Annecy 2011

Palmarès des "espoirs de l'animation 2011" de Canal J


Comme chaque année, la chaîne Canal J profite de la médiatisation du Festival pour officialiser le Palmarès des "Espoirs de l'animation", concours à destination des centres de formations français en Cinéma d'animation, et qui fêtait cette année son dixième anniversaire.

Le thème choisi s'inspirait d'une série phare de la grille des programmes : "Adil, le génial génie". On demandait d'imaginer les dégâts causés par un génie maladroit pendant la réalisation d'un vœu.
33 films envoyés par 5 écoles (ESAAT de Roubaix, EMCA d'Angoulème, Emile Cohl de Lyon, Estienne de Paris et La Poudrière de Valence) étaient en course pour cette édition 2011.

De l'avis de tous les acteurs de cette manifestation, la qualité, la pertinence et l'originalité des différentes productions animées envoyées ont été particulièrement mises à l'honneur.
(Il est vrai que cette année, les organisateurs de ce concours avait considérablement amélioré la clarté du brief et du cahier des charges envoyés à chaque école participante). Le choix final s'est donc avéré particulièrement difficile.

Deux prix ont été, une nouvelle fois, décernés cette année :
- le Prix du Public va à "Emile et un vœu", court réalisé par 5 étudiants (Camille Alméras, Yvanne Buisset, Violette Delvoye, Clara Dufour et Valentin Stoll) du DMA Cinéma d'animation de l'ESAAT de Roubaix, aidé pour le design sonore par 2 étudiants de l'école Jean Rostand de Roubaix également.
- le Prix des Professionnels a été, quant à lui, attribué à "Jenny", réalisé par 3 étudiants (J. Guiter, A Seydoux, M. Gaillard) de l'école Emile Cohl de Lyon.


Annecy 2011

Photos souvenir


Chose promise, chose due, voici quelques dernières images furtives du Festival d'Annecy 2011.
Tout d'abord, quelques photos souvenirs du Picnic des Fous, où, comme vous pouvez le constater, les fous… brillent par leur absence!!… mais pas les grosses gouttes d'eau qui tombent sur la pelouse du Pâquier.
On se rattrapera l'année prochaine ;-)



Beaucoup plus de monde par contre, le jeudi soir, pour la traditionnelle "@nnecycybernight", avec Bob Sinclar comme DJ invité.
Plus de 35 000 personnes étaient présentes devant le théâtre du Bonlieu pour se trémousser en rythme, selon la une des journaux locaux du lendemain.

Annecy 2011

Conférence au MIFA: la bible littéraire


Il faut remercier Georges Tzanos et la modératrice dont je n'ai pas noté le nom pour cette conférence claire et bien illustrée qui s'est tenue jeudi après-midi au MIFA.

Qu'est-ce qu'une bible littéraire?

un document épais qui contient tous les éléments de base d'une série, et qui servira plus tard de référence aux auteurs des épisodes, chapeautés par le directeur d'écriture. La création d'une bible littéraire et d'une bible graphique est l'enjeu de la phase de développement.

Georges Tzanos raconté son expérience d'auteur avec son compère Max Mamoud de la bible sur la série "Tony et alberto", tirée des BD de Dab-s, série qui sera diffusée sur M6 et Canal J à l'automne.


Le travail d'écriture de bible littéraire est balisé par plusieurs étapes:
I- le dossier de présentation pour obtenir des diffuseurs le financement du développement... ici le succès des BD avait suffi
II- la bible commerciale contient: une intro en quelques lignes, une page concept, la description des personnages principaux et de quelques persos secondaires, la description de l'univers (par exemple, dans cette série, aucune référence aux parents ou à l'école, les persos évoluent sans aucune contrainte) et des décors, le concept choisi: la "sitcom cartoonesque"

III-les premiers scripts et storylines là, le contrat demandait 6 scripts et 12 pitchs, ce qui est bien utile pour les scénaristes des épisodes, même si trop souvent le producteur en fait l'économie

IV- la bible littéraire qui approfondit la bible commerciale, fournissant même par exemple des éléments de langage à inclure dans les dialogues (pour donner de l'unité)

L'auteur de bible littéraire doit se plier aux contraintes des diffuseurs sur les séries jeunesse, c-a-d:
RIEN
- d'anxiogène
- de violent
- qui affaiblisse l'image des parents
- qui puisse inciter à une prise de risque
et l'enfant doit pouvoir s'identifier au héros.
et pour le marché anglosaxon, il faut en plus que le scénario contienne des principes éducatifs.

Pour ceux qui connaissent les BD de Dab-s, assez trashos, le travail d'adaptation pour la télé avait l'air coriace!

Georges Izianos a détaillé les doutes, les discussions, les astuces (ex: transformer le collier électrique avec lequel tony martyrise alberto en un "musicollier" assourdissant... plus politiquement correct) qui ont rendu cette adaptation possible.

La bible littéraire finalement rédigée par Izianos et son comparse est à la fois suffisamment précise et suffisamment ouverte, car les scénaristes s'en sont emparé sans problème, dépassant les attentes des premiers auteurs. Et apparemment Dab-s est content du résultat, ce qui ravit Izianos.

En résumé, une conférence très instructive d'un auteur qui prend le travail d'écriture de série jeunesse très au sérieux, ça existe, ça me rassure... et puis on a bien compris toutes les contraintes dans lesquelles l'auteur de bible doit se frayer un chemin, et l'enjeu crucial de ce document, qui se fait en amont de la réalisation, et souvent malheureusement sans aucune interaction avec le réalisateur, pas encore recruté à ce stade.

Par contre, elle était suivie d'une conférence sur la bible graphique complètement creuse, et dont il n'y a rien à retenir.

