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Votre petit poussin préféré, calimero, coiffé de sa coquille, gentil et tout mignon, sera de retour avec tout ses amis pour fêter ses 50 ans cette année !
Quoi ? Déja ! C'est vraiment trop injuste !
Il n'a pas prit une ride et nous revient dans une 3D très colorée et poétique, réalisée par le studio français Alphanim nous pourrons le voir très prochainement sur TF1 dans l'émission TFou !

Le festival d'Annecy rendra aussi hommage à Calimero ce soir pour souffler ses bougies.
Kassi !
- Moi, ce que j'aimerais, c'est faire un long-métrage en stop-mo
- Tu rêves, c'est pas possible, le budget serait trop énOrme, la stop-mo c'est pas délocalisable... enfin pas encore ou je vois pas comment...
Pourtant il y a bien eu, entre Wallace, Gromit et Mister Fox, de jolies réussites dans cette technique, alors, les producteurs, qui s'y risque? Et bien c'est RITA productions, une société suisse plutôt PVR, qui se jette à l'eau (avec tout de même Gebeka et Blue Spirit).
Ce sera le premier long du réalisateur Claude Barras que l'on avait remarqué pour son court Sainte-Barbe. Et je trouve l'angle du film-pilote vraiment original: un incongru vrai-faux casting de la marionnette principale, tout en acting subtil et en voix hors-champ.
Scénario de Céline Sciamma, adapté d'un roman de Gilles Paris.
Dans la lignée de son exploration des nouvelles technologies et de son intérêt pour le partage et le didactique, le célèbre NFB/ONF canadien met à la disposition du public une application iPad via l'AppStore intitulée l'Atelier de McLaren.
Le but de cette application est multiple. Le premier est de mettre à la disposition du public gratuitement 51 films de l'oeuvre animée du cinéaste fondateur Norman McLaren, pionnier et défricheur historique qu'on ne présente plus ici... Et déjà la chose est simplement inespérée tant les DVD de l'intégrale ne sont pas pour toutes les bourses (vous me direz, il faut avoir une tablette... hé..) et que les films sont dispersés sur le web. On trouvera également les documentaires et un contenu d'une grande richesse qui justifie en soi d'avoir l'application dans ses favoris.
Ensuite l'application propose trois ateliers créatifs et ludiques pour les animateurs en herbe : un atelier papier découpé gratuit qui permet de s'amuser à réaliser des petites expérimentations à partir des formes utilisées par McLaren dans son film Le Merle : un bec, un bâton, un oeil et une patte. De quoi s'amuser déjà avec des fonctions simples et bien conçues intégrant la pelure d'oignon pour simplifier les positionnements.
Les deux dernières applications s'achètent à part pour un peu moins de trois euros chacune. L'atelier gravure sur pellicule permet de reproduire sur tablette le rendu des films comme Blinkity Blank avec un outil large (lame de rasoir) ou fin (aiguille) plus des outils de colorisation. Celui qui est plus original et se démarque des applications du même tonneau existant déjà sur l'AppStore est l'atelier de son synthétique qui propose de reproduire les expériences sur la bande son de McLaren. Moins connues que les autres de ses expérimentations, il avait travaillé le son de certains de ses films en dessinant des rayures plus ou moins grandes sur la bande son analogique disposée en marge des pellicules de cinéma.
Une application de qualité, mise en image par Ottoblix et programmée par Para9, qui permet de s'initier à l'image par image sans fioriture et sans se soucier de problèmes techniques et dont les résultats sont directement publiables sur vimeo.
De grands auteurs ont été sollicités pour démontrer les capacités de l'application. On retrouve notamment Regina Pessoa, David O'Reilly ou Koji Yamamura dans les films démo mis en ligne sur vimeo.
Assez fraiche et décomplexée cette pub-court métrage réalisée par Alber Elbaz, créateur de mode israélo américain pour une grande marque de maquillage. Elle explore graphiquement le principe du regard en citant les nouvelles technologies et en déclinant le thème de Cendrillon.
Le dossier de presse qu'on retrouve repris dans les médias évoquant cette opération qui cherche à faire le buzz qualifie ce film de décalé, glamour et d'humoristique. Bof... c'est surtout une pub dans la lignée des croquis de JP Goude ou de Castelbajac, tout ça pour vendre des crayons à cils aux packaging pop-moche à des femmes qui veulent accentuer leur féminité et l'intensité de leur regard en se peinturlurant la face façon fashion.
Par contre il faut bien avouer que la compression YouTube ne rend pas hommage à la vibration graphique et aux couleurs de l'animation...
Jeremy Clapin est un réalisateur français de film d'animation. La trentaine bien avancée il accompagne son troisième film dans les festivals du monde entier. Réalisateur rare, il produit un film tous les quatre ans environ en parallèle d'une activité d'illustrateur et de réalisateur pour la publicité.
Il est un des réalisateurs français les mieux placés dans les palmarès internationaux, chacun de ses films engrangeant un certain nombre de prestigieuses récompenses de par le monde.
Ayant intégré les Papy3D pour son dernier film il participe à une génération émergente de réalisateurs éveillés, impliqués, autogérés.
Après Une histoire vertébrale (2004), Skhizein (2008) le dernier film s'appelle Palmipedarium (2012), c'est l'étrange histoire d'un enfant qui va à la chasse avec son père et qui va rencontrer une étrange créature, un peu ridicule et maladroite. La relation secrète qui les lie ensuite est habitée par un mélange de cruauté, d'empathie et de vague tendresse assez troublante.
Il a accepté de répondre à quelques questions.
Peux-tu nous rappeler ton parcours professionnel, ta formation ?
