Annecy 2012

Parenthèse annecyenne


Cette année je n'ai pu venir que 2 jours à Annecy, ne pouvant me libérer d'obligations professionnelles. Jusqu'au dernier moment je parlais même de ne pas m'y rendre du tout, mais l'envie fut plus forte. Je pris donc mes billets de train à la dernière minute et trouva des solutions d'hébergement à la volée : une nuit par ci, une nuit par là, avec en prime un transfert d’accréditation et les séances réservées qui vont avec. Avec l’habituelle système d'échange, j'étais assurée de voir les séances que je souhaitais. Cet aller-retour peut paraître ridicule, car il est évident qu'en 2 jours on ne peut pas profiter d'un évènement de cet ampleur (on a déjà du mal à tout faire quand on est là pour la semaine!). Pourtant je ne regrette pas cette escapade : j'ai passé 2 jours exquis. Et puis, rien que pour la ballade à vélo le long du lac entre Bonlieu et l'impérial, ce petit instant de plénitude où on peut admirer le Pâquier sous le soleil et la couleur magnifique de l'eau, où la brise est agréable et le temps comme suspendu... Rien que pour ce petit plaisir le voyage vaut le coup :)

Oui je viens parler de soleil, car arrivée Vendredi matin, le temps pluvieux se changea bientôt en temps estival, ce qui me permit de profiter des terrasses et même de la plage. Ma première baignade de la saison eut lieu dans le lac, Samedi matin, juste avant le Pic-nic des Fous. Revoir les montagnes et me croire déjà en vacances me plaisait (et Annecy ne serait pas Annecy sans la carte postale), mais je venais principalement pour voir des festivaliers que j'ai peu l'occasion de croiser dans l'année, et ce fut avec plaisir que je retrouva amis et connaissances, à la lumière du jour ou dans la pénombre du café des arts.

Le soleil, les rencontres... et les films alors? J'ai tout de même trouvé le temps de faire 5 séances : des court-métrages en compétition et en panorama ainsi qu'une séance de film de fin d'études à 23h dans la grande salle, pour profiter une dernière fois de l'ambiance de Bonlieu avant sa fermeture. Je n'ai pas pu juger de la sélection dans son ensemble, j'ai vu du bon et du moins bon, comme tous les ans. Certains films m'ont touché, intéressé ou émue : Edmond était un âne (Franck Dion), Junkyard (Hisko HULSING), Ursus (Reinis PETERSONS) ou encore Bao (Sandra DESMAZIERES). J'ai également apprécié découvrir les dernières productions de grand noms comme Ivan Maximov, Piotr Kamler ou Georges Schwizgebbel. Par contre je n'ai pas été sous le charme d'Oh Willy... comme la grande majorité des spectateurs, le film me perdant en route et me laissant perplexe, malgré sa beauté. Je n'avais alors pas vu le futur grand prix, Tram de Michaela Pavlatova, que j'ai découvert la semaine dernière au Forum des images lors des séances spéciales festivals, avec The Pub de Joseph Pierce et The Centrifuge Brain Project de Till Nowak. L'ambiance parisienne quasi religieuse contrastait avec l'atmosphère des salles festivalières. Cette année encore les avions et les cris animaliers étaient au rendez-vous, avec parfois des débordements malheureux sur le début des films.

Samedi soir avait lieu l'habituelle cérémonie de clôture, show assez ridicule avec des mise en scènes kitsch, qui a peu d’intérêt quand on connait déjà le palmarès (grâce aux indiscrétions des journalistes). Sauf quand on connaît les primés! Et nous voulions tous assister à la montée sur scène de Franck Dion, mention spéciale du jury. Cette soirée marquait également le départ de Serge Bromberg en tant que directeur artistique et il se vit remettre un cristal d'honneur pour ses 14 ans de service devant une salle debout. Cette séparation n'en est pas vraiment une puisqu'il restera l’un des visages de la manifestation et qu'on devrait le revoir dès l'année prochaine. Le Samedi soir fut une soirée de fête, la meilleure que je connus à Annecy. Nous avons pu tous entrer à la réception donnée au pied de l'Impérial grâce à des invitations chapardées par ci par là (cela contraste avec l'année où nous avions fini dans un bus!). Et une fois dedans, nous avions une table privée où affluait les amuse-bouches et les bouteilles... La joie était sur tout les visages, l'équipe d'Edmond savourait le prix comme il se doit et la nuit fut courte ;)

