Meknès 2010

Et toutes ces petites choses


Il y a énormément d'évènements que je n'ai pas pu relater en détails, tant le programme était riche. J'aurais griffonné 46 pages au cours du séjour!

En vrac... Une table ronde francophone (avec des représentants de Folimage, la TSR, Arte, Centre Image et l'ONF) nous a montré l'importance des co-productions internationales dans le montage d'un film d'animation. Les installations interactives du Lab 212 faisait la joie de petits et grands. Une carte blanche aux films du nord. Le réalisateur danois Jannik Hastrup participait également à un thé à la menthe. Jean-Baptiste Garnero (Archives CNC) a parlé des pionniers du cinéma et de la conservation des films à une salle emplis d'enfants. Nous avons passés de chouettes soirées à l'hôtel Transatlantique entourés de la crème de l'animation. Une super retrospective du festival Animafest de Zagreb. Florence Miailhe nous a fait un secret de fabrication en 2 parties, une première performance au Maroc durant laquelle nous avons pu l'entendre parler de son parcours tout en animant sur un banc-titre. Le suisse Claude Barras nous a montré des marionnettes tirés de ses réalisations. Jacques Colombat présentait Robinson et Cie au Fendouk, en pleine medina. Ilan Nguyen nous a fait une conférence très intéressante sur Takahata/Miyazaki et les studios de la Toei avant de nous montrer en avant-première 11 court-métrages de fin d'études de la Tokyo University of Arts. Et il y avait bien sûr les séances de compétition!

Pour finir : LE PALMARES

Prix TSR : Grise Mine de Remi Vandenitte

Prix africain : L'Ambouba de Nadia Raïs

Prix du Public : Les escargots de Joseph de Sophie Roze

Mention spéciale Film d'école : La traversée de Hugo Frasseto

Prix spécial du jury : O'Moro de Cristophe Calissoni et Eva Offredo

Grand prix : InukShuk de Thery Camille lvis

Meknès 2010

Paul and Co


17H - Un thé à la menthe avec... deux légendes de l'ONF.

Mercredi nous avons eu le plaisir d'écouter Paul Driessen, figure de l'animation mondiale, réalisateur de nombreux court-métrages primés. Il commença sa carrière dans la publicité avant d'être repéré par Georges Dunning qui aimait sa façon d'animer. Il travailla ainsi sur Yellow Submarine (1967), qu'il ne juge pas très bon film mais formidable terrain d'expérimentation, témoin d'une époque. Paul part ensuite au Canada et commence sa carrière à l'ONF. Air! (1972) est fait très vite et marche très bien. On y remarque déjà la plupart des éléments chers au cinéma de Driessen : un trait tremblotant, peu de décors et un travail sur le son très important, qui donne une dimension en plus. Et bien sûr le jeu! Sur les formes, les couleurs, le cadre. Un plaisir ludique. Paul met des images à l'intérieur de l'image, contrôle les lignes, multiplie les cases. De l'amusement, mais également beaucoup de réflexion. Le scénario est primordial et il commence toujours par écrire pour se confronter à la construction narrative. Toujours en 2D (crayon sur papier), sa technique a évolué, son dessin aussi. Il continue à expérimenter l'animation et s'aventure vers l'abstrait. Minimaliste, il choisit de ne montrer à l'écran seulement ce qui est nécessaire à la compréhension... Comme dans le film David (1977), dans lequel il ose un écran vide et qui lui fera gagné un grand prix à Annecy, ex-aequo avec Le château de sable de Co Hoedeman. Il suit l'évolution de la technologie et numérise ses dessins depuis les années 90, avant de les coloriser sur ordinateur. Ce fut le cas dans 2d or not 2d (2003), son dernier film, qui explore cette fois-ci la profondeur. Nous avons eu droit à quelques exclusivités sur son projet en cours, The Backward Life of Oedipus, un film à reculons sur le fameux complexe, se passant dans une clinique. Nous pourrons y voir de multiples clins d’œil à d’autres personnages tirés de différents films de l’ONF. L'ONF justement, un mot qui sonne à mes oreilles comme un mythe, un paradis pour les réalisateurs d'animation. Mais Paul nous a expliqué que faire un film à l'ONF était maintenant plus compliqué qu'avant. Il se retrouve en compétition avec des auteurs plus jeunes et il y a moins de budget, il faut donc trouver des co-productions. Ce qu'il fait avec les Pays-Bas, avec qui il peut toucher des droits d'auteurs. Pour conclure, Paul se dit très heureux de pouvoir vivre en réalisant ses propres films et il lui reste encore pleins d'idées à réaliser.