Annecy 2011

Conférences à la Chambre des Métiers IV


Jeudi matin, c'est les FX et l'animation qui étaient au programme. Les FX? quesako? je croyais que ça désignait les effets spéciaux, mais ici c'est plus globalement le mélange d'images de synthèse et de PVR qui était illustré. La conférence a fait un tour qui partait de la pub (délai court, astuces low-tech) et s'achevait sur de la synthèse "haut-de-gamme" pour du long-métrage ("Harry Potter", "Iron man", "Paul")



Mickaël Nauzin de Mikros (Paris) a parlé de son travail sur la pub pour la citroën C3. Une pub sur laquelle apparemment il s'est bien amusé comme chef animateur. Le chien-objet a été construit autour de set-up libres. L'anim s'est inspirée de nombreuses références vidéo fournies par le réalisateur. Au sein de Mikros, Mickaël Nauzin est le tenant d'une animation qu'il qualifie de réaliste, en opposition aux fans de l'animation cartoon, qu'il juge pour sa part trop liée à des codes, trop stéréotypée. L'anim réaliste était en tout cas indispensable ici pour rendre les mouvements de ce chien-objet crédibles.


Anthony Bloor de MPC (Londres) a travaillé sur la pub pour Cadburry's à l'occasion des J.O. Pub qui oppose des bancs de poissons certains à pois d'autres à rayures. Voilà, tout est dit. La pub est terne, sans intérêt, et apprendre qu'il leur a fallu quarante personnes pour arriver à si bien reproduire les poissons en synthèse... qu'on dirait des vrais de vrais sauf qu'ils ont des motifs... enfin ça m'a pas convaincue.


Nicolas Scapel est un français qui a des airs d'Harry Potter et qui travaille chez Framestore (Londres). Il est tellement acclimaté qu'il a préféré faire sa conférence en anglais. Travailler sur Harry Potter, pour un studio CGI britannique, c'est très stimulant... niveau complexité du travail, on passe clairement trois crans au-dessus des exigences en pub. Leur boulot a été d'animer les elfes. Il y a un énorme travail de documentation, d'anatomie et de rigging (je crois que c'est la partie dans laquelle Nicolas Scapel bosse). Le but affiché: imiter la nature jusque dans ses moindres détails. Faut avouer qu'ils y parviennent assez bien...


Patrick Giusano est un autre français exilé à Londres, lui bosse chez Double Negative. Il était vraiment jovial, et a su transmettre son enthousiasme au public, tout en livrant plein d'infos sur son taf. Et puis c'est un animateur, plus centré sur le jeu d'acteur que sur des pures questions techniques. Que ce soit sur Ironman ou sur Paul, une comédie mettant en scène un extra-terrestre un peu lourdaud, l'équipe d'anim a l'habitude de s'auto-filmer très souvent, pour trouver le jeu juste avant de le transcrire sur le perso en synthèse... forcément ça fait plein de matériau visuel marrant, surtout quand on met côte à côte la prestation de l'animateur et celle de son personnage alien. D'autre part l'ambiance a l'air très blagueuse chez Double Neg, et ils sont pas macho, puisque j'ai même aperçu une fille dans l'équipe!

Bon, pour conclure, évidemment, c'est loin de moi tout ça, mais j'ai quand même retrouvé chez ces messieurs le plaisir d'animer un personnage et de transmettre des émotions au public (sauf pour les poissons cadburry's), alors ça m'a intéressé tout de même. Le travail sur le long est clairement plus exigeant techniquement et on sentait toute l'assistance captivée sur les deux dernières interventions.

Annecy 2011

les dernières séances d'Annecy 2011...


Je suis allé voir Midori-ko, un film un peu malsain sur les bords mais très joli au niveau du dessin, il rappelle des films comme idiots and angels de Bill Plympton mais à la sauce japonaise, donc plus mignon, plus monstrueux et tout aussi barré. C'était assez court par contre, je me suis donc rendu à la séance de work in progress de la mécanique du coeur à laquelle j'avais décidé de pas aller parce que je voulais être sûr de voir midori-ko. En arrivant à Bonlieu je constatais que la séance n'avait pas commencé et qu'il y avait une queue phénoménale, mon plan était d'arriver après la bataille et de présenter mon badge presse au cas où quelqu'un sortirait de la salle en laissant une place. Comme je n'avais rien à perdre, j'ai fait la queue, mais la personne devant moi a été la dernière à rentrer... En fait je n'avais pas été très combatif parce que je savais que j'avais déjà quelqu'un à l'intérieur qui me ramènerait des photos.


Mathias Malzieu au work in progress de la mécanique du coeur (photos de Emilie Leroux)

A 14h je suis allé voir la dernière séance des courts-métrages en compétition. J'ai bien aimé Luminaris, un film engagé sur l'appropriation collective des moyens de production par l'union prolétarienne. C'est une sorte de récit métaphorique original et poétique sur la marche inéluctable du progrès. Dans un monde contrôlé par la lumière, deux employés d'une espèce de fabrique d'ampoule vont accomplir un acte révolutionnaire. Le besoin d'une main d'oeuvre qualifiée donne l'opportunité à celle-ci de s'éduquer de plus en plus et de s'émanciper en renversant l'ordre établi, sous la forme d'un amour symbolisant la promesse d'un avenir socialiste. Il y avait aussi Dimanche, qui rappelle si bien de détestables souvenirs d'enfance du dimanche après-midi.


Luminaris, de Juan Pablo ZARAMELLA

A 16h, je suis allé au MIFA pour jeter un coup d'oeil aux stands et voir des films à la vidéothèque. J'ai croisé Frédéric Mitterrand qui saluait les différentes écoles d'animation. J'ai également failli le renverser à vélo un peu plus tard quand je suis revenu du MIFA. Il devrait être présent ce soir à la cérémonie de clôture. J'ai pu voir le film de Mathilde Philippon-Aginski, la femme du lac, en animation de poudres. J'avais adoré Ascio donc j'étais curieux de voir son film. C'est difficile d'apprécier complètement un film contemplatif dans une salle d'ordinateurs mais l'idée était extrêmement séduisante et poétique.


La femme du lac, de Mathilde PHILIPPON-AGINSKI

Après avoir manqué d'écraser le ministre de la culture, je suis allé voir Paprika que je n'avais jamais vu sur grand écran. Il était diffusé à la place de l'apôtre dont la projection a été annulée. C'est déjà pas mal mais après ça, encore mieux, j'ai vu une projection des films d'Oskar Fischinger dans la grande salle de Bonlieu ! Ca, c'est la classe. Certains étaient muets et sans accompagnement, je préfère comme ça... mais du coup en entendait les commentaires des débiles qui n'avaient pas compris que c'était pas une séance pour les débiles.