J'ai fait les Arts décoratifs de Paris. J'y ai étudié le graphisme et l'animation puis j'ai passé mon diplôme en section illustration pendant que j'enseignais le tennis 15 heures par semaine. C'était une période où je savais pas encore très bien vers où m'orienter...
Vis-tu de ton travail de réalisateur ? Peut-on vivre de l'animation ?
Je ne fais pas du court métrage dans une optique de rentabilité, ça serait un très mauvais calcul financier et artistique. Il faut avoir d'autres sources de revenus. L'équilibre entre son travail de commande et son travail d'auteur est sans doute le plus dur à trouver. Les deux ayant une fâcheuse tendance à se cannibaliser.
En réalité mon métier, comme pour beaucoup dans ce secteur, c'est de faire que l'ensemble de mes activités reste cohérent et si possible viable. Il n'y a que lorsque je réalise un film que je suis réalisateur. Il y a des moments où j'écris les films, des moments où je créer une bible graphique, où j'illustre un magazine, où je donne des interventions dans des écoles de réalisation, des moments où je réalise des pubs ou des courts métrages et des moments où je glande un peu. Le tout est très excitant mais le quotidien n'est pas toujours simple à gérer.
Par chance, depuis quelques années mon activité en tant que réalisateur me permet de gagner suffisamment. Entre les prix qu'un film peut récolter en festival et les travaux de commandes pour la publicité il y a des périodes où j'en vis même très bien.
Après, tout est question de choix car lorsqu'on commence à enchaîner les commandes, ce n'est plus le même métier et on peut vite couper le lien avec son travail d'auteur.

Ton travail d'illustration est dans quel domaine ?
Dans le domaine de la presse jeunesse principalement (Nathan, Larousse Jeunesse, Astrapi...). Ça me fait une petite respiration et l'énergie n'est pas la même qu'en animation. C'est plus spontané, les enjeux sont différents, c'est un objet qui existe physiquement, ça me plaît. Mais depuis que mon activité de réalisation a pris le dessus, celle d’illustrateur a beaucoup diminué. Parfois ça me manque. Il faudrait que je me bouge un peu.
N'y a-t-il pas une démarcation assez franche entre ton travail d'illustration, léger, commercial, et celle de réalisateur d'animation, plus sérieuse et abordant des thèmes plus profonds ?
Oui, mon boulot d'illustrateur est un travail de commande avant tout et je l'apprécie en tant que tel. J'ai beaucoup plus de mal à jouer le jeu dans mon boulot d'animation. Je n'aime pas beaucoup mélanger mon travail d'auteur et mon travail de commande. On perd facilement le cap. C'est une façon de se préserver je pense.
Je me trompe peut-être mais il me semble que tu illustres principalement en 2D, alors que tes films utilisent plutôt les techniques 3D, tu n'as pas été tenté d'inverser ou de mixer les deux ?
J'illustre en dessinant, avec du crayon, de la matière, le geste de la main. Je garde les accidents. Mais concernant l'animation, je suis un peu fainéant et voir l'énergie et le talent qu'il faut pour réaliser un film en 2D me fatigue prématurément...sans parler du respect des modèles... En plus j'ai la sensation de connaître le résultat à l'avance et je trouve la fabrication du film beaucoup moins excitante.
En 3D, il y a certes des phases très pénibles mais dans l'ensemble c'est moins laborieux. On peut tester davantage. Et puis j'aime utiliser l'outil 3D et sa philosophie d'une manière différente. Il y a tellement de manière de raconter une histoire, de créer des dispositifs. C'est inépuisable, vertigineux, flippant dès fois.
Tu as des influences que tu aimerais partager ?
C'est très éclectique, mais en ce qui concerne le cinéma d'animation. J'aime bien le travail de David Russo (Pan with us, I'm Not Van Gogh...), il y a une énorme charge poétique dans ses images. C'est brut comme j'aime.
Récemment j'ai été captivé par le film slovaque the last bus (Posledný Autobus de Ivana Laucíková et Martin Snopek, ndlr). J'aime bien le parcours d'un Koji Yamamura. L'originalité du travail de Mr David O'Reilly, même si c'est pas très original de le dire.

Un film tous les quatre ans c'est une rareté organisée ou juste le temps qu'il te faut pour produire un film ?
D'abord il faut se remettre de son précédent film ; mentalement et financièrement. Et puis entre chaque film on bosse sur d'autres projets, on va en festival, on boit des coups.
Puis l'envie de faire un film revient. Il faut alors repartir sur un dossier pour chercher des financement. Écrire, storyboarder... En France c'est encore possible de faire du court-métrage dans des conditions décentes mais avant, il faut « vendre » son idée, et lorsqu'on n'est pas doué à ce jeu, ça prend du temps. En général, il me faut un an pour obtenir un début de financement. C'est long mais d'une certaine manière ça te laisse le temps de prendre du recul sur ton projet. Un mal pour un bien.
La reconnaissance de ton travail t'a permis de lancer des modes de productions un peu différents : tu as rejoins Papy 3D, une société de production qui a une politique assez particulière, est-ce pour t'impliquer plus dans la production de ce film en particulier, des futurs ?
Une fois qu'on a réalisé un ou deux films on est en mesure de savoir si on désire ou non être son propre producteur. Si j'ai rejoins Papy3D c'est parce que c'étaient des potes et pour produire mes propres courts-métrages de manière totalement autonome. Cette indépendance nous responsabilise davantage à la fois en tant que producteur exécutif mais aussi en tant que réalisateur.