Jeudi c'était au tour de Jacobus-Willem (Co) Hoedeman de nous retracer son parcours, dont les débuts ressemblent beaucoup à ceux de Paul Driessen. Né lui aussi aux Pays-Bas, il commence à travailler dans une entreprise de trucages puis se forme à l'animation en volume. Il réalise quelques films de commandes avant de faire le court-métrage Maboule (1969) à l'ONF. L'eden du cinéma d'animation lui permet de faire des films d'auteurs, d'expérimenter et de côtoyer d'autres réalisateurs. De 1971 à 1975 il travaille sur une série de films dédiée aux légendes inuits et part en arctique diriger une petite équipe pour créer les personnages et les décors. Parallèlement, il sort Tchou-tchou (1972), son film le plus connu avec Le château de sable (1977). Les deux films ont la même inspiration : ses enfants en train de jouer. Il dit d'ailleurs que dans un sens, il est encore un enfant et sait se mettre à leur place. Co utilise la technique de l'animation en volume, qui se rapproche du cinéma en prise de vue réelle et qu'il trouve plus proche du spectateur. Il peut ainsi l'immerger dans l'univers qu'il construit. Lors des tournages, il laisse beaucoup de place à l'improvisation et ne fait presque pas de story-board. L'organisation est minutieuse et demande de la concentration... Tout en parlant, Co a sorti de son sac une boîte, et nous avons pu voir des éléments originaux de ses films. Chacun a son anecdote, de L'ours renifleur (1992) au Théâtre de Marianne (2004), tout en passant par la série des Ludovic (1998-2002). Très appréciés des enfants, ses court-métrages sont porteurs de message. Sans dialogues, ils laissent place à la rêverie, à l'interprétation. Co tient à respecter ce public qui ne se préoccupe pas de la technique et se laisse absorber par l'histoire. Il ne se contente d'ailleurs pas de faire des films pour les enfants, mais il en fabrique également avec les enfants, à travers de nombreux ateliers. Il a ainsi fait de nombreuses vidéos scolaires et éducatifs, la plus récente portant sur la catastrophe à Haïti. Son prochain film personnel sera en silhouette animée et s'adressera cette fois-ci aux adultes. Il s'agira de raconter la guerre aux Pays-Bas quand il était lui-même enfant, ce sera son premier film produit hors ONF... et les images que nous avons vues sont très prometteuses!

Meknès 2010

La création marocaine


Le Festival est également une bonne occasion de découvrir l'évolution du cinéma d'animation marocain, à laquelle il a d'ailleurs participé à travers les ateliers et la mise en place du prix Aïcha. Chaque année, des étudiants de différentes écoles d'Arts du pays sont triés sur le volet pour participer à un atelier story-board pendant le FICAM. Cette année c'est le réalisateur Serge Ellisalde qui s'en est chargé et chacun a pu développé son propre projet, affichés ensuite dans le hall de l'Institut. Parmi ces étudiants, un nouveau tri s'effectue et seulement certains peuvent participer à l'atelier de réalisation qui se tient avant la prochaine édition du festival (atelier que nous avons animé Gabriel Jacquel et moi). Et je vous en ai déjà parlé, cette année il y avait également l'atelier croisé Mosaïque du Monde mené par Samuel YAL et Amine Beckoury. Cette atelier a été diffusé une nouvelle fois Dimanche matin et a suscité débat et intérêt. Ces initiatives permettent de créer des vocations et de former sur le tas des jeunes qui seront peut-être le futur de l'animation marocaine. Ceux qui veulent participent enfin au Grand prix Aïcha de l'animation, qui récompense des projets en devenir et accorde un budget au réalisateur pour faire son film, la plus grande contrainte étant qu'il puisse être projeté l'année suivante au FICAM. Trois films ont ainsi été aidés, qui malgré leurs défauts de jeunesse ont le mérite d'exister. Ce qui le manque le plus au Maroc étant un réel accompagnement en dehors de manifestations comme le FICAM, pour transformer et faire évoluer ce potentiel. Nous avons également vu des exercices d'écoles (audiovisuel/communication/nouveaux média) intéressants, qui montrent que l'envie et les compétences sont là. Certains projets aboutissent et on parle même de faire des long-métrages. Il manque le petit coup de pouce qui permettrait une cohésion de ces élans, il faudrait un investissement de l'état et une volonté d'aider la création d'animation marocaine avec la mise en place de quotas pour la télévision.

Atelier Mosaïque du Monde

Atelier story-board

Depuis sa création, beaucoup de marocains intéressés par le domaine se sont croisés au FICAM. Ces recontres ont donné lieu à des initiatives et notamment à un nouveau festival basé à Casablanca, qui se veut plus ancré sur le Maroc : Casanim'. Lancée par des anciens du FICAM qui ont créé une association appelée ANIMAROC, l'évènement est tout jeune puisque sa première édition était en Avril. Le public visé est différent et se concentre sur la jeune génération d'artistes marocains, qui estiment ne pas être assez représentés sur le FICAM. En effet, le festival de Meknès est résolument tourné vers l'Internationale et compte de très nombreux invités français et étrangers (ce qui s'explique par le fait qu'il est organisé par un Institut Français). Les réalisateurs marocains sont moins mis en avant, ce qui peut donner lieu à des frustrations. Casanim' vient donc en quelques sorte compléter le FICAM et comble un manque d'espace dédié aux talents marocains. Les projections et programmes y sont non-compétitifs.