Pour finir la journée je suis allé voir les films d'étudiant, une séance pas trop mal, surtout vers la fin. J'aimais bien le tout dernier avec une espèce d'imitation de jeu d'arcade pour figurer la naissance d'un bébé.

Ce matin j'ai vu les films de commande en compétition, il y avait de très bonnes choses mais j'ai été gêné par la tournure politique de certains. Par exemple, il y avait ce film didactique sur la crise qui prétendait nous expliquer pourquoi les états avaient dû prêter de l'argent aux banques. Mais en faisant mine de dénoncer le système, il évitait la question du partage des richesses, mettait sur un pied d'égalité la responsabilité des banques et celles des individus : "tout est de la faute de Bob le banquier et Cintia qui cherche un appart" et concluait qu'on était obligé de donner de l'argent à "Bob" sans parler un seul instant des revenus de Cintia, ça m'a donc un peu agacé. Ensuite, un autre film parlait cette fois de la répartition des "ressources", de l'agriculture mondiale et donc du libre-échange et la façon dont les pays du sud se retrouvent en situation de dépendance alimentaire. En faisant mine de dénoncer le système, pointant du doigt le trader, il évite là encore de prendre une véritable position politique. Il oppose les habitants du nord à ceux du sud et se demande ce que le monsieur tout le monde européen peut faire pour son ami africain... manger moins de viande... c'est une blague ?! Revoilà les "petits gestes" et l'écologie citoyenne qui endort tout le monde au lieu de poser les vraies questions qui fâchent : qui a le pouvoir ? qui organise l'économie et les échanges ? Soit les actionnaires qui veulent faire plus de profits, soit les peuples qui veulent une économie capable de répondre à leur besoins, y compris en termes sociaux et environnementaux. Alors à la question posée dans le film "qu'est-ce que vous pouvez y faire ?" je réponds : "on peut voter pour faire gagner la gauche en 2012. Ca changera peut être pas le monde mais c 'est la première condition pour rendre ce changement possible, pour construire le rapport de force et se donner des marges de manoeuvre". Plutôt que d'opposer simplement le nord au sud, il faut opposer l'ensemble des peuples (qui a intérêt à la démocratie, au progrès etc.) au diktat du capitalisme financier. D'autres films abordaient les mêmes sujets : "torchez vous le cul avec du papier toilette recyclé". Et le pire de tous : "Nike agit pour le développement durable !", voilà c'est dit ! Plutôt que de croire toutes ces fables sur une consommation citoyenne, essayons de redonner effectivement le pouvoir aux citoyens en reprenant les institutions qu'on essaye de lui confisquer. L'union européenne aurait dû être un outil notamment pour obliger des multinationales comme Nike à produire une partie de leurs chaussures en Europe pour pouvoir les vendre, à respecter un certains nombre de conditions sociales et environnementales sous peine de voir leurs produits taxés aux frontières de l'Europe. Bref ça m'a agacé mais il y avait aussi beaucoup de poésie et de créativité dans tous ces spots ou clips qui valaient le coup d'oeil, comme la pub de la citroen c3 qu'on a tous vu ou une autre de AARDMAN pour nokia. J'ai bien aimé aussi un film avec des animaux en sable sur une plage qui s'animent.

Voilà, je met en ligne cet article rédigé cette après midi mais je viens de voir la cérémonie de clôture. J'y consacrerai un article plus tard et je peux dores et déjà dire que je suis pas du tout d'accord avec le fait de décerner le grand prix à Pixel...

Annecy 2011

Conférences à la Chambre des Métiers III


Bon, je suis rentrée, je m'y remets.

Mercredi matin, la conférence parlait de quatre longs-métrages en production.


"Soul Man" de Guillaume Ivernel va être un film 3D ados-adultes de S-F détaillée, avec un héros viril et une bombasse black en justaucorps ajusté. Funky et plein d'action! Si je dis que c'est un film-de-garçon, je vais me faire chahuter... Le projet en est au pilote, qui a coûté 1 million d'€.

"Pinocchio" d'Enzo d'Alo c'est du dessin animé assez classique, bien que fait à la tablette (Toonboom). Les décors de Mattoti sont de toute beauté et le film promet d'être riche en couleurs et en nuances lumineuses. Je fait confiance au pétillant réalisateur à la chemise fleurie pour avoir peaufiné le scénario, alors je pense que ça vaudra le coup. Il espère pouvoir le présenter à Annecy 2012!


"Zarafa" de Rémi Bezançon et Jean-Christophe Lie nous était présenté par ses producteurs, Christophe Jankovic et Valérie Schermann, de Prima Linéa. Ils sont à l'initiative de la collaboration entre Bezançon, qui vient de la PVR, et Lie, qui fut l'assistant-réal sur "Peurs du Noir". Apparemment le croisement de ces deux expériences est fructueux. L'anim est "au crayon de bois". Il y a un gros travail de recherche documentaire car le film se passe en 1830 et traverse plusieurs pays.


"Chico et rita" de Mariscal nous était présenté par son producteur Tono Errando. Malheureusement je ne sais pas ce qu'il en a dit, j'avais trop envie d'un café, je suis sortie. Mais le film, vu ensuite, m'a gonflé, car même si plastiquement ça se tient, l'anim est atroce et le film se traîne.

Annecy 2011

Conférences à la Chambre des Métiers II


Mardi après-midi, c'était la conférence sur les stratégies de studios. Elle était animée par le barbu René Broca. Il y avait beaucoup de termes franglish, que je vous citerai en italique.

Peter Lindblad, de Copenhagen Bombay (Danemark) a énormément insisté sur le fait qu'il produisait à petit budget, et avec une petite équipe maison (in-house)

Le résultat, certains ont pu le découvrir ici, puisque c'est Copenhagen Bombay qui a produit "La Montagne Ours" (lire la chronique de Jipé) Ce qui m'intéressait plus, c'est que le studio s'attache à faire émerger de jeunes talents, en sortant en salles des compils de courts, à destination des 2-6 ans. Le moyen de mettre à l'épreuve de nouveaux réalisateurs et d'expérimenter techniquement. Peter Lindblad explique le dynamisme danois par le fait que l'Etat aide significativement la production cinématographique pour la jeunesse.