Annecy 2012

AAA et café-croissant en bonne compagnie


Annecy, son festival chaleureux, ses apéros improvisés à toute heure, ses pique-niques sous un soleil de plomb… cette année se sont ajoutées à cette liste très raccourcie les matinées "café-croissant" organisées par l'Atelier d'Animation d'Annecy ou AAA au cinéma Les 4 Nemours, et animées (sic) par l'inénarrable Alexis Hunot alias Zewebanim, activiste de l'animation qu'on ne présente plus ici. C'est ainsi que durant quatre matinées - soit du mardi 5 au vendredi 8 juin, les festivaliers et autres curieux étaient conviés à partager un café, puis à écouter Alexis interroger ses invités et visionner quelques extraits ou films choisis au préalable - chaque discussion étant suivie d'un court échange avec le public, qui s'est bien souvent prolongé à l'extérieur du cinéma, sous les arcades ou sous un parapluie.

La première matinée était axée sur le thème "Les écoles d'animation en France". Les invités étaient : Marcel Villoing pour Gobelins école de l'Image, Bernard Gabillon pour le DMA de l'ESAAT de Roubaix, Laurent Pouvaret pour La Poudrière, Jean-Pierre Denève également pour le DMA de l'ESAAT, et enfin Marie Paccou pour le DMA de Cournon d'Auvergne. Je ne reviendrai pas sur les différents cursus, modalités d'entrée et autres spécificités de chaque formation représentée, puisque qu'on peut trouver ces informations via le site du RECA ou Réseau des écoles françaises du cinéma d'animation.

Après un bref descriptif de chaque établissement, les intervenants ont abordé entre autres le thème de la "couleur" des différents DMA existant actuellement dans l'hexagone - leurs différences dans les programmes, la pédagogie et le choix des intervenants, et également leurs atouts. L'échange était illustré par la projection de bandes démo d'élèves, et par des témoignages d'étudiants ayant intégré plusieurs écoles d'animation à la suite. Laurent Pouvaret de la Poudrière est revenu sur le cursus de cette formation puis ce fut au tour de Yan Volsy, compositeur et intervenant dans cette école d'aborder le travail de collaboration professionnel/étudiant - les films d'une minute des élèves de première année furent projetés - dont "Nos mains se souviendront" réalisé par Marine Blin également conviée autour de la table (mais qui s'était lavé les mains avant). Enfin, la discussion autour de cette école-phare a permis à Benjamin Renner de rejoindre les invités, lui-même ancien élève de la Poudrière, et co-réalisateur avec Vincent Patar et Stéphane Aubier du long-métrage d'animation très attendu Ernest et Célestine dont la sortie est programmée pour décembre 2012. Il est revenu sur son beau parcours depuis la sortie des études jusqu'à aujourd'hui.

Nos mains se souviendront

Le mercredi matin, Alexis avait choisi le thème central de "l'animation indépendante au Japon", épaulé par l'incroyable Ilan N'Guyen, historien du cinéma d'animation japonais. Après avoir synthétisé son propre parcours en une phrase (une phrase stylée "Ilanien"), Ilan a commencé à expliquer les origines de l'émergence d'une production d'animation indépendante au Japon dans les années cinquante (rejet des critères commerciaux, désir de collaborer au-delà des frontières… pour résumer d'une manière éhontée) et pour illustrer son propos, on a pu voir des films tels que Love de Yôji Kuri (1963), réalisateur qui fut le porte-étendard de cette nouvelle alternative. Furent également projetés ou simplement cités : Ne cassez pas les branches (1968) et House of Flame (1979) - le dernier film d'une trilogie autoproduite réalisée par Kihachiro Kawamoto. Puis Ilan a abordé une partie de la carrière de l'incontournable Koji Yamamura, avec visionnage de Amefuri Kumanoko (2010), un délicat hommage à Norstein, puis de Anthology with Cranes (2011) dans lequel l'artiste met en scène les figures d'une peinture de paravent du 17e siècle. Suivirent ensuite deux épisodes d'une adorable série éducative pour la NHK adaptée de textes du poète Arthur Binard, Colors et Shapes (2011). La discussion autour du travail de Koji Yamamura se terminera avec le beau "Muybridge's Strings" (2011) qui est la première collaboration de l'ONF avec un auteur japonais, et qui d'après Ilan, marque un tournant dans le travail de ce réalisateur.