Deux tables rondes thématiques étaient consacrés au cinéma d'animation marocain (et maghrébin). Une première sur les pionniers du Maghreb et l’influence de l’Europe de l’est. En effet, presque toute la première génération des réalisateurs de films d'animation maghrébins a été formée en Europe de l'Est et notamment en République tchèque, creuset de talent internationalement reconnu. Les deux réalisateurs présents, Hamid Semlali (Maroc) et Mahjoub Zouhaier (Tunisie) ont relaté leurs expériences et ont décrit l'évolution de l'animation au Maghreb. Ils disent être marginalisés et finalement très peu connus des nouvelles générations. La relève n'est pas encore là, il y a des gens qui essayent de faire des films mais pas d'argent pour concrétiser des projets ambitieux. Là encore, la conclusion de la séance fut qu'il faudrait une décision politique pour développer ce secteur économique. Pour finir, deux jeunes réalisateurs marocains travaillant à l'étranger nous ont fait partager leurs expériences.

Mahkoub Zouhaier et ses marionnettes

Amine Beckouri est l'exemple même des vocations que peuvent entraîner le FICAM. Ayant participé au premier workshop story-board puis à un atelier de réalisation avec Luis Briceno dans lequel il fabriqua avec d'autres étudiants la bande-annonce 2006 du festival, il découvre une autre facette de l'animation. En effet, au Maroc les jeunes ne connaissent presque que les dessin animé japonais et les séries étrangères, qui passent à la télévision. Faire de l'animation en volume avec peu de moyens, en utilisant du bric à brac, lui donne des idées et il décide de poursuivre dans cette voie en faisant de l'animation pour son projet de fin d'étude. Il co-réalisera avec des camarades un clip pour la chanson Blad Skizo de Hoba Hoba Spirit. Pour en savoir plus sur la construction de marionnettes et autres problèmes techniques, il s'est beaucoup aidé de tutoriels trouvés sur Internet et du site Fous d'Anim, à qui il a rendu hommage. Le plus difficile dans ce projet était de tenir les délais car il voulait projeter le film en avant-première pour le FICAM 2007. Ce qu'il réussit à faire. Le film gagna un prix l'année suivante et connu un petit succès dans la presse et les médias. Amine fut engagé rapidement après sa sortie de l'école, pour travailler sur des séries TV et des publicités. Il commença également à animer des ateliers pour enfants. Pendant le FICAM 2008, il reçu une proposition de Franck Petita? directeur de de l'école Méliès, pour poursuivre exceptionnellement ses études en France sans avoir à payer l'école. Amine finit donc actuellement cette école qui lui permet de se former à l'animation 3D et travaille sur le film de fin d'étude, dont il nous a montré quelques extraits. Il compte ensuite chercher du travail en France pour gagner sa vie mais n'abandonne pas l'idée de revenir plus tard au Maroc, pourquoi pas pour monter une boîte de production. Le terrain est vierge et il y a pleins de choses à faire.

Slimane Aniss est né en France de parents marocains et dessine depuis son plus jeune âge. Lui aussi fan d'animation japonaise, il fait des études de graphisme et tente plusieurs fois les Gobelins avant d'être pris à l'ESAAT de Roubaix, duquel il sort en 2005. Il travaille ensuite en freelance et réalise des spots de publicités. En parallèle, il développe avec Charles Lefebvre et Thierry Rivière le projet Baïdir, série ambitieuse et feuille-tonnante de 26x26 minutes. Pour attirer des producteurs et diffuseurs, l'équipe a réalisé en un mois un très joli teaser avec l'aide d'une dizaine d'étudiants. Cette vidéo a ensuite été montré au concours de projet d'Annecy en 2009 et suscite beaucoup d'intérêt, mais pour l'instant le projet n'est pas encore lancé. Espérons qu'il puisse trouver les financements nécessaires à son aboutissement... Slimane a déjà travaillé à Casablanca et n'exclut pas lui aussi de revenir occasionnellement au Maroc.