Jean-Michel Spiner, de 2 minutes (France) a décrit le passage progressif de prestataire (en 2000) jusqu'aux projets maison (depuis 2007)

La boîte a des studios à Paris, Angoulême, Montréal et en Chine. Même si le resserrement géographique est préféré, pour préserver le plaisir et l'investissement des équipes, 2 minutes garde une approche assez pragmatique, mais dit être néanmoins capable de renoncer à une aide (!!!) si celle-ci implique une aberration d'organisation.
2 minutes a notamment coproduit le long-métrage "Allez Raconte" (que j'ai beaucoup aimé), et produit la série "Rosie", et actuellement le long-métrage "Approved for adoption". Pour la série "Rosie", il livre au diffuseur, comme un cadeau-bonux, des petits jeux web qu'il créent maison. Ils font le pari que cet investissement permettra de meilleures ventes internationales.

Warren Franklin, de Rainmaker (Vancouver) n'a pas dit grand-chose d'intéressant à mon sens, sauf qu'il y a des réductions d'impôt à Vancouver, et que c'est un grooos studio de 3D, et que c'était fun.

Madhavan AK, de Crest Animation (Inde) est un indien bavard que tout le monde surnomme "Mad Max". A part ça, il a baratiné sur sa success story et sur le boom indien, bof bof.

Anthony Roux, d'Ankama (Roubaix!) était vraiment atypique, et m'a impressionnée par son ambition pleine d'applomb.

Le discours de ce self-made man roubaisien (il sort de bac pro vente et deux ans d'école de BD) détonne par rapport à celui des autres producteurs. Je rappelle l'historique, Ankama a commencé autour du jeu Dofus avec 3 personnes et 9000€ en 2000, et emploie aujourd'hui... 450 personnes. Venir du jeu en ligne a visiblement centré la stratégie sur les spectateurs-joueurs , la communauté Ankama, tandis que les producteurs "classiques", eux, ont comme interlocuteurs principaux les diffuseurs... et peu d'interactions avec leurs spectateurs (souvent les enfants de 6-10 ans)
Question ambition, c'est rien moins que de créer un monde parallèle, et les références citées sont "Star Wars" et "Le Seigneur des Anneaux". Economiquement, ça a l'air d'un modèle sans bavure. Ils s'emparent de tous les supports (BD, merchandising, séries télé, jeux web, événementiel, jeux smart-phones...) pour enrichir ce monde Ankama, qui emploie même 5 "historiens" chargés de garantir la cohérence de l'ensemble. Tout est fait en France (enfin ils ont aussi ouvert un studio au Japon). Déçus par leur premier prestataire pour Wakfu, Ankama a développé sa propre méthode de production (pipeline) pour les séries d'anim, méthode inspirée de leur compétence en jeux et centrée sur Flash.

La qualité plastique est visiblement une préoccupation centrale d'Anthony Roux, quitte, dit-il, à perdre un peu d'argent (c'est rattrapé sur le long-terme). Récemment, le studio s'est ouvert à d'autres univers que Dofus-Wakfu, avec des essais en stop-mo, en 3D...

Enfin, je ne suis pas sûre de vous apprendre grand-chose, tellement la success-story Ankama est célèbre!

Reste qu'à mon avis, en matière de stratégie, ils sont un modèle que les producteurs classiques devraient étudier de près...

Annecy 2011

The prodigies


J'ai un peu de temps aujourd'hui pour vous parler d'un film vu, ici, en avant-première : the Prodigies, long-métrage d'animation en 3D relief, réalisé par Antoine Charreyron.

Inspiré du roman La nuit des enfants-rois de Bernard Lentéric (livre que j'avais par ailleurs apprécié lors de mon adolescence) ce film nous raconte le parcours de 5 enfants télépathes ayant la faculté de manipuler notre corps et notre esprit, et qui, suite à une violente agression de l'un d'entre eux (scène de viol trés éprouvante qui vaudra à ce film une -interdiction de moins de 12 ans- pour sa sortie en salles) fomente une terrible vengeance à l'encontre de leurs agresseurs et de toutes personnes se mettant sur leur passage.
Présentée, par leurs auteurs, comme une production voulant s'affranchir des codes des longs-métrages d'animation 3D actuels, Ce film réutilise tous les grandes lignes d'un thriller somme toute assez classique, avec un manque de rythme certain.
Pas de crescendo dans l'action, les événements se passent comme ils doivent se passer. On ne s'y ennuie pas certes, mais je suis resté assez dubitatif face à cette débauche d'explosions et de violence gratuite.

On sent que le réalisateur est issu du jeu video, tant on a l'impression de se trouver parfois face à une superbe animatique d'introduction pour un nouveau "shoot'em up". Alors, que reste-t-il à sauver de ce film, le character-design des personnages?... Pas vraiment, certains sont même parfaitement ratés (l'ado obèse notamment)... L'animation?... Non plus, on y retrouve ici la limite de la mocap : déplacements raides et lents... L'univers graphique et la mise en scène?... Sans doute, la photographie est soignée, les mouvements de caméra fluides même si on peut regretter une mobilité souvent extrême du cadre et une remarquable reconstitution de New-York (les peintures numériques de la pré-production sont, par ailleurs, exposées, ici dans le Hall du Bonlieu, et elles sont superbes)... mais sans piétons!!...

Vous l'aurez compris, je suis resté circonspect face à cette débauche de moyens pour ne pas dire grand chose, mais le public autour de moi semblait réagir assez positivement à ce qui leur était proposé sur l'écran. A vérifier lors de sa sortie en salles.

Annecy 2011

Suite des aventures d'un anarcho-emmanuelliste sur les terres du président de l'assemblée nationale.


