Festivals divers

Une chti au SICAF (Seoul International Cartoon & Animation Festival)


Un aperçu de l'ani-center, le pôle animation de Séoul et de la Corée du Sud.

Cette année je n’ai pas pu aller à Annecy. Je m’apprêtais à arborer l’été avec le sempiternel « c’est PO juste ! » vêtue d’une seyante coquille d’œuf comme pare soleil !

Mais voilà Bi bam boum, je suis invitée au SICAF (Seoul International Cartoon & Animation Festival) Ni une ni deux, crème solaire et guide de conversation de coréen en poche je prends l’avion pour Séoul en ce 16 juillet 2012, et me voilà complètement perdue dans la cité (immense) et prête à me jeter dans les salles de projo histoire de faire le plein d’animation pour l’été :).

Séoul, une ville de contrastes :)

Tiens parlons en des projections : durant les 5 jours que durait le festival, j’ai été surprise de constater que la plupart des séances ne comptaient qu’une dizaine de spectateurs en moyenne. Pas de délégation étudiante, quelques petits studieux de ci de là, le jury, un curieux et quelques professionnels, invités pour la plupart. Habituée des salles bondées de Bonlieu, vous imaginez le choc ! La progammation est celle de la plupart des gros festivals, on retrouve toujours les même films. J’ajouterais même que je la trouvais plutôt consensuelle et l’intérêt du festival se trouve ailleurs. Je retrouvais donc Kali de Regina Pessoa, Wild Life de Wendy Tilby (qui est passé assez inaperçu, dommage car il sortait vraiment du lot), le dernier Schwizgebel, le dernier Driessen, La Détente de Pierre Ducos et Bertrand Bey (ce film me suit mon Dieu à chaque fois je tombe dessus il a d’ailleurs été primé), The people who never stop de Florian Piento et plein d'autres...

La Détente (en haut), un des films coup de coeur du jury. Personnellement un film prisonnier d'une dénonciation naïve et illustrative de la guerre.

Revenons à nos moutons, mais où se trouvait donc le public ? Et bien à un des plus gros centres commerciaux d’Asie le COEX. Cette ville dans la ville abrite la plus grosse convention d’animation de Corée. Une sorte de fusion entre le Mifa et la Japan expo. Une foule immense, un stand Gundam qui devait bien prendre ¼ du salon, des petits coréens allant de stand en stand sans jamais lever la tête de leur smartphone. La cérémonie d’ouverture s’est déroulée justement au COEX mais autrement j’ai regretté de constaté le manque de porosité entre l’exhibition et le festival de court métrage lui-même. (Pour l’anecdote on nous a gentiment guidés à la cérémonie alors que c’était en fait la répétition ! Ici tout est calé au millimètre mais paradoxalement les couacs d’organisation furent nombreux : en tant que « guest » au vu du programme je devais me rendre dans deux évènements différents aux même moments ce qui a valu quelques rebondissements assez comiques).

Donc, ce que je retiendrai du SICAF c’est la ribambelle de volontaires pour l’organisation, tous à vouloir t’aider, une ambiance bonne enfant et quelques moments privilégiés : Le Séoul ani-center un grand pôle d’animation où se trouve une salle de cinéma dédiée à l’animation, une bibliothèque/médiathèque et de nombreux ateliers d’animation dont une mémorable salle dédiée à la stop-motion pour les enfants. Une exposition sympathique dont une partie relatait l’aventure du film Winter days basé sur une série d’Haiku . Winter Days est un travail regroupant plusieurs animateurs/animatrices japonais et quelques invités prestigieux tels que Raoul Servais, Yuri Norstein etc…. Film multiple qui où chaque réalisateur interprète un Haiku, une tentative de traduire la poésie pas l’image.