Meknès 2010

Un festival de rencontres


Dans mes compte-rendus je vous parle finalement très peu des films car le plus important au FICAM est bien sur la rencontre avec les nombreux invités. Flot incessant de départs et d'arrivées, certains sont là pour quelques jours quand d'autres n'apparaissent que pour la journée. Tout le petit monde de l'animation se croise autour d'un thé à la menthe, et parmi les têtes plus ou moins connues il y a celles que l'on découvre. Félicie Haymoz en fait partie. Cette character-designer (créatrice de personnages) a déjà participer à deux long-métrages, Max and Co et Fantastique Mr Fox, alors qu'elle ne se destinait tout d'abord pas à cette carrière. Illustratrice de formation (elle est Suisse et a fait ses études en Belgique), elle a commencé à travailler avec les Frères Guillaume un peu par hasard et a découvert du même coup le métier de character-designer qu'elle ne connaissait pas, et pour lequel elle milite maintenant. C'est à la suite de ce premier travail sur Max and Co qu'elle a été recommandé pour travailler sur Fantastique Mr Fox, par Mackinnon and saunders, très bon studio de création de marionnettes qui l'avait repéré. Au début elle était en compétition avec d'autres grands noms de l'illustration et chacun proposait des pistes sur le film. Il fallait trouver ce que Wes Anderson avait dans la tête, et malgré le fait qu'elle soit encore débutante, c'est son style classique, un peu rétro qui a plu.

Elle nous a expliqué combien ses deux expériences étaient différentes, surtout dans la façon de travailler. Sur Max and Co, Félicie était dans le même bureau que les réalisateurs et elle communiquait ses idées directement avec eux, alors que pour Fantastique Mr Fox, le système était pyramidal et il y avait de nombreux intermédiaires entre elle et Wes Anderson, qu'elle n'a d'ailleurs vu qu'une seule fois. Cela impliquait des difficultés de communication mais pouvait parfois donner des choses intéressantes. Son processus de création restait le même, elle travaille d'abord d'après-nature, en mémorisant des visages qu'elle peut voir autour d'elle (par exemple il y a de très bonnes têtes de fermiers dans le métro londonnien :)), puis humanise les animaux, retravaille le dessin et ajoute les détails qui constituent une grosse partie du travail. Wes Anderson accordait beaucoup d'importance à la stylisation des costumes et aux petites choses, ce qui accentuait l'aspect minutieux des marionnettes. Réalisateur de prise de vue réelle avant tout, il n'hésitait pas à faire des changements de dernière minute, quitte à sacrifier des mois de travail. Une de ses principales référence visuelle était Le roman de renard de Ladislav Starevitch, et une volonté de montrer l'animation comme telle, sans une recherche de réalisme, en laissant par exemple les traces de doigts des animateurs sur la fourrure des marionnettes. Il prend une réelle liberté avec les codes de l'animation, notamment sur les échelles des personnages. Cette approche de l'animation a pu choquer certains animateurs qui avaient pu travailler sur des films comme Les noces funèbres, mais elle plaît beaucoup à Félicie, qui trouve normal qu'une équipe puisse soutenir le réalisateur dans sa vision des choses. Par contre elle regrette que son travail ne soit pas plus reconnu et que Wes Anderson décrète avoir créé lui-même les personnages alors qu'il n'a fait que quelques gribouillis... (mais celui-ci a également dit avoir animé). Pour finir, chose qui peut nous paraître surprenante, Félicie ne reçoit aucun droits sur ses dessins et leurs utilisation (application du droit anglais) et n'a pas non plus de droit de regard sur ce qui en est fait. C'est une chance d'avoir pu la rencontrer au FICAM car elle exerce un métier de l'ombre qui est très peu mis en avant.

Félicie finit actuellement son premier court-métrage qui mélange animation et prise de vue réelle et attend une réponse de LAIKA, studio qui a fabriqué Coraline. Vous pouvez voir ses travaux sur son site : http://www.feliciehaymoz.com/,

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La pause PANACHE


Comme Cé l'année dernière, je vais vous parler un peu de nourriture :D

Il s'agit ici du plus divin des breuvage, j'ai nommé le panaché, plus communément appelé JUS. Un équivalent de notre smoothie, à base de fruits concentrées particulièrement savoureux. Le mélange appelé ROYAL combine la fraise, la mangue et l'avocat (que j'ai redécouvert à cette occasion, je ne pensais pas que cela pouvait être si doux). On peut le demander avec fruits secs. Il en existe de nombreux parfums, tous aussi bons les uns que les autres. Le plaisir des yeux précède le goût dont on ne se lasse pas... Et cela rempli bien l'estomac!

Meknès 2010

Week-end chargé


Le FICAM peut être un festival aussi chargé que celui d'Annecy si on y fait toutes les activités proposées. Entre les séances, les tables rondes et les rencontres faites au hasard, il y a de quoi remplir sa journée! Je noircis des pages et des pages de notes que je n'aurais jamais le temps de vous retransmettre, mais ça fait sérieux :). Le principal problème étant que tout est intéressant et que j'ai du mal à lever le pied (je rêve de posséder le don d'ubiquité). Par exemple, là je loupe la projection du film de Lotte Reiniger Les Aventures du Prince Ahmed. Grand classique que j'ai bien sûr vu plusieurs fois, mais là c'est avec Makena Diop et ses musiciens, conteur africain qui a déjà illuminé le pic-nic organisé pour les 10 ans du FICAM Dimanche vers midi.

Je retiens trois temps forts pendant ce week-end, car il faut bien trier un peu.

