Meknès 2009

Mia à la Médina



Projection grand écran sur une place de la Médina.

Face à la parabole, les salles de cinéma au Maroc ont perdu de leur attrait. Pour les jeunes de la Médina, le FICAM est une des seules occasions de voir des films sur grand écran dans l'année.
L'installation est située sur une grande place de la médina de Meknès dont les éclairages ont été éteints pour l'occasion. La foule se masse contre les grilles entourant la structure. Ce soir c'est Mia et le Migou, présenté par le directeur artistique du film, Benoit Chieux.
Pas de chance, la pluie tombe fort et une grosse averse a contraint la projection à commencer en retard. Mais le film a été lancé, sous quelques gouttes. Et c'est émouvant de voir ces volées de jeunes gamins courir et hurler devant l'écran, se réunir autour des grilles, siffler, chanter.

Benoit Chieux reste même un peu pour apprécier le spectacle.

Meknès 2009

Les cigognes sont ici


avec les innombrables chats errants qui peuplent la ville.

Meknès 2009

FICAM : le partage




Alors ce festival marocain ? Je n'en ai pas fait tant que ça mais pour ce que je puisse en juger, le FICAM fonctionne comme n'importe quel festival d'animation : il y a un programme sur la semaine comprenant des séances, des tables-rondes ou interviews, des projections de longs, de courts, des films d'atelier et des démarches pédagogiques.

Assez logiquement il n'y a pas de grandes exclusivités internationales à Meknès sinon dans les confidences de réalisateurs sur leurs travaux en cours. Les films qu'on voit sont ceux du moment ou les films marquants de l'année passée. Cette année c'est Madagascar II , KungFu Panda, Mia et le Migou ou Brendan, qui restent tout de même parfois des exclusivités nationales.

Mais le programme est cohérent et varié, il donne a voir de l'animation grand public mais aussi des programmes plus sophistiqués, le cinéma d'animation est un univers d'une infini variété mais il eut été possible de le cantonner avec facilité aux productions bling bling ce que le festival a l'intelligence de ne pas faire.
Au contraire on a une approche raisonnablement variée du milieu, récente et patrimoniale mais plutôt récente. Cette ouverture c'est donc Barry Purves, Jimmy Murakami, Erica Russell ou Koji Yamamura.

Si on doit trouver une spécificité au festival c'est bien évidemment son air marocain, un climat à la fois dense et efficacement désorganisé, une chaleur dans les invitations et une utilisation intensive des invités. Séduits par la destination prestigieuse et attractive, détendus, ils se prêtent volontiers à l'exercice.
Arrivant souvent avec sa cassette ou son DVD sous le bras, un invité a donc souvent une projection rétrospective, une exposition, une carte blanche, une interview publique... Mais tout se fait avec le sourire, l'esprit est bon-enfant et la présence des réalisateurs est d'une extraordinaire richesse, tel Barry Purves, Jimmy Teru Murakami ou Erica Russell donnant des anecdotes entre chaque film projeté, avec l'aide d'Alexis Hunot enthousiaste - et pertinente - passerelle linguistique.



Or c'est bien ce que je préfère dans les festivals ; entendre les auteurs parler de leur travail, de leurs doutes, de leurs intentions, un peu comme les petits déjeuners d'Annecy qui éclairent les films vus la veille. On comprend toujours mieux, même si on pourrait considérer qu'un film devrait pouvoir vivre sans qu'on l'explique, la démarche, les anecdotes rendent une expérience de réalisation plus humaine, on partage un peu de sa création et si quelque chose qualifie bien le festival de Meknès c'est probablement ça : le partage.