Nous avons eu la chance d’être invités au studio Meditation with a pencil, où se tenait une petite soirée: ce fut un réel plaisir de discuter avec de nombreux animateurs, réalisateurs. Comme tout le monde était paumé (beaucoup de réalisateurs de premiers films venant d’un peu partout) cela favorisait l’échange. Alors que tout le monde partait on a eu la chance d’avoir une petite interview improvisée avec le réalisateur de Green Days (trailer), Ahn Jae-hoon. Il nous a fait découvrir le studio, flatté notre petit égo de francais en parlant de l’accueil de son travail en France (Annecy, etc …), mais surtout nous a parlé de la difficulté de faire un film d’animation en Corée (10 de travail dont 7 de productions !). Je lui ai demandé si le studio accueillait d’autres réalisateurs pour des courts métrages, ou s’ il y avait des échange avec d’autres studios etc…. Réponse brève et claire ! « Il n’y a qu’un seul réalisateur ici c’est moi, s’il advenait que quelqu’un d'autre prenne les rênes c’est que je serais mort ». Réponse donné avec humour....Mais quand même :). Bizarrement je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Ghibli et le sacro saint gourou Miyazaki. Cependant ce fut un échange chaleureux et je ne le remercierai jamais assez d’avoir pris le temps de nous parler de son travail (à minuit passé), avec un petit cadeau en prime: un feuillet d’anime original de Green Days !

Des films vu au Sicaf je retiendrai The dog house trip de Hiroyuki Mizumoto. Un petit ovni Dans la sélection films de télévision. Un film en stop motion qui raconte la rencontre entre un chien et un enfant pris dans un déluge et leur dérive au gré de l’eau : une sorte d’odyssée poétique accompagnée de la musique de Brahms. J’ai été touchée par la naiveté de l’animation très minimale mais avec de grands moments dont une rencontre avec un Homard géant rappelant les mythes grecs (tel Ulysse et le cyclope). Un film qui prend son temps, lent, qui prend des risques en cassant les codes de la mise en scène (personnages à la limite du hors champ, sans cesse coupés dans le cadre par ex): ainsi ce court est plutôt une expérience, une évasion qu’un film narratif.

Le film coréen Noodle fish de KIM Jin-man a fait forte impression au festival. Animé avec seulement des nouilles coréennes ce film conte l’histoire d’un poisson qui rêve d’aller à la surface. Bien rythmé et techniquement superbe et séduisant, je reste cependant mitigée car sans raconter la fin, le réalisateur sabote son histoire pour finir dans l’anecdotique. Mais petit film agréable tout de même.

Pour finir, j’ai eu le plaisir d’assister à un documentaire sur Ray Harryhausen le roi de la stop Motion notamment connu pour Sinbad, Jason et les Argonautes etc … Ce film est une véritable bible sur le personnage mais va plus loin en mettant en lumière le statut des effets spéciaux aujourd’hui, la perte du matériau pour le tout digital. Avec des témoignages intéressants dont Spielberg et Cameron qui parlent de la dépersonnalisation de leur propre films: James Cameron pointe le fait qu’il est difficile pour un réalisateur de maîtriser tout le processus de ses films, le nombre de techniciens s’étant multiplié, particulièrement dans le département des effets spéciaux. L’une des nombreuses réflexions du documentaire et énormément de témoignages !

Bref reste que j’ai été impressionnée par Séoul (le dépaysement ça aide !), le dévouement des bénévoles et de l’organisation, l’extrême chaleur de l’accueil, et le plaisir d’avoir fait de belles rencontres, avoir eu une fenêtre sur l’animation en orient, les écoles turques, les graphistes et une artiste contemporaine taiwannaises, boire du Soju avec une belle brochette d’animateurs, producteurs, réalisateurs !

Revenir de Corée sans montrer de la bouffe ça serait un sacrilège ;-). Je vous raconte pas les festins!

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DOCartoon


2e édition du festival du "dessin de la réalité" à Pietrasanta, Italie

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Tricky Women festival 2012, Vienne, Autriche


Je viens de rentrer de Vienne, où j'étais invitée au Tricky Women festival 2012. Un festival organisé par des filles, avec pour principe de diffuser uniquement des films réalisés par des filles (ou au moins à 50%).