Le premier a été la leçon de cinéma de Michel Ocelot, un rendez-vous "Coulisses de la création". Présenté par lui-même avec un dvd sur lequel il avait compilé plusieurs extraits de son travail, il nous a montré les différentes techniques qu'il avait pu utiliser dans ses différents projets et comment lui venait ses idées. En partant du magnifique court-métrage Les trois inventeurs fait en papier découpé avec des napperons pâtissiers jusqu'à son clip réalisé pour Björk dans lequel il mélange prise de vue réelle et expérimentations, en passant bien sûr par son film charnière, Kirikou et la sorcière. Long métrage bien connu de tous qui lui a apporté la reconnaissance du public mais fut également un succès critique et financier, ce qui lui permis de réaliser plus facilement ses films. Il a insisté sur la débrouille, le fait que l'on pouvait animer sans moyens, et surtout que c'était l'histoire le plus important. Le meilleur exemple étant La légende du pauvre bossu qui est en fait une animatique (une suite d'images fixes) et qui a obtenu le César du Meilleur film d'animation en 1982. Un de ses conseil est de ne pas faire compliqué et cher. Ce qui ne l'a pas empêché de se payer le luxe de faire un film entier dans un seul endroit, à Paris pour Azur et Asmar. Cela coûtait plus cher mais était bien plus facile que de travailler dans 5 pays différents comme pour Kirikou. Azur et Asmar, dont on peut voir l'exposition dans le hall du théâtre de l'Institut, est fait en 3D mais garde toujours le style propre à Michel Ocelot, avec très peu de mouvements de caméra et un travail sur l'intolérance. Pour la petite histoire, Michel Ocelot a également parlé rapidement du court-métrage Les 4 vœux, dans lequel il s'est frotté à la technique traditionnelle 2D, sans mentionner qu'il s'agissait d'un film pornographique... :) Après la séance, il est sortie dehors pour montrer les marionnettes qu'il avait amené avec lui, suivi d'une foule d'étudiants et de curieux qui se sont massés autour de lui. L'image était assez belle et tous ont pu poser leurs questions.

Puis le FICAM nous a permis de rencontrer le réalisateur tchèque Jiri Barta, avec la projection de son dernier long-métrage Drôle de grenier et le rendez-vous "un thé à la menthe avec...". Jiri Barta commence à travailler au sein d'un grand studio d'état dans les années 70 et réalise ses premiers court-métrages, dans lesquels ils mélangent déjà plusieurs techniques. Il aime combiner et ainsi utiliser la technologie avec quelque chose en plus. Il a bien sûr été marqué par ses compatriotes Trnka, Pojar ou encore Svankmajer, mais il cite également Federico Fellini, Roman Polanski, Pritt Pärn, Piotr Dumala, Garri Bardine... En 1985, il réalise une de ses œuvre les plus connue Krysar, le joueur de flûte, un moyen métrage inspiré d'un conte médiéval allemand. Puis il imagine le scénario du long métrage Golem, mais la chute du gouvernement tchécoslovaque l'empêche de trouver les financements suffisants et le cinéaste n'a pour l'instant réalisé qu'un court extrait de ce film en 1996, que je vous invite a regarder sur YOUTUBE.. La technique est ici étonnante puisqu'il s'agit de projections d'images sur de la pâte à modeler. L'ordinateur lui est d'une grande aide mais ne constitue pas une finalité, Jiri Barta a besoin de réalité et choisi aussi ses techniques en fonction du sujet. Ainsi, dans Drôle de grenier, qui est un long-métrage pour enfants, il utilise des jouets et des objets trouvés pour créer ses décors et ses marionnettes. Fait de bric et de broc, l'univers du film reflète bien l'imagination débordante des enfants, pour lesquels les greniers sont souvent des terrains de jeu. Ce film contraste avec ses productions précédentes destinées aux adultes, pas dans le style mais dans le scénario calibré pour un public enfant, volonté de distribuer le film à un public plus large et d'obtenir des fonds. Une histoire plus convenue passe plus facilement les frontières et promet d'être plus commerciale. Auparavant il lui était plus simple de sortir ses créations puisqu'elles étaient distribués automatiquement par l'état au cinéma. Tous les réalisateurs du moment travaillaient dans un seul studio et s'aidaient mutuellement. Ils étaient dans une sorte de prison dorée dans laquelle ils devaient être inventifs et trouver des métaphores pour exprimer ce qu'ils vivaient, afin de ne pas être censuré. Avoir un mur en face leur permettait de se surpasser. C'était compliqué mais ils avaient des choses à combattre et ils réussissaient finalement à s'exprimer avec force, alors que maintenant, dans un monde où tout est libre et gratuit, la création doit se battre contre un ennemi plus redoutable, l'argent et les lois de marché capitalistes. Jiri Barta a de nombreux projets et tête et n'a pas tout à fait abandonné Golem, que l'on espère voir complètement réalisé un jour. J'ajoute qu'il travaille avec sa femme, qui a animé quelques passages dans son dernier film, et qu'il a dit à son propos une très jolie phrase : "I I realize my films but she realizes my life" (là c'est mon côté fleur bleue qui parle :))