Hier soir, je me suis rendu aux environs de 23 h à Bonlieu dans la grande salle pour la séance des films d'étudiants 2... Je ne me suis pas retrouvé serré comme une sardine dans la queue mais c'est bien ainsi que la séance a débuté, avec le film Elu kilukarbis (serrés comme des sardines). C'est assurément un film sur l'affirmation de soi dans un monde hostile, encombré, bruyant et tellement plus terrible qu'une boite de sardine en fer blanc, avec pleins de petits monstres qui sortent de partout. Mais comme je vais pas m'amuser à faire le récit de toute la séance, je vais abréger en citant rapidement Thursday qui me faisait un peu penser à un film de David OReilly au niveau du rendu 3D. Le scénario ne m'a pas vraiment marqué, des oiseaux qui coupent des fils électriques pour se faire un nid et un couple qui s'envoie des sms je crois... et puis après je sais plus. Il y avait Plato aussi, plus expérimental mais sans plus... Les arbres naissent sous terre, très joli film sur une veillée funèbre, même si j'étais un peu trop fatigué pour l'apprécier à sa juste valeur. Suivait ensuite au suivant qui suivait des écoliers en visite médicale, souvenir d'enfance en rotoscopie et joli dessin. La séance s'est terminée sur une note plus politique, avec Heimatland qui se moque gentiment d'un suisse un peu chauvin et traditionaliste qui a peur de son voisin...

Ce matin j'suis allé voir les aventures de Mark twain, long-métrage de Will Vinton, mais j'ai pas pu rentrer complètement dans le film parce que c'était en anglais non sous-titré. Par contre j'ai été impressionné par certaines scènes où l'on voyait des transformations en pâte à modeler. Ensuite j'ai vu les courts-métrages en compétition 4. Dwa kroki za était pas mal visuellement, au début je me suis dit que je voudrais savoir faire ça parce que c'est le genre de technique que j'utilise. C'est des éléments découpés, photos et vidéos, façon collages surréalistes et ça racontait l'histoire d'un garçon qui va dans une ville (mais j'ai pas trop suivi l'histoire parce que je pensais à d'autres trucs en même temps). Teatriños : Homenaxe ao mineral do repolo était très joli également mais cette fois en volume avec une espèce de poème. Kamene était pas mal au niveau des marionnettes, de la musique (et du chant), mais pour ce qui est du fond.. c'est un spot intégriste pour promouvoir la lapidation des femmes ou quoi ? 0_o


Dwa kroki za, de Paulina MAJDA

Il n'y a pas de court-métrage qui m'ait vraiment emballé complètement pour le moment dans tout ce que j'ai vu cette semaine. Par contre à 18h j'ai vu un film qui m'a enthousiasmé au plus haut point. J'ai immédiatement déclaré que c'était le meilleur film du festival et j'ai regretté de ne pouvoir voter pour lui car il est hors compétition. Il s'agit de Goodbye mister Christie. Phil Mulloy fait de l'économie de moyen la plus drastique un moteur dramatique extrêmement puissant et stimulant pour notre imagination. Le scénario et les dialogues sont excellents et ont une portée métaphysique et ontologique évidente. C'était génial, j'ai répété ce mot plusieurs fois en sortant de la salle, et ça a duré un moment.


Good bye Mister Christie, de Phil Mulloy

Enfin je suis allé voir Tatsumi, et ce fut un très bon moment aussi. Le film adapte en animation l'autobiographie du mangaka ainsi que quelques unes de ses histoires, toutes aussi empreintes d'une amertume poignante. Le graphisme est celui du manga, en noir et blanc pour les histoires et en couleur pour l'autobiographie et ça fonctionne très bien.

Annecy 2011

Plato de leonard Cohen


J'ai vu hier soir la séléction de film de fin d'étude en compétition N°2 dans le theâtre à 23h. Un peu moins de monde dans le théâtre que la veille (faut dire qu'il ne pleuvait plus à cette heure-ci) De très bons films mais je voulais vous parlé d'un en particulier qui m'a beaucoup plu (comme la météo sur Annecy depuis quelque jours...)

Ca s'appelle PLATO et c'est de léonard cohen (non pas le chanteur qui à ecrit alleluya mais un homonyme)

c'est pour l'ENSAD

C'est un personnage en dessin tres simple qui dessine un carré, mais ca ne lui plait pas alors il recommence jusqu'a réussir un dessiner un cube en perspective. A ce moment le cube sort de son dessin et passe en volume et commence à la poursuivre. L'homme est bloqué en 2D dans un mur (comme une pallissade ) en ne peut lui echapper. Et là commence un jeu entre la 2D et la 3D. C'est vraiment bluffant et parfois on se perd entre ce qui est en volume ou a plat. Mais comme c'est difficile à expliquer tellement le film est visuel je vous laisse le regarder

Plato sur Arte creative

à Noter aussi un film en volume tout en mousse (non pas celle de la bière) très joli graphiquement.

The Eagleman Stag de mikey please pour la GB

et aussi un film en volume suisse sur le nationalisme et la peur de l'islamisme exacerbé par les média : Heimatland (en gros sur la peur de l'étranger) (comme quoi toute l'Europe est touchée)

bon j'avais appris qu'apres une crise il y a toujours une montée du nationalisme (crise de 29 ->Hitler au pouvoir en 33->guerre mondial) (crise de 2008 ->?->?) mais là on est un plein dedans entre Guéant et MArine Lepen...pfiou enfin ce film qui dénonce fait du bien

Annecy 2011

Je commençais à retrouver le moral jusqu'à ce qu'une boulangère le réduise en miette...


Il y a une chose qu'il faut savoir sur la ville d'Annecy, c'est qu'on y trouve de nombreux spécimens de ceux qui veulent "défendre l'environnement" en faisant une chose aussi débile que ne pas donner de sac plastique à leurs clients, même quand il pleut et que vous voulez ramener votre pain au chocolat en bon état...

J'ai réussi tant bien que mal à contenir mes pulsions meurtrières et me suis éloigné presque sans trembler.