Le festival fort de sa 11ème édition, n'est pas ce que l'on appelle un "gros" festival. Mais c'est un festival à taille humaine et au public très sympathique. Toutes les projections de la compétition se déroulaient au Topkino, un ciné/bar/restaurant. Cette année le jury était composé de Adele Raczkövi, réalisatrice autrichienne de films d'animation, Shelley Page de Dreamworks et Judith Gruber-Stitzer compositrice et sound designer, qui a travaillé sur de nombreux films de l'ONF.

Côté compétition de belles découvertes:

How To Raise the Moon de Anja Struck, film en stopmotion, noir et blanc, intriguant!

Partition de Eleonora Berra, Shami Lang-Rinderspacher et Delia Hess, film en stopmotion.

Deux personnages isolés l'un de l'autre par un mur de papier communiquent par un jeu d'ombre et de lumière.

Sleepincord de Marta Pajek Une jeune fille rêve, on la suit dans différents espaces. On est perdu, difficile de déterminer si c'est toujours le rêve ou la réalité. Parfois le personnage est acteur de son rêve, puis passé un nouvel espace il devient une véritable marionnette dirigée par les autres acteurs du rêve.

Le film mérite un deuxième visionnage. Même si je n'ai pas complètement accroché à l'esthétique, j'ai été bluffée par la sensibilité de l'animation.

Independencia de Espirito de Marta Monteiro, dont j'ai beaucoup aimé le traitemant graphique. Trailer à voir ->ICI<- et un extrait sur un site portugais.

The Brown's Daughter de Coline Brun-Naujalis, Trailer à voir ->ICI<-

How Life Tastes de Soyoung Hyun, Extrait 1, Extrait 2

Spin Span Spun de Emily Howells et Anne Wilkins, visible en intégralité ->ICI<-, était dans la sélection Animated Documentaries

SPONCHOI Pispochoi de Ikue Sugidono et Miyako Nishio, un film/chanson japonnais complètement allumé, un extrait visible ->ICI<-

J'ai aussi découvert le travail de Janet Perlman qui a donné une conférence à l'Austrian film museum sur "The Serious Side of Funny". Elle a beaucoup collaboré avec Judith Gruber-Stitzer à l'ONF. Sur son site vous pouvez trouver ses films tels que Bully Dance, ou Why Me? dont je n'ai trouvé que la version française dommage...

Bilan: Pour les fous qui seraient amenés à se rendre aux prochaines éditions, je recommande vivement ce festival! Et Vienne est une très chouette ville à découvrir!

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Clermont 2012: l'Atelier


L'Atelier se tenait du lundi au vendredi à l'Ecole Nationale supérieure d'architecture de Clermont-Ferrand, qui en a assuré la scénographie et la signalétique.

C'est une initiative de Jérôme Ters, de Sauve-Qui-peut-le-court-métrage.

Plusieurs formations y étaient représentées. Chacune déléguait chaque jour un groupe d'étudiants, qui travaillaient sous les yeux du public, sur le thème des insectes.

- l'école nationale supérieure Louis Lumière

- l'école Estienne (BTS multimédia)

- Artfx (école anim, 3D et fx, à Montpellier)

- l'école Métamorphoses (école de maquillage)

- le conservatoire Emmanuel Chabrier (et son département art dramatique)

- le lycée René Descartes (et son DMA cinéma d'animation)

- le lycée Vercingétorix (et son bac pro photo)

les étudiants du DMA de Cournon

Clélia, du DMA de Cournon

Jacques Pouillet, de l'école d'archi, l'âme de l'Atelier

des bestioles fabriquées par les DMA1

le plan de guerre des BTS multimédia d'Estienne

le studio du lycée Vercingétorix

le tournage flou de l'école Louis Lumière

la table floue de maquillage

Désolée d'avoir légendé les photos si tard! (et aussi pour la piètre qualité des photos, ah la la)

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Clermont-ferrand 2012


Salut les fous,

J'ai proposé à Cé de "couvrir" le festival de Clermont-Ferrand. Je serai une chroniqueuse très partielle, puisqu'à Clermont, je ne suis pas une vraie festivalière, mais une locale accaparée aussi par sa vie de famille... mais je peux quand même partager le peu que j'ai vu, et mes impressions!