Love

House of Flame

Anthology with cranes

Muybridge's strings

Puis c'est la directrice du master d'arts plastiques spécialisé en cinéma d'animation de l'Université des Arts de Tokyo, Mitsuko Okamoto, qui vint répondre aux questions d'Alexis, et nous présenter cette formation très prometteuse : ouvert en 2008, ce master est axé principalement sur le court-métrage avec également des cours de manga, de sound design ou d'infographie (avec des enseignants comme Koji Yamamura). La directrice, qui est une ancienne productrice, enseigne également aux étudiants à être autonomes et les accompagne dans leur confrontation à la réalité économique de la production. La formation se déroule sur deux ans, avec réalisation d'un film par an par étudiant, dont plusieurs vraiment très aboutis furent projetés. Enfin, avant de fermer la boutique, Alexis nous présenta un trailer de deux minutes d'un film réalisé par Akinoh Kondo, KiyaKiya.

Kiya Kiya

Les petits déjeuners du Nemours se poursuivirent en début de matinée du jeudi par un très intéressant échange avec Jean-François Laguionie et Anik Le Ray, respectivement réalisateur et scénariste du long-métrage Le Tableau, sorti en salle en novembre 2011 et qui explore le thème de la création. Après avoir survolé sa longue carrière et abordé avec Anik Le Ray certains points du travail de scénario, Jean-François Laguionie a expliqué à l'auditoire attentif la manière dont il aborde la fabrication d'un film, court ou long : il travaille sans réel story-board, avance "sans trop réfléchir", laisse parler "son ventre, son coeur, ses mains", et utilise des petits croquis libres qui ne sont pas dessinés dans des cases, pour monter une "animatique sauvage" sur lesquelles il va ajouter les voix principales - au cours de l'échange avec le public, on apprendra notamment qu'à ce stade précis, Jean-François Laguionie n'a pas encore déterminé la technique employée pour le futur film. Il insistera sur l'importance de l'animatique comme outil de communication avec les producteurs. A titre d'exemple, Jean-François Laguionie nous a fait le plaisir de dévoiler un grand nombre de ses "croquis d'animatique" de son futur long-métrage Louise en hiver.

Le Tableau

C'est Theodore Ushev qui vint prendre la suite de Jean-François Laguionie, et dont l'interview a tout autant régalé l'auditoire il me semble. Theodore Ushev, né en Bulgarie en 1968, est réalisateur, animateur, illustrateur bref un "plasticien multimédia" - son travail est étroitement lié à la musique, pas uniquement sur le mode d'une visualisation graphique de la musique en elle-même, mais dans le but d'en créer quelque chose de spontané, de puissant qui dépasse la "simple" illustration sonore (c'est ce que j'ai compris). Après avoir passé (trop) rapidement en revue ses débuts de carrière d'artiste aux multiples talents exercés sur de multiples supports - il a notamment expérimenté des animations dans Flash 1.0, Theodore Ushev a raconté à l'auditoire comment son affiche pour le festival d'Ottawa 2009 avait bizarrement créé la polémique par son style expressionniste qui avait plus ou moins choqué la "frange conservatrice de l'animation", comme on peut le lire sur ce blog par exemple… les commentaires des lecteurs offusqués sont juste effarants. Suivirent quelques extraits de films réalisés par l'artiste : Tower Bawher (2005), considéré par l'auteur comme son premier film professionnel, et qui a lancé à l'ONF une nouvelle vague de films abstraits et expérimentaux ; Drux Flux (2008), un film ensuite repris et détourné par les internautes. En effet, Theodore Ushev, croit au mouvement du copy left ou pour le partage, l'échange et la libre modification des oeuvres, où les artistes apprivoisent les idées et les travaux des autres, car il considère que n'importe quel réalisateur a démarré en citant ou en détournant l'oeuvre d'un autre artiste d'une manière ou d'une autre, pour en ressortir une création originale et personnelle…vaste et intéressant débat. Au sujet de l'incontournable Lipsett Diairies (2010), qui entraîne le spectateur dans les sombres méandres de la maniaco-dépression dont souffrait Arthur Lipsett (cinéaste canadien d'avant-garde), Theodore a insisté sur la nécessité de se sortir d'un tel film, pas tant du point de vue de la longue fabrication mais plutôt à cause de la gravité du thème abordé. Pour terminer sur ce sujet, il a raconté une anecdote témoignant de l'atmosphère étrange qui flottait autour du film : lors de son travail de recherche de documents biographiques, Theodore Ushev a découvert qu'il avait vécu à Montreal dans un immeuble dont l'un des appartements avait été occupé par Arthur Lipsett lui-même bien des années auparavant. Alexis a ensuite questionné l'artiste sur l'une des composantes majeures de son oeuvre, la musique ; on a pu visionner un court extrait de Yannick Nézet-Séguin : No Intermission (2010), un court-métrage biographique mêlant documentaire et animation abstraite, puis Demoni un clip réalisé par Theodore Ushev en 2012 pour le groupe bulgare Kottarashky & The Rain Dogs.