Sojunghan nare kkum, de Jae-hoon AN et Hye-jin HAN

La journée n'avait pourtant pas si mal commencé, j'ai vu Sojunghan nare kkum, film corréen sur les états d'âme d'une adolescente. C'était amusant à certains moments, je me suis ennuyé à d'autres. C'est typiquement le genre de film avec une lycéenne qui se pose des questions sur son avenir ou ses sentiments qui a des amis rigolos, avec un coté nostalgique et une certaine fraicheur. Ca se laisse regarder.


Maska, de Timothy et Stephen QUAY

Après ça, je suis allé à la séance des courts métrage de 14h. C'était pas trop mal, et il y avait le film des frères Quay, Maska (que j'avais déjà vu). J'aimais bien les texte de les ciseaux pointus mais pas l'image... or le texte c'est les elles qui l'ont écrit, je trouve que le film n'est pas à la hauteur de sa bande son. Kapitain Hu, c'était un petit film naïf et sympathique en gravure sur pellicule et O sapateiro avait un rendu en dessin plutôt pas mal même si j'ai rien compris. Par contre j'ai détesté chroniques de la poisse et Junk, le premier parce que j'ai très peu d'humour et encore moins d'humour noir quand il est stupide, le second parce que c'est une parodie sans intérêt, comme la plupart des parodies. Ah oui, j'ai pas aimé a morning stroll non plus, humour débile pour adolescent attardé qui se vomit dessus. Pl.Ink était mignon et joli. Path of hate, un duel en avion prétexte à une débauche visuelle baroque et dantesque... On sent que le réalisateur veut en mettre plein la vue et la référence à métal hurlant, mais en fin de compte on s'ennuie un peu quand on n'est pas si facilement impressionné. J'ai trouvé quand même que c'était joli de voir les avions voler, avec les traces dans le ciel, tout ça...

Ensuite, j'ai voulu acheter un pain au chocolat... et j'irai voir des films d'étudiants ce soir.

Annecy 2011

Critique de "Den Kaempestore Bjorn", long-métrage en compétition


Rien ne vaut une bonne interdiction adressée à des enfants pour la faire transgresser aussi sec.

Den Kaempestore Bjorn(La Montagne Ours) est l’histoire classique de deux enfants qui s’en vont dans la forêt : l’un (ou plutôt l’une parce qu’il s’agit d’une petite sœur vraiment pénible) qui fuit le grand frère et l’autre le grand frère (à qui on ne peut franchement donner tort de punir la petite enquiquineuse) qui se dit que, bon, il ne faudrait pas en plus de la petite sœur avoir le grand-père sur le dos s’il ne revient pas vite fait avec la sœur en question.
Cela donne l’occasion d’un conte moderne où est chantée une nature absolument bonne en butte à la méchanceté des hommes représentés dignement par un bûcheron dont le village a subi une sorte de tremblement de terre à cause de l’ours.

Il y a quelques beaux paysages mais franchement tout le reste n’est pas terrible .
La représentation des êtres humains donne envie de se débarrasser définitivement de cette engeance si laide.

Ceci dit, l’ours… il a des yeux pleins de bonté mais un ours avec une forêt sur le dos….

Merci à notre amie Anne-Lise pour cet article à chaud ;-)



Annecy 2011

Conférences à la Chambre des métiers I


Bonjour les fous que la pluie m'a empêché de rencontrer...

Comme les séances de courts ont déjà été relayées, que j'ai loupé la compète 2 (qu'on m'a dit très bonne), je vais plutôt me concentrer sur les conférences. Elles ont lieu à la Chambre des Métiers et font salle comble. Ce sont généralement des producteurs qui parlent. Personnellement, je les trouve globalement très intéressantes, car elles me dévoilent des aspects qu'en tant que réal de courts je ne connais pas.

Mardi matin, la conférence traitait de la préproduction et de la postanimation.
Florent Heitz et Thomas Dorval, de HLC production, ont expliqué leur métier de prestataires pour la série, en insistant surtout sur le fait que, ayant commencé comme créatifs, ils savent comment parler aux créatifs et faciliter le dialogue avec les décideurs.

Andy Blazdell, de Celaction (la société qui a créé un logiciel de 2D-digitale pour la série de Mark Baker, "The Big Knights") a surtout parlé du gain de productivité généré par leur méthode de travail, à savoir découper les persos en centaines d'éléments, articulés comme des pantins (le rigging), ce qui permet beaucoup de "ré-ut" (même de réut d'animation). J'ai bien compris l'intérêt financier du système, moins l'intérêt artistique, malheureusement pas évoqué par Andy Blasdell, et les extraits de série montrés étaient loin de la qualité de "The Big Knights".

Arnaud Réguillet, de Toon Alliance, utilise lui aussi la 2D-digitale. Sa boîte a aussi créé un logiciel de gestion de prod appelé TTK

Bruno Gaumétou, de Néomis, était sans conteste l'orateur le plus drôle de la matinée. Il travaille principalement sur des longs-métrages et sa présentation power point impeccable et très dense démontrait sa passion de l'organisation, tempérée par un malicieux sens de l'humour (les shadoks ont été plusieurs fois évoqués). Le clou du spectacle pour moi a été la feuille de préparation d'une scène de "L'Illusionniste", scène de bravoure avec 23 personnages évoluant dans un bar (quand le patron allume la lumière, pour ceux qui ont vu le film): cette feuille de tableur était une merveille, puisque tout le plan avait été réfléchi pour qu'il y ait juste ce qu'il faut d'anim là où il faut, afin que le plan produise un maximum d'effet sans gaspiller d'énergie (et donc d'argent). Il a fallu six mois à six animateurs pour animer cette scène... mais vraiment elle vaut le coup, et on comprend l'importance de cette feuille austère pleine de rectangles colorés dans la réussite de ce plan.
J'ai aussi appris un nouveau terme, puisque Bruno Gaumétou use de l'expression "animation au crayon de bois" pour qualifier ce qu'on appelait autre fois tout bêtement "dessin animé" (mais c'est pour distinguer de la 2D digitale...)