2012, le retour de la neige

Si 2011 a été marqué par une douceur exceptionnelle (et quasi jamais vue au Festival), cette année, c'est retour à la routine: les festivaliers ont intérêt à avoir apporté des bonnets et des moonboots! Les gens chics et prévoyants, comme Moïra Marguin des Gobelins auront pensé à amener avec eux des semelles anti-dérapantes à glisser sur leurs chaussures de ville

http://www.hauteurshop.com/images/produits/753/Semelle-antiderapante-spiky-large.jpg

Le festival du court, c'est beaucoup de public, partout dans la ville

(crédits photo carrénoir+++)

Si le centre névralgique est la Maison de la Culture, et son immense salle Cocteau, toujours pleine à craquer d'un public fidèle (ce qui rend la sélection en compète tellement excitante pour tout court-métragiste), les projections ont lieu aussi dans bien d'autres lieux de la ville: le CROUS, le cinéma art et essai Les Ambiances, la salle de théâtre du Petit Vélo... et même pour les plus intrépides, le cinéma art et essai LE RIO, en plein "Quartier Michelin".

D'autre part, le festival est aussi l'occasion de nombreuses expositions. Enfin il met en place depuis quelques années un dispositif unique à ma connaissance, une "école éphémère du cinéma", l'Atelier, sorte de ruche où des étudiants de différentes écoles (dont le DMA de Cournon où j'enseigne) travaillent à différents projets sous les yeux du public, notamment scolaire. Cette initiative est très prisée des enseignants, qui agrémentent ainsi le déplacement de leur classe au festival d'une expérience "live".

Mais je vous reparlerai de l'Atelier plus en détail dans un prochain billet, parce que je m'y rends demain et après-demain, et que j'amènerai mon appareil photo!

Quelques courts

Mardi je suis allée à la séance LABO 1, et à la séance F12 (sélection française) Les séances mélangent films de prise de vue réelle et d'animation, qu'ils soient de fiction, documentaire, ou expérimentaux. Dans les séances LABO, l'accent est mis sur l'audace formelle.

Comme on est sur FOUS D'ANIM, je ne vous parlerai que des films d'animation (mais l'intérêt de Clermont, c'est bien sûr de voir "de tout"!)

LABO 1

663114, de Isamu Hirabayashi est un film raconté par une cigale têtue qui grimpe le long d'un arbre, accomplissant ainsi le cycle inlassable de la vie de son espèce. C'est un plan unique, l'anim est en boucle (sauf un incident à la fin), la bande-son est très soignée. En réalité, le film traite de Fukushima. J'ai trouvé ce film profond et très beau.

Condenados, de Guillermo Garcia Carsi est une blague en synthèse sur des animaux imaginaires (ici, les hérissons-avec-les-piquants-en-dedans) qui a fait rire la salle. Pas fulgurant, à mon avis.

Dans The Centrifuge Brain project, de Till Novak, fiction hilarante aux allures de documentaire, un scientifique expose les recherches de son équipe, qui portent sur le développement d'attractions foraines et leurs conséquences sur l'activité cérébrale. Les images retouchées à la synthèse offrent un panel délirant d'attractions plus que renversantes! J'ai beaucoup aimé ce film, très pataphysicien!

F12

Plume, de Barry Purves. Euh... vous voyez l'image ci-dessus? vous trouvez pas ça un peu kitsch? et l'histoire est à l'avenant. not-my-cup-of-tea.

The Monster of Nix, de Rosto. L'univers plastique ne me séduit pas, mais le film a le bénéfice de l'étrangeté: mélange de scènes chantées et de conte débridé, le film détonne et révèle un imaginaire sincèrement tordu. L'histoire se replie sur elle-même sans rien apporter au spectateur. Juste une parenthèse pour le moins psychédélique. Pourquoi pas?