Après il y a la gestion au quotidien de la boîte. L'administratif, c'est très chronophage. Il faut être organisé et consciencieux. Heureusement on a Richard Van Den Boom avec nous et c'est lui en sa qualité de gérant qui s'occupe de cet aspect là.
Me concernant, je ne vois pas la production comme une finalité pour le moment. C'est difficile de réaliser et produire en même temps.
Palmipedarium a été réalisé avec des outils gratuits (Blender), tu peux nous parler de cette volonté technique ?
Je bosse depuis le début avec Jean-françois Sarazin comme responsable technique sur mes films. Il a monté son studio Lyonnais, Vanilla Seed. C'est lui qui m'a proposé de passer à Blender. J'ai d'abord dit non t'es fou, j'arrête de bosser avec toi tu dis n'importe quoi, salut. Puis, après avoir regardé de plus près comment avait évolué le soft, j'ai dit ok. Malgré une petite inertie au début de la production et la difficulté de trouver des gens sur ce soft, ça s'est plutôt très bien passé. C'est une démarche plutôt jouissive de participer à l’émergence d'outils communautaires. J'essaye de communiquer dessus systématiquement.
Les outils libres sont-ils d'aussi bonne qualité que les autres ? A-t-il fallu adapter les ambitions techniques du film ?
Blender a beaucoup évolué et la communauté est très active. L'interface reste très spéciale mais on s'y fait.
Quant aux ambitions techniques. J'essaye de ne pas dépendre de cet aspect là et il y a toujours un moyen d'arriver au résultat désiré ou de contourner un obstacle. Le fond du film n'est pas là.
As tu éprouvé des difficultés particulières sur la production de Palmipédarium, créatives, pécuniaires ou techniques ?
Le film a été fait dans les temps. Sept mois de fabrication. Pas d'imprévus. Quand on bosse avec les mêmes personnes depuis un moment on gagne du temps. L'aspect le plus difficile c'est lié au film lui même. C'est un film d'ambiance, un peu lourd qui ne s'apprécie (ou pas) qu'une fois terminé. La prod n'est pas très « fun ».
«Palmipedarium» ça vient d'où comme titre ?
Je voulais que le titre évoque à la fois quelque chose d'enfantin et de compliqué. L'univers du film plonge le personnage au milieu de toutes sortes de palmipèdes. Différentes espèces mais aussi différentes déclinaisons ; le canard jouet, le canard repas, le canard chassé, le canard leurre, le canard imaginé, etc... Tout cela cohabite et se côtoie dans le même espace, comme dans un aquarium. Les enfants aiment bien coller leur tête devant les aquariums. Moi j'aimais ça.
Et puis on tombe dessus rapidement en tapant le titre sur google.
C'est une histoire de chasse, tu as déjà chassé ?
Non . J'aurais dû, mais j'y suis jamais allé. ça m'a traumatisé de ne pas y être allé je crois. J'ai développé une anatidaephobie. La phobie que quelque part, quoique vous fassiez un canard vous observe. C'est flippant.
Alors merci monsieur Gary Larson d'avoir donné un nom à cette maladie totalement fictive. Les seules histoire de chasses que j'ai vraiment vécues, c'est celles de Tex Avery et de Chuck Jones. J'avais peur du chasseur, celui qui dezinguait Daffy Duck. Je trouvais ça bizarre que Daffy perde son bec et qu'il puisse le remettre sans problème, c'était un peu effrayant et pas très logique quand on y pense.
Tu as une position spécifique sur cette activité ?
Hormis la religion, j'aime bien les traditions du terroir.

Le père chasseur qui cherche à apprendre les valeurs de la vie à son fils, c'est une figure un peu stéréotypée du cinéma. J'ai revu a simple man des frères Coen et on a cette figure du père mutique qui amène son fils chasser, c'est souvent une figure un peu traditionaliste, quasi facho. Est-ce que c'est ce qui t'intéressait dans la relation enfant-parents ? La chasse serait une image de la vie ?
La chasse n'est qu'un prétexte dans mon film. C'est un monde en soi. C'est un moment où l'individu à une place précise par rapport au monde qu'il l'entoure. Il observe et interagit avec lui, il se positionne, en tant que prédateur.
Palmipedarium est avant tout un film d'atmosphère. L'enjeu était d'évoquer quelque chose qui n'appartenait qu'à l'enfance. Traduire cette sensation d'être un peu perdu. D'être obligé de réajuster sa sensibilité au quotidien, souvent malgré nous. La difficulté était de représenter cette confusion sans faire un film abscons ou pire confus.
Le spectateur est baladé au bout d'un fil comme le canard à roulette qui rebondit sur le chemin. Le spectateur ne sait pas où il va, il est juste obligé de suivre le gamin. Et comme le gamin ne sait pas lui non plus où il va, c'est pas rassurant, pas très confortable...on est un peu perdu, crispé, on attend des réponses. On aimerait bien que les choses se désamorcent enfin, mais rien n'arrive. Le film est très linéaire et la tension progresse sans à-coup.
J'ai gommé le maximum d'humanité dans la relation parent/enfant pour contraindre le spectateur à se réfugier dans la relation entre l'enfant et l'étrange bestiole imaginaire. C'est elle qui dirige le récit, qui créer des attentes de la part du spectateur, plus que le réel lui même. Et à la différence du réel, l'imaginaire n'existe que parce qu'il est voué à disparaître, à se dissoudre. D'où la sensation de vide à la fin, d'un retour à la normal pas vraiment normal.
Y'a-t il dans le film certaines de tes préoccupations en tant que parent, sur l'éducation, la transmission ?
Non pas vraiment.
On ne sait pas trop si le personnage principal du film est le petit garçon ou la créature.