Tower Bawher

Drux Flux

Lipsett diaries

Demoni

Alexis avait ensuite convié pour la première partie de la séance du vendredi Morad Kertobi (responsable courts-métrages au CNC) et Olivier Catherin (producteur des 3 Ours) pour discuter de la production du court-métrage d’animation aujourd’hui en France. Je n'étais pas présente à ce moment-là ; ceci dit, vous pouvez retrouver l'entretien ici sur le blog des AAA (je crois que d'autres enregistrements sont également disponibles mais je n'en ai écouté aucun pour l'instant). La séance se poursuivit par l'arrivée de Mirai Mizue et Shin Hashimoto, deux réalisateurs japonais indépendants. Pour le premier on a pu visionner Fantastic cell (2003), un court-métrage d'animation abstraite dans lequel des formes élémentaires qui ressemblent à des croquis dessinés au téléphone dansent sur une musique de Tchaïkovski (l'auteur est un grand amateur des animations Disney et en particulier de Fantasia du moins lorsqu'il le dessine à l'époque), puis un extrait de Playground (2010) plus orienté sur la recherche du mouvement et aussi le trailer de Modern N.2, en compétition cette année à Annecy. Ensuite ce fut le tour des films de Shin Ashimoto : The Undertaker and the Dog un beau film de fin d'études réalisé en 2010, animé à l'encre et à l'atmosphère étrange, puis un court extrait de Beluga, un film sans financements (l'autoproduction est le modèle économique de son travail de réalisateur) et également sélectionnné en compétition à Annecy 2012. C'est ainsi que fut abordé le CALF, un regroupement d'auteurs japonais indépendants dont le logo est un quadrupède sans tête (calf signifie veau) et qui m'avait intriguée lors de la projection la veille. Ce collectif agit depuis 2010 comme un label à l'intérieur duquel s'érige la volonté de mutualiser les moyens entre plusieurs auteurs japonais indépendants. Les objectifs visés par la création de ce collectif sont : la volonté de faire connaître les travaux de leurs auteurs au-delà de l'archipel nippon, le désir d'entrer dans d'éventuelles coproductions internationales, et la possibilité de bénéficier de financements plus importants de manière à voir l'aboutissement de leurs travaux. Situé à Tokyo, le studio CALF fabrique également des spots publicitaires et des programmes pour la télévision, ce qui permet le financement de films personnels.

Fantastic cell

Modern n.2

The undertaker and the dog

Enfin, pour clore cette semaine en beauté, Franck Dion est venu nous parler de son film Edmond était un âne - le film allait être projeté en compétition l'après-midi même (mais flou) - ce qui ne lui aura finalement aucunement porté préjudice, puisque quelques temps plus tard nous célébrions son Cristal à l'Impérial, voir le post de Florentine ci-dessus. :-D Ce dernier court-métrage dionesque coproduit par l'ONF et Arte se déroule à New-York autour de l'année 1968, et le personnage principal minuscule est littéralement submergé par les immenses rayonnages d'archives - l'étagère étant un thème graphique récurrent cher à Franck Dion depuis son Inventaire Fantôme. Alexis a également montré un très court extrait d'une archive INA de "Claude Sautet sur la difficulté de faire un film" ; pour Franck la difficulté de faire un film, c'est "tenter de rester libre dans sa création cinématographique malgré la réalité économique" de ce secteur - dont on discute très régulièrement dans le forum de fousdanim - ce qui a permis à Franck de rebondir et de nous parler d'une part de l'important travail réalisé par Papy3D Productions dont il est l'un des membres, mais aussi de sa collaboration avec Pierre Caillet, l'un des vieillards du collectif ;-) Et pour être sûr de finir la matinée en retard (sic), Alexis nous a montré un film d'Em Cooper, Emergence qui d'après ce que j'ai compris, est une performance mêlant peinture animée et composition musicale de Jim Perkins.

