Bonjour les fous que la pluie m'a empêché de rencontrer...
Comme les séances de courts ont déjà été relayées, que j'ai loupé la compète 2 (qu'on m'a dit très bonne), je vais plutôt me concentrer sur les conférences.
Elles ont lieu à la Chambre des Métiers et font salle comble. Ce sont généralement des producteurs qui parlent.
Personnellement, je les trouve globalement très intéressantes, car elles me dévoilent des aspects qu'en tant que réal de courts je ne connais pas.
Mardi matin, la conférence traitait de la préproduction et de la postanimation.
Florent Heitz et Thomas Dorval, de HLC production, ont expliqué leur métier de prestataires pour la série, en insistant surtout sur le fait que, ayant commencé comme créatifs, ils savent comment parler aux créatifs et faciliter le dialogue avec les décideurs.
Andy Blazdell, de Celaction (la société qui a créé un logiciel de 2D-digitale pour la série de Mark Baker, "The Big Knights") a surtout parlé du gain de productivité généré par leur méthode de travail, à savoir découper les persos en centaines d'éléments, articulés comme des pantins (le rigging), ce qui permet beaucoup de "ré-ut" (même de réut d'animation). J'ai bien compris l'intérêt financier du système, moins l'intérêt artistique, malheureusement pas évoqué par Andy Blasdell, et les extraits de série montrés étaient loin de la qualité de "The Big Knights".
Arnaud Réguillet, de Toon Alliance, utilise lui aussi la 2D-digitale. Sa boîte a aussi créé un logiciel de gestion de prod appelé TTK
Bruno Gaumétou, de Néomis, était sans conteste l'orateur le plus drôle de la matinée. Il travaille principalement sur des longs-métrages et sa présentation power point impeccable et très dense démontrait sa passion de l'organisation, tempérée par un malicieux sens de l'humour (les shadoks ont été plusieurs fois évoqués). Le clou du spectacle pour moi a été la feuille de préparation d'une scène de "L'Illusionniste", scène de bravoure avec 23 personnages évoluant dans un bar (quand le patron allume la lumière, pour ceux qui ont vu le film): cette feuille de tableur était une merveille, puisque tout le plan avait été réfléchi pour qu'il y ait juste ce qu'il faut d'anim là où il faut, afin que le plan produise un maximum d'effet sans gaspiller d'énergie (et donc d'argent). Il a fallu six mois à six animateurs pour animer cette scène... mais vraiment elle vaut le coup, et on comprend l'importance de cette feuille austère pleine de rectangles colorés dans la réussite de ce plan.
J'ai aussi appris un nouveau terme, puisque Bruno Gaumétou use de l'expression "animation au crayon de bois" pour qualifier ce qu'on appelait autre fois tout bêtement "dessin animé" (mais c'est pour distinguer de la 2D digitale...)
Globalement, on a compris l'importance de l'organisation et des logiciels qui facilitent le checking et le partage de la masse de données représentées par une production de série ou de long-métrage.
Les messieurs qui parlaient étaient très sérieux, bien que leur métier consiste à produire des nounours qui chantent ou d'autres trucs pour marmots! Un détail intéressant: la Grande-Bretagne a adopté un logiciel (Harding) qui détecte dans les séries pour enfants les plans qui pourraient provoquer des crises d'épilepsie!!! (à cause de contrastes colorés trop rapides) et alors c'est un GROS problème pour Arnaud Réguillet obligé d'intégrer cette contrainte dans les choix artistiques!
Dingue, alors... comme si c'était vraiment le contenu qui provoquait l'épilepsie, et pas le fait de laisser son gosse des heures durant devant l'écran. Mon cerveau de maman reste perplexe.