C'est exact. Je voulais qu'on s'attache en premier lieu au petit garçon, que la créature représente d'abord une menace. Puis très vite, on perd de vue l'enfant. Il devient distant. Il agit froidement, il se met à jouer mais sérieusement, sans emphase. Tout est méthodique. C'est au tour de la créature d'apparaître complètement perdue, elle cherche sa place dans cette histoire. L'empathie du spectateur se tourne vers elle naturellement.
Dans tes autres films, tes personnages sont souvent en décalage avec l'univers qui les entoure, inadaptés. On a un peu l'impression dans Palmipedarium d'une évolution de la thématique : l'enfant n'est plus un simple observateur, il agit, cherche à modifier la créature. Est-ce que ça correspond à une évolution de ta propre carrière, de tes préoccupations ?
Oui sûrement. Il y a eu derrière ce film une volonté de me réapproprier mon travail. De lever quelques certitudes quant à la manière de vivre un film et de la faire. De m'interroger sur le format du court-métrage, sur sa spécificité. De me mettre en danger en explorant d'autres aspects de la réalisation. Si on ne le fait pas sur un court-métrage, je ne vois pas l’intérêt. C'est en partie pour ça que j'ai voulu tout faire autrement. D'où l'utilisation de nouveaux outils, d'une autre méthode de travail, d'un autre compositeur...

Ton film a été diffusé sur arte, très tardivement, puis en ligne de façon assez fugace. Quelle réflexions as-tu sur la diffusion du cinéma d'animation ?
Plus le film est vu mieux c'est. Le problème c'est dans quelles conditions... Le film a été conçut pour la salle de cinéma. Pour être envoyé en grand, pour entourer le spectateur, pour que le vide s'installe et qu'il ait un minimum d'immersion. Ce n'est pas de la prétention, au contraire, un film d'atmosphère où l'intrigue est au second plan, je ne vois pas l’intérêt de le voir en petit.
Plus généralement, offrir à l'internaute la possibilité d'acheter le film en haute définition après l'avoir visionné dans une qualité moindre me paraît une très bonne solution. La démarche doit venir aussi de l'utilisateur.
Toi qui a écumé tous les festivals du monde, tu peux donner aux Fous d'anim LA recette pour être sélectionné ?
Surtout ne pas faire un film pour être sélectionné.
Des projets pour la suite ?
Oui, il y a des choses en route. Un projet de long métrage d'animation mais je n'en parle pas trop pour l'instant. On verra, si ça se fait. J'aimerai faire du live aussi. Encore et encore des courts métrages d'animation.
Merci monsieur Clapin.
Remi Pozla Zaarour est un jeune animateur talentueux qu'on a pu voir au générique de pas mal des productions qui comptent dans le cinéma d'animation français récent. On lui doit - entre autres - quelques unes des chouettes séquences animées du Chat du Rabin, le générique du film Les Lascars dont il a corréalisé une partie de la seconde saison.
Avec El Diablo au scénario et Maeva Miaw à la colo il poursuit également une carrière dans la bande dessinée avec une série déjantée et drôle, Monkey Bizness, les aventures d'un couple de singes cailleras de la jungle, mi dealer mi mafieux, déclinant avec humour les stéréotypes du gros costaud et du petit ennervé.
Le second volume sort mi juin chez Ankama, l'occasion de faire un peu la promo de l'album via une bande annonce animée du meilleur effet. L'auteur sera de passage à Annecy pour dédicacer son album. Une interview des auteurs réalisée lors de la sortie du premier volume traîne sur le net, pour les curieux.
Fidèles et adhérents de "Fous d'anim" présents à Annecy, à vos agendas :
Cette année, petite nouveauté que nous avons décidé de tester : c'est en fin de semaine, soit, le samedi 15 juin, à partir de 12h30 que se tiendra le traditionnel "Picnic des Fous 2013", neuvième du nom, sur la Pelouse du Paquier (se diriger plutôt à gauche, vers les drapeaux, une pancarte "Fous d'anim" sera mise en évidence).
L'occasion pour les habitués de notre Forum, sympathisants de notre asso, et autres passionnés présents au Festival 2013 de se retrouver pour partager un petit moment de convivialité, rendre compte de nos coups de cœur de la semaine, faire nos pronostics pour le Palmarès du soir, et refaire le monde… de l'animation!
Boissons, chips… seront offerts par votre association préférée.
A noter que notre traditionnel petit kit de reconnaissance, nécessaire à tout fou qui se respecte, est maintenant téléchargeable.
PS : A noter qu'en cas de météo défavorable, le "picnic" sera purement et simplement annulé. On croise donc d'ores-et-déjà les doigts pour que le soleil soit bien au rendez-vous ;-)
Série d'animation créée par Jean-Yves Raimbaud et Olivier Jean-Marie diffusée à partir de 1999, Oggy et les cafards est un des programmes phares de Xilam, société parisienne de production. On pourrait qualifier le genre de cartoon outrancier, un genre hautement référencé, dans la lignée des meilleurs courts métrages américains de Chuck Jones à Tex Avery mais - et il était difficile de croire cela possible - encore plus cartoon que les originaux : déformations, décors élastiques, mimiques et grimaces, sons grinçants... Dans la série, l'invraisemblable n'a aucune limite du moment qu'il génère un gag. Après près de deux cent épisodes diffusés à la télé et un succès qui ne se dément pas, c'est un long métrage qui est en production et sortira sur les écrans en plein été, début août 2013.
Un premier teaser est visible en ligne, Olivier Jean-Marie et Marc du Pontavice seront aux conférences d'Annecy (voir news précédente) pour parler du film.