Enfin, je dois vous parler des coulisses de la création avec Pierre Sauvalle. Ce réalisateur-producteur-chef d'entreprise-militant a un parcours étonnant et admirable, qui montre combien il est dur de monter des projets originaux d'animation en Afrique. Né au Cameroun en 1967, il est diplômé de l'École d'Art et de Communication de Cergy (DNPA), de Paris VIII (DEUG cinéma) et du Centre de formation technique des Gobelins (réalisateur, story-boardeur en dessin animé). Il a ensuite travaillé pendant une dizaine d'années dans des studios français, dans lesquels il a appris le rythme, la rigueur du travail et les standard par rapport à un marché précis. Porteur d'un premier projet de long-métrage pour lequel il avait investit dans un pilote, il reçu un grand choc à Cannes quand on lui dit que ce domaine n'était pas pour les africains. Il rencontrera cette réaction de nombreuses fois par la suite... L'afro-pessimisme, comme il le nomme, désigne la méfiance des occidentaux sur les produits à valeur ajoutée africains, surtout quand il y a une volonté de répondre au marché international. Quand il s'agit de trouver de la main d'œuvre pas chère pour des produits bas de gamme il n'y a pas de problème, mais quand l'Afrique se propose de produire la même chose qu'ailleurs, elle commence à faire peur. Il y a un réelle blocage et il faut prendre le temps de rassurer les possibles partenaires et faire ses preuves. Suite à cette première opposition, Pierre Sauvalle est retourné dans son pays pour monter un studio africain et construire quelque chose de nouveau.

Créé en 1998 à Dakar, Pictoon est la première société de production de dessins animés africaine. Il y avait tout à faire et Pierre a réussi en s'adaptant aux contraintes locales. Il a entreprit un travail de démystification de l'animation, produisant les tables lumineuses, le papier d'animation et le matériel habituel de l'animateur sur place, et réduisant ainsi les coûts. Il a également former avec ses propres fonds 100 jeunes à l'animation pendant 3 ans, leur apportant un cadre et une bonne formation pour mettre en place des équipes. Faire des films d'animation devenait ainsi possible en Afrique. En 2001, il pouvait donc commencer la production de sa première série, Kabongo le griot (13X13 épisodes). Son but était alors de produire des œuvres universelles, comme avait pu le faire Michel Ocelot avec Kirikou et la sorcière. La série narre les aventures de Kabongo, conteur qui voyage à travers le monde à la recherche d’un disciple à qui enseigner son art. Elle est passé sur des chaînes africaines, suisses, canadiennes mais pas françaises. Après ça, Pierre Sauvalle a changé de cap et a travaillé sur des long-métrages pour le marché africain, afin de plaire aux jeunes et d'obtenir la reconnaissance du public. Il en a mis un de côté, un peu trop ambitieux, et se concentre désormais sur Les lions invincibles, projet déjà bien avancé qui tourne autour de joueurs de football, véritables dieux vivants en Afrique (les lions invincibles faisant bien évidemment référence aux lions indomptables, équipe du Cameroun ). Ce sera un film d'aventure ludique dans lequel les humains se mêlent aux animaux, comme dans les contes africains. Co-produit par des producteurs français avec la participation de Didier Drogba, le film a un budget d'environ 1 million d'euros, ce qui est peu en comparaison des long-métrages européens (6 à 13 millions environ). Il y a donc un décalage financier avec les potentiels partenaires francophones, ce qui constitue une véritable problématique économique en terme de production. Malgré tout, il est en train de lancer la production. Sa passion et sa volonté lui ont permis de construire du concret mais la route est encore semée d'embûches. Je suis vraiment admirative devant son investissement et ce qu'il a pu accomplir, et j'espère pouvoir voir dans quelques années ce long-métrage finit et reconnu.

Meknès 2010

Des débats animés pour une première journée.


La journée de Vendredi a commencé sous un ciel meilleur avec la Carte Blanche à l'Office National du Film (ONF). Ce rendez-vous Carte Blanche, qui a lieu tous les matins à 11H, est un hommage de la profession à FICAM. Des programmations spécialement concoctées par des chaînes de télévision, des festivals d’animation, des producteurs et studios de création, qui s'adressent plutôt aux professionnels et permettent de découvrir des films variés. Pour cette séance, retenons quelques chiffres : depuis sa fondation en 1939, l’ONF a créé plus de 13 000 productions et remporté au-delà de 5000 récompenses, dont 12 Oscars et plus de 90 prix Génie. Et je rapelle que vous pouvez visionner gratuitement leurs films.