Edmond était un âne

Emergence

En résumé, ces quatre rencontres "café-croissant" ont été à l'image d'Alexis : pleines de curiosité et de passion, avec un trait d'humour, le tout sur le ton de la convivialité et de la courtoisie qu'on lui connaît bien. Si l'évènement nécessiterait sûrement quelques petits ajustements en termes de programme/timing et d'environnement matériel, ce fut un véritable succès pour une première ; et après avoir remercié une dernière fois l'équipe de AAA et bien-sûr Alexis pour tout ce travail accompli, souhaitons vivement que cette riche expérience soit reconduite et développée dans les éditions à venir.

Ci-dessous, un croquis-patchwork-à-l'arrache qui résume ma semaine d'Annecy ;-)

Annecy 2012

Palmarès & Bilan


C'est donc un palmarès équilibré et assez logique avec Tram de Michaela Pavlátová qui obtient le grand prix ainsi que le prix Fipresci. Si la réalisatrice - bien qu'émue - semblait regretter de devoir être primée pour une oeuvre qu'elle considère comme un peu mineure dans sa filmographie, le prix est mérité pour son humour et son dynamisme au milieu de films plus lourds ou obscurs. On peut l'associer au prix du public qui va à Second Hand de Isaac KING, public qui élit souvent un film léger et humoristique.



L'autre évènement c'est évidemment la seconde place, prix spécial du jury, à Franck Dion pour Edmond était un âne, superbe et mérité. Youhouuuu !



Reste quand même un grand absent ; Oh Willy... de Emma DE SWAEF et Marc James ROELS dont les incroyables qualités ont déjà été primées ailleurs mais que j'aurai aimé voir révéler aussi par Annecy.

Notons sinon en long métrage le prix pour Le Voyage de monsieur Crulic de Anca Damian, une mention spéciale à Arrugas de Ignacio Ferreras et un prix du public pour Couleur de peau : miel de Laurent Boileau et Jung Henin. En film de commande, Pierre-emmanuel Lyet a été primé pour son film sur le Droit de suite, pour le reste je vous invite à aller voir la page officielle du festival.

Le dernier élément du palmarès, exceptionnel, c’est le cristal d'honneur qui a été réalisé spécialement pour Serge Bromberg. Son remplaçant, Marcel Jean, était à la cérémonie pour le passage de relais.

Et sinon : qu'en était-il de cette première sélection nouvelle formule ?

Bin je dois bien avouer avoir trouvé qu'elle tenait plutôt la route, ni mieux ni moins bien que les années précédentes. Peut-être que la fournée annuelle était exceptionnellement bonne et que la sélection en a récolté les bénéfices, allez savoir... C'est sur qu'il y avait des films incongrus : le Daffy Duck était un peu déplacé au milieu des films japonais expérimentaux, on a senti un peu plus qu'avant une envie de mélange de genres et de techniques. Certains ont regretté qu'il n'y ait pas plus de films français, mais c'était un français qui s'exprimait, ce genre d'avis n'a donc qu'un intérêt relatif.
J'ai apprécié cette édition pour ses rencontres, les films, le plaisir de retrouver des sensations familières et plaisantes, les glaces en fin de soirée... Au passage les personnels étaient souriants et aimables, le site web du festival très réactif et bien fichu... Bon.. il y a eu moins de fêtes où s'incruster, le wifi du Bonlieu était exaspérant de lenteur, il y a eu des petits soucis de projection, des micros qui ne marchaient pas, un temps pourri mais dans l'ensemble rien d'exaspérant.

L'an prochain sera une édition spéciale : hors les murs du Bonlieu, avec un nouveu délégué artistique et toujours ce principe de sélection interne. On prend rendez-vous pour l'an prochain, du 10 au 15 juin 2013.

Annecy 2012

Voila c'est fini


ça y est le palmares est tombé (avec entre autre Edmond est un âne de Franck Dion (PAPY 3D) mention spécial du Jury), Bromberg à annoncé son départ et son remplaçant, la soirée d'après cérémonie de cloture est passée...
Mais je voudrais quand même parler de 2 ou 3 courts-métrage vu en programme hors compétion (anciennement panorama)

tout d'abord un film de paul Bush (dans le programme 4) Lay Bare



De la pixilation faite avec des macrophotographies sur de la peau, des visages,des parties du corp humain très sympa visuellement et bien rythmé.
On pourrait se dire ca fait un peu pub Benetton, mais en fait non on se laisse entraîner et ca à un coté très beau même ca un bout de peau en macro ou des poils ca n'a rien de ragoutant mais mis bout a bout toutes ces images nous parle on se reconnait forcement dans un type de peau ou une pilosité.