Les connoisseurs le savent : le festival d'Annecy ce n'est pas seulement un flot inintérompu de films, de rencontres et de tartiflettes. Les plus pointus des spécialistes peuvent aller assister aux conférences qui ont lieu à la chambre des métiers, à mi-chemin entre le Bonlieu et le Palace, oui, c'est ça, au milieu de la piste cyclable, vous virez à gauche et vous y êtes en quelques coups de pédales.
Des spécialistes invités par René Broca et Christian Jacquemart y débattent et font découvrir leurs avancées technologiques, méthodologiques voire reflexives. Cette année comme tous les ans on retrouve les habituelles études de cas de productions en cours, le programme est basé sur des expériences spécifiques avec des invités de prestige. Le programme est le suivant :
Mardi
1. Développement, choix du pipe-line, post-animation
Mardi 11 juin, 9h30-12h30
Avec Alexandre Bretheau et Pierrot Jacquet (Cube Creative Computer Company, France), Armelle Glorennec et Eric Jacquot (Blue Spirit Animation, France), Serge Umé (Digital Graphics, Belgique). Modérateur : René Broca (consultant, France).
2. Prévisualisation et préproduction
Mardi 11 juin, 14h30-16h30
Avec Duncan Burbidge (The Third Floor, Royaume-Uni), Daniel Gregoire (Halon Entertainment, USA). Modérateur : Baptiste Heynemann (CNC, France).
3. Du character design à l'animation : l'expérience d'un animateur
Mardi 11 juin, 16h30-17h30
Avec Kristof Serrand (DreamWorks Animation, USA). Modérateur : René Broca (consultant, France)
mercredi
4. Long métrage : quatre études de cas
Mercredi 12 juin, 9h30-12h30
Avec Jan Bultheel et Arielle Sleutel (Tondo Films, Belgique) pour Cafard
Mike Buckland, Raffaella Delle Donne et Anthony Silverston (Triggerfish Animation Studios, Afrique du Sud) pour Khumba
Yoni Goodman (Bridget Folman Film Gang, Israël) et Eric Goossens (Walking The Dog, Belgique) pour Le Congrès
Olivier Jean-Marie et Marc du Pontavice (Xilam Animation, France) pour Oggy et les cafards, le film. Modérateur : Patrick Caradec (Le Film français, France).
5. Anatomie d'un studio européen de long métrage : l'exemple danois
Mercredi 12 juin, 14h30-16h30
Avec Sarita Christensen, Malene Iversen et Petter Lindblad (Copenhagen Bombay Productions, Danemark/Suède). Modérateur : Stéphane Malagnac (Prop'ose, France).
Jeudi
6. VFX : état de l'art technique et artistique
Jeudi 13 juin, 9h30-12h30
Avec Jordi Bares Dominguez (Realise Studio, Royaume-Uni), Yann de Cadoudal et Isabelle Perin-Leduc (Buf Compagnie, France), Ferran Domenech Gutierrez (MPC, Canada/Royaume-Uni), Alexis Wajsbrot (Framestore, Royaume-Uni). Modérateur : Thierry Barbier (AmaK Studio, France).
7. Anatomie d'un studio VFX d'envergure internationale : ILM
Jeudi 13 juin, 14h30-16h30
Avec Hal Hickel (ILM, USA). Modérateur : Simon Vanesse (Isart Digital, France).
Vendredi
8. Outils émergents : regard prospectif et effet sur l'approche technico-artistique
Vendredi 14 juin, 9h30-12h30
Avec Andreas Carlen (GameFusion, France), Benjamin Legros (Mercenaries Engineering, France), Marc Miance (Alkymia, France), Vincent Percevault (Game Audio Factory, France) et Jean-François Szlapka (SolidAnim, France). Modérateur : Baptiste Heynemann (CNC, France).
Hé oui, tout cela c'est déjà dans deux semaines !
Non, rien à voir avec la jeune épouse d'un prince anglais, il s'agit ici d'évoquer la nouvelle série franco-allemande trans-média d'Arte About:Kate écrite et réalisée par Janna Nandzik. Le concept : une jeune fille se fait interner dans une institution psychiatrique avec l'objectif de retrouver des traces de sa personnalité dont elle n'a aucun souvenir. L'utilisation des réseaux sociaux en complément de la diffusion des épisodes va permettre aux spectateurs-internautes de participer à la découverte progressive du contenu de la série.
Alors bien sur la série est totalement écrite et tournée, mais l'interaction et le multimédia amènent des éléments dans la narration et complètent l'expérience narrative d'une façon plus implicante que jamais. Une application est téléchargeable sur iOs ou Android qui se synchronise grace à la bande son avec l'épisode diffusé et propose des contenus au fil de la lecture. Rassurez vous l'application ou les réseaux sociaux ne sont pas nécessaires pour apprécier le contenu de la série.
Si on peut être rebuté par le doublage français, il y a surtout un usage de séquences animées qui permettent d'exprimer les errances mentales des personnages, avec notamment la participation, entre autres, d'Andreas Hykade, l'animateur allemand réalisateur de The Runt ou de Love and Theft.
Une curiosité à découvrir tous les samedi soir jusqu'à fin juillet ou en replay sur internet à l'adresse ci-dessous.
Les amateurs d'animation indépendante connaissent certainement les noms de Mirai Mizue et Atsushi Wada, dont les films ont fait le tour des festivals. Le premier a fait le tour du monde avec ses films abstraits, à commencer par Venise. Le second, avec son film The Great Rabbit a conquis l'ours d'argent à Berlin avec son style surréaliste et épuré.