A midi, nous mangeons tous dans les jardins de l'Institut, qui a monté des tentes pour l'occasion. Un traiteur s'occupe des repas midi et soir. J'ai eu le plaisir de manger en face de Paul Driessen, tout en observant la star Michel Ocelot se faire interviewer de tous côtés. Sa projection d'un épisode inédit de sa nouvelle série Dragons et Princesses, sélectionné cette année à Annecy, a finalement eu lieu à 19H au théâtre de l'Institut, avec 24H de retard. Cette production construite sur des contes en silhouette fait suite à Princes et Princesses. Le Ciné Médina du jour était une projection d'Azur et Asmar, dont les décors du film sont directement inspirés par l'architecture de Meknès, trois ans après sa première présentation au public meknassi.

Puis se sont enchaînés deux rencontres qui ont amené des débats très instructif. La première était une table ronde professionnelle sur "L'animation, des métiers en mouvements", animé par Olivier Catherin. La plupart des participants étaient responsables ou intervenants dans des écoles françaises (ENSAD, Poudrière, EMCA, ESMA...) et il était question de la formation française, puis de ce qui pourrait être fait au Maroc, et plus largement en Afrique. Des questions importantes ont été soulevés. Quelle est le rôle des écoles (former des techniciens qui trouveront du travail tout de suite ou bien former des réalisateurs/artistes qui ne travailleront pas en tant que tel dès leur sortie de l'école?). Est-ce que les écoles formatent les étudiants? Comment mettre en place une création marocaine? Georges Sifianos, qui faisait également parti du jury pour le Grand prix Aïcha de l'animation, a redit qu'il était dommage que les réalisateurs marocains ne mette pas plus en avant leur culture dans les films d'animation, et que le plus souvent les productions étaient formatées et stéréotypées, chose qu'il fallait combattre. Ce point a été discuté, car les réalités de l'industrie sont bien présentes et tendent vers une homogénéisation, surtout en ces périodes de mondialisation. Pierre Sauvalle, fondateur du premier studio de dessin animé basé en Afrique (Pictoon), présent dans la salle, est intervenu pour souligné que la situation de l'animation africaine n'avait rien à voir avec ce que nous pouvons vivre en France, où nous pouvons nous payer le luxe d'avoir plusieurs écoles, toutes différentes. En Afrique, tout est encore à faire et le chemin est long. Pour y arriver, il faudra dans un premier temps fédérer les initiatives et construire un projet commun. La formation et l'éducation est pour cela primordial. Il faut lancer des réalisateurs, mais aussi des techniciens qui s'émanciperont des codes venus des pays occidentaux. Les talents existent mais leur développement est freiné car la diffusion des œuvres est quasi inexistante. Tant que l'État n'aura pas mis en place en système de quotas pour la télévision et une politique volontariste comme en France, les investissements seront minimes et il n'existera pas d'industrie marocaine du cinéma d'animation.

Pour finir, Patar et Aubier ayant annulé leur venue, nous avons pu organiser le rendez-vous appelé "Les coulisses de la création" autour des films d'ateliers de Samul YAL et de moi-même, animé par Alexis Hunot. Nous poursuivions dans un sens le débat initié par la précédente rencontre puisque nous présentions des films réalisés par des étudiants marocains qui mettait en avant leur culture et leur vécu. L'atelier de Samuel est pour cela particulièrement intéressant et réussi (il le mettra en ligne à son retour). Il s'agit d'un échange franco-marocain appelé Mosaïque du Monde. Samuel a réalisé un film avec des lycéens marocains et le réalisateur marocain Amine Beckouri a encadré un autre film en France avec des jeunes de Villiers-le-Bel. Au Maroc, les élèves de la filière Arts Appliqués du Lycée Moulay Ismaïl de Meknès ont raconté leur vie de famille, leurs points de vue sur le Maroc et ses traditions ainsi que leurs rêves d’avenir lors d'entretiens enregistrés. A partir de cette matière sonore, un montage a été réalisé. Une base qui a servi à construire des images utilisant différentes techniques traditionnelles de cinéma d'animation (animation en banc-titre de sable, de papier découpé, animation en volume...). Le résultat est un mélange de points de vue qui met en avant la tension qu'il peut exister au Maroc entre les traditions et la modernité. Drôle et émouvant, le film peut interpeller par sa liberté de parole dont on ne s'attend pas forcément de la part de jeunes marocains.