Globalement, on a compris l'importance de l'organisation et des logiciels qui facilitent le checking et le partage de la masse de données représentées par une production de série ou de long-métrage. Les messieurs qui parlaient étaient très sérieux, bien que leur métier consiste à produire des nounours qui chantent ou d'autres trucs pour marmots! Un détail intéressant: la Grande-Bretagne a adopté un logiciel (Harding) qui détecte dans les séries pour enfants les plans qui pourraient provoquer des crises d'épilepsie!!! (à cause de contrastes colorés trop rapides) et alors c'est un GROS problème pour Arnaud Réguillet obligé d'intégrer cette contrainte dans les choix artistiques!

Dingue, alors... comme si c'était vraiment le contenu qui provoquait l'épilepsie, et pas le fait de laisser son gosse des heures durant devant l'écran. Mon cerveau de maman reste perplexe.

Annecy 2011

Sur le vif.


Quelques images du jour, histoire de montrer que Fous d'anim est bien présent durant tout le Festival, puisque chaque matin, je dépose sur les portants du Bonlieu, une multitude de flyers de notre association et des cartes postales des différents films de .
A noter que ces dernières partent comme des petits pains et que je dois passer régulièrement les réabonder.
Cé, si tu me lis, je te ferai parvenir la facture de mes différents déplacements, dès mon retour ;-)

En bonus, une vue du hall du Bonlieu, sobrement décoré cette année, avec, à la table des dédicaces, l'équipe de La Luna, dernier court-métrage des Studios Pixar, projeté la veille.



Ce soir, il pleut des grosses cordes :-(

On croise les doigts pour le Picnic des Fous prévu, demain, mercredi, à partir de 12h15.
Annecy 2011

J'ai failli pleurer aujourd'hui -_-


Cette deuxième journée a été légèrement déprimante. J'ai commencé par la séance de 10H30 dans la grande salle avec Colorful, je l'ai plutôt appréciée… même si je trouvais que c'était un film de fasciste à l'eau de rose. Mais ça m'a rendu quelque peu mélancolique. J'ai sans doute aimé parce que le personnage et ce qui lui arrive suscitent une empathie immédiate, une âme damnée se voit offrir une seconde chance, on lui demande de prendre la place d'un garçon qui vient de tenter de se suicider. J'ai bien aimé le film malgré ses "défauts" mais je dois quand même en parler : une phrase nominale de sept syllabes s'est imposée à mon esprit durant toute la durée du film : "retour à l'ordre moral". La mère doit faire à manger et ne pas tromper son mari, toute la famille doit pouvoir se réunir autour d'une table pour échanger des discours larmoyants, et les collégiens doivent absolument connaitre une amitié virile et dégoulinante de mièvrerie pour être heureux, ah et aussi : c'est pas bien de se suicider.


Colorful, de Keiichi HARA

Bref… Après avoir marché sous la pluie et ne pas avoir mangé, j'ai été voir la séance des courts-métrages, la deuxième. J'hésite même à en parler… ça n'avait aucun intérêt, il ne me reste de cette séance que le souvenir flou de quelques soupirs agacés et d'avoir fait grève d'applaudissement. En fait j'ai même pas tant soupiré que ça, j'étais trop désespéré pour m'énerver. Allez tant pis c'est pas la peine de perdre mont temps avec ça... Bon, juste une petite vacherie pour la forme : Meniscus… des gens à poil et tout emmêlés dans une espèce de chorégraphie, peut être un travail artistique plus ou moins intéressant sur le corps avec gros plans sur la peau et ce genre de choses, me suis-je dit… sauf qu'en vrai ce film a dû être réalisé par Kamel Ouali, c'est du toc. Si ça semble s'inspirer du spectacle vivant, eh bien disons que c 'est un spectacle retransmis sur TF1 plutôt que sur arte et qu'il est financé par PPR pour nous faire croire que les arbres c'est chouette, en résumé : une ignoble tartufferie.


Meniscus, de Maria-Elena DOYLE

J'ai vu le chat du rabbin et c'était mieux, à part que je suis un anti-clérical hargneux et que le mot tolérance ne fait pas partie de mon vocabulaire. Je pense que j'étais trop déprimé pour réagir et j'ai donc pu apprécier le film, grâce en soit rendue aux réalisateurs de la séance précédente. D'ailleurs maintenant que j'y pense, c'était peut être un film sur la tolérance, j'ai pas vraiment fait attention sur le coup. Je me méfie de la tolérance, je préfère parler d'égalité. En tout cas ça parlait sûrement de rapport entre religions, de racisme, de colonialisme, d'intégrisme… oui bon allez on va dire qu'il y avait l'idée d'universalisme, d'égalité etc.


Kielitiettyni, de Elli VUORINEN

Il n'y a pas grand chose qui a retenu mon attention à la séance des films d'étudiant 1, Kielitiettyni était pas mal. On y voit des gens qui lèchent des trucs, c'est surréaliste et empreint de poésie.

Annecy 2011

Tataaa, et voici le compte-rendu de la cérémonie d'ouverture.


Comme promis, voici un bref compte-rendu de la cérémonie d'ouverture d'hier soir.
Placé sous le signe du court-métrage et du pays invité : les U.S.A, cette soirée, bien rythmée, fut donc ponctuée de nombreux films courts d'animation... américains :-).

La séance débuta avec une production des studios Donc Voilà : "Petite histoire du Cinéma d'animation", brève, efficace, drôle, on y retrouve tout ce qui fait le charme des réalisations de Joris Cleerté.
A noter un p'tit clin d'oeil fait à notre association et à notre ami Cé que je vous laisse découvrir (voir lien indiqué dans le topic correspondant sur notre forum)
La présentation de Serge Bromberg, maitre de cérémonie habituel, fut, somme toute, assez sobre cette année, et régulièrement entrecoupée de productions américaines. De quelques grands classiques connus : Flowers and Trees, premier film d'animation en couleur des Studios Disney des années 1930, jusqu'au Great Cognito de Will Vinton, film mythique réalisé entièrement en pâte à modeler, on passa très vite à la projection de quelques films en avant-première.
Tout d'abord, La Ballade de Nessie, des studios Disney, réalisation très classique et sage tant par le scénario (Le gentil monstre du Loch-Ness se voit délogé de son lac par un méchant promoteur écossais et essaie désespérèment de trouver un nouveau domicile) que la ligne graphique proposée (entièrement réalisée en animation traditionnelle, à l'ancienne, quoi!) . Bref, rien de bien nouveau de ce côté là.
Vinrent ensuite 3 épisodes d'une nouvelle série en préparation des studios Warner : Bip-Bip et le Coyote personnages phares conçus par Chuck Jones Nous étions un grand nombre a être assez inquiets de cette relecture entièrement réalisée en 3D et projetée ici en relief. A notre grand étonnement, le résultat prend, sur grand écran, toute son ampleur et se révèle finalement assez bluffant. On y retrouve le rythme, le sens du gag, de la série originale avec en plus une utilisation très intelligente de l'espace, du cadre et de la profondeur de champ. Un bien bel hommage à un des grands noms de l'animation américaine.