Ils sont les membres les plus connus - en France - d'une petite bande de jeunes animateurs indépendants qui bousculent ces derniers temps les lignes au pays du manga et de l'anime. Les autres membres en sont Kei Oyama, Shin Hashimoto, Saori Hiroki et Ryo Okawara dont les films ont aussi fait le tour du monde : Cannes, Zagreb, Ottawa et Annecy, bien entendu.
Tout ce petit monde se retrouve maintenant dans une même structure, le studio Calf, qu'ils ont créé pour assurer leur indépendance et tenter de travailler ensemble. Une bande de potes qui montent leur structure pour se produire eux-même et assurer la survie d'une vision commune, la démarche n'est pas unique (je pense en France aux Lardux ou aux Papys 3D), mais n'est pas si courante.
Je suis allé les voir dans leur minuscule studio au cœur de Tokyo, où Kei Oyama a répondu à mes questions, en compagnie de Shuma Hirose (producteur) et Amica Kubo (productrice et réalisatrice partenaire). Merci à eux pour leur patience envers mon japonais balbutiant !

L'interview
Comment vous êtes vous rencontré ? A l'université ?
Pas du tout : nous nous sommes principalement croisés lors de festivals internationaux où nos films étaient sélectionnés. A force de se croiser et de se recroiser, nous avons lié connaissance et constaté que nous avions une vision commune. De là est né CALF, une structure de distribution, puis l'année dernière le Studio Calf, pour produire nos propres films et faire de la commande.
Qu'est ce que le Studio Calf ?
Calf, c'est la réunion de divers artistes aux styles particuliers. Nous proposons des concepts originaux et des univers singuliers, pour la télé, la publicité, le clip vidéo ou la communication. Nous intervenons du concept à la finition.
Notre objectif est d'arriver à faire vivre et faire connaître chacun de ces artistes sur la base de son style propre.
Comment vous positionnez vous dans le monde de l'animation japonaise ? Connaissez vous d'autres structures équivalentes ? Et avez vous un modèle ?
Nous sommes probablement assez unique en ce sens que nous réunissons des artistes qui produisent - et diffusent en festivals - des projets radicaux apparemment impossibles à réaliser. Nous serions heureux si cette démarche devenait elle-même un modèle !
S'il faut citer un modèle idéal, ce sera certainement Koji Yamamura, pour sa capacité à combiner style personnel et travail de commande.

Votre site internet ne mentionne pas la série TV ou le cinéma, pour lesquels l'animation japonaise est connue en France. Est ce un manque d'intérêt ou un manque d'opportunité ?
Le studio n'a démarré qu'en avril 2012 ! Mais bien entendu nous avons envie de faire des films ou des séries. Si l'occasion se présente de projets dans lesquels nos auteurs peuvent développer leurs styles et qui correspondent à notre vision, nous les ferons.
Il y a sur le site les membres et les partenaires. Quelle est la différence ?
Les membres sont le cœur du studio, qui collaborent et travaillent ensemble depuis les débuts du studio. Les partenaires sont des auteurs divers qui interviennent et collaborent de façon irrégulière.
Le Studio Calf produit des films de commande. Mais qu'en est il des films personnels des différents membres ? Seront ils des "production Calf" dans l'avenir ?
Tous les membres du studio sont engagés dans une recherche personnelle continue. Mais le Studio Calf ne sera pas nécessairement producteur de ces œuvres. La participation ou non du studio en production ou en co-production se décidera au cas par cas.
Par exemple, la dernière œuvre de Mirai Mizue "Wonder" sera co-produite par Calf avec une société française.

Le site n'est pour l'instant qu'en japonais, mais est assez facile à comprendre. Les bandes démos des auteurs sont ici mais je les remet ci dessous pour la commodité. On trouvera des liens vers des appels à financement participatifs pour deux projets ici
En guise de conclusion, leur démarche nous rappelle aussi que dans de nombreux pays, le soutien public à la création est très limité et que très souvent les soutiens privés se dirigent en priorité vers les oeuvres négociables sur le marché de l'art contemporain. Il est donc nécessaire de s'organiser ! Et cette démarche très volontariste et sans fausse modestie est aussi rafraichissante dans un pays où la jeunesse donne parfois l'impression de s'excuser en permanence d'être là.
L'ami Patator nous invite à aller zieuter son dernier clip réalisé pour l'artiste électro américain Professor Kliq.
Illustrant le morceau Plastic and Flashing Light assez bref (1'40 à peine), le film est la marche déjantée d'un personnage en fil de fer avec diverses interventions de volumes blancs.
C'est comme toujours fascinant de rythme et d'astuces techniques, à visionner en ligne sur la page vimeo de l'auteur.
D'ordinaire je prends la peine de rédiger des brèves pour mettre en avant des contenus que j'estime digne d'intérêt. C'est vrai quoi, si on est un peu ronchon à Fous d'Anim, ça n'est pas une raison pour débiner le travail des autres et les clouer au pilori.
Mais là j'avoue que les bras me sont un peu tombés lorsque j'ai déniché cette perle : une série de films didactiques sans parole, diffusée depuis quinze ans dans un grand nombre de pays, bénéficiant de financements européens, avec des fans en Turquie, en Pologne ou au Brésil, un site internet dédié recevant selon ses créateurs plus de 10 millions de visites...
Il s'agit de Napo, personnage fallot d'une série de film sur la sécurité au travail. Napo protège les pieds, napo veille aux fils qui traînent, napo victime du tabagisme passif, napo contre les produits chimiques, etc.