Projeté pour la première fois au Maroc, le film a déclenché de vives réactions. Une étudiante a pris la parole pour dire que ce n'était pas la vérité sur le Maroc, qu'elle ne s'y reconnaissait et que cela l'avait énervé, choqué, et plusieurs personnes de l'assistance ont approuvé. Il a été dit que le film donnerait une mauvaise image du Maroc si il était diffusé à l'étranger (peur sans fondement car le film a été diffusé pendant le festival Image par Image et a été très bien reçu). Samuel a répondu calmement en expliquant le processus qui avait le sien dans cet atelier et l'ambivalence qui pouvait exister au sein des jeunes marocains. Le film rend d'ailleurs compte de cette dualité, avec des propos parfois réactionnaire ou au contraire subversif. Les lycéens, présent à la séance, assume d'ailleurs "leur" vérité et il a été très courageux de leur part de montrer un Maroc non idéalisé. Il y a bien sûr eu moins de protestations sur la bande-annonce, qui était un projet très cadré, une commande, et dans lequel j'ai surtout poussé les étudiants à découvrir d'autres techniques d'animation, tout en utilisant des éléments marocains comme les épices, la mosaïque etc... Comme la séance s'éternisait, il a été proposé à ceux qui voulaient discuté de le faire un peu plus tard à la cafèt, et nous avons fini en montrant les décors et éléments du film qu'il nous restait.

La journée s'est finie avec la première séance du programme "Court Compèt", à 21H au Théâtre de l'Institut. Il s'agit des courts-métrages d’animation internationaux sélectionnés en compétition officielle ainsi que des focus sur l’œuvre de deux des membres du Jury : Paul Driessen et Florence Miailhe. Et c'était Paul Driessen qui commençait avec 8 de ses films, sur la trentaines qu'il a réalisé en 40 ans de carrière.

Meknès 2010

Jeudi 6 Mai - Télévision marocaine


Voici le premier reportage de la chaîne marocaine 2M sur le FICAM, dans lequel vous pourrez voir les interviews de Jilali Kaddour, valeureux technicien du FICAM depuis des années, et Marie-Annick Duhard, la directrice de l'Institut Français. Bon ils ont aussi massacré la bande-annonce en refaisant des montages douteux avec la bande-son...

C'est ici!

Meknès 2010

Ouverture du FICAM


Après Cé l'année dernière, c'est moi qui fait la reporter Fous d'Anim pour cette 10e édition du FICAM :)

Je profite de la pause déjeuner pour écrire un peu. L'ouverture du festival a eu lieu hier, sous un ciel gris et sans Michel Ocelot! En effet, l'invité d'honneur de cette année placée sous le signe de la francophonie avait raté son avion. La fête n'a pas été gâchée pour autant. Beaucoup de monde était présent dans le théâtre de l'Institut Français pour assister aux discours protocolaires et à la remise du Grand prix Aïcha de l'animation, qui récompense un projet de film marocain. Il a d'ailleurs été décerné à El Mehdi Elouazzani, qui avait participé à l'atelier de Gabriel Jacquel l'année dernière. L'ambiance de la salle n'a rien de comparable à celles des cinéma français. Plus bruyants, les gens n'hésitent pas à applaudir, mais également à parler pendant les projections et à laisser leurs téléphone portables allumés (les divers sonneries peuvent vite devenir agaçantes). De nombreuses caméras de 2M, une chaîne de la télévision marocaine, couvraient l'évènement. Elle seront présentes pendant tous le festival, je mettrais les vidéos en ligne si j'en repère certaines sur internet. En tout cas, pour cette dixième édition, le festival bénéficie d'une bonne couverture médiatique (outre la notre ^^) et vous pouvez trouver de nombreux articles en ligne.

Le président des confitures Aïcha, qui est un important partenaire du FICAM, a également annoncé la prochaine création d'une école de formation aux métiers de l'animation. Rappelons que le Maroc n'en possède encore aucune, et que le festival participe grandement à la formations des étudiants intéressés par cette filière en proposant divers ateliers. Cette année, c'est Serge Ellisalde qui s'occupe de l'atelier story-board, tandis que Michel Ocelot en animera un destiné aux enfants de 6 à 12 ans pour apprendre les technique inhérentes à la réalisation d'une animatique. Et puis il y a celui de Samuel YAL et le mien, qui ont eu lieu en amont, mais on en reparlera très vite. La soirée s'est poursuivie par un buffet ouvert à tous dans les jardins. De nombreux professionnels étaient présents, notamment Pierre-Luc Granjon (réalisateur), Hélène Vayssières (ARTE), Jacques-Rémy Girerd (réalisateur), Pascal Le Nôtre (Folimage), Olivier Catherin (producteur), Christophe Leclerc (réalisateur), Samuel YAL (réalisateur), Georges Sifianos (réalisateur), Emmanuel Porcher (Centre Images), Jean-Baptiste Garnero (CNC)... Et bien sûr Alexis Hunot (activiste). Tout ce petit monde a ensuite été voir la première projection des "Ciné Médina" qui se tenait à la Place L'Hdim. Voir un écran devant la fameuse porte Bab Mansour est assez magique... Les enfants attendaient avec impatience La prophétie des grenouilles, et une fois le film lancé nous sommes partis mangés près des remparts, pendant que Mohamed Beyoud, responsable charismatique de la programmation artistique du FICAM, partait chercher Michel Ocelot, enfin arrivé à Fès.