Les studios Pixar nous offrirent également la primeur de leurs 2 nouvelles productions, réalisées en relief également :
- un épisode de Toy Story Toon : Hawaiian Vacation, réalisée par Gary Rydstrom où comment Buzz et Woody décident d'offrir à Ken et Barbie les vacances de leurs rêves, l'occasion pour nous de retrouver tout ce qui faisait le charme des longs-métrages : réalisation soignée, quelques notes d'humour, un Ken toujours aussi désopilant dans ses réactions et sa gestuelle... tout cela condensé sur 10 mns.
- leur nouveau court-métrage : La Luna d'Enrico Casarosa. Film d'animation sans dialogue autour d'une génération de pêcheur... d'étoiles. Ce nouveau film montre une fois de plus le savoir-faire des équipes de Jonh Lasseter pour mettre en place, sur un temps court, un univers (d'une belle poésie, ici), une connivence entre les personnages (3 générations de pêcheurs sur une même barque qui se perpétuent la tradition familiale), et une chute finale qui donne tout son sens au film.



La séance se clôtura par la projection d'une nouvelle aventure de Scrat personnage emblématique de L'Age de Glace, servant plus ou moins de teaser au numéro 4 de la série, prenant pour thème, cette fois-ci, la dérive des continents. Drôle, mais sans surprise.

J'ai pour ma part passé un bon moment durant cette cérémonie, trouvant la formule choisie beaucoup plus efficace et vivante que le traditionnel long-métrage projeté en avant-première.
Annecy 2011

Tour de chauffe.


Me voilà à mon tour pigiste pour un temps :-)

Le festival prend maintenant sa vitesse de croisière, le monde afflue, la météo reste pour l'instant clémente avec nous et je croise d'ores-et-déjà les doigts pour le "PicNic des Fous", prévu demain midi sur la Pelouse du Pâquier. Prévoyez vos paniers repas :-)

Pour ma part, j'ai eu l'opportunité de me glisser à la Cérémonie d'ouverture d'hier soir.

Je vous en ferai un compte-rendu plus précis durant l'aprés-midi, le temps pour moi de résoudre des mises à l'échelle d'images, les postes informatiques du "coin presse" d'où j'officie actuellement sont en effet très pauvres en applications :-(

Disons que je fais un petit tour d'essai.

Je serai plus prolixe durant la journée.

A tout à l'heure ;-)

Jipé

Annecy 2011

Premier jour de festival


J'ai démarré le festival d'Annecy 2011 avec la première séance des courts métrages en compétition. Du coup, j'ai trouvé que ça commençait plutôt bien, j'ai apprécié birdboy notamment.


Birdboy, de Pedro RIVERO et Alberto VÁZQUEZ

Au début du film, on voit des animaux, un univers graphique qui peut faire penser à certaines séries pour les enfants, mais on sent quand même que ce n'est pas tout à fait cela et en effet quelques minutes plus tard on sait plus sur quelle planète on est. C'est même assez violent sur le moment mais ça m'a plutôt emballé. C'est à la fois absurde et ça prend aux tripes, y'a une espèce de poésie désespérée aussi bien dans le destin des personnages que visuellement.

Je suis un peu plus partagé pour Switez, la cité perdue. Au début, j'ai pensé qu'il était trop dans l'effet de style, que ce soit au niveau du rendu ou de la mise en scène, il y avait la volonté de reproduire une certaine esthétique et il faut bien dire qu'à certains moments c'était très beau. Le film imite des peintures anciennes en image de synthèse mais il y a deux styles associés à deux époques, du coup j'ai un peu revu mon jugement sur l'effet de style. J'avais une préférence pour la partie dans la cité mais c'est surtout la matière ou les craquelures de la peinture qui m'impressionnaient, et puis toutes ces flèches enflammées, c'était un peu le feu d'artifice quoi, des images très composées, l'esthétique de la guerre, le romantisme des massacres et autres banalités…

don't tell sent you're a jewish raconte une anecdote amusante sur un ton légèrement sarcastique, et puis le dessin et les couleurs me plaisaient à peu près donc voilà. Schlaf est une expérience sensible intéressante à vivre, une évocation assez fidèle de certaine nuit que j'ai pu passer à attendre que la personne qui dormait dans la même pièce que moi cesse de ronfler.

J'ai pas le temps de parler de tous les films, globalement j'ai pas d'avis hyper négatif ni d'emballement total, je pourrais dire du mal et du bien de chacun. Je crois quand même que Birdboy m'a vraiment plu, il faudrait que je le revois pour en être sûr ^^

J'ai vu les films d'étudiants 3, il est tard et j'ai du travail alors je vais accélérer : j'ai surtout retenu Bach, qui montre un escargot sur un brin d'herbe pendant 5 minutes, minimaliste, poétique, drôle et métaphysique, très beau rendu. C'est presque un road movie en fait, en plus court et plus lent.


Bach, de Anton DYAKOV

J'ai fini la journée en regardant JIB, long métrage coréen. C'est pas le film du siècle mais je trouve qu'il méritait d'être vu, j'aimais bien les décors. A part ça, j'suis logé tout près du café des arts, j'ai internet, c'est la classe.

Annecy 2011

il fait beau!!!


Après un épisode pluvieux re-voilà le beau temps

Bon le paquier doit être bien détrempé mais après une nuit orageuse il fait beau pour le début du festival...