Réalisée par Via Storia, une agence de communication strasbourgeoise, la série est singulièrement affligeante en terme d'écriture et de réalisation, semblant sortir d'un autre âge technique et narratif. On dirait des films pour public pas encore scolarisé réalisé avec les techniques d'il y a vingt ans. Et ne venez pas me parler d'universalité et de simplicité adaptée au public des travailleurs, si j'en étais un et qu'on me projetait ce genre de film je crois bien que je trouverais ça carrément insultant. Je préfèrerais infiniment me retaper l'intégrale de Bob the builder.
Pourtant il y a les moyens de faire des choses simples et créatives, souvenez vous de Good Vibration de Jeremy Clapin ou même de la campagne de prévention du métro australien Dumb ways to die.
Ce ne sont pas les talents qui manquent pour faire de ce genre de films de façon toute aussi efficace mais avec un peu plus d'intérêt ou au moins dans des standards un peu plus actuels.
La question étant comment ? Pourquoi ?
On ne peut qu'imaginer : ça n'intéresse personne, tout le monde s'en fout, c'est réalisé par des hippies sur Amiga dans une cave, c'est réalisé par un copain ou un parent du producteur, c'est fait sans moyen... Mais aucune de ces raisons ne semble valable, c'est juste incroyable d'imaginer qu'on puisse être payé pour produire ça et en être fier.
Ne reste plus qu'à en rire et à en parler pour que le personnage mou et sans personnalité devienne la tâche à faire disparaître du Portfolio de l'agence de com' qui a pondu le concep'.
En attendant pensez à faire un croche pied au mec déguisé en Napo si vous le croisez dans un salon près d'une scie circulaire en marche.
Aya de Yopougon est l'adaptation des deux premiers volumes d'une série de six bande dessinées du même nom scénarisée par Marguerite Abouet et dessinée par Clément Oubrerie. Aya raconte les histoires truculentes de trois amies dans un quartier populaire d'Abidjan dans les années 1970 : ambitions, histoires d'amour avec en fond l'histoire sociale et culturelle de cette partie de l'Afrique.
Les auteurs sont passés directement derrière la caméra - expression on ne peut plus impropre - pour réaliser un long métrage d'animation dans la lignée directe du Chat du Rabin puisque ce sont les mêmes producteurs qui assurent le financement de l'adaptation, AutoChenille production.
Etrangement le film a assez peu fait parler de lui pendant les années de sa production. Un peu plus d'un mois avant sa sortie en salle, prévue le 17 juillet, c'est tout juste si une première bande annonce pointe son nez furtivement sur la toile. Il faut bien dire qu'on attendait de voir comment l'ambiance solaire et généreuse de la bande dessinée serait adaptée en animation. Et c'est vrai que cette bande annonce a beau enchaîner les plans en coupe serrée avec les tamtam en fond sonore, l'animation semble bien peu dynamique.
Il serait cependant bien dommage de s'arrêter à cette premier impression alors que la série est si vivante sur papier. On attend les premières critiques à Annecy où le film est sélectionné en compétition.
En 2008, Avec Valse avec Bashir, Ari Folman, réalisateur israélien, avait marqué les esprits : un film d'animation graphiquement fort, sur un thème dense, dans un genre peu usité alors, quelque chose qui s'approche du documentaire en cinéma d'animation.
Cinq ans après, Ari Folman revient à Cannes avec son dernier fim présenté en ouverture de la quinzaine des réalisateurs : Le Congrès.
Mélant prise de vue réelle et animation, le film est une libre adaptation du livre Le Congrès de futurologie de l'auteur polonais de science-fiction Stanislaw Lem à qui on doit déjà Solaris adapté par Tarkovski et Soderbergh, excusez du peu.
Le film s'annonce comme une reflexion sur le cinéma avec mise en abyme et anticipation, le pitch nous dit qu'il est question de numériser une actrice pour pouvoir exploiter son image. Un procédé pas si loin que ça du concept de performance capture dont certains films s'enorgueillissent ou du statut hybride de productions comme Avatar. L'actrice en question est une Robin Wright plus belle que jamais, la jeune première de Santa Barbara et de Princess Bride, ici dans son propre rôle. Les séquences animées semblent parodier des styles de toutes époques, depuis Grimault jusqu'à Mamoru Oshii.
La bande annonce a disparu de la toile après une brève apparition, probablement due à sa présence à Cannes. On peut toujours voir quelques extraits du film sur la fiche Allociné en attendant plus, la sortie étant prévue début juillet en France.
Vous avez probablement tous fait l'expérience d'imprimer votre visage, une main ou toute autre partie de votre anatomie sur ces petits écrans d'épingles, gadgets de l'époque des Lava-lamp et autres bouquets de fibres optiques aux couleurs changeantes. Ce principe étonnant et ludique de tiges metalliques enchassées dans une surface verticales qu'on peut tirer ou pousser pour y imprimer des formes a été développé à grande échelle par Alexandre Alexeieff et Claire Parker à partir de 1932. Mais ce ne sont pas les quelques centaines de petits clous des modèles grand public que contiennent ces modèles mais plusieurs centaines de milliers de fines épingles - cordes de piano metalliques sectionnées à tailles égales.
Appelée écran d'épingles c'était la grande technique d'Alexeieff, une technique étonnante et singulière dans laquelle l'animateur doit pousser la surface de petites épingles dans un sens ou dans l'autre. Eclairée ensuite par une lumière rasante, l'écran révèle des surfaces de noir et de blanc en passant par d'infinies subtilités de nuances. Un équivalent en terme de rendu des techniques de Manière noire de la gravure, aussi appelée Mezzo-tinto, un doux rendu un peu pointillé, tramé, évoquant la gravure monochrome.