Sinon dans le style expérimental il y avait Une seconde par jour de Richard Negre




Le principe même du film est intéressant : faire un seconde par jour (25 images) pendant un an. Au niveau animation se sont des formes abstraites géométriques qui se déforment et se reforment sans cesse avec en bas de chaque dessin la date du dessin avec un tampon comme pour affranchir le courrier ce qui est rigolo c'est que pendant 3 semaines au mois d'aout on voit des feuille blanches (et on se dit tient il était en vacances en cette période).
Finalement c'est le film qui racontre la vie de l'auteur plutôt que l'inverse. Du coup moi qui fait mes films à raison de 3h par semaine hors vacance scolaire dans une structure je me rend compte que j'utilise malgré moi un peu la même façon de travailler que lui qui laisse du temps entre chaque plan/dessin pour imaginer changer d'idée..

Une autre dans cette séance était sympa Timber de Adam Fisher aussi en pixilation



Je vous mets le pitch parceque je ne peux pas pas expliquer mieux :
L'auteur se sert de ses propres ressources pour faire un film sur nos ressources naturelles. Il coupe, rase, arrache sa barbe et sa tignasse pour nous rappeler que nous devrions mettre un terme à nos pratiques irresponsables en matière d'exploitation et penser davantage en termes de développement durable.
Dans le programme 1 (hors compet) il y avait The Maker de Christopher KEZELOS




Film en stop motion avec un univers très chouette une espece de bestiole voit un sablier se mettre en route et on le voit se mettre à fabriquer un personnage à son identique. On se dit il est seul et cherche à se faire une poupée ami et à lui donner la vie mais a la fin du sablier la poupée prend vie mais lui disparaît et la nouvelle bestiole voit le sablier se mettre en route et doit elle aussi se mettre a fabriquer une bestiole a son identique..
En gros il passe leur courte existance a fabriquer leur descendance avant de mourrir eux même a la naissance de celui ci j'ai trouvé que c'était une belle allégorie sur la vie, à noter que dans cette sceance il y avait le nouveau Paul Driessen Oedipus.




Un homme qui enleve sa tête pour dormir se fait assassiner par l'amant de sa femme et a partir de là tout le film est a l'envers pour comprendre le cheminement de la prémédiation de ce meutre par contre en fin des séance un film chinois de 20 minutes qui parle de la Révolution culturelle chinoise qui m'a fait penser que j'aurais du partir avant...
Annecy 2012

seeeeeeeeeerge !


C'est donc officiel : après quatorze années à occuper différents postes au sein du festival d'animation d'Annecy, Serge Bromberg passe la main et laissera ce soir la fonction de Délégué artistique du festival à une autre personne.
Avant Annecy, je connaissais surtout Serge Bromberg comme présentateur de l'émission Cellulo sur la cinquième chaîne. J'ai eu l'occasion de l'approcher un peu lors du travail de sélection auquel j'ai participé à Annecy et j'ai découvert un homme charmant, accessible et d'une compagnie incroyablement agréable, quand bien même mon tempérament presqu'exactement inverse me le rende très intimidant.

Serge c'était l'interface avec le public, avec les auteurs et les studios. On lui a reproché son coté un peu chien fou énervant, ses questions provocantes, son attitude tour à tour Auguste et Clown blanc, parfois un peu lourdingue, sa fascination pour les productions mainstream d'outre atlantique notamment disneyiennes. Mais c'est surtout une personnalité reconnue pour ses compétences, ses connaissances, son aisance avec le public et les auteurs, sa diplomatie et sa gentillesse. Il était la personnalité la plus visible de ce festival et c'est indiscutablement une page qui se tourne.
C'est vrai aussi que ce dynamique délégué a aussi une boite de production, Lobster Films puis Steamboat films, spécialisées dans les films anciens, qu'il est directeur de collection chez Arte Video, c'est aussi un réalisateur de documentaire, primé notamment avec un césar pour son film sur Clouzot, c'est un des responsables de la restauration et du documentaire du Voyage dans la Lune de Georges Mélies, pour ne citer que son activité récente. On sait que s'il abandonne sa fonction au Citia, il n'en abandonne pas pour autant le festival qu'il fréquentera sans avoir la poche qui vibre à coup d'appels téléphoniques toutes les deux minutes. On ne peut que lui souhaiter de réussir dans ses projets et espérer que le festival d'Annecy conserve son enthousiasme sans le plus enthousiaste de ses représentants.