La technique, célèbre dans le milieu du cinéma d'animation, est vraiment très spécifique et originale. Elle a ses contraintes, très fortes : chaque image chasse l'autre, pas de ctrl-z puisqu'on utilise toujours le même support en changeant simplement la configuration des épingles. Pas de couleurs non plus, juste du noir et blanc. Et une contrainte en terme d'outils, l'animateur devant trouver des formes spécifiques, arrondies, nettes, dures.. pour chasser les épingles selon l'effet voulu.

Aujourd'hui il reste deux écrans d'épingles de grande dimension encore en état de faire des films. Il y a évidemment celui de l'ONF, le plus actif. Mais le plus grand, appelé l'épinette, constitué de 270 000 épingles, inutilisé depuis 1980 a été acquis par le CNC en 2012. Remis en état aux Archives françaises du film à Bois d'Arcy, il sera confié pendant un certain temps à l'automne 2013 aux studios Folimage, le temps que des réalisateurs se l'approprient et fassent des films avec dans le site de La Cartoucherie à Bourg-lès-Valence.
Il faut dire qu'il est urgent de faire passer la technique à des jeunes générations. Sur les quatre personnes a avoir jamais travaillé avec l'outil, deux sont mortes, les créateurs de la technique : Alexandre Alexeieff et Claire Parker.
Reste Jacques Drouin et Michèle Lemieux. Cette dernière avait présenté l'an dernier à Annecy son dernier film réalisé avec la technique : Le grand Ailleurs et le petit ici, une véritable démonstration technique et une ode à l'outil. Un film d'une grande subtilité graphique passant du réalisme à l'abstraction et se finissant sur l'objet en lui même.
Michèle Lemieux sera cette année encore à Annecy et fera une conférence autour de la technique qu'elle maîtrise si bien avec un modèle de petite taille (Baby screen) pour la démonstration. Ce sera le samedi 15 juin à 14h00, salle Pierre Lamy.
N'hésitez pas à aller l'écouter, elle est passionnante et passionnée.
Merci à Jean-Baptiste pour l'info. Crédit photo Wolfgang Noethlichs (2012), Le Dauphiné Libéré.
Réalisé par Eoin Duffy animateur canadien qui "fait des films", Encounter fait partie de ces petits films à la poésie évidente, simples et colorés, avec des designs d'une grande élégance et un rythme tout en douceur. Le film est également un ensemble d'astuces graphiques amusantes à voir en ligne sur vimeo.
Les copains de Citron Bien ont été chargés de faire un clip animé pour illustrer la chanson titre du troisième livre-disque des Ogres de Barback.
Réalisé par la talentueuse Hélène Ducrocq à partir des illustrations du livre, Varicelle est donc un extrait de Pitt Ocha et la tisane des couleurs, l'histoire d'un jeune bouton à la rencontre d'un grain de beauté animé avec une intégration dans des objets réels, à voir en ligne.
Adaptation de la série de bande dessinée du même nom, Lanfeust Quest est une série de 26 épisodes de 26 minutes réalisé par Gaumont Animation et animé en partie en Inde. Le trailer de la série a été mis en ligne il y a un mois et comme le service de presse nous invitait à en parler, bin.. parlons-en.
Déjà on peut rappeler que Lanfeust est une série de livres issus de l'imaginaire de Christophe Arleston et Didier Tarquin. Avec la série Trolls de Troy c'est ce qui a fait le fond de commerce et la renommée (sic) de la maison d'édition Soleil Productions. Le spin-of Lanfeust Quest est lui dessiné par Ludo Lullabi qui parvient à fusionner esthétique franco-belge et manga avec une certaine efficacité.
La série sera diffusée sur M6 à partir de septembre 2013. Le trailer est donc un échantillon pour faire saliver la piétaille fanatique. Mais je trouve le machin pas spécialement excitant, trop formaté aventure à la Wakfu tendance Monkey Island avec une pincée de Naruto et de Kid Icarus. Une grosse macédoine en boite sans réelle saveur qui ressemble plus à une cinématique de jeu vidéo qu'à un univers original et prometteur.
Gardons nous de juger la série sur pièce mais avouons que cette manie de faire des bandes annonces à tout bout de champ ne sert pas forcément tous les projets.
Vous l'avez vu ou en avez entendu parler, les chercheurs d'IBM ont démontré leur capacité à dompter l'ordre intime de la matière en faisant un petit film d'animation dont les constituantes animées ne sont rien de moins que des atomes agrandis cent millions de fois.
Au lieu de manipuler du sable ou des objets, ces savants ont créé l'histoire d'un garçon qui joue avec un atome via un microscope électronique et quelques manipulations infinitésimales. Enfin... il faut se persuader qu'il s'agit d'un garçon, tout comme il faut se persuader qu'il s'agit d'atomes d'ailleurs.
Mais enfoncé, le film Dot réalisé par Aardman pour une marque de téléphone portable et autoproclamé plus petit film en stopmotion du monde, la tête d'épingle qui faisait le décor du film est encore trop grosse pour rivaliser avec les savants fous d'IBM.
Soyons honnète, l'intérêt artistique de la chose est quasi nul, à part le design du personnage et la qualité de l'image qui évoquent les premières expérimentations d'interfaces graphiques des années 1960, voir les premières facéties d'Emile Cohl sur ardoise. Non, le truc est surtout un coup de pub pour faire parler des efforts faits par la marque pour le vrai fond de l'expérience : la miniaturisation des systèmes de stockage. Quoi qu'il en soit un documentaire illustre la chose, visible sur Youtube. Tout comme le film lui même qui, trois semaines après sa mise en ligne, cumule près de quatre